André Louf : vie, ermitage et écrits
André Louf était un moine cistercien trappiste belge du XXème siècle. Après avoir été abbé de l’abbaye du Mont-des-Cats, pendant trente-cinq ans, en France, il se retire du monde et devient ermite, jusqu’à sa mort, dans un petit ermitage adossé à l’abbaye de Sainte-Simiane-La-Rotonde, en Provence. Il est considéré comme un mystique de l’Église catholique grâce à sa personnalité, son enseignement et ses écrits.
Biographie de Dom André Louf
Enfance et études
André Louf, de son nom de naissance Jaak, est né le 28 décembre 1929, à Louvain, en Belgique. Il est le fils du poète belge André Louf-Decramer et d’Elvire Decramer.
En 1930, la famille déménage à Bruges car André y est embauché comme avocat. Jaak y grandit avec ses deux sœurs, Lieve et Maria.
Le jeune garçon étudie au collège Saint-Louis de la ville, où il est très marqué par les enseignements de ses professeurs jésuites et par les mouvements de jeunesse catholique, dans lesquels il s’investit beaucoup.
En 1947, il entre à l'abbaye du Mont-des-Cats, en tant que novice, âgé de dix-sept ans seulement. Jaak choisit alors le prénom d’André pour sa vie monastique. Le 2 février 1954, il prononce ses vœux définitifs. Le 19 juillet 1955, André est ordonné prêtre.
Envoyé à Rome parfaire ses études, de 1955 à 1958, il assiste à des cours de théologie pendant un an, à l’Université grégorienne puis étudie les Écritures Saintes à l’Institut biblique pontifical pendant deux ans. Il s’initie également à l’exégèse universitaire et critique et étudie le syriaque (langue sémitique faisant partie du groupe des langues araméennes). Véritable polyglotte, André parle une dizaine de langues, dont plusieurs langues anciennes. Il se plonge également dans les écrits des Pères de l’Église. André se lie d’une forte amitié avec le père Placide Deseille, moine à l’abbaye de Bellefontaine, autour de leur passion commune pour l’Orient chrétien et la spiritualité des Pères.
Vie monastique
En 1959, André rentre à l'abbaye du Mont-des-Cats. Il se voit alors confier la direction de la Collectanea cisterciensia, importante revue de spiritualité et d’histoire de l’ordre cistercien. Par ailleurs, il crée la même année le Bulletin de Spiritualité monastique, un recueil d’une vingtaine de pages qui rassemble, en une synthèse problématisée, la majorité des livres qui paraissent dans le domaine de l’histoire monastique. Aujourd’hui, ce bulletin est encore considéré comme “une mine pour les chercheurs”, selon l’auteur de l’ouvrage Mon passionnant “Chantier Cistercien”, Lorraine Caza.
André est un moine très rigoureux et strict avec lui-même. Un moine bénédictin qui l’a bien connu raconte : « Sa première représentation de la vie monastique était héroïque : toujours plus d'effort, de transpirations, de larmes ».
Toutefois, il pousse son ascèse jusqu’à mettre sa santé en péril. André est donc forcé de calmer ses ardeurs. Son biographe, Charles Wright, explique alors que : « Cette épreuve le libère du mythe du moine-champion qui hantait son imaginaire, et lui fait entrevoir autre chose : non plus cette ascèse de générosité qu'il pratiquait comme un athlète, mais l'ascèse évangélique, celle de la faiblesse, de la fragilité, destinée à révéler les abîmes de pauvreté qui se cachent en chacun pour les étaler humblement devant la miséricorde de Dieu », dans l’ouvrage Le Chemin du cœur. L’expérience spirituelle d’André Louf.
Supérieur de l'abbaye du Mont-des-Cats
Le 10 janvier 1963, André est nommé abbé de l'abbaye du Mont-des-Cats, âgé de seulement trente-trois ans. En effet, l’âge canonique est de trente-cinq ans, il obtient donc une permission spéciale de Rome. Il choisit une devise afin d’exprimer quel esprit il veut donner à sa charge. Il prend une expression inspirée des textes primitifs de l’abbaye de Notre-Dame de Cîteaux : “Cum Christo paupere”, ce qui signifie “avec le Christ pauvre”. André interprète cette phrase comme une pauvreté de cœur et d’esprit plutôt que d’une pauvreté matérielle. Il s’en remet au Christ pour être un bon abbé.
André demeure abbé de ce monastère trente-cinq ans, de 1963 à 1997.
Relation avec la papauté
André devient rapidement une figure majeure de l’ordre cistercien, faisant de son monastère “l’un des lieux les plus significatifs de l’inspiration chrétienne de l’Occident” comme l’a expliqué Adolphe Gesché. Il attire ainsi l’attention des papes, notamment de Paul VI. Ce dernier lui demande même de rédiger le Message des religieux contemplatifs du Synode des évêques, qui suit le Concile Vatican II, en 1967. Saint Jean-Paul II l’a également invité à écrire une méditation du chemin de croix au Colisée, à Rome, en 2004.
Dialogues œcuméniques
André œuvre également au dialogue œcuménique, notamment avec les orthodoxes. Il cherche à montrer les similarités entre les deux spiritualités afin de créer des ponts et de rassembler les deux Églises. Il lie de grandes amitiés avec les représentants des Églises orthodoxes. Par ailleurs, il traduit plusieurs ouvrages du métropolite Hilarion, cherchant ainsi à faire connaître la richesse spirituelle de l’Orient chrétien.
À partir des années 2000, le père André participe à tous les colloques œcuméniques internationaux, qui se tiennent chaque année au monastère de Bose, en Italie.
Vie érémitique
En 1997, Dom André démissionne de sa charge d’abbé et devient ermite au sein de l’abbaye bénédictine Sainte-Lioba, en Provence.
Ce changement de vie peut paraître surprenant. Pourtant, en 2017, un livre publié, révèle les douloureux tiraillements vocationnels du moine, s’appuyant sur son journal, retrouvé dans les archives de l’abbaye du Mont-des-Cats. En effet, pendant près de trente ans, le père André, dont la vie est rythmée par l’enseignement, la vie monastique, l’écriture, le dialogue œcuménique, est tourmenté par son désir de se retirer de la vie et de devenir ermite, consacrant son quotidien à la prière continuelle.
En 1962, il avait fait des démarches afin d’entrer chez les camaldules (une congrégation d’ermites fondée en Italie) mais cela n’avait pas abouti. Dix ans plus tard, en 1972, il avait à nouveau tenté d’intégrer une communauté d’ermites en contactant le monastère de la Grande Chartreuse. Il n’avait pas été accepté.
À la lumière de ces informations, sa démission en 1997 est moins surprenante.
Au sein de l’abbaye de Sainte-Lioba, il s’installe dans l’ancienne étable d’un âne, transformée spécialement pour lui en ermitage. Dom André y demeure les douze dernières années de sa vie, dans un dialogue silencieux avec le Seigneur.
En 2010, sa santé s’étant dégradée, il réintègre l’abbaye du Mont-des-Cats. Le père André Louf rend son âme à Dieu le 12 juillet de cette année-là. Ses dernières paroles, rapportées par l’infirmier sont : « Christus, Christus, Christus ». Son corps est enterré deux jours plus tard au cimetière de l’abbaye.
Liste des écrits de André Louf traduits en français
- Seigneur apprends-nous à prier, Bruxelles, Lumen vitae, 1972.
- La Voie cistercienne. À l’école de l’amour, Paris, Desclée de Brouwer, 1980.
- Seul l’amour suffirait – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1982-84.
- Au gré de sa grâce – Propos sur la prière, Paris, Desclée de Brouwer, 1989.
- La Grâce peut davantage – L’accompagnement spirituel, Paris, Desclée de Brouwer, 1992.
- Heureuse Faiblesse – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1996-98.
- À la grâce de Dieu – Entretiens avec Stéphane Delberghe, Namur, Fidélité, 2002.
- L'Humilité, Paris, Parole et Silence, 2002.
- Dieu intime, paroles de moines, Paris, Bayard, 2003.
- Chemin de Croix du Colisée, Namur, Fidélité, 2004.
- À l’école de la contemplation, Paris, Lethielleux, 2004.
- L'Œuvre de Dieu : un chemin de prière, Paris, Lethielleux, 2005.
- Initiation à la vie spirituelle, Points, 2012.
- Saint Bruno et le charisme cartusien aujourd’hui, Parole et Silence, 2016.
- Charles Wright (Sous la direction de) et André Louf (Avec la contribution de), S'abandonner à l'amour : Méditations à Sainte Lioba, Salvator, 2017.
- Charles Wright (Sous la direction de), Enzo Bianchi (Postface) et André Louf (Avec la contribution de), La joie vive : Méditations à Sainte-Lioba II, Salvator, 2017.
- Au gré de sa grâce : Propos sur la prière, Artège Editions, 2018.
- Seigneur, apprends-nous à prier, Artège Editions, 2019.
Cette liste ne représente qu’un échantillon de tout ce qu’a écrit André Louf pendant sa vie.
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- . Cette neuvaine est proposée par le Service Jeunes & Vocations de la Conférence des évêques de France.
- A l'occasion de l’anniversaire de la mort des 7 moines de Tibhirine, La Vie vous propose de, à l'écoute de leurs charismes.
- https://www.lejourduseigneur.com/videos/paroles-dermite-le-pere-andre-louf-1563
- https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/le-rayonnement-spirituel-de-dom-andre-louf
- https://www.la-croix.com/religion/un-careme-avec-andre-louf-consentir-au-brisement-du-cour-pour-acceder-a-son-sanctuaire-interieur-20250306

