Sainte Julienne de Cornillon et la Fête-Dieu
Sainte Julienne de Cornillon, aussi connue sous le nom de Mère Julienne du Mont-Cornillon, était une mystique, religieuse augustinienne et prieure du couvent-léproserie du Mont-Cornillon au XIIème siècle. Elle est à l’origine de la Fête-Dieu (Corpus Christi). Sainte de l’Église catholique, elle est célébrée le 5 avril.
Biographie de sainte Julienne de Cornillon
Julienne est née le 13 novembre 1193 à Retinne, un village près de Fléron, en Belgique. Orpheline à seulement cinq ans, elle est confiée, avec sa sœur Agnès, au couvent des sœurs augustiniennes du mont Cornillon, à Liège. Ce sont ces dernières qui élèvent les fillettes. Le couvent est chargé d’une léproserie. Aussi, l’institution est divisée en quatre groupes : les hommes malades, les hommes sains, les femmes malades et les femmes saines. Les quatre communautés vivent sous la direction de deux prieurs : un prêtre et une religieuse, sans respecter de règle religieuse fixe mais en obéissant aux vœux de célibat, prière et partage des biens.
À quatorze ans, Julienne devient religieuse. Elle étudie le latin et le français, ce qui lui permet de lire les ouvrages des Pères de l’Église comme ceux de saint Augustin d’Hippone et saint Bernard de Clairvaux. Julienne est particulièrement attachée à ce dernier dont elle connaît les sermons par cœur.
À partir de 1209, elle a régulièrement des visions mystiques. En 1222, Julienne est nommée prieure des sœurs augustiniennes du monastère. Sa mission n’est pas de tout repos car elle est tourmentée par certains de sa communauté et certains bourgeois de Liège.
Julienne a régulièrement la même vision, dont elle ne comprend pas la signification. Toutefois, elle explique que, des années après, c’est le Christ qui lui apporte la solution en lui faisant comprendre qu’une fête pour célébrer l’Eucharistie doit être instaurée. Elle accepte la mission divine et œuvre à l’établissement de ladite fête. Elle en parle, pour la première fois, à la bienheureuse Ève de Liège. Julienne compose ensuite l’office de la fête. Les deux amies entreprennent les démarches à l’instauration de la Fête-Dieu et demandent conseil à d’éminentes autorités ecclésiastiques comme le futur pape Urbain IV, l’évêque de Cambrai, Gui de Laon, le chanoine de Saint-Martin, Jean de Lausanne, le théologien dominicain Hugues de Saint-Cher. Par ailleurs, le prince-évêque Robert de Thourotte s'intéresse à cette fête et promet d’officialiser le culte eucharistique. Toutefois, ce dernier tombe malade, il recommande alors l’institution de la fête aux membres du clergé qu’il connaît et fait célébrer l’office en sa présence, à Fosses. Il y meurt le 16 octobre 1246, sans avoir pu tenir un synode général et y publier son mandement.
La Fête-Dieu est donc introduite en 1246, pour la première fois, dans le diocèse de Liège.
De fortes oppositions de la part des bourgeois de la ville (ils ne veulent pas jeûner un jour de plus) obligent Julienne et plusieurs de ses sœurs à quitter leur couvent. Elles trouvent asile dans différentes abbayes cisterciennes. L’abbaye de Salzinnes, près de Namur, hors du diocèse de Liège, devient leur refuge permanent.
Julienne rend son âme à Dieu le 5 avril 1258, à Fosses-la-ville, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, en Belgique. Elle est ensuite inhumée dans l’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville.
Après sa mort, Ève poursuit les démarches et obtient l’institution de la fête pour l’Église universelle, notamment grâce à ses bonnes relations avec Jacques Pantaléon, archidiacre de Liège. Devenu le pape Urbain IV, il institue officiellement la Fête-Dieu, Corpus Domini, pour l’Église universelle par la bulle Transiturus de hoc mundo, le 11 août 1264, à Orvieto.
Belle prière à sainte Julienne de Cornillon
« Toi qui as consacré ta vie à l’amour de l’Eucharistie, toi qui as été animée d’un zèle et d’un courage sans faille au service du Christ Jésus, nous te prions, pour que tous puissent adorer le Christ réellement présent dans le Saint Sacrement de l’autel. Toi qui as soigné à l’hospice de Cornillon, premier hôpital de la ville de Liège, les lépreux confinés et les autres malades, toi qui as consolé les souffrants, nous te prions pour la protection des soignants et la guérison des malades. Toi qui as dirigé une communauté chrétienne faite de soignants et de soignés, hommes et femmes, religieux et laïcs, unis dans la solidarité et la foi, face à la maladie, nous te prions pour nos communautés chrétiennes et tous ceux qui s’engagent dans un chemin de foi. Sainte Julienne intercède pour nous afin que grandisse davantage notre amour pour Jésus, le pain de Vie, qui nous manque tellement en ce temps de pandémie. Mets un baume sur nos cœurs en ce Jeudi Saint et ce jour de Pâques, alors que le confinement nous empêche de recevoir le pain de Vie. Fais-nous communier spirituellement au Christ, Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il. ».
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