Les femmes stériles de la Bible : 7 exemples de foi et d’espérance
Dans la Bible comme aujourd’hui, l’absence et l’attente d’un enfant est une épreuve qui bouleverse profondément la vie des époux. Attente, incompréhension, souffrance ou remise en question : ces sentiments ne sont pas nouveaux. Plusieurs femmes de l’Ancien Testament ont elles aussi traversé cette douleur. Pourtant, leurs histoires montrent que Dieu n’abandonne jamais ceux qui placent leur confiance en lui.
Que symbolise la stérilité dans la Bible ?
A l’époque de l’Ancien Testament, la maternité occupait une place centrale dans la vie sociale.
“Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre.” (Genèse 1,28)
La stérilité n’a donc jamais fait partie du plan de Dieu, pourtant il serait tentant de dire que l’infertilité est une punition divine. Cependant parmi les 7 femmes stériles de la Bible, 4 deviendront des matriarches. Loin d’être un châtiment divin, la stérilité n’en reste pas moins une grande souffrance pour les femmes concernées. Mais Dieu manifeste très fréquemment sa puissance précisément dans ces situations où tout semble impossible.
Les 7 femmes stériles de la Bible
Sara et Abraham : la promesse malgré l’impossible
Sara apparaît dans la Bible dès le livre de la Genèse, elle est directement décrite, outre le fait d’être l’épouse d’Abraham comme stérile.
“Saraï était stérile, elle n’avait pas d’enfant.” (Genèse 11, 30)
Sa stérilité met immédiatement en balance la promesse que Dieu fait, un chapitre plus loin, à son époux Abraham.
“Le Seigneur apparut à Abram et dit : « À ta descendance je donnerai ce pays. » Et là, Abram bâtit un autel au Seigneur qui lui était apparu.” (Genèse 12,7).
Dieu renouvelle plusieurs fois la promesse, mais Sara étant déjà avancé en âge envoie alors son mari vers sa servante Agar d’où naîtra Ismaël. Cependant Dieu assure à Abraham que c’est bien de Sara que sera engendré sa descendance, ce qui fait rire Sara.
“Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qui arrive aux femmes.
Elle se mit à rire en elle-même ; elle se disait : « J’ai pourtant passé l’âge du plaisir, et mon seigneur est un vieillard ! »
Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : “Est-ce que vraiment j’aurais un enfant, vieille comme je suis ?”
Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment où je reviendrai chez toi, au temps fixé pour la naissance, Sara aura un fils. »” (Genèse 18,11-14)
Mais la promesse finit par s’accomplir et Sara enfante Isaac.
“Le Seigneur visita Sara comme il l’avait annoncé ; il agit pour elle comme il l’avait dit.
Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils pour Abraham dans sa vieillesse, à la date que Dieu avait fixée.
Et Abraham donna un nom au fils que Sara lui avait enfanté : il l’appela Isaac (c’est-à-dire : Il rit).” (Genèse 21, 1-3)
La naissance d’Isaac nous enseigne que Dieu reste fidèle à ses promesses, même lorsque tout paraît impossible. Le plus grand risque de l’attente c’est le doute et la volonté de “forcer” les choses car les solutions humaines ne remplaceront jamais le projet de Dieu. Le temps de Dieu n’a rien à voir avec notre temps.
Rebecca et Isaac : un mari qui prie pour son épouse
Enfant de la promesse, Isaac s’est marié avec Rebecca, mais après vingt années de mariage, ils demeurent sans enfant. Isaac, pris de compassion pour son épouse, adressa alors au Seigneur une prière.
“Isaac implora le Seigneur en faveur de sa femme, car elle était stérile. Et le Seigneur l’exauça : sa femme Rébecca devint enceinte.” (Genèse 25, 21)
Une fois enceinte, Rebecca souffrait beaucoup et alla consulter le Seigneur qui lui fit une révélation.
“Le Seigneur lui dit : « Deux nations sont dans ton ventre. Deux peuples différents sortiront de tes entrailles : l’un sera plus fort que l’autre, et l’aîné servira le cadet. » Quand arriva le jour où elle devait enfanter, voici qu’il y avait des jumeaux dans son ventre !" (Genèse 25, 23-24)
Ici c’est surtout la prière d’intercession d’Isaac pour son épouse qui possède une grande force. Dieu entend les prièreslorsque les époux prient et les récompensent doublement. La grossesse de Rebecca nous montre aussi que la grâcen’efface pas la difficulté.
Rachel et Jacob : la douleur de la comparaison
Épouse de Jacob, Rachel possède le même époux que sa sœur Léa. Rachel est alors confrontée aux multiples grossesses de sa sœur tandis qu’elle demeure stérile. Nous sommes confrontés à sa douleur d’une intensité forte.
“Voyant qu’elle n’avait pas donné d’enfant à Jacob, Rachel devint jalouse de sa sœur. Elle dit à Jacob : « Donne-moi des fils, sinon je vais mourir ! »” (Genèse 30, 1)
Elle connaît alors la jalousie, la comparaison et la douleur, des sentiments que traversent encore aujourd’hui les femmes souffrant d’infertilité. Mais Dieu avait un plan pour Rachel.
“Dieu se souvint de Rachel, il l’exauça et la rendit féconde.” (Genèse 30,22)
Rachel est l’exemple que la souffrance de l’infertilité est réelle que comme chaque souffrance, elle peut être exprimée devant Dieu. Si elle a souffert de la comparaison avec sa sœur, Rachel a gardé espoir dans cette épreuve et nous montre que Dieu n’oublie jamais ceux qui placent leur confiance en lui.
Manoah et son épouse : la bénédiction avant la naissance
Parfois, la promesse de Dieu s’accomplit avant même la naissance de l’enfant. Le plan de Dieu étant parfait, il prépare des vocations dès le ventre maternel.
“Il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoah. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant.
L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant.
Mais tu vas concevoir et enfanter un fils.” (Juges 13, 2-4)
L'enfant annoncé est Samson, avant même sa naissance, Dieu lui confie une mission particulière.
“La femme enfanta un fils, et elle lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit, le Seigneur le bénit “ (Juges, 13, 24)
Samson deviendra nazir, il ira combattre les philistins, peuple ennemi de Dieu, grâce à sa force surpuissante et son amour de Dieu. L’épouse de Manoah n’avait pas un ventre destiné à ne rien engendrer, au contraire, sa stérilité était en réalité l’attente du plan parfait de Dieu.
Anne et Elkana : le plus bel exemple d’abandon à Dieu
Anne est certainement la figure féminine dont la stérilité est la plus développée. Stérile et mariée, elle souffre des moqueries de Peninna, la seconde épouse de son mari, mère de plusieurs enfants. Elle prie alors longuement au Temple et demande une grâce à Dieu.
“Elle fit un vœu en disant : « Seigneur de l’univers ! Si tu veux bien regarder l’humiliation de ta servante, te souvenir de moi, ne pas m’oublier, et me donner un fils, je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. »” (1 Samuel 1, 11)
Le prêtre Eli, présent près d’elle lors de sa prière pense d’abord qu’elle est ivre avant de réaliser qu’elle prie en réalité dans une immense détresse et demande à Dieu de l’exaucer. Anne enfante alors Samuel et tient sa promesse en le consacrant au Seigneur.
Son fils occupe une place importante en devenant le dernier juge et en faisant de Saül et David, les premiers Rois d’Israël. Samuel a la capacité d’entendre la voix de Dieu, ce qui fera de lui un grand prophète.
Le cantique d’Anne deviendra l'une des plus grandes prières de l'Ancien Testament.
Anne nous montre que déposer sa souffrance devant Dieu est une grâce. La persévérance dans la prière permet de faire confiance pleinement au Seigneur, même lorsqu’on ne comprend pas.
Elisabeth et Zacharie : faire confiance au temps de Dieu
Dans l’Évangile selon saint Luc c’est une nouvelle figure féminine que l’on découvre.
“Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable.
Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.” (Luc 1, 6-7)
Ce couple est décrit comme étant “juste devant Dieu” et c’est un détail capital. La stérilité d’Elisabeth n’est pas présentée comme une conséquence d’un péché personnel.
L’archange Gabriel se présente à Zacharie pour annoncer la naissance prochaine de Jean-Baptiste et c’est également auprès de la Sainte Vierge qu’il se manifeste pour lui annoncer la grossesse de sa parente.
“Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. » “ (Jean 1, 36-37)
L’histoire de la stérilité d’Elisabeth nous montre que la fidélité à Dieu n’épargne pas des épreuves. Lorsqu’elle est tombée enceinte, Dieu n’a pas regardé l’âge d’Elisabeth mais l’accomplissement de son plan, Jean-Baptiste et Jésusdevant naître à quelques mois d’intervalles.
La sunamite
Nous savons que cette femme réside à Sunam et qu’elle tient à accueillir le prophète Elisée chez elle lorsqu’il passe par sa ville. Contrairement aux autres femmes de la Bible, la sunamite n’a pas de prénom.
Le livre des Rois mentionne qu’elle n’a pas d’enfant malgré l’âge de son mari. Aussi bien qu’il ne soit pas mentionné explicitement qu’elle est stérile, elle réagit comme une femme qui a trop entendu de fausse promesse.
“Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras. » Mais elle dit : « Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante. »” (2 Rois 4, 16)
L’année suivante, tel que prophétisé par Elisée, elle enfante un fils. Celui-ci meurt malheureusement, elle choisit alors de ne rien dire mais d’aller chercher l’homme de Dieu afin qu’il le ramène à la vie.
Ce chapitre du deuxième livre des Rois nous démontre que Dieu peut donner au-delà de ce que l’on espère. La vie donnée par Dieu doit toujours être signe d’espérance et de confiance, même au cœur des épreuves les plus terribles.
Ce que ces femmes nous enseignent sur l’espérance
Au-delà de leur nombre, sept, ces femmes sont des modèles pour nous démontrer que Dieu n’oublie jamais ses enfants. L’attente, parfois jusqu’à l’insupportable n’est en rien un abandon.
A ces couples, on peut rajouter, bien que leur histoire ne soit pas racontée dans la Bible, Anne et Joachim, les parents de la Vierge Marie, ont eux aussi longtemps souffert de ne pas avoir d'enfant. Selon le Protévangile de Jacques, après de nombreuses années de prière et d'attente, Dieu exauça leur demande en leur donnant Marie, appelée à devenir la Mère de Jésus.
Ces histoires nous enseignent que même si Dieu ne répond pas toujours, il est là, son temps n’est pas le nôtre. La prière transforme le cœur, le façonne de façon différente pour que chaque promesse s’accomplisse en son temps.
Il est intéressant de noter que bien qu’ayant toutes vécues la même épreuve, elles ne l’ont pas toutes traversées de la même façon. Toutes ces femmes, ces couples ont longtemps attendu la joie d’accueillir un enfant mais c’est beaucoup plus que le Seigneur leur a donné. Au-delà d’une descendance c’est une place unique dans son histoire que Dieu leur a confiée.
Prier avec les femmes de la Bible quand on traverse l’infertilité
Si vous traversez aujourd'hui l'épreuve de l'infertilité ou d'une longue attente avant d'accueillir un enfant, vous n'êtes pas seul. Comme Sara, Anne, Élisabeth ou Rebecca, vous pouvez déposer votre espérance entre les mains de Dieu.
Découvrez des prières pour l'infertilité pour remettre cette épreuve à Dieu, une prière pour les couples en espérance d'enfant, afin de porter cette attente ensemble dans la foi, des psaumes, une neuvaine à Notre-Dame des Grâces ou bien une prière à sainte Colette, invoquée par de nombreux couples désirant accueillir la vie.
Avec Hozana, confiez votre espérance au Seigneur
- Les parents de la Vierge Marie on eux aussi traversé cette épreuve, confiez-leur vos prières à travers une neuvaine !
- Passez 9 jours en compagnie de l’enfant Jésus afin de lui demander la grâce de l’enfantement !
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