Alexandre de Rhodes : vie, mission et prière

Alexandre de Rhodes était un prêtre jésuite et un missionnaire au Tonkin et en Cochinchine, qui a contribué au développement des Missions étrangères de Paris, qui s’appelaient, au XVIIème siècle, la Congrégation de la Propagation de la Foi. Il a œuvré auprès du pape afin que des évêques soient envoyés en Asie afin d’y fonder un clergé autochtone, seul capable de survivre en temps de persécutions.

 

Biographie de Alexandre de Rhodes

Jeunesse et études

Alexandre de Rhodes est né le 15 mars 1591 à Avignon, qui faisait alors partie du Comtat Venaissin, un État pontifical fondé en 1274 et dissous le 14 septembre 1791. À l’origine, sa famille était juive. Fuyant l’inquisition, elle s’est réfugiée à Avignon au XVème siècle alors cité accueillante pour les Juifs.

À dix-huit ans, Alexandre se rend à Rome. Il intègre la Compagnie de Jésus le 14 avril 1612. Souhaitant de tout son cœur partir en missions en Extrême-Orient, il travaille assidûment. Il perfectionne ses connaissances en langues anciennes (en latin, grec et hébreu), apprend l’italien et les mathématiques. Alexandre deviendra un véritable polyglotte parlant, lisant ou écrivant au moins douze langues dont le vietnamien, le japonais, le portugais, le persan et le chinois.

Départ pour l’Orient

Après avoir obtenu la bénédiction du pape Paul V, il quitte Rome en octobre 1618 et se rend à Lisbonne qui est le port d’embarquement européen pour les Indes orientales. Le 4 avril 1618, l’heure du départ a sonné : destination Goa. Alexandre embarque avec d’autres prêtres jésuites.

Après avoir dépassé le Cap de Bonne-Espérance le 20 juillet 1619, le navire atteint Goa le 9 octobre de cette même année. Alexandre est accueilli par les jésuites qui y sont installés depuis l’arrivée de saint François-Xavier en 1542. Il y demeure deux ans et demi.
Le 12 avril 1622, il reprend son voyage vers le Japon et embarque alors pour Malacca sur un navire portugais où il arrive le 28 juillet suivant. Il doit attendre neuf mois avant de pouvoir reprendre la mer. Alexandre débarque le 29 mai 1623 à Macao et entame aussitôt l’étude du japonais. Malheureusement, il n’a toujours pas l’autorisation de ses supérieurs d’entrer au Japon, à cause de la l’intensification de la persécution des chrétiens du pays et de sa fermeture progressive, entamée en 1612. Le missionnaire est alors envoyé au Dai Viêt où une mission s’était établie en 1615.

En décembre 1624, il embarque avec cinq autres jésuites à destination de Faifo (actuel Hoi An), qui est l’un des principaux ports de la Cochinchine. En quelques mois seulement, Alexandre maîtrise suffisamment la langue annamite (ancien nom français du vietnamien) pour prêcher dans cette langue. Il a aussitôt été frappé par les intonations complexes de cette langue et entreprend alors de mettre au point une transcription romanisée et phonétique du vietnamien : le Quoc Ngu, qui sera ensuite utilisé dans tout le pays. En 1651, Alexandre publie un dictionnaire annamite-altin-portugais et une grammaire de la langue. Depuis 1954, le Quoc Ngu est officiellement le système d’écriture national du Viêt Nam. 

Le 12 mars 1627, le père de Rhodes embarque pour le Tonkin. Une fois arrivé, il parvient à faire baptiser une partie de la famille du maire du Palais et chua, Trinh Trang. Il fait également construire la première église du Tonkin près de Thanh Hoa. Toutefois, les religieux se retrouvent vite en opposition avec le culture polygame locale. Aussi, en janvier 1630, Alexandre est placé en résidence surveillée avant d’être banni en mai par Trinh Trang. Le missionnaire a malgré tout réussi à baptiser près de sept mille vietnamiens entre 1627 et 1630. Il convertit également le capitaine et les deux tiers de l’équipage tonkinois chargé de l’escorter jusqu’à Macao. Alexandre y demeure dix ans durant lesquels il enseigne la théologie morale.

Entre 1640 et 1645, le jésuite entreprend quatre voyages vers la Cochinchine en tant que supérieur des missions, œuvrant la plupart du temps dans la clandestinité. Il parvient, à chaque fois, à baptiser et à évangéliser la population locale mais ne peut rester longtemps à cause de l’hostilité du gouvernement envers les chrétiens. En janvier 1644, il est arrêté à la frontière du Tonkin et est condamné à mort. Fort heureusement, grâce à l’intervention de la tante du roi, convertie au christianisme, sa peine est commuée en bannissement à vie. Alexandre est expulsé de Cochinchine le 3 juillet 1645. Il arrive à Macao vingt jours plus tard. Il décide alors de rentrer en Europe et de se rendre à Rome afin de plaider la cause des missions d’Asie auprès du Saint-Siège. 

Retour à Rome

Le père de Rhodes quitte Macao le 20 décembre 1645 et n’atteint Rome que le 27 juin 1649. Entre-temps, il s’est arrêté à Malacca, à Java, à Batavia, à Macassar, à Bantam, à Surate, à Ormuz, à Comoran, en Perse, à Ispahan, à Tauris, à Erevan, en Arménie, en Anatolie, à Smyrne et enfin à Gênes avant de gagner Rome.

Demandes au Saint-Siège

Face au Saint Siège, Alexandre expose la situation de l’Église en Cochinchine et au Tonkin. Il leur demande leur soutien dans l’établissement de nouvelles missions auprès de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (ancienne congrégation de la Curie romaine fondée en 1622 par le pape Grégoire XV, chargée des œuvres missionnaires de l’Église). Il explique que le sort des communautés chrétiennes est trop lié aux fluctuations politiques et économiques du Portugal, basé à Macao. Par ailleurs, il leur démontre que les peuples de Cochinchine sont favorables au christianisme mais que ce sont le plus souvent les gouvernements qui leur sont hostiles. Son souhait est de créer un clergé autochtone afin de ne plus dépendre de la présence du clergé portugais. Enfin, il demande que soit nommé un évêque pour la Cochinchine et le Tonkin.

Naissance des Missions Étrangères de Paris

Le 11 septembre 1652, Alexandre quitte Rome, chargé de trouver les personnes et les fonds nécessaires afin de remplir sa nouvelle mission, confiée par la Congrégation pour la propagation de la foi. Il se rend alors dans le Piémont et en Suisse avant d’arriver à Paris en janvier 1653 où il rencontre le confesseur de Louis XIV et responsable de la Confrérie des Bons enfants, le père Jean Bagot.

Il obtient des financements de la part de la Compagnie du Saint-Sacrement, soutenue par Anne d’autriche, saint Vincent de Paul et Bossuet. Ainsi sont créées les bases des Missions Étrangères de Paris. 

Le 17 août 1658, François Pallu, nommé évêque d’Héliopolis (aujourd’hui Baalbeck au Liban) le 29 juillet précédent, devient vicaire apostolique du Tonkin. Pierre Lambert de la Motte qui avait été nommé évêque de Beyrouth est, lui, nommé vicaire apostolique de la Cochinchine. 

Entre 1662 et 1664, la Société des Missions étrangères est enfin fondée et s’établit rue du Bac, à Paris. 

Fin de vie

En novembre 1654, le père de Rhodes était reparti pour l’Orient. Il était passé par la Perse afin de rejoindre la mission jésuite en Arménie. C’est là qu’il apprend que Rome a accepté ses demandes et propositions.
Alexandre de Rhodes rend son âme à Dieu le 5 novembre 1660 à Ispahan, en Iran, à l’âge de soixante-neuf ans. Il est enterré dans un cimetière de la communauté chrétienne arménienne d’Ispahan.

 

Prière pour les saints martyrs du Vietnam

“Seigneur notre Dieu, Source et Origine de toute paternité, Vous qui avez donné aux Saints Martyrs André et ses Compagnons la grâce d’être fidèles à la Croix de Votre Fils jusqu’à l’effusion de leur sang, accordez-nous, par leur intercession, de savoir annoncer aux autres Votre Amour afin de pouvoir être appelés fils de Dieu et de l’être vraiment. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.”

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  1. https://www.herodote.net/Le_missionnaire_qui_a_fonde_la_nation_vietnamienne-synthese-3321-581.php
  2. https://www.jesuites.com/qui-sommes-nous/notre-histoire/
  3. https://missionsetrangeres.com/histoire-des-mep/

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