Cultiver son intériorité selon la tradition chrétienne : citations, versets et apophtegmes

Prendre soin de sa vie intérieure. Pourquoi pas … Mais qu’est ce au juste que l’intériorité et comment la cultiver ? Ce soin de notre vie intérieure est loin d’être une préoccupation nouvelle, même si notre époque hyperconnectée rend ce besoin encore plus prégnant. Dans la tradition chrétienne, l'intériorité est d'abord le lieu du cœur, dans le sens de “centre de l'être”. Là se joue notre liberté fondamentale et notre relation à Dieu. Cultiver son intériorité, c’est ouvrir un espace pour accueillir et favoriser une rencontre. A travers des extraits de la Bible, des apophtegmes des Pères du désert, des citations de saints … découvrez ce qui se cache au fond de chacun de nous et des conseils bien concrets pour mieux explorer cet univers intérieur si riche et si fécond.

Que peux-t-on découvrir en cultivant son intériorité ?

Prendre soin de sa vie intérieure est source de nombreux bénéfices : apaisement, sérénité, connaissance de soi … Mais au-delà des bienfaits psychologiques et émotionnels, c’est aussi un moyen de nourrir sa vie spirituelle. L’intériorité permet un recueillement qui ouvre à la prière, à l’écoute, à l’accueil 

Un trésor 

“Le royaume des cieux ressemble à un trésor caché dans un champ. 
 Quelqu'un le trouve et le cache de nouveau. 
 Il est si heureux qu'il va vendre tout ce qu'il possède et achète ce champ.”
(Matthieu 13, 44)

La loi divine 

" Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur ... C’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme. La conscience est le centre le plus intime et le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre " (GS 16) (CEC 1776)

Dieu lui-même

“Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t’ai aimée !

Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c’est là que je te cherchais,
 et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !

Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
 elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
 si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
 tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
 tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
 j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
 tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.”
(saint Augustin)

Quelques conseils pour entrer en soi et s’ouvrir au recueillement

Si la méditation ou l’oraison sont accessibles à tous, quelques conseils pour bien s’y disposer sont nécessaires pour en faciliter l’accès. En voici trois donnés par les Pères du désert, ces moines ermites du début du christianisme. Vous pouvez les retrouver dans des méditations guidées pour vous accompagner dans cette aventure intérieure.

 


S’extraire du monde … physiquement et / ou mentalement

“Dieu sait que j’aime les hommes, mais je ne puis être à la fois avec Dieu et avec les hommes. En effet les multitudes et les puissances célestes n’ont qu’une seule volonté, tandis que les hommes ont des volontés multiples et variées.” (Abba Arsène)

“Beaucoup de ceux qui étaient sur la montagne ont péri, car leurs actions étaient celles du monde. Mieux vaut vivre avec beaucoup et mener en esprit la vie solitaire que d’être seul et de vivre de coeur avec la foule” (Synclétique d’Alexandrie)

Se poser

“Assieds toi, fais silence et apaise tes pensées”. (Abba Arsène)

Se mettre à l’écoute de ses mouvements intérieurs

“Sois attentif à toi-même, sois le portier de ton cœur et ne laisse aucune pensée y entrer sans l’interroger” (Evagre)

(Découvrez en davantage sur ce que les Pères du désert nommaient la garde du coeur)