Saint John Fisher : vie, martyre et prière
« Je ne connais personne qui lui soit comparable pour la science, la sagesse et la vertu. »
Saint Thomas More à propos de saint John Fisher.
Saint John Fisher, aussi connu sous le nom de Jean Fisher en français, était un prêtre puis évêque catholique et théologien anglais. Évêque de Rochester, il a défendu avec force et courage le catholicisme et s’est opposé au divorce du roi Henri VIII avec Catherine d’Aragon, et aux prétentions du roi à s’autoproclamer chef de l’Église d’Angleterre. Il a été emprisonné, en avril 1534, à la Tour de Londres pour avoir refusé de signer le serment de succession (reconnaissant comme héritier légitime au trône la progéniture de Henri VIII et d’Anne Boleyn), puis décapité l’année suivante. John Fisher a été canonisé le 19 mai 1935, par le pape Pie XI, avec saint Thomas More. Il est célébré le 22 juin.
Biographie de saint John Fisher
Enfance et études
John Fisher est né le 19 octobre 1469 à Beverley, dans le Yorkshire, en Angleterre. Il est le fils d’un modeste commerçant et fait partie d’une fratrie de quatre enfants. Son père décède alors qu’il n’est âgé que de huit ans. Sa mère se remarie et a cinq autres enfants. Il semblerait que John soit resté, toute sa vie, très proche avec ses huit frères et sœurs.
À partir de 1484, il étudie à l’Université de Cambridge. Il obtient son bachelor of arts (diplôme universitaire de premier cycle) en 1487 et, en 1491, sa maîtrise. Il commence à enseigner dans son collège de Michaelhouse cette même année.
Ordination
Le 17 décembre 1491, à seulement vingt-deux ans, John Fisher est ordonné prêtre dans la cathédrale d’York, par l’archevêque de la ville, Thomas Rotherham. Dans le même temps, il devient vicaire de Northallerton, dans le Yorkshire. Toutefois, poursuivant ses études à Cambridge afin d’obtenir un doctorat en théologie, il ne peut exercer ses fonctions de vicaire. Aussi, en 1494, il abandonne cette charge. Cette année-là, il devient également senior proctor, c’est-à-dire responsable de la discipline de l’université et, trois ans plus tard, master debator, c’est-à-dire chargé de diriger les débats.
En 1497, John devient aumônier et confesseur de Margaret Beaufort, comtesse de Richmond et Derby, mère du roi Henri VII et grand-mère du futur Henri VIII.
Le 5 juillet 1501, il obtient son doctorat en théologie. Dix jours plus tard, il est élu vice-chancelier de l’Université de Cambridge.
En 1504, il est nommé chancelier de Cambridge et conservera cette charge jusqu’à la fin de sa vie car il est déclaré chancelier à vie en 1514.
Malgré toutes ces nominations, John reste très humble, pieux, consciencieux et exigeant envers lui-même.
Épiscopat
En 1504, sur les conseils de l’évêque de Winchester, Rochard Fox, le roi Henri VII décide de nommer John, Fisher, confesseur de sa mère, évêque. John Fisher est notifié de sa nomination au siège de Rochester par le bulle pontificale du pape Jules II, datée du 14 octobre 1504. Il est consacré le 24 novembre suivant,à Londres, dans la chapelle du Palais de Lambeth, par l’archevêque de Cantorbéry, William Warham.
John reste évêque de Rochester, alors l’un des plus petits diocèses du royaume, jusqu’à la fin de sa vie, soit pendant près de trente-et-un ans.
Désormais, John doit partager sa vie entre l’administration de son diocèse, l’Université de Cambridge et son rôle à la Chambre des lords et à la Chambre Haute de la Convocation de Canterbury.
Opposition avec Henri VIII
Henri VII meurt le 21 avril 1509. C’est Henri VIII qui devient roi à sa suite. En 1534, ce dernier demande la nullité de son mariage avec Catherine d’Aragon. Cela crée un schisme entre l’Église d’Angleterre et Rome. Cette période est appelée la “réforme anglaise” car une série d’évènements entraînent cette rupture entre l’Angleterre et le pape. À la suite de cela, Henri VIII s’auto-proclame chef de l’Église d’Angleterre. Il demande à tous ses évêques de reconnaître son autorité. John Fisher refuse.
Le 11 avril 1534, l’évêque de Rochester, malade depuis de longs mois et donc retenu dans son diocèse, est convoqué à Londres afin d’y signer le serment de succession par lequel tous les enfants du second mariage de Henri VIII avec Anne Boleyn seraient reconnus comme des héritiers légitimes au trône. Il s’y rend mais refuse de signer. Il est alors incarcéré à la prison de la Tour de Londres. Il y demeure quatorze mois.
Fin de vie
Le 20 mai 1535, le pape Paul III, nouvellement élu, nomme John Fisher cardinal de Rome. Le roi anglais y voit aussitôt un affront à son autorité.
Alors, à partir du 7 mai 1535, John subit de nombreux interrogatoires, afin de le faire plier et enfin signer le serment. Refusant toujours de reconnaître Henri VIII chef de l’Église d’Angleterre et de signer, il comparaît, le 17 juin 1535, devant le tribunal du Banc du Roi au Palais de Westminster. Il est condamné le jour même à mort pour trahison.
Le cardinal John Fisher est décapité le matin du 22 juin 1535, à Tower Hill, près de l’enceinte nord de la Tour de Londres.
Le 29 décembre 1886, il a été béatifié comme martyr de la foi par le pape Léon XIII. Depuis 1980, il fait partie du calendrier des saints de l’Église d’Angleterre, avec saint Thomas More, malgré le fait d’avoir été de farouches opposants à la réforme anglicane.
Extrait de l’homélie de la canonisation de John Fisher et de Thomas More
« … Ces pensées, pleines d’espoir et de réconfort, nous viennent à l’esprit tandis qu’après avoir élevé ces deux bienheureux martyrs aux honneurs de la sainteté, Nous Nous apprêtons, dans la majesté de la basilique Vaticane, à en retracer brièvement les mérites. Illustres champions et gloires de leur pays au début d’une terrible persécution contre l’Eglise, ils furent donnés au peuple chrétien [...] Rien ne les ébranla, ni les faussetés des hérétiques ni les menaces des puissants. Ils furent comme les chefs et les maîtres de la glorieuse phalange [...] qui, en versant leur sang, témoignèrent de leur indéfectible dévotion envers le Saint-Siège.
Jean Fisher, remarquable par la douceur de sa nature et sa très vaste érudition dans les sciences sacrées et profanes, se distingua si bien au milieu de ses concitoyens par sa sagesse et sa vertu que, sous les auspices du roi d’Angleterre lui-même, il fut nommé évêque de Rochester. Dans l’accomplissement de cette haute fonction, il témoigna d’une telle piété envers Dieu et d’une telle charité envers le prochain, et s’appliqua si activement à défendre l’intégrité de la doctrine catholique, que son palais épiscopal ressemblait davantage à une église et à une Université qu’à une habitation privée. Il avait coutume de châtier son faible corps par des jeûnes, des flagellations et des cilices. Rien ne lui causait plus de joie que de pouvoir visiter les indigents, adoucir leurs misères, subvenir à leurs besoins. Et, quand il rencontrait des âmes troublées, à la pensée des fautes commises ou angoissées par la crainte des châtiments futurs, il les réconfortait en leur enseignant la confiance dans la Miséricorde divine. Souvent, pendant qu’il célébrait le Sacrifice eucharistique, on lui vit verser des larmes abondantes qui exprimaient bien la charité qui l’enflammait, et quand il prêchait à la foule des fidèles se pressant autour de lui, il ne semblait pas être un homme ou un messager des hommes, mais un ange de Dieu revêtu d’un corps de chair. [...] bien qu’il fût doux et affable envers tous les pauvres et les malheureux, lorsqu’il s’agissait de défendre l’intégrité de la foi et la pureté des mœurs, il ne craignait pas, comme un autre précurseur du Seigneur dont il portait le nom avec fierté, de proclamer la vérité devant tous sans exception et de sauvegarder par tous les moyens les divins enseignements de l’Eglise. Vous connaissez bien certainement. Vénérables Frères et très chers Fils, la raison pour laquelle il fut soumis au jugement et dut subir l’épreuve suprême du martyre. Ce fut pour avoir voulu courageusement démontrer, revendiquer et défendre la sainteté du mariage chrétien — indissoluble pour tous, même pour ceux qui sont couronnés du diadème royal — et la primauté hiérarchique dont les Pontifes romains sont investis par mandat divin. C’est pour ce motif qu’il fut jeté en prison et finalement conduit au supplice de la mort… »
Prière pour les martyrs chrétiens
« Seigneur,
sur les cinq continents, en haine de la foi, tant de chrétiens sont menacés, persécutés.
Signes de contradiction, animés du seul désir d’aimer, ils meurent pour toi qui es l’Amour.
Nous te prions pour eux, accueille-les auprès de toi.
Nous te confions aussi leurs persécuteurs, aveuglés par la haine et la violence.
Que le sacrifice et le pardon de leurs victimes les mènent sur un chemin de conversion.
Vierge Marie, toi qui la première éprouvas dans ta chair le glaive, invoque pour nous l’Esprit de force, qu’il éloigne de nous la peur, la honte, la lâcheté, qu’il renouvelle notre foi
et nous donne le désir de témoigner, en toutes circonstances, que le Christ est Seigneur.
Amen. »
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