Concile de Chalcédoine : l’Eglise affirme que Jésus est vrai dieu et vrai homme
salutAu Ve siècle, l’Église est traversée par de grandes questions sur le mystère du Christ. Après avoir affirmé sa divinité au concile de Nicée, puis l’unité de sa personne au concile d’Éphèse, les chrétiens doivent encore préciser comment Jésus peut être à la fois pleinement Dieu et pleinement homme. Cette question n’est pas seulement théologique : elle touche au cœur même de la foi chrétienne et du salut.
Réuni en 451, le concile de Chalcédoine répond à ces débats christologiques en proclamant que le Christ est un seul et même Fils, reconnu en deux natures, divine et humaine, sans confusion ni séparation. Cette définition deviendra l’un des grands repères de la foi chrétienne et marquera une étape majeure de l’histoire chrétienne En effet, elle provoquera de profondes divisions avec certaines Églises orientales, qui refuseront la formulation adoptée par le concile.
Que s’est-il passé au concile de Chalcédoine ? Pourquoi fut-il convoqué ? Quelles décisions a-t-il prises, et quel héritage a-t-il laissé dans l’histoire de l’Église ? Revenons sur ce concile majeur, qui demeure aujourd’hui encore une clé essentielle pour comprendre le mystère de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
Qu’est-ce que le concile de Chalcédoine ?
Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique reconnu par l’Église catholique. Il se tient en 451, dans la ville de Chalcédoine, située face à Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore (aujourd’hui un quartier d’Istanbul). Convoqué sous l’autorité de l’empereur Marcien, avec le soutien de l’impératrice Pulchérie, il réunit plusieurs centaines d’évêques, principalement venus d’Orient, ainsi que les légats du pape Léon Ier.
Ce concile prolonge le travail doctrinal des grandes assemblées précédentes. Nicée avait affirmé la divinité du Fils ; Constantinople avait approfondi la foi trinitaire ; Éphèse avait défendu l’unité de la personne du Christ et reconnu Marie comme Mère de Dieu. Chalcédoine vient préciser comment Jésus-Christ peut être confessé à la fois comme pleinement Dieu et pleinement homme.
Le contexte est marqué par de vives tensions christologiques. Après Éphèse, les débats demeurent : comment affirmer l’unité du Christ sans affaiblir son humanité, et comment reconnaître ses deux natures sans les séparer ? L’objectif du concile est donc de trouver les mots justes pour exprimer le mystère du Verbe incarné.
L’enjeu touche au cœur même du salut. Si le Christ n’est pas pleinement Dieu, il ne peut pas pleinement sauver l’homme ; s’il n’est pas pleinement homme, il n’assume pas réellement notre condition. À Chalcédoine, l’Église cherche ainsi à préserver l’équilibre de la foi chrétienne : Jésus-Christ est le Fils éternel de Dieu, venu rejoindre l’humanité dans toute sa réalité.
Comment s’est déroulé le concile de Chalcédoine ?
Le concile de Chalcédoine est organisé à l’initiative de l’empereur Marcien, avec l’appui de l’impératrice Pulchérie. Tous deux veulent mettre fin aux tensions christologiques qui divisent l’Église et menacent l’unité de l’Empire. Comme souvent dans l’Antiquité chrétienne, le concile est convoqué dans un cadre impérial, mais ce sont les évêques qui sont réunis pour discerner et formuler la foi de l’Église.
Il se tient du 8 octobre au 1er novembre 451, dans la basilique Sainte-Euphémie, à Chalcédoine, près de Constantinople. L’assemblée réunit plusieurs centaines d’évêques, surtout venus d’Orient, ainsi que les légats du pape Léon Ier, qui joueront un rôle important, notamment par la réception d’une lettre doctrinale du pape sur le Christ vrai Dieu et vrai homme. Il est le concile qui jusqu’ici a rassemblé le plus grand nombre d’évêques.
Les débats portent d’abord sur les crises récentes, en particulier autour d’Eutychès, moine de Constantinople accusé d’affaiblir la réalité de l’humanité du Christ. Le concile revient aussi sur le « brigandage d’Éphèse », assemblée tenue en 449 et contestée pour avoir réhabilité Eutychès.
Le déroulement du concile montre ainsi un double enjeu : restaurer la communion dans l’Église et donner des repères doctrinaux solides pour confesser le mystère du Christ sans confusion ni séparation.
Les décisions du concile de Chalcédoine
Dans la continuité des conciles précédents, le concile de Chalcédoine vient préciser la foi de l’Église sur le mystère du Christ. Il récuse notamment le monophysisme, qui tend à affirmer une seule nature dans le Christ après l’Incarnation, au risque d’absorber son humanité dans sa divinité. Chalcédoine rappelle au contraire que Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement homme.
L’héritage de saint Cyrille d’Alexandrie, grande figure du concile d’Éphèse, demeure cependant décisif. Chalcédoine maintient avec lui l’unité de la personne du Christ, tout en précisant que cette unique personne divine, ou hypostase, existe en deux natures, divine et humaine, sans confusion ni séparation.
La grande décision du concile est sa profession de foi, souvent appelée définition de Chalcédoine. Celle-ci affirme que le Christ est « un seul et même Fils », reconnu « en deux natures », divine et humaine, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation. Ces quatre expressions sont essentielles : elles permettent de maintenir ensemble l’unité de la personne du Christ et la réalité de ses deux natures.
Le concile reprend ainsi et approfondit la notion d’hypostase, c’est-à-dire de personne divine. En Jésus-Christ, il n’y a pas deux personnes, l’une divine et l’autre humaine, mais une seule personne : le Fils éternel de Dieu. Cette unique personne assume pleinement la nature humaine, sans cesser d’être pleinement divine.
Au-delà de cette définition doctrinale, le concile adopte aussi plusieurs canons disciplinaires concernant l’organisation de l’Église, la vie des évêques, des moines et des clercs, ainsi que les relations entre les grands sièges épiscopaux. Toutefois, le canon 28 fut contesté par les légats du pape, puis rejeté par saint Léon le Grand, qui le jugea invalide car il portait atteinte aux prérogatives romaines et avait été adopté en leur absence.
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Quel fut l’impact du concile de Chalcédoine ?
Le concile de Chalcédoine marque profondément l’histoire de l’Église. Sa définition de foi devient une référence majeure pour exprimer le mystère du Christ, vrai Dieu et vrai homme. Elle permet de tenir ensemble deux vérités essentielles : Jésus-Christ est bien le Fils éternel de Dieu, et il a réellement assumé notre humanité, avec sa chair, son intelligence, sa volonté, sa vulnérabilité et son histoire.
Mais cette clarification doctrinale ne met pas fin à toutes les tensions. Plusieurs Églises orientales refusent la formulation de Chalcédoine, qu’elles perçoivent comme une manière de trop distinguer les deux natures du Christ. Ce refus entraîne des divisions durables, notamment avec les Églises dites aujourd’hui orthodoxes orientales, comme les Églises copte, syriaque, arménienne ou éthiopienne. Celles-ci ne sont pas, aujourd’hui encore, en pleine communion avec l’Église catholique. Toutefois, selon les évaluations théologiques contemporaines, les divergences christologiques apparaissent surtout comme des différences de langage, les deux parties professant la même foi au Christ.
Dans l’histoire des conciles, Chalcédoine occupe ainsi une place décisive. Après Nicée, Constantinople et Éphèse, il achève une étape essentielle de la clarification christologique des premiers siècles. Il offre à l’Église un langage précis pour confesser l’Incarnation : en Jésus, Dieu ne fait pas semblant de devenir homme ; il rejoint pleinement notre condition pour la sauver de l’intérieur.
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cette , par SOS Chrétiens d’Orient
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