Fin de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus : 1/ Honorer les souffrances

Fin de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus : 1/ Honorer les souffrances

Prédication de Saint Pierre-Julien Eymard (PO 7 et PO 6)
des 5-14 juillet 1861, à Saint-Sulpice - Paris

Neuvaine du Sacré Cœur à Saint-Sulpice

Chapitres précédents :


Dévotion au Sacré Cœur de Jésus : fin

Honorer les souffrances passées du cœur de Jésus et réparer les ingratitudes présentes.
Faites cela en mémoire de moi [Lc 22,19].

Qu'est-ce que cette commémoraison de l'Eucharistie ? Saint Paul le dit : Chaque fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne [1Co 11,26]. C'est la mort du Seigneur, l'amour qu'il nous a témoigné en souffrant et en mourant volontairement pour nous et une pareille mort.

La fin de la dévotion au Sacré Cœur est d'honorer les souffrances de ce cœur divin, les souffrances de sa passion, et de réparer – réparer les crimes dont les mauvais chrétiens se rendent coupables contre l'amour de son cœur en son divin sacrement : telle est la fin de l'approbation de cette fête par l'Église.

1. Honorer les souffrances
1° Elles sont grandes les douleurs du cœur de Jésus ; jamais douleurs semblables à la sienne. Elles partaient de l'amour et d'un amour parfait.

Toutes les épreuves ont été réunies en lui (Isaïe 53) : 1. Toutes les humiliations se sont accumulées sur sa tête. 2. Les calomnies les plus révoltantes l'ont déshonoré. 3. Il a été rassasié d'opprobres, dit le prophète : Il sera rassasié d'opprobres [Lm 3,30]. Son nom est l'homme des douleurs, homme de douleur [Is 53,3]. 4. Tous les mépris, et nous l'avons vu, objet de mépris, le dernier des hommes, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas ; et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié [Is 53,2-4]. 5. Toutes les douleurs l'ont environné. Familier de la souffrance [Is 53,3]. Les tristesses. Agonie. Les larmes de Jésus, cri de la croix.

Et cependant, il a été offert parce que lui-même l'a voulu ; il n'a pas ouvert la bouche ; comme l'agneau il se laissera mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n'ouvrira pas la bouche [Is 53,7].

2° Douleurs sensibles – de son peuple, des siens – de son Père – sans consolation aucune. Il a souffert sans consolation, sans repos, sans gloire. 

3° Douleurs persévérantes jusqu'à son dernier soupir. Comparaison : Le corps d'un roi sur le champ de bataille, père assassiné, on le montre pour le venger. Celui (le cœur) de Jésus, pour être aimé, car il ne veut point de vengeance ; il a pardonné ; son amour. Saint Paul : Il m'a aimé et s'est livré pour moi [Ga 2,20]. Sa science exclusive de Jésus crucifié. Son amour de Jésus crucifié.

Mais elles sont finies ces souffrances ? Réponse : C'est vrai, mais notre reconnaissance ne doit pas l'être, mais notre amour doit les honorer comme présentes, mais ce cœur qui les a souffertes avec tant d'amour est là, non mort mais vivant, non insensible, mais encore plus aimant. Hommages à un roi revenant du combat blessé, nobles blessures, les rappeler, sa plus grande gloire, c'est redire le prix de son amour pour son peuple – Révélation.

S. Pierre-Julien Eymard (PO 6, 14)

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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Saint Pierre-Julien Eymard – Prophète de l'Eucharistie