Guide de la prière - Conseils pour prier

Qu’est-ce que la prière chrétienne ? La prière permet d'entrer en relation avec Dieu : elle permet de lui parler, de l’écouter, de le louer, de le remercier, de lui demander son aide et de lui confier sa vie.

Comment prier ? Il n’existe pas une seule manière de prier. On peut s’appuyer sur une prière déjà écrite, lire un passage de la Bible, faire silence, réciter le chapelet ou parler librement à Dieu. L’essentiel est de prendre un temps pour se tourner vers lui et de persévérer, même lorsque la prière semble difficile.

Qu'est-ce que la prière ?

La prière, c’est établir une relation personnelle avec Dieu, c’est se laisser aimer par lui et répondre à son amour. C’est passer du temps avec le Seigneur, dans une rencontre avec lui, l’écouter et lui parler.

“Prier ne consiste pas à beaucoup penser mais à beaucoup aimer” écrivait sainte Thérèse d’Avila. La prière chrétienne engage toute la personne : le cœur, l’intelligence et la volonté. Elle peut prendre la forme d’une parole adressée à Dieu, d’une méditation de sa Parole, d’un temps louange ou de silence. Toute personne peut s’adresser à Dieu, qu’elle soit baptisée ou non. Pour les chrétiens, Jésus-Christ est celui qui leur apprend à prier et à se tourner vers Dieu le Père.

La prière est un don de Dieu, une grâce qui nous permet d’entrer en relation avec lui. Mais elle est aussi une réponse libre à son appel : nous sommes invités à accueillir ce don et à apprendre, peu à peu, à nous tourner vers lui dans la prière.

Prier, c’est rencontrer quelqu’un et se laisser rencontrer, dans une relation qui engage autant le cœur que l’intelligence. La flamme qui habite cette rencontre consiste à croire, espérer et aimer. La prière chrétienne s’enracine dans les trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité. Elles nous permettent de croire en Dieu, de mettre notre espérance en ses promesses et de l’aimer par-dessus tout. La prière nourrit ces vertus et nous aide à les vivre concrètement.

La foi, c’est faire confiance au Seigneur, croire en un Dieu bien plus grand que ce que notre intellect peut comprendre. Espérer, c’est attendre avec confiance : les grandes choses se déroulent dans le temps. L’espérance nous fait confiance dans les promesses de Dieu, sans prétendre maîtriser le moment ni la manière dont elles s’accompliront. La charité, quant à elle, nous conduit à aimer Dieu par-dessus toute chose et notre prochain par amour de Dieu. La foi, l’espérance et la charité sont étroitement unies et orientent toute la vie chrétienne vers Dieu. Saint Paul rappelle que « la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Co 13, 13).


Pourquoi prier ? 

La prière, un pilier de la vie chrétiene

La prière est au centre et à l’origine de la vie de tout chrétien : c’est elle qui lui donne son sens, elle est “le secret d’un christianisme vraiment vital” comme disait Jean-Paul II, en janvier 2001. La prière nous aide à demeurer unis au Christ et à puiser en lui la force d’avancer : « Demeurez en moi, et moi en vous » (Jean 15, 4).

Dans l’Évangile selon saint Luc, un des disciples demande à Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples » (Lc 11, 1). Jésus répond à cette demande : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne » (Lc 11, 2).

La prière occupe une place essentielle dans la vie de Jésus. Les Évangiles nous montrent qu’il se retire régulièrement à l’écart pour prier son Père. Il invite également ses disciples à prier et à veiller : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).

En assumant notre nature humaine, le Fils de Dieu a vécu une véritable vie de prière, dans une relation filiale avec son Père. Il nous enseigne ainsi à nous tourner vers Dieu avec confiance.

Prier, c’est se donner pour tenir compagnie au Seigneur. Sainte Thérèse d’Avila le soulignait bien : « Ne venez pas à l’oraison pour recevoir, mais d’abord pour donner. […] Pour tenir compagnie au Seigneur. »

La prière peut prendre différentes formes : demande, action de grâce, louange, intercession ou adoration. Elle est aussi un temps que nous choisissons de consacrer à Dieu, pour nous tourner vers lui, croire en sa Parole, lui faire confiance et l’aimer dans l’instant présent. Si nous venons prier pour nous donner, en toute gratuité, alors, lorsque notre prière devient aride ou que nous éprouvons de l’ennui, nous pouvons apprendre à accueillir ces moments avec patience et à demeurer auprès du Seigneur. Prier, c’est offrir à Dieu notre bien le plus précieux : le temps. C’est lui laisser une place dans notre vie quotidienne et le remettre au centre.

Prier pour remercier

Dans ce coeur à coeur avec le Seigneur, qu’il est bon de lui dire merci ! La prière qui exprime notre gratitude à Dieu est appelée action de grâce. Remercier Dieu, c’est aussi rendre grâce pour tous ses bienfaits. La prière des époux, lue par les mariées lors de la célébration de mariage, comprend une action de grâce. C'est également le cas des prières de bénédiction, comme le bénédicité par exemple. Il existe de nombreuses prières d’action de grâce, mais également de très beaux psaumes.

Un psaume d’action de grâce : le psaume 137

“De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. 

Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. 

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.

Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche.

Ils chantent les chemins du Seigneur : “Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur !”

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l'orgueilleux.

Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, ta main s'abat sur mes ennemis en colère. Ta droite me rend vainqueur.

Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.”

Très souvent, dans les psaumes et les prières, l’action de grâce est associée à la louange : je remercie Dieu en exaltant ses merveilles !

Prier pour louer

Pour les chrétiens, louer Dieu, c’est célébrer sa grandeur et sa bonté, et ainsi lui rendre gloire. Pourquoi louer le Seigneur ? La louange est une dimension essentielle de la prière : elle consiste à célébrer Dieu pour ce qu’il est, pour ses merveilles, ses œuvres, sa fidélité et son amour.

La louange nous invite à tourner notre cœur vers Dieu, au-delà de nos préoccupations personnelles.

Il existe de nombreuses prières de louange, mais aussi de magnifiques psaumes qui nous aident à louer le Seigneur, par exemple au cours de la prière du matin ou du soir.

La liturgie nous offre également des occasions particulières de louer Dieu, notamment à Pâques, lorsque nous célébrons la résurrection du Christ, ou lors de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.


Un psaume de louange : le psaume 102

“Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être !

Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ;

il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse ;

il comble de biens tes vieux jours : tu renouvelles, comme l'aigle, ta jeunesse.

Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés.

Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ;

il n'est pas pour toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches ;

il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ;

aussi loin qu'est l'orient de l'occident, il met loin de nous nos péchés ;

comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière.

L'homme ! ses jours sont comme l'herbe ; comme la fleur des champs, il fleurit :

dès que souffle le vent, il n'est plus, même la place où il était l'ignore.

Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours, * et sa justice pour les enfants de leurs enfants,

pour ceux qui gardent son alliance et se souviennent d'accomplir ses volontés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux : sa royauté s'étend sur l'univers.

Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres, * attentifs au son de sa parole !

Bénissez-le, armées du Seigneur, serviteurs qui exécutez ses désirs !

Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez-le, sur toute l'étendue de son empire ! Bénis le Seigneur, ô mon âme !”

Saint Augustin disait que “Chanter c’est prier deux fois”. Louer la grandeur et la puissance de Dieu peut aussi se faire en musique ! De nombreux chants de louange existent, pour tous les goûts. Grâce à Hozana, tous les jours !

Psaume, prière ou chant de louange, le plus important reste d’adresser au Seigneur un vrai “Merci mon Dieu !” qui vient du plus profond de son coeur !

Prier pour s’abandonner

La prière peut également avoir pour but de nous remettre entre les mains de Dieu, de nous abandonner complètement à lui. Nous pouvons prier afin de lui demander de nous aider à lui faire entièrement confiance, de le laisser guider notre barque. Quand les événements nous dépassent, dans les difficultés ou face à l’incertitude, la prière peut nous aider à nous tourner vers Dieu et à lui confier ce que nous traversons. Les prières aux Sacré Coeur de Jésus, par exemple, ont pour objet de nous fondre dans le Coeur du Christ, afin de nous offrir à lui ; sainte Thérèse de Lisieux nous offre également de belles prières d'abandon à Jésus. Les prières de consécration permettent de s'offrir entièrement, corps et âme.

Le Notre Père, avec ces mots : « Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel », nous invite à nous remettre entre les mains de Dieu. Cette prière nous rappelle que nous ne prions pas seulement pour demander au Seigneur d’exaucer nos souhaits, mais aussi pour accueillir sa volonté.

La prière du Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal.
Amen
. 


Prière d’abandon de Charles de Foucauld

“Mon Père, je m’abandonne à toi,

fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que ta volonté se fasse en moi,

en toutes tes créatures,

je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.

Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,

parce que je t’aime,

et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,

de me remettre entre tes mains, sans mesure,

avec une infinie confiance,

car tu es mon Père.”

La prière de demande

“Demandez et vous recevrez” (Matthieu 7,7). La prière a aussi pour but de . Mais peut-on tout demander au Seigneur ? 

La prière n’a pas pour but de satisfaire tous nos désirs humains : Dieu n’est pas un « distributeur automatique » qui exauce toutes nos demandes. Elle est avant tout une relation de confiance avec lui. Il convient donc de ne pas considérer Dieu comme une solution à tous nos problèmes. La prière peut nous aider à accueillir la paix de Dieu, à grandir dans la joie et à trouver une force nouvelle pour traverser les épreuves. Nous pouvons aussi confier au Seigneur les situations que nous traversons, en ayant confiance qu’il peut agir dans nos vies.

Nous ne savons pas toujours comment ni quand notre prière sera exaucée. Cependant, il est à nos côtés pour nous fournir la force nécessaire pour surmonter cette épreuve. C'est, par exemple, le cas des prières de guérison qui transforment avant tout notre regard et notre cœur face à la maladie, des prières de protection, notamment des militaires par exemple, des prières pour le travail ou des prières pour trouver l'amour.  

La prière de demande ne change pas toujours les circonstances extérieures, mais elle peut transformer notre regard et notre manière de vivre les événements. En nous tournant vers Dieu avec confiance, nous apprenons à accueillir son aide et à avancer avec lui, même lorsque nous ne voyons pas immédiatement les fruits de notre prière. Jésus nous invite à prier avec foi : « Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l’obtiendrez » (Matthieu 21, 22). 

L’une des demandes les plus connues de la prière chrétienne se trouve dans le Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Nous demandons ainsi à Dieu de pourvoir à nos besoins quotidiens et de nous aider à vivre cette journée en nous appuyant sur lui.

Les fruits de la prière

La prière peut transformer les cœurs des hommes en les ouvrant à l’action de Dieu. Elle porte de nombreux fruits. Ces derniers sont rarement immédiats et ne prennent pas toujours la forme espérée, mais plus nous prenons le temps de nous tourner vers Dieu, plus nous pouvons en découvrir les fruits à long terme.

Le premier et le plus beau fruit de la prière est la charité. Le Christ a sauvé le monde par son amour, manifesté notamment dans l’humilité et le don de soi, jusqu’à donner sa vie pour nous. L’oraison conduit à imiter Jésus et à nous ouvrir à l’amour. Quand nous prions, nous marchons sur le chemin du Christ et cherchons à l’imiter.

De nombreux autres fruits de la prière en découlent : 

  • Une paix profonde ;

  • Une joie qui rayonne autour de nous, même au milieu des épreuves ;

  • Une manière de travailler plus confiante, avec la certitude que Dieu est à nos côtés ;

  • Un regard différent sur les autres, emprunt d’amour et de respect ;

  • Une autre manière de traverser les épreuves, de relire nos échecs et de bâtir des projets ;

  • Un recul qui nous aide à reconsidérer notre vie à la lumière de Dieu, avec davantage de discernement ;

  • Un regard plus lucide et plus profond sur le monde.

La prière nous permet de nous recentrer sur l’essentiel et de ne pas rester à la surface des choses. Elle nous invite à nous tourner davantage vers Dieu, à accueillir sa Parole et à nous laisser transformer par lui.


Concrètement, comment prier ? Un guide pratique

C’est en priant que nous apprenons à prier. Voici quelques conseils concrets pour entrer plus facilement dans la prière. Bien sûr, nous avons tous une sensibilité particulière : ces conseils sont donc à adapter à chacun !

Je trouve le bon lieu

Dieu est avec moi à chaque instant : je peux prier partout. Même si j’ai du mal à me concentrer, je peux essayer de trouver un endroit calme, par exemple en allant à l’église ou en aménageant un coin prière chez moi.

Je prends un peu de temps pour prier

Même lorsque les journées sont bien remplies, quelques minutes peuvent suffire pour prendre un temps de prière. Je peux, par exemple, m’appuyer sur une courte prière le matin ou une prière le soir.

J’invoque l’Esprit Saint

Prier, c’est essayer de se rendre disponible à l’Esprit Saint pour se laisser guider par lui. La docilité à l’Esprit Saint consiste à s’ouvrir à son action et à se laisser éclairer et transformer par lui. Dans ma prière, je peux par exemple commencer par un signe de croix, suivi d’un chant ou d’une invocation à l’Esprit Saint, par exemple en récitant les litanies de l’Esprit Saint.

Je m’appuie sur des prières, sur l’Évangile

Si je ne sais pas quoi dire ou comment commencer ma prière, je peux m’appuyer sur des prières déjà écrites. La tradition chrétienne nous en offre de très nombreuses, notamment celles des saints. Nous pouvons aussi redécouvrir la profondeur du Notre Père ou du Je vous salue Marie en prenant le temps de réciter ces prières.

La prière est aussi un temps pour accueillir la Parole de Dieu. De nombreux passages de la Bible peuvent nourrir notre prière, notamment le matin. Nous pouvons également choisir un texte de l’Évangile et le méditer selon la méthode de la lectio divina : prendre le temps de lire le récit, de s’arrêter sur une phrase ou un verset qui nous touche et de le méditer.

Merci, pardon, s’il te plaît : une manière simple pour orienter notre prière

Au début de ma prière, je peux remercier Dieu pour les grâces reçues, les rencontres qui ont marqué ma journée et les joies, même les plus petites. Je peux aussi louer Dieu pour ce qu’il est, lui confier les personnes qui comptent à mes yeux et lui demander la force dont j’ai besoin.

Dans la prière, je peux parler à Dieu avec confiance, comme à un ami. Ainsi, je peux me présenter devant lui tel que je suis, sans chercher à dissimuler mes joies, mes difficultés ou mes faiblesses.

Pour m’aider à prier, je peux m’appuyer sur la prière d’alliance, inspirée de saint Ignace de Loyola. Elle peut se résumer en trois expressions : merci, pardon, s’il te plaît. Cette prière permet de relire sa journée sous le regard de Dieu.

  • Dire merci : je remercie Dieu pour le don de ma vie et pour les grâces reçues au cours de la journée, même les plus discrètes.

  • Demander pardon : je relis ma journée à la lumière de l’Évangile. Je reconnais les moments où j’ai manqué d’amour envers Dieu ou envers les autres, par mes actes, mes paroles ou mes omissions. Je demande pardon au Seigneur et accueille sa miséricorde. Si je ne trouve pas les mots pour exprimer mon regret, je peux réciter un acte de contrition.

  • Dire « s’il te plaît » : je confie au Seigneur mes demandes et mes soucis. Je lui demande la grâce de vivre la suite de ma journée ou le lendemain dans la confiance et l’espérance.

Je fais silence

Prier, c’est se mettre en présence de Dieu. Ce n’est pas simplement parler, mais aussi écouter. Pour écouter, je me tais, mais je fais surtout le silence dans mon cœur, je fais oraison. Un bon moyen de rester concentré peut être de lire une phrase de l’évangile du jour et de la laisser résonner en nous, de s’en imprégner. Parfois, simplement prononcer le nom de Jésus nous aide à nous mettre en sa présence et à y être attentif. L'adoration et la méditation sont des prières silencieuses, simplement se rendre présent à Dieu et le contempler et se laisser contempler par lui.

Je m’offre

“Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte spirituel.” (Romains 12,1)

Lorsque j’ai du mal à prier, que je suis facilement distrait ou que la prière me semble aride, je peux offrir ces difficultés au Seigneur. Prier, c’est aussi offrir à Dieu ce que je vis, tel que je suis. En faisant place à Dieu, en persévérant dans la prière et en le laissant agir en moi, je m’ouvre à sa présence et à son action dans ma vie.

Je dis au revoir

Comme elle a un début, la prière a aussi une fin. Prendre le temps de remercier le Seigneur pour ce moment passé avec lui, qu’il ait été marqué par la joie, la paix, les difficultés ou les distractions, fait pleinement partie de la prière. Avant de terminer, nous pouvons lui confier notre journée, nos activités à venir et les personnes que nous allons rencontrer. Nous pouvons ensuite ainsi reprendre le cours de notre journée en gardant à l’esprit que le Seigneur est toujours à nos côtés.

Je persévère

La prière prend toute sa place dans notre vie lorsqu’elle devient une habitude quotidienne. Il ne s’agit pas nécessairement de prier longtemps, mais de prendre régulièrement un temps pour se tourner vers Dieu. Si nous avons parfois le sentiment que la prière ne produit pas les résultats escomptés, ses fruits peuvent se manifester autrement que nous l’avions imaginé, parfois avec le temps. C’est pourquoi il est important de persévérer dans la prière, même lorsque nous avons l’impression de ne pas en voir les effets.

Pour entretenir cette habitude au quotidien, certaines astuces simples peuvent nous aider : porter une médaille miraculeuse ou un autre objet religieux, réciter un Notre Père ou un Je vous salue Marie.


Prière personnelle ou prière collective ? 

Une seule réponse à cette question : les deux !

La prière personnelle

“Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.” (Matthieu 6,6)

La prière est avant tout une rencontre personnelle avec Dieu. Elle nous permet de nous retirer dans le silence de notre cœur et de nous rendre disponibles à sa présence.

L’oraison est une forme de prière qui nous invite à prendre un temps de silence avec Dieu. Elle nous aide à approfondir notre relation avec lui et à grandir dans l’amour que nous lui portons. Chacun peut choisir le moment et le lieu qui lui conviennent pour prier.

La prière personnelle peut également prendre la forme de l’adoration. L’adoration eucharistique consiste à adorer le Christ réellement présent dans le Saint-Sacrement : « Ceci est mon corps, livré pour vous » (Luc 22, 19). Les catholiques croient en effet en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.

Pour approfondir sa vie de prière, tout baptisé peut se faire accompagner par un prêtre, un religieux ou un fidèle laïc formé.

La prière personnelle est essentielle à la vie de tout baptisé, mais elle se nourrit aussi de la prière communautaire, notamment de la messe, source et sommet de la vie chrétienne, où nous communions au Corps du Christ.

La prière collective ou prière communautaire

La foi chrétienne ne se vit pas dans l’individualisme. Nous ne sommes pas chrétiens chacun dans notre coin : nous vivons notre foi au sein d’une communauté, l’Église, Corps du Christ, qui rassemble de nombreux croyants. Cette vie en Église se déploie notamment dans les familles chrétiennes, appelées Églises domestiques, et dans les communautés chrétiennes (paroisses, communautés religieuses, groupes de prière, scoutisme, etc.).

Être chrétien, c’est donc avancer dans la foi avec d’autres croyants. Au sein de l’Église, nous nous soutenons mutuellement et nous grandissons ensemble dans l’amour de Dieu. Saint Paul compare ainsi l’Église à un corps composé de plusieurs membres, tous différents mais unis les uns aux autres : « Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » (1 Corinthiens 12, 12). Cette communion se nourrit notamment de la prière, lorsque nous nous tournons ensemble vers Dieu et portons les uns les autres dans nos intentions.

Jésus lui-même nous invite à prier ensemble : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Matthieu 18, 19-20). La prière commune nous unit dans la confiance en Dieu et nous rappelle que le Christ est présent au milieu de ceux qui se rassemblent en son nom.

Dès les premiers temps de l’Église, les chrétiens se réunissaient pour prier ensemble. Aujourd’hui, certains vivent dans des communautés religieuses, comme dans des maisons religieuses, des monastères ou des couvents, ou dans des communautés de laïcs, comme les Foyers de Charité. D’autres vivent seuls ou en famille. Dans tous les cas, il est possible de partager des temps de prière avec d’autres croyants, notamment au sein de sa famille, grâce à la prière en famille, dans sa paroisse ou au sein de groupes de prière.

L’importance de la prière communautaire se manifeste notamment dans la célébration de l’Eucharistie, au cours de la messe. Les chrétiens s’y retrouvent pour célébrer le Christ, écouter la Parole de Dieu, recevoir le Corps du Christ et prier ensemble. Différentes prières rythment la messe, comme le Sanctus, l’Agnus Dei et le Kyrie. Le Credo est également récité ou chanté lors des messes des dimanches et des solennités.

La prière universelle est un autre exemple de prière communautaire. Au cours de la messe, l’assemblée prie pour les besoins de l’Église et du monde, pour les personnes qui souffrent et pour les intentions qui lui sont confiées. Elle nous invite à nous ouvrir aux autres et à leurs difficultés, en élargissant notre cœur. C’est une forme de prière d’intercession, par laquelle nous présentons à Dieu les besoins du monde et ceux de nos frères et sœurs. Découvrez des exemples de prières universelles pour différentes célébrations, comme un baptême, un mariage ou des funérailles.

Le Notre Père est lui aussi une prière qui exprime notre communion. Chacun peut le réciter seul, mais ses paroles nous rappellent que nous appartenons à une même famille. Jésus nous a appris à dire « Notre Père qui es aux cieux » et non « Mon Père qui es aux cieux » : nous nous adressons à Dieu ensemble, comme ses enfants. Lors des célébrations religieuses, nous prions également pour les défunts, notamment à travers les prières proposées au cours des funérailles.

Enfin, la Liturgie des Heures occupe une place particulière dans la prière de l’Église. Elle comprend notamment les laudes, priées le matin, les vêpres, priées le soir, et les complies, qui concluent la journée. Cette liturgie comporte de nombreux psaumes, hymnes et prières, parmi lesquels de belles prières en latin, comme le Gloire au Père.

Comme l’explique le Catéchisme de l’Église catholique : « La Liturgie des Heures est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu. En elle, le Christ lui-même “continue à exercer sa fonction sacerdotale par son Église” ; chacun y participe selon sa place propre dans l’Église et les circonstances de sa vie : les prêtres en tant qu’adonnés au ministère pastoral, (…) les religieux et religieuses, de par le charisme de leur vie consacrée, tous les fidèles selon leurs possibilités » (CEC, n° 1175).

Lorsque nous prions la Liturgie des Heures, même seuls, nous nous unissons à la prière de toute l’Église. Cette prière officielle comporte également des intentions pour l’Église et le monde, notamment lors des laudes et des vêpres. Nous participons ainsi à une prière qui dépasse notre propre personne et nous unit aux autres membres du Corps du Christ.

Plus largement, la prière communautaire nous aide à persévérer dans la prière, à partager nos joies et nos peines et à grandir ensemble dans la foi et l’amour de Dieu. Elle nous permet de nous soutenir mutuellement dans notre foi. Si la prière personnelle est essentielle, la prière communautaire constitue donc un soutien précieux.

 

Prier avec les saints

Au cours de l’histoire, le christianisme s’est développé en plusieurs grandes traditions, parmi lesquelles on distingue notamment le catholicisme, l’orthodoxie et le protestantisme.

L’œcuménisme désigne l’ensemble des démarches entreprises par les chrétiens pour favoriser l’unité entre leurs différentes confessions. Il passe notamment par le dialogue, la rencontre et la prière.

Dans les traditions catholique et orthodoxe, les fidèles peuvent invoquer les saints et leur demander d’intercéder auprès de Dieu pour eux. Cette pratique s’enracine dans la communion des saints. Elle ne signifie pas que les saints sont adorés : l’adoration est réservée à Dieu seul.

Prier avec les saints, ça veut dire quoi ?

Nous sommes nombreux à prier avec les saints et à leur demander d’intercéder pour nous auprès de Dieu. Il existe de magnifiques prières qui leur sont dédiées, et chaque saint est traditionnellement associé à une cause, à un objet ou à une intention particulière :

Il est également possible de demander aux saints de prier le Seigneur pour nous en récitant les litanies des saints.

Les catholiques peuvent également prier leur ange gardien, afin de l'invoquer, de se placer sous sa protection, notamment lors d'une prière du matin ou de le remercier par une prière du soir. Loin des superstitions et croyances occultes, notre ange gardien est un protecteur donné par Dieu qui nous est fidèle et dont le rôle est de nous garder de tout mal. Saint Padré Pio nous a notamment légué de belles prières à nos anges gardiens !

Mais il convient de faire attention : nous ne prions jamais les saints, nous leur demandons leur intercession auprès de Dieu en notre faveur. Autrement dit, nous prions toujours Dieu et le Christ à travers les saints ! Les saints peuvent aussi être des modèles pour nous et nous inspirer dans notre vie quotidienne.

Histoire du culte des saints

La vénération des martyrs remonte aux premiers siècles du christianisme. Les premiers chrétiens honorent notamment la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour le Christ. Saint Pierre et saint Paul, morts au Ier siècle selon la tradition, occupent une place majeure dans l’histoire de l’Église. Saint Ignace d’Antioche et saint Polycarpe comptent parmi les martyrs des premiers siècles. Le récit historique concernant saint Expédit est, quant à lui, moins solidement établi.

Une culture d’admiration - à ne pas confondre avec de l’adoration - naît rapidement envers ces hommes et femmes courageux qui ont donné leur vie pour le Christ et à partir du IVème siècle, et nombreux sont les chrétiens à les prendre comme exemples, ainsi qu’à s’en remettre à leur protection. De nombreux miracles ont lieu, renforçant les prières d’intercession.

Au Moyen Âge, la vénération des saints se développe et s’étend progressivement au-delà des martyrs des premiers siècles. Elle se diffuse notamment dans les campagnes, grâce à la dévotion populaire et à l’action pastorale de l’Église. L’Église propose les saints comme exemples de vie chrétienne. Les fidèles peuvent également leur demander d’intercéder auprès de Dieu pour eux. En Europe, les pèlerinages ainsi que la dévotion aux anges et aux reliques prennent leur essor. De nombreux sanctuaires se développent et de grandes cathédrales sont bâties pour accueillir les reliques des saints.

Au XVIe siècle, plusieurs courants issus de la Réforme protestante contestent la pratique consistant à demander l’intercession des saints.

En 1563, le concile de Trente rappelle la doctrine catholique concernant la vénération des saints et la demande de leur intercession. Il enseigne que les fidèles peuvent les invoquer pour demander à Dieu des grâces, tout en affirmant que Jésus-Christ est l’unique Rédempteur et Sauveur : « Les saints qui règnent avec Jésus-Christ offrent à Dieu des prières pour les humains. C’est une chose bonne et utile de les invoquer et supplier humblement, pour obtenir des grâces et des faveurs de Dieu, par son fils Jésus-Christ, qui est notre seul rédempteur et notre sauveur ».

Enfin, le culte des saints occupe une place importante dans les traditions catholique et orthodoxe, comme en témoignent les nombreuses œuvres d’art qui leur sont consacrées. Des miracles sont également attribués à certains saints au cours des siècles. 

La place particulière de la Vierge Marie

Pour les catholiques, la Vierge Marie occupe une place toute particulière. Elle est l’Immaculée Conception, car Dieu l’a préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception. Elle a été choisie pour devenir la mère de Jésus, le Fils de Dieu. Elle est un modèle de foi, de pureté, de douceur et d’humilité.

Selon une Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, publiée en 2025 par le Dicastère pour la Doctrine de la foi, parmi les titres et appellations attribués à la Vierge Marie figurent notamment Mère de Dieu, Mère du Christ et Immaculée Conception. Cette place particulière de Marie dans la foi catholique se manifeste également dans la dévotion mariale, notamment à travers les apparitions qui lui sont attribuées, comme celles de Lourdes, de et de Guadalupe.

Le dogme de l’Immaculée Conception affirme que Marie a été préservée du péché originel par une grâce particulière de Dieu, en prévision des mérites de Jésus-Christ. Par son « oui », elle a librement accepté de devenir la mère du Sauveur et a ainsi participé au dessein de salut de Dieu.

Une dévotion particulière lui est donc adressée, et il existe de nombreuses prières à la Vierge Marie. Malgré sa place singulière dans la communion des saints et sa relation privilégiée avec le Seigneur, Marie demeure une créature humaine, sauvée par la grâce du Christ. Les catholiques ne l’adorent pas : ils la prient pour lui demander d’intercéder pour eux auprès de Dieu.

Les neuvaines

La neuvaine consiste à prier pendant neuf jours consécutifs pour confier une intention, demander une grâce particulière ou se préparer à une fête liturgique. Concrètement :

  • La neuvaine nous aide à déposer devant le Seigneur les difficultés que nous traversons, à lui demander son secours et à préparer notre cœur à accueillir ses grâces.
  • Nous pouvons aussi demander l’intercession d’un saint ou de la Vierge Marie. Leur exemple peut nous inspirer dans notre vie chrétienne, et savoir que nous pouvons compter sur leur prière est un soutien.

Les neuvaines à sainte Rita et à saint Joseph sont traditionnellement très populaires, chacun d’entre eux étant prié pour ses charismes propres.

Beaucoup de neuvaines sont également dédiées à la Vierge Marie. Certaines permettent de se préparer à une fête mariale, comme l’Immaculée Conception, célébrée le 8 décembre. D’autres sont consacrées à une intention particulière, comme la neuvaine à Marie qui défait les nœuds. Saint Michel Archange est également invoqué au cours de neuvaines, notamment pour demander sa protection et confier à Dieu ses intentions pour la France, dont il est l’un des saints patrons.


Le Chapelet

Enfin, il existe une forme de prière très répandue qui nous invite à nous tourner vers Marie et à méditer, avec elle, les mystères de la vie du Christ : le chapelet.

Il s’agit à la fois d’une prière mariale et d’une méditation des mystères de la vie du Christ. Un chapelet traditionnel comprend cinq dizaines de Je vous salue Marie, chacune consacrée à la méditation d’un mystère du Christ. Chaque dizaine commence par un Notre Père et se termine par un Gloire au Père.

« Accrochez-vous au chapelet comme la plante grimpante s’accroche à l’arbre. Sans Notre-Dame, nous ne pouvons pas tenir ! », nous répétait Mère Teresa.

Le chapelet est un moyen simple et accessible de prier au quotidien. Que ce soit lors d’une dizaine, d’un chapelet ou d’un rosaire complet, chaque Ave Maria est comme une rose que nous lançons aux pieds de Marie, un témoignage de notre amour et de notre confiance en elle. Mais quelle est la différence entre ces différentes formes de prière ? Une dizaine correspond à dix Je vous salue Marie récités en méditant un mystère du Christ. Un chapelet comprend cinq dizaines, consacrées à cinq mystères. Le rosaire complet, quant à lui, comprend les quatre séries de mystères : les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux.

Il y a également d’autres prières qui peuvent se réciter à l’aide d’un chapelet, comme le chapelet à l’Esprit Saint ou le chapelet à saint Joseph. Moins connu que le chapelet marial, le chapelet à saint Joseph nous invite à redécouvrir la vie du Christ et à marcher sur ses pas à travers le regard de celui qui l’a élevé et protégé.

Prier avec Hozana

« Je suis convaincu que si, depuis vingt siècles, l’immense effort de prédication, d’enseignement, de catéchèse s’était doublé d’un non moins puissant effort d’initiation à la prière intérieure, la face de ce monde serait tout autre. En fait, tant d’enfants ont suivi le catéchisme qui n’ont jamais appris à prier. Tant de filles et de garçons, après huit ou dix ans dans un collège catholique, ignorent tout de la prière et s’ils éprouvent le besoin d’intériorité, c’est aux maîtres bouddhistes ou hindous qu’ils recourent. Et je connais même des garçons qui ont tout quitté pour le service du Christ et qui ignorent, après quatre ans de théologie, les rudiments mêmes de la science et de l’art de la prière intérieure. On a dispensé un enseignement, on n’a pas enseigné à vivre cet enseignement. » (Père Henri Caffarel)

La mission d’Hozana est de rassembler le monde dans la prière, par Internet. Vous trouverez des centaines de propositions de et de parcours de prière, que ce soit pour , , se , etc.

Sources

1 Traduction Bible Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones : https://www.aelf.org
2 Catéchisme de l'Église catholique
3 Henri Caffarel, Cinq soirées sur la prière intérieure, Parole et Silence
4 Pape Jean-Paul II, Lettre apostolique Novo millennio ineunte au terme du grand jubilé de l’an 2000, 6 janvier 2001, https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_letters/2001/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte.html
5 Dicastère pour la Doctrine de la foi, Mater Populi fidelis. Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du salut, 4 novembre 2025, https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20251104_mater-populi-fidelis_fr.html#_Toc199257185