Sainte Catherine de Gênes : vie, écrit et prières
« De sa conversion jusqu'à sa mort, il n'y eut pas d'événements extraordinaires, mais deux éléments caractérisèrent toute son existence : d'une part l'expérience mystique, la profonde union avec Dieu [...] et d'autre part [...] le service du prochain, surtout aux plus nécessiteux et aux abandonnés. » Extrait de la catéchèse de Benoît XVI, le 12 janvier 2011.
Sainte Catherine de Gênes est une mystique génoise du XVème siècle. Elle est particulièrement connue pour son traité sur le purgatoire. Béatifiée le 6 avril 1675 par le pape Clément X, puis a été canonisée le 16 juin 1737 par le pape Clément XII. Sainte Catherine de Gênes est célébrée le 15 septembre.
Biographie de sainte Catherine de Gênes
Catherine est née à Gênes, le 5 avril 1447, au sein d’une des plus importantes familles patriciennes de la république génoise, les Fieschi. Très pieux, deux papes, neuf cardinaux et deux archevêques sont issus de cette famille. Son père est amiral de la République, vice-roi de Naples et magistrat de la cité génoise. Malheureusement, il meurt peu avant la naissance de la future sainte. Aussi, la fillette est élevée par sa mère.
Dès ses neuf ans, Catherine est promise en mariage à un jeune homme de la famille Adorno. Toutefois, à l’âge de treize ans, elle manifeste le désir de devenir religieuse, comme sa sœur Limbania. Sa famille n’y prête aucune importante et Catherine épouse donc, à seize ans, Giuliano Adorno, qui est beaucoup plus âgé qu’elle, dépensier et volage.
Malheureusement, le couple n’accueille pas d’enfant. De plus, terrorisée par son mari, Catherine sombre dans une profonde mélancolie.
À vingt-et-un ans, elle décide de voyager afin de sortir de son triste quotidien. Elle parcourt le monde pendant cinq ans mais n’est pas plus heureuse pour autant car sa vie est frivole. Aussi, le 20 mars 1473, la veille de la fête de la saint Benoît, elle demande au saint de tomber malade et de rester au lit pendant trois mois. Deux jours plus tard, en visite chez sa sœur, elle va se confesser au chapelain du monastère. Une fois sa confession achevée, elle ressent dans le cœur “la blessure d’un immense amour de Dieu” accompagnée d’une grande clairvoyance sur ses péchés et ses défauts. Son cœur est converti, elle change radicalement de mode de vie pour faire pénitence et ainsi expier les fautes passées.
Les années suivantes, Catherine connaît le miracle d’inédie, c’est-à-dire qu’elle ne mange rien d’autre que l’Eucharistie quotidienne. Elle se consacre au service des malades, des lépreux et des indigents en devenant fille de salle à l’hôpital Pammatone. Entre 1477 et 1496, les périodes d’extases se multiplient. Catherine ne délaisse pas l’hôpital pour autant car elle devient, en 1490, directrice de la section des femmes.
Durant ces années, elle a une influence positive sur son mari qui abandonne sa vie décousue pour devenir tertiaire franciscain. Ce dernier meurt en 1497.
Probablement atteinte d’un cancer à l’estomac, Catherine souffre énormément durant les dernières années de sa vie.Elle rend son âme à Dieu le 15 septembre 1510.
Le corps de la future sainte est exhumé au bout de dix-huit mois afin d’être translaté de l’église de l’hôpital vers un tombeau neuf. Il est alors retrouvé parfaitement intact. Depuis sa canonisation entre 1737, le corps se trouve sous une châsse en verre à l’église Santissima Annunziata di Portaria. En 1960, une commission canonique et médicale constate la continuation du phénomène d’incorruptibilité du corps de sainte Catherine.
Le Traité du Purgatoire de sainte Catherine de Gênes
Cet ouvrage n’a pas été écrit par sainte Catherine mais par ses proches, les membres de la Fraternité du Divin Amour :
- Père Marabotto
- Père Carenzio
- Maître Vernazza
- Sœur Battistina
Ces co-auteurs ont recueilli, en plus du témoignage de la servante de la sainte, Argentina del Sale, dix années de souvenirs, d’observations personnelles et de confidences de la défunte que l’on appelle alors corpus catharinianum. La première rédaction, en génois, date probablement de 1520-1522. Lors de la première édition, en 1551, le chapitre XLI, auparavant nommé Vie et doctrine, devient Traité du Purgatoire. Ce chapitre n’est pourtant pas un traité au sens technique du terme : aucun des quatre auteurs n’est théologien professionnel. Par ailleurs, on ne retrouve aucune description du purgatoire en tant que tel. Ils se sont contentés de rassembler des informations sur le sujet et de les présenter, sans grande logique évidente.
Aussi, il faut considérer l’ensemble de l’œuvre comme une succession de chapitres qui peuvent être lus séparément.
Magnifiques prières de sainte Catherine de Gênes
Prière pour demander à Jésus son secours
« Ô Jésus, plein d’une tendre sollicitude pour vos disciples, vous leur dites de veiller et de prier, afin de ne point tomber dans la tentation. J’implore votre secours, ô mon Sauveur ! Car je crains de trouver, dans les choses de la terre, une occasion de péché, et de succomber aux pièges de l’ennemi, sous le vain prétexte de satisfaire aux besoins légitimes de mon corps, d’où je serais bientôt conduit à confondre ce qui est saint avec ce qui ne l’est pas. Mes désirs, qui, sans votre secours, sont si capricieux et si mobiles, sont bien facilement souillés par le péché ; et sans une grande attention de ma part, la partie spirituelle de mon être se matérialiserait bientôt, en s’attachant à la terre : car dès que ma pensée se penche vers les choses du monde, elle se détourne des biens célestes ; et bien facilement alors la pureté de mon âme peut se troubler, et ma volonté, qui doit vous être entièrement consacrée, peut aisément contracter quelques souillures. Secourez-moi donc, ô mon Dieu ! En acceptant comme votre propriété tout mon être, que je vous abandonne en ce moment. Faisons un échange, ô mon Jésus ! Prenez en vos mains mon être si misérable, pour le plonger dans l’océan de votre amour ; et donnez-moi, en retour, votre sainte et divine charité, qui éteigne en moi tout autre amour, qui m’anéantisse pleinement en moi-même, pour ne me laisser d’être qu’en vous. Et alors avec la vigilance et une prière continuelle, je ne succomberai plus à aucune tentation. Ainsi soit-il. »
Prière pour rendre grâce au Seigneur
« Que je boive ou que je mange, que je me promène ou que je demeure en repos, que je parle ou que je garde le silence, que je dorme ou que je veille, dans la maison comme dans l'église, dans la rue comme dans la maison, saine ou malade, vivante ou morte, à toute heure et dans les moments qui composent ma vie, je veux, ô mon Jésus, que tout se fasse en vous et pour vous. Vous êtes ma force, mon bien, ma volupté, ma béatitude ; je ne puis tourner mes regards vers autre chose que vous, au ciel et sur la terre ; je ne sais plus si j'ai un corps, une âme, un cœur ; je suis transformée en vous, je ne vois, ne sens et ne goûte que le pur amour. Ainsi soit-il. »
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