Les cheveux couverts dans la Bible : que signifie 1 Corinthiens 11 ?
Le port du voile ou des cheveux couverts fait partie des questions sur la vie chrétienne qui interroge beaucoup les femmes chrétiennes. Faut-il se couvrir la tête pour prier ? Est-ce une obligation biblique ou une coutume liée à une époque ? Est-ce que cela a un lien avec la mantille ?
Le passage de référence se trouve dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens, au chapitre 11. Pour le comprendre, il faut le replacer dans son contexte : celui d’une communauté locale, avec ses coutumes et ses défis propres.
Ce que dit saint Paul aux Corinthiens
Le texte
“Toute femme qui prie ou prophétise sans avoir la tête couverte fait honte à sa tête : c’est exactement comme si elle était rasée.
En effet, si elle ne se couvre pas, qu’elle aille jusqu’à se faire tondre ; et si c’est une honte pour la femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se couvre.
L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est image et gloire de Dieu, et la femme est la gloire de l’homme.
Ce n’est pas l’homme, en effet, qui a été tiré de la femme, mais la femme qui a été tirée de l’homme,
et ce n’est pas l’homme qui a été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l’homme.
C’est pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sa dignité, à cause des anges.
D’ailleurs, dans le Seigneur la femme n’est pas sans l’homme, ni l’homme sans la femme.
En effet, de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme vient au monde par la femme, et tout cela vient de Dieu.
Jugez-en par vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans avoir la tête couverte ?
La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que, pour un homme, il est déshonorant d’avoir les cheveux longs,
alors que, pour une femme, c’est une gloire, car la chevelure lui a été donnée pour s’en draper ?”
Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11, 5-15
Le contexte et ce que dit Saint Paul
Dans sa lettre, Paul écrit aux chrétiens de Corinthe et aborde la question des cheveux couverts lors des assemblées de prière. La ville de Corinthe est une ville marquée par des coutumes culturelles précises où le voile et les cheveux couverts étaient un signe de pudeur, de respect et d’appartenance. Le débat était donc sur un double niveau, celui des usages sociaux mais aussi celui de la foi. À la lumière de cela, il est donc important de remettre ce passage à sa juste place, c’est à dire comme un conseil pastoral pour une communauté précise et non comme une règle universelle et intemporelle.
Paul évoque l’ordre entre l’homme et la femme mais ne dit pas que la femme est inférieure. Au contraire, il rappelle qu’ils sont unis dans le Seigneur.
Dans sa lettre il parle de se couvrir la tête, ce qui peut donc désigner un voile ou bien les cheveux eux-mêmes selon les interprétations. L’apôtre insiste sur le fait que la femme possède autorité sur sa propre tête démontrant ainsi qu’elle dispose d’une liberté et d’une reponsabilité personnelle.
Que signifie “couvrir sa tête” ?
Un signe culturel et spirituel
Le port du voile ne naît pas avec le christianisme, il s’inscrit dans un héritage juif ancien où se couvrir la tête était lié à la révérence devant Dieu et au respect du lieu de prière. La Vierge Marie est traditionnellement représentée la tête couverte et à Corinthe, se couvrir la tête pouvait être un signe de pudeur ou de respect. Cela pouvait aussi avoir une dimension spirituelle : se recueillir devant Dieu, reconnaître sa grandeur et sa présence.
Ce qui compte, ce n’est pas le tissu sur la tête mais le cœur qui prie. Un voile sans prière ne sert à rien tout comme une prière sans voile n’est pas moins valable.
Le voile et la dignité de la femme
Le voile tel qu’il est porté par la Vierge Marie rappelle que la dignité de la femme ne se mesure pas à ce qu’elle montre mais à la manière dont elle se présente devant Dieu. La femme a une dignité propre, une valeur propre, une place propre dans la communauté chrétienne. Le voile, s’il est porté, ne doit jamais être vécu comme une soumission imposée. Il peut être un choix libre, un signe de respect, une manière de se recentrer sur Dieu. Mais il ne doit jamais devenir un instrument de pression ou de culpabilisation.
Mantille et voile, quelle différence ?
La mantille
La mantille est un petit voile, souvent en dentelle, que certaines femmes portent à la messe ou lors de temps de prière. Elle couvre généralement la tête et les épaules, sans descendre très bas.Elle peut être un signe de respect et de recueillement devant Dieu. Pour celles qui la portent, elle aide à se recentrer et à entrer dans la prière.
Le voile
Le voile est un terme plus large pouvant désigner un foulard, un châle, une écharpe ou un couvre-chef plus ample. Dans les Églises orthodoxes le voile est souvent plus couvrant que la mantille et peut descendre jusqu’aux épaules. La différence entre mantille et voile est donc autant pratique que symbolique, si la mantille est un petit voile décoratif, le voile lui peut être un vêtement plus simple et plus couvrant.
Les Églises orthodoxes et le voile
Une pratique encore vivante
Dans les Églises orthodoxes, le port du voile ou du foulard reste courant pour les femmes lors des offices, en particulier lors de la Divine Liturgie. Le code vestimentaire orthodoxe demande généralement que les femmes aient les bras couverts, une robe ou une jupe longue et la tête couverte d’un foulard, d’un châle ou d’une mantille. Le voile y est compris comme un signe de respect envers Dieu et le lieu de culte. Il aide aussi à se concentrer sur la prière et à éviter les distractions.
Une spiritualité du recueillement
Dans la tradition orthodoxe, le voile rappelle à la femme son rôle de symbole de l’Église, épouse du Christ. Le port du voile n’y est pas présenté comme une contrainte extérieure, mais comme une aide à la prière. Il permet d’entrer plus profondément dans le mystère célébré. Cette pratique montre que le voile peut être vécu comme un chemin spirituel et non comme une simple règle vestimentaire.
La position de l’Église catholique
Une obligation disparue
Pendant des siècles, le port du voile a été universel dans l’Église latine. L’ancien Code de droit canonique de 1917 le mentionnait explicitement. Le Code de droit canonique actuel, promulgué en 1983, ne l’impose plus. L’Église catholique n’oblige donc pas les femmes à se couvrir la tête pour prier ou assister à la messe.
Ce silence juridique ne signifie pas un rejet théologique du voile. Il signifie simplement que l’Église a choisi de ne plus en faire une obligation universelle.
Un renouveau dans les rites traditionnels
Dans certaines communautés catholiques traditionnelles, notamment celles qui célèbrent le rite romain ancien, le port de la mantille a connu un renouveau.
Ce retour ne signifie pas que l’Église impose à nouveau le voile. Il exprime plutôt un désir de retrouver des signes extérieurs de révérence et de recueillement. Pour celles qui le vivent, la mantille devient un moyen d’entrer plus profondément dans le mystère célébré et de marquer une transition entre la vie quotidienne et le temps liturgique.
Un choix spirituel, pas une règle
Aujourd’hui, toute redécouverte du voile ne peut se vivre que dans la liberté intérieure, jamais dans la contrainte. Une femme qui choisit de se voiler ne le fait pas pour obéir à une règle extérieure mais pour exprimer une foi consciente. Le voile peut être un geste de prière, de recueillement et d’amour pour la Tradition. Mais il ne doit jamais devenir un critère de sainteté ou un instrument de culpabilisation.
La dignité de la femme ne dépend pas d’un vêtement ou d’un signe extérieur. Elle repose sur le fait qu’elle est aimée de Dieu, créée à son image et appelée à une relation personnelle avec lui.
Comment vivre cela aujourd’hui ?
Pour la plupart des théologiens catholiques, le port du voile ou des cheveux couverts n’est pas une obligation universelle pour toutes les femmes chrétiennes. C’est une coutume culturelle, liée à une époque et à un contexte. Aujourd’hui, certaines femmes choisissent de porter un voile ou une mantille pour prier, notamment à la messe.
La foi chrétienne repose sur la liberté intérieure, pas sur la contrainte extérieure. Le plus important, ce n’est pas ce que l’on porte sur la tête, mais ce que l’on porte dans le cœur. La prière, l’humilité, l’amour et la confiance en Dieu sont l’essentiel.
Ce qui compte, c’est la relation avec Dieu, la disponibilité intérieure et la volonté de le suivre.
Approfondissez le catéchisme de l’Eglise avec Hozana !
- - Se mettre à en découvrant le catéchisme catholique,
- - Redécouvrez grâce à la minute liturgique,
- - , cœur de notre foi chrétienne.