Dieu le Père dans le christianisme : origine biblique, Trinité et relation au Fils

Dire “Dieu le Père” n’est jamais anodin. Ces mots, simples en apparence, ouvrent sur un mystère qui excède toute compréhension humaine. Ils parlent de l’origine et de la relation, mais aussi de la transcendance absolue de Dieu, toujours au-delà de ce que l’esprit peut saisir, et pourtant infiniment proche de l’homme qu’Il appelle à la vie.

Cette manière de nommer Dieu s’enracine dans l’histoire biblique, bien avant la pleine révélation chrétienne. L’Ancien Testament laisse déjà entrevoir une paternité divine qui crée, protège et éduque, sans jamais réduire Dieu à une figure humaine. Avec Jésus-Christ, cette révélation atteint son accomplissement : Dieu est nommé Père au cœur même de la Trinité, dans une communion d’amour où le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont distincts sans être séparés. Dieu le Père est notamment évoqué comme source de bonté dans le catéchisme de l’Eglise catholique au paragraphe 257.  

Le Père n’est ni une projection humaine ni une abstraction lointaine ; il est la source de tout être, celui qui engendre le Fils de toute éternité et qui, par le Christ, appelle chaque croyant à entrer dans une relation filiale. C’est cette compréhension, à la fois théologique et spirituelle, que nous sommes invités à approfondir, pour approcher avec respect et confiance le cœur même de la foi chrétienne.

Dieu le Père dans le mystère trinitaire

Au cœur de la foi se tient le mystère de la Trinité, confession d’un Dieu unique en trois personnes distinctes, que la théologie nomme trois hypostases : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dire “Dieu le Père” ne revient donc pas à désigner un Dieu parmi d’autres, ni une fonction symbolique, mais à nommer la première hypostase de cette communion divine.

Dans la Trinité, le Père se définit avant tout par la relation. Il est celui qui engendre le Fils non dans le temps, mais dans l’amour, et de qui procède l’Esprit Saint comme lien vivant de cette communion.

Ainsi compris, Dieu le Père n’est pas un souverain solitaire, mais la source d’une vie qui se partage. La Trinité révèle que, dans son infinie transcendance, Dieu est communion, et que le Père, loin de toute domination, est principe d’amour, d’unité et de fécondité. Contempler le Père au sein de la Trinité, c’est déjà entrer dans l’intelligence d’un Dieu qui ne se replie pas sur sa toute-puissance, mais qui se donne, éternellement, dans la relation.

Les racines bibliques : la paternité divine dans l’Ancien Testament

Dans l’Ancien Testament, Dieu n’est pas encore pleinement nommé “Père” au sens trinitaire que révélera le Christ, mais la paternité divine y est déjà profondément inscrite. Elle se manifeste d’abord et avant tout dans l’acte créateur raconté par la Genèse. Dieu crée par sa parole, appelant le monde à l’existence à partir du néant, ordonnant le chaos et séparant, nommant, donnant une place à chaque réalité. 

La création de l’être humain marque un sommet dans ce récit. L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, voulu pour la relation et la responsabilité. Sans employer explicitement le vocabulaire de la paternité, le texte biblique laisse transparaître une origine filiale : l’homme reçoit la vie comme un don. L’acte créateur de Dieu porte déjà une dimension paternelle, en ce qu’il engendre une humanité appelée à vivre sous un regard qui bénit, confie et appelle.

Cette paternité créatrice se déploie ensuite dans l’histoire d’Israël. Dieu se révèle comme Père d’un peuple qu’il choisit et qu’il fait naître à travers l’alliance. Il conduit, enseigne, corrige et relève, avec la patience d’un éducateur. Les prophètes approfondissent cette image en osant évoquer la tendresse, la fidélité et parfois la souffrance d’un Père face à l’infidélité de ses enfants.

Cependant, si Dieu est Père, il reste le Dieu saint, le Tout-Autre, dont le nom ne peut être saisi ni possédé. Cette tension féconde prépare la révélation apportée par Jésus, en ouvrant le cœur des croyants à une relation plus intérieure.

Identité, distinction et relation entre Dieu le Père et Dieu le Fils 

Dans la foi chrétienne, Dieu le Père ne peut être compris indépendamment de Dieu le Fils, et cette vérité est solennellement confessée dans le Credo. Lorsque l’Église proclame “Je crois en Dieu, le Père tout-puissant et en Jésus-Christ, son Fils unique”, elle affirme à la fois l’unité de Dieu et la distinction réelle des personnes (hypostases). 

Jésus-Christ ne se présente pas seulement comme un envoyé ou un prophète : Il se révèle comme le Fils unique. Cette filiation, que le Credo précise en parlant du Fils “engendré, non pas créé, de même nature que le Père”, appartient au mystère même de Dieu. Le Père et le Fils sont distincts sans être séparés, unis dans une seule et même nature divine, tout en demeurant deux personnes irréductibles l’une à l’autre. Cette précision du Credo est aussi une sauvegarde contre des lectures que l’Église a reconnues comme hérétiques, lorsqu’elles abaissent le Fils au rang de créature ou, inversement, confondent les personnes en effaçant leur distinction.

La distinction entre le Père et le Fils s’exprime avant tout dans une relation éternelle qui fonde l’identité de chacun sans introduire ni hiérarchie ni division. Le Credo affirme ainsi une communion parfaite où la paternité est donation totale et la filiation accueil plénier de l’amour. 

Dans l’histoire du salut, cette relation confessée par le Credo devient visible et incarnée. Jésus parle du Père avec une intimité inédite, agit en son nom et accomplit sa volonté. En même temps, Il révèle que nul ne connaît le Père sinon le Fils, et que c’est par Lui que l’humanité est introduite dans cette relation. 

Le rôle du Père dans le salut : créateur, source d’amour et de miséricorde

Dans la foi chrétienne, Dieu le Père n’est pas seulement à l’origine de la création ; il demeure activement engagé dans l’histoire du salut. Celui qui a appelé le monde à l’existence ne se retire pas de son œuvre, mais la soutient, la relève et la conduit vers son accomplissement.

Le salut trouve sa source dans l’initiative du Père, qui envoie le Fils dans le monde, non pour condamner, mais pour sauver. En ce sens, le Père apparaît comme la source première de la rédemption, Celui dont procède le dessein de salut et vers qui tout est ordonné. 

Cette œuvre de salut est inséparable de la miséricorde. Le Père se révèle comme celui qui pardonne, qui donne à espérer contre toute espérance. Les paraboles racontées par Jésus, en particulier celle du père accueillant son fils perdu, dévoilent le cœur de Dieu : une paternité qui respecte la liberté, mais qui ne se lasse jamais d’attendre et de rétablir la communion.

Ainsi, le Père se tient à la fois comme origine et comme terme du salut. Créateur, Il appelle l’homme à la vie ; Père miséricordieux, il l’appelle à la réconciliation ; source d’amour, Il ouvre un avenir où la communion est restaurée

La filiation divine vécue : appel à devenir enfants de Dieu

Reconnaître Dieu comme Père ne relève pas seulement d’une affirmation doctrinale ; cela engage une manière de vivre et de se tenir devant Dieu. La foi chrétienne affirme que, par le Christ, les croyants sont appelés à entrer dans une relation filiale réelle, reçue comme une grâce et non conquise par l’effort. Cette filiation divine permet de s’en approcher avec confiance, dans l’abandon et la liberté.

Devenir enfant de Dieu signifie accueillir une identité reçue. Le croyant est appelé à partager une relation vivante avec le Père, par l’Esprit Saint. Cette filiation transforme le regard porté sur soi, sur les autres et sur le monde : elle fonde la dignité de chaque personne et invite à reconnaître en tout homme un frère ou une sœur, issus d’un même Père.

Cette relation filiale s’exprime de manière privilégiée dans la prière. En apprenant à dire “Notre Père”, le croyant entre dans la parole même du Fils et reçoit une proximité qui n’abolit ni le respect ni l’adoration. La prière devient alors un lieu d’éducation intérieure, où la confiance se façonne, où la peur recule et où la foi s’approfondit au contact de l’amour paternel de Dieu.

Enfin, vivre en enfant de Dieu conduit à une vie marquée par la liberté intérieure, le pardon et le don de soi. Accueillir Dieu comme Père, c’est consentir à se laisser engendrer sans cesse par son amour, afin que toute l’existence devienne, peu à peu, réponse filiale à l’appel du Père.

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  1. https://www.la-croix.com/Definitions/Bible/Dieu-Pere/Decouvrir-Dieu-le-Pere
  2. https://www.gotquestions.org/Francais/Dieu-le-Pere.html
  3. https://evangile21.thegospelcoalition.org/essais/dieu-le-pere/

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