La dévotion au Sacré Cœur a 3 états / Culte public / Fête catholique - Hozana

La dévotion au Sacré Cœur a 3 états / Culte public / Fête catholique

La dévotion au Sacré Cœur a 3 états / Culte public / Fête catholique

Prédication de Saint Pierre-Julien Eymard (PO 7 et PO 6)
des 5-14 juillet 1861, à Saint-Sulpice - Paris

Neuvaine du Sacré Cœur à Saint-Sulpice

Chapitres précédents :


La dévotion au Sacré Cœur a 3 états

ou son origine, son progrès, son triomphe.


1. Origine
Remonte au premier instant de sa création. Première adoratrice, Marie ; puis saint Joseph, saint Jean Baptiste, Siméon, Anne la prophétesse. Tout ce qui l'aima, surtout le disciple bien-aimé, celui qui s'était penché sur la poitrine du Seigneur [Jn 21,20]. Tous les saints idem. L'amour du cœur au cœur.


II. Le Sacré Cœur comme culte public

2. Progrès
La France, gloire première, berceau de cette dévotion publique et solennelle.
La France ! Les hauts faits de Dieu par les Francs. Elle en avait besoin, quand elle parut. Tiédeur universelle, indifférence, impiété.
17e siècle, 1643. Père Eudes fondateur d'une congrégation vouée à la direction des séminaires et à l'œuvre des missions, à Caen. Il se voue et sa congrégation, en 1674 confrérie approuvée par Clément X et indulgences.
Sainte Julienne, la vierge de Cornillon, Liège.
Marguerite-Marie Alacoque, Paray-le-Monial (Autun), morte en 1690. Le Père La Colombière mort en 1682, apôtre du Sacré Cœur, directeur de  Marguerite-Marie Alacoque, sainte religieuse, déclarée vénérable au 28 mars 1824 – on poursuit sa béatification, par un décret de Grégoire XVI du 23 août 1846.
Marguerite-Marie Alacoque raconte ainsi sur l'ordre du Père La Colombière : 

« Étant devant le très saint Sacrement un jour de son octave, je reçus de mon Dieu des grâces excessives de son amour. Comme j'étais touchée du désir d'user de quelque retour, et de lui rendre amour pour amour, il me dit : Tu ne peux m'en rendre un plus grand qu'en faisant ce que je t'ai tant de fois demandé. Puis me découvrant son divin cœur : Voilà, dit-il, ce cœur qui a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour, et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart d'entre eux que des ingratitudes par les mépris, les irrévérences, les sacrilèges et la froideur qu'ils ont pour moi dans ce sacrement d'amour. Mais ce qui m'est encore plus sensible, c'est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui me traitent ainsi. – Puis Notre Seigneur demande une fête à son Sacré Cœur (le premier vendredi après l'octave du très saint Sacrement) pour honorer mon cœur, en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, communiant ce jour-là pour réparer les indignités qu'il a souffertes pendant le temps qu'il a été exposé sur l'autel. Et il ajoute : “Je te promets que mon cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son amour divin sur tous ceux qui lui rendront cet honneur.. »

Assauts de l'enfer.
Peste de Marseille en 1720, 1er novembre, de Belsunce.
Triomphes de cette dévotion presque dans toute la France, et d'elle en Europe, monde. En 1726, plus de 300 confréries.
Les rois. Auguste, roi de Pologne, au pape Benoît XIII en 1726, demande l'approbation de la fête du Sacré Cœur et Philippe V, roi d'Espagne, idem en 1727, appuyées des évêques et congrégations religieuses. C'est Clément XIII en 1765, le 6 février, qui approuva la fête du Sacré Cœur sur ce motif :

« Considérant, dit le décret, que le culte du Sacré Cœur de Jésus est déjà répandu jusque dans toutes les parties de l'univers catholique, avec l'approbation de leurs Évêques ; que le Saint-Siège lui-même l'a jusqu'ici encouragé par une multitude de brefs d'indulgences, accordés à des confréries presque sans nombre et canoniquement érigées sous le titre du cœur de Jésus ; que par la célébration de l'office et de la messe du Sacré Cœur on ne fait que donner un nouveau lustre à un culte déjà établi, et renouveler symboliquement la mémoire de ce divin amour, par lequel le fils de Dieu s'est revêtu de la nature humaine, et obéissant jusqu'à la mort a déclaré qu'il nous donnait l'exemple d'être doux et humble de cœur à ces causes… ladite Congrégation des Rites, se désistant de la décision rendue par elle le 30 juillet 1729 (et qui refusait d'autoriser ladite fête), croit devoir acquiescer aux prières des Évêques de Pologne et de l'Archiconfrérie romaine, se réservant à délibérer sur l'office et la messe avant de les approuver comme ils doivent l'être : et ce vœu de la Congrégation ayant été mis sous les yeux de notre Saint-Père le Pape Clément XIII, sa Sainteté après avoir lu le présent décret, l'a approuvé dans tout son contenu le 6 février 1765.. »

Ainsi procède la sagesse de l'Église romaine.
Paris fut des premiers.
1695  – Mgr de Noailles en 8 églises du diocèse de Paris.
Saint-Sulpice 1er septembre 1748Fête avec magnificence, consécration d'un autel dédié aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie. Consécration faite par le nonce du pape, archevêque de Rodez, Charles de Grimaldi (1705-1770).
Assemblée générale du 17 juillet 1765 sur le désir de la pieuse reine Marie Leczinska, épouse de Louis XV. Lettre circulaire à tous les évêques et archevêques de France.
Louis XVI : vœu fait en 1792. Captif dans son palais. Mr Hébert Supérieur général des Eudistes, alors confesseur du roi, reçut cet acte :

« Ô Jésus-Christ, divin rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère. Ouvrez-vous, cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté les vœux satisfactoires que la confiance m'inspire, et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur. – Suit le vœu (fête ; procession générale, réparatrice ; consécration sous trois mois ; chapelle au Sacré Cœur). Il faut, ô cœur adorable de mon Sauveur, que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et si je cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation.. »


III. Le Sacré Cœur comme fête catholique

3. Triomphe
En 1856, les évêques de France réunis à Paris autour du légat, le cardinal Patrizzi, demandent par lui une grâce au Saint-Père* : l'approbation de la fête du Sacré Cœur pour l'Église universelle :

« Ils demandèrent avec d'instantes prières qu'il daigne étendre l'office du Sacré Cœur de Jésus à l'Église universelle. – Il a plu à Sa Sainteté d'accueillir avec bienveillance les prières. Il désire offrir aux fidèles de nouveaux moyens pour les aider à aimer, aimer en retour, embrasser Celui qui nous a aimés et qui nous a lavés de nos péchés en son sang. C'est pourquoi il a ordonné que soit célébré chaque année selon le rite double majeur le vendredi qui suit l'octave du très saint Corps du Christ, l'office du Sacré Cœur de Jésus accordé au royaume de Pologne et au clergé de la Ville [de Rome] par la Sacrée Congrégation des Rites le 11 mai de l'an 1765, avec la messe correspondante Miserebitur. En observant toutefois les rubriques.. » – Patrizzi préfet, Capalti secrétaire. – Les hauts faits de Dieu par les Francs.

Conclusion : Gloire de la France, espérance de la France.

 

S. Pierre-Julien Eymard (PO 6,11 et PO 7,6 - Suite de Origine de la dévotion au Sacré Cœur -
I Dévotion chrétienne)

Les évêques de France sont réunis à Paris à l'occasion du baptême du prince impérial le 15 août 1856 par le cardinal Patrizzi, légat de Pie IX.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Julie
place Montrouge, il y a 1 an
Amen.