Qu'est-ce que le vœu de naziréat ?
Le terme de naziréat vient de l’hébreu nâzîr, de la racine nâzar, qui signifie séparer ou consacrer. Le vœu de naziréat est donc l’expression d’un désir profond de mettre sa vie à part pour Dieu.
On retrouve ce terme soixante-trois fois dans l’Ancien Testament, notamment dans le Livre des Nombres. Ce dernier présente les principales caractéristiques de cet engagement.
Qu’est-ce qu’un naziréat ?
Un naziréat, ou naziréen, désigne une personne qui se met à l’écart d’un groupe afin de se consacrer à Dieu par un vœu temporaire ou permanent. Le naziréat avait interdiction de boire des boissons fermentées, de se couper les cheveux et d’approcher toute chose qualifiée d’impure par la loi, notamment les morts.
Chez les anciens Hébreux, le vœu se présente sous la forme d’un accord, libre, entre Dieu et l’homme comme Dieu avec Abraham par exemple.
Extrait du Livre des Nombres de l’Ancien Testament
“Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
« Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : Quand un homme ou une femme fait un vœu particulier, le vœu de naziréat, par lequel il se voue au Seigneur,
il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin ni vinaigre d’alcool, il ne boira aucun jus de raisin, il ne mangera ni raisins frais ni raisins secs.
Tous les jours de son naziréat, il ne mangera aucun produit de la vigne, même pas les pépins ou la peau.
Tous les jours de son vœu de naziréat, le rasoir ne passera pas sur sa tête. Jusqu’à la fin de cette période de naziréat, il sera saint pour le Seigneur, il laissera pousser librement sa chevelure.
Tous les jours de son naziréat pour le Seigneur, il n’approchera d’aucun mort.
Père ou mère, frère ou sœur, pour aucun d’eux, à leur mort, il ne se rendra impur, car il porte sur la tête le signe de la consécration à son Dieu.
Tous les jours de son naziréat, il sera saint pour le Seigneur.
Si quelqu’un meurt subitement près de lui, rendant ainsi impure sa tête sanctifiée par le naziréat, il se rasera la tête le jour de sa purification : le septième jour il la rasera.
Et, le huitième jour, il apportera deux tourterelles ou deux jeunes colombes au prêtre, à l’entrée de la tente de la Rencontre.
Le prêtre offrira l’une en sacrifice pour la faute, l’autre en holocauste. Il fera sur le naziréen le rite d’expiation de la faute que celui-ci aura commise en touchant un mort, et ce jour-là le naziréen sanctifiera de nouveau sa tête.
Le naziréen reconsacrera au Seigneur le temps de son naziréat ; il amènera un agneau de l’année pour le sacrifice de réparation ; les jours précédents ne comptent pas, puisque son naziréat était devenu impur.
Voici la loi concernant le naziréen : le jour où se termine son naziréat, on le conduira à l’entrée de la tente de la Rencontre.
Il apportera au Seigneur son présent réservé : un agneau de l’année, sans défaut, pour l’holocauste, et une agnelle de l’année, sans défaut, pour le sacrifice pour la faute, et un bélier, sans défaut, pour le sacrifice de paix,
ainsi qu’une corbeille de pains sans levain, faits de fleur de farine, des gâteaux pétris à l’huile, et des galettes sans levain frottées d’huile, ainsi que l’offrande de céréales et les libations requises.
Le prêtre les apportera devant le Seigneur et il accomplira son sacrifice pour la faute et son holocauste.
Quant au bélier, il l’offrira en sacrifice de paix pour le Seigneur, en plus de la corbeille de pains sans levain ; puis il fera l’offrande de céréales et la libation requises.
Alors, à l’entrée de la tente de la Rencontre, le naziréen se rasera la tête, la tête de son naziréat ; il prendra la chevelure de son naziréat et la posera sur le feu où se consume le sacrifice de paix.
Le prêtre prendra l’épaule du bélier, quand elle sera cuite, un gâteau sans levain dans la corbeille et une galette sans levain ; il les posera sur les paumes du naziréen après que celui-ci ait rasé la tête de son naziréat.
Puis le prêtre les présentera au Seigneur avec le geste d’élévation : c’est une chose sainte qui reviendra au prêtre en plus de la poitrine présentée avec le geste d’élévation et de la cuisse prélevée. Ensuite, le naziréen boira du vin.
Telle est la loi du naziréen qui a fait un vœu ; tel est le présent qu’il réserve au Seigneur à l’occasion de son naziréat, sans tenir compte de ce que ses moyens lui permettraient d’ajouter. Selon le vœu qu’il a prononcé, ainsi fera-t-il selon la loi de son naziréat. »”
(Nombre 6, 1-21)
Explication du vœu du naziréat
Un engagement pour tous, libre et temporaire
Le vœu de naziréat est un engagement volontaire, librement choisi. Le verset deux du chapitre six du Livre des Nombres souligne cette initiative : “Quand un homme ou une femme fait un vœu particulier, le vœu de naziréat, par lequel il se voue au Seigneur”. On constate ici que c’est l’individu qui fait le choix de prononcer ce vœu. Ce n’est pas une obligation imposée par Dieu mais bien un désir volontaire de se rapprocher de lui.
Dans trois cas ce vœu a été formulé dès la naissance : pour Samuel et Samson dans l’Ancien Testament ainsi que pour saint Jean-Baptiste dans le Nouveau Testament.
Par ailleurs, cette consécration est ouverte autant aux hommes qu’aux femmes, comme l’explique le deuxième verset précédent évoqué. Cette précision est importante car elle montre que l’appel à la consécration n’est pas réservé à une catégorie de personnes.
Deux versets indiquent que le vœu du naziréat est un engagement temporaire, avec un début et une fin clairement définis :
- “Tous les jours de son naziréat, il sera saint pour le Seigneur”. Nombres 6, 8
- “Voici la loi concernant le naziréen : le jour où se termine son naziréat, on le conduira à l’entrée de la tente de la Rencontre.” Nombres 6, 13
Les exigences de l’engagement
Le vœu du naziréat imposait plusieurs règles à suivre :
- S’abstenir de boire du vin ou toute autre boisson fermentée mais également de consommer les produits de la vigne que cela soit du raisin frais, sec, du jus de raisin ou même les pépins ou la peau.
- Ne pas se couper les cheveux pendant toute la durée de la consécration. La chevelure devenait ainsi le signe extérieur de son engagement.
- Interdiction totale d’approcher un mort, même lors du décès d’un proche, afin de rester pur devant Dieu
Au terme de la consécration, le naziréat se coupait les cheveux et les déposait sur l’autel afin d’en faire une offrande à Dieu. Un prêtre accomplissait les rites finaux, qui clôturaient ainsi officiellement le vœu.
Le vœu de naziréat, un appel à la sainteté ?
Bien que le vœu de naziréat soit un concept de l’Ancien Testament, l’on peut faire un parallèle avant un passage de l’épître aux Romains de saint Paul, dans le Nouveau Testament :
“Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.
Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.”
(Romains 12, 1-2).
Les chrétiens sont appelés à mettre en pratique la Parole de Dieu en lui consacrant leur quotidien et en cherchant à accomplir sa volonté afin de cheminer vers la sainteté :
“mais, à l’exemple du Dieu saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite” (1 Pierre 1, 15)
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