Que veut dire être en odeur de sainteté ?
À son origine, l’expression “odeur de sainteté”, apparue au XVIIème siècle, désigne la douce odeur miraculeuse que certains saints ou bienheureux, alors appelés myroblite, sont présumés dégager après leur mort. On utilise alors l'expression “mort en odeur de sainteté”. Elle est donc utilisée pour parler d’une personne qui aurait eu un comportement admirable de son vivant.
Aujourd’hui, cette expression signifie "être dans les bonnes grâces" d’une personne.
Définition d’un saint myroblite
Myroblite, ou myrrhoblite (ce qui signifie étymologiquement “d’où jaillit la myrrhe, le parfum”) est le nom donné aux saints dont le corps, après leur mort dégage une odeur agréable de fleurs, qu’on appelle alors odeur de sainteté, ou dont les reliques sécrètent un doux parfum, comme la myrrhe.
Liste des saints et bienheureux myroblites
- Saint Nil
- Saint Polycarpe de Smyrne (70-155 ou 167) : « Le feu monta en effet en forme de voûte ou comme une voile de vaisseau gonflée par le vent et entoura le corps du martyr. Lui cependant était au milieu, semblable non à une chair qui brûle, mais à l'or et à l'argent embrasés dans la fournaise. Nous respirions un parfum aussi fort que celui qui s'exhale de l'encens et d'autres aromates précieux ».
- Saint Siméon le myroblite, saint de l’Église orthodoxe (1113-1199)
- Sainte Lydwine (1380-1433) : « Mais ce qui les émerveilla plus que tout, ce fut une odeur nouvelle qui s'échappa de ses stigmates et de ses plaies [...] Brugman raconte, en effet, qu'elle expirait, au plus fort de l'hiver, des effluves tantôt de rose, tantôt de violette et tantôt de lys ».
- Saint François de Paule (1416-1507)
- Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) : « Pendant la nuit de sa mort et le jour qui suivit, l'odeur mystérieuse se répandit dans toute la maison ; elle était attachée aux vêtements de la sainte, aux couvertures de son lit et à tous les objets dont elle s'était servie ; on la retrouvait dans l'eau et les bassins dont on avait usé pour laver le cadavre ».
- Sainte Catherine de Ricci (1522-1590) : « Dans les enquêtes officielles en vue de sa canonisation, quelque vingt ou trente religieuses de son couvent, à Prato, portèrent témoignage sous serment de l'étrange odeur céleste, sensible surtout dans la chambre de sa mort [...] Certaines nonnes trouvaient qu'elle ressemblait au parfum des vivuoles mammole (probablement une variété de violette) bien que ce ne fut pas la saison de cette fleur, mais la plupart des religieuses pensaient qu'on ne pouvait la comparer à l'odeur d'aucune fleur, ni à aucun parfum artificiel. Elle fut perceptible plus d'un an autour de la tombe : pourtant le corps avait été enfermé dans un cercueil de plomb ».
- Saint Joseph de Cupertino (1603-1663) : « Son corps et ses vêtements exhalaient une odeur que je ne puis comparer à aucune odeur artificielle ou naturelle... partout où il passait il laissait ce même parfum et j'ai eu l'occasion de le sentir tout le temps que j'ai passé près de lui. »
- Sainte Marie-Françoise des Cinq-Plaies (1715-1791)
- Bienheureuse Edvige Carboni (1880-1952)
- Bienheureuse Ulrika Nisch (1882-1913) : « Plusieurs consœurs signalèrent d'autres manifestations particulières de la sainteté de Sœur Ulrika, ayant respiré, par exemple, le parfum qui émanait de sa personne [...] Sœur Bonaventure inspecta soigneusement sa chambre. Elle n'y trouva qu'un simple morceau de savon tout ordinaire. Or le parfum de la bienheureuse était indéfinissable. Il n'égalait ni le parfum des fleurs, ni celui de l'encens ».
- Bienheureuse Alexandrina de Balazar (1904-1955) : « Autour de la personne d'Alexandrine on percevait souvent un parfum très suave. [...] Dom Umberto aussi, lors de sa première visite à Alexandrine, avait été témoin de cette émission de parfum ».
- Saint Padre Pio (1887-1968) : « Cette fragrance mystique ou « odeur de sainteté » est un des plus fréquents phénomènes mystiques [...]. Elle est attestée dès les premiers temps de la stigmatisation et le sera fréquemment jusqu'à sa mort. Il s'agissait toujours d'un parfum exquis mais difficilement définissable. Certains crurent y reconnaître l'odeur mêlée du lilas et du magnolia, d'autres un parfum de violette et de rose ».
- Natuzza Evolo (1924-2009) : « De nombreuses personnes ont perçu, à partir de la personne de Natuzza, les émanations d'un intense parfum de fleurs, sans qu'il y eût à cela une quelconque cause ou explication naturelle ».
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