Que dit la Bible sur les 5 blessures de l’âme ?

Dans “Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”, Lise Bourbeau liste 5 blessures intérieures dont nous pouvons tous souffrir et décrit la manière dont, inconsciemment, nous construisons un masque pour nous en protéger. Elle montre comment fuir cette blessure et s’identifier à ce masque nous éloigne de qui nous sommes et empêchent des relations saines et authentiques. Ces 5 blessures de l’âme, Jésus les a traversées pour nous et nous montre un chemin d’apaisement et de guérison qui passe par l’acceptation de notre vulnérabilité. Découvrez votre propre blessure et des passages de la Bible pour la vivre avec Jésus.

Qu’est ce que les 5 blessures de l’âme ?

Quelles sont les 5 blessures de l’âme ?

  • La blessure de rejet. “Le rejet est une blessure très profonde, car celui qui en souffre se sent rejeté dans son être et surtout dans son droit d’exister.” (Lise Bourbeau)
    La blessure d’abandon. “Ceux qui souffrent d’abandon ne se sentent pas assez nourris affectivement” (Lise Bourbeau)
    La blessure d’humiliation. “Cette blessure est surtout rattachée au monde physique, celui de l’avoir et du faire.” (Lise Bourbeau)
    La blessure de trahison. “La blessure de trahison affecte notre façon de communiquer” (Lise Bourbeau)
    La blessure d’injustice. “ Une personne qui souffre d’injustice est donc celle qui ne se sent pas appréciée à sa juste valeur, qui ne se sent pas respectée ou qui ne croit pas recevoir ce qu’elle mérite.” (Lise Bourbeau)

Même si nous pouvons tous faire l’expérience de chacune de ces blessures, selon Lise Bourbeau, nous avons chacun une ou deux blessures dont nous souffrons plus intensément. Elles se réveillent suite à des événements de notre histoire mais elles sont déjà ancrées en nous. Ce n’est donc pas tel ou tel événement qui crée une blessure de rejet par exemple, mais le fait que de souffrir intérieurement depuis toujours de la blessure de rejet nous fait vivre tel ou tel événement comme un rejet. Ces blessures sont la cause de maux physiques, émotionnels ou psychiques. Nous n’en sommes pas toujours conscients car nous mettons beaucoup d’énergie à nous protéger de la souffrance en portant un masque.

Quels sont les masques associés à chaque blessure ?

A chacune de ces blessures, Lise Bourbeau associe un masque, c’est-à-dire un comportement qui nous permet d’éviter de raviver cette blessure.

  • Pour la blessure de rejet, le masque est celui du fuyant. Sa plus grande crainte est le sentiment de panique. “Plus il s’isole et plus il semble devenir invisible. Il entre dans un cercle vicieux : il met son masque de fuyant lorsqu’il se sent rejeté pour ne pas souffrir ; il devient tellement effacé que les autres ne le voient plus. Il se retrouve de plus en plus seul et se donne ainsi raison de se sentir rejeté.” (Lise Bourbeau)
  • Pour la blessure de l’abandon, le masque est celui du dépendant. Sa plus grande peur est la solitude. “Le dépendant croit qu’il ne peut arriver à rien tout seul et qu’il a besoin de quelqu’un pour le supporter. [...] On peut facilement voir en cette personne le petit enfant qui a besoin d’aide.” (Lise Bourbeau)
  • Pour la blessure de l’humiliation, le masque est celui du masochiste. Sa plus grande crainte est la liberté. “Le masochiste a le don de se placer dans des situations où il doit prendre soin de quelqu’un d’autre. Il s’oublie ainsi de plus en plus.” (Lise Bourbeau)
  • Pour la blessure de trahison, le masque est celui du contrôlant. Ses plus grandes peurs sont la dissociation (comme la séparation peut l’être par exemple) et le reniement. “Au niveau du comportement et des attitudes intérieures du contrôlant, la force est une caractéristique commune à toutes les personnes qui ont une blessure de trahison. Il est important pour elles d’arborer leur force et surtout leur courage.” (Lise Bourbeau)
  • Pour la blessure d'injustice, le masque est celui du rigide. La plus grande peur du rigide est la froideur. “Le rigide cherche la justice et la justesse à tout prix. c’est en devenant perfectionniste qu’il essayera d’être toujours juste.” “Celui qui souffre d’injustice est plus enclin à ressentir l’envie envers ceux qui en ont plus et qui, selon lui, ne le méritent pas”. (Lise Bourbeau)

Ces masques derrière lesquels nous nous cachons peuvent être nécessaires un temps. Mais ils deviennent ensuite la source de notre souffrance car ils nous éloignent de qui nous sommes et de ce que nous avons à vivre.
Pour soigner notre blessure, il nous faut consentir à faire tomber le masque. 

Lise Bourbeau le dit d’ailleurs dans son ouvrage : la seule manière de guérir ces blessures est de les vivre dans l’amour.
 
Et pour cela, la Bible nous montre un chemin : celui du Christ.

5 blessures que Jésus a supportées

Le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice, Jésus les a connus. Il a souffert de ces blessures mais les a vécues dans l’amour. Il n’a porté aucun masque. Les 4 évangiles dans la Bible relate la Passion du Christ durant laquelle Jésus porte toutes les souffrances de l’humanité.
Ici, nous vous proposons des passages de l’Evangile de Matthieu à méditer. Ils illustrent chacune de ces blessures et nous ouvrent un chemin d’accueil, d’acceptation, de guérison et de libération avec Jésus.

Jésus a connu le rejet

  • ““Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. » ” (Matthieu 26, 65- 66)
  • “Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! ». Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! ». Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! »”(Matthieu 27, 21-23)

Jésus a connu l’abandon

  • “Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ?” (Matthieu 26, 40)
  • “Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! »” (Matthieu 27-24)
  • “Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »” (Matthieu 27, 46)

Jésus a connu l’humiliation

  • “Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres le rouèrent de coups en disant : « Fais-nous le prophète, ô Christ ! Qui t’a frappé ? » (Matthieu 26, 67-68)
  • “Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! »
     Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
     Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.”
    (Matthieu 27, 27-31)

Jésus a connu la trahison

  • “Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
     Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. »
     Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa.”
    (Matthieu 26, 47-49)
  • “Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! ». Mais il le nia devant tout le monde et dit : « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
     Une autre servante le vit sortir en direction du portail et elle dit à ceux qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. »
     De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment : « Je ne connais pas cet homme. »
     Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. » Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt un coq chanta.” 
    (Matthieu 26, 69-74)

Jésus a connu l’injustice

  • “À ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. »” (Matthieu 26, 55)
  • “Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort. Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : « Celui-là a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.” »” (Matthieu 26, 59-61)

Pour entrer davantage dans les mystères de la Passion, découvrez comment méditer les mystères douloureux avec la prière du Rosaire, ainsi que les 7 paroles du Christ sur la Croix.

Versets bibliques pour chaque blessure de l’âme

La Parole de Dieu est une parole qui fortifie, qui libère et qui guérit. En répétant ces paroles de vie, en s’en nourrissant, nous trouvons la force de déposer nos masques et d’accueillir avec amour nos vulnérabilités en Dieu, afin que nos faiblesses deviennent des forces. 
“C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.” (2 Corinthiens 12, 10)

3 paroles de vie face à la blessure de rejet

  • “Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.” (Isaïe 49,1)
  • “Je m’en ferai une terre ensemencée, J’aimerai celle qu’on appelait « Pas-Aimée » et à celui qu’on appelait « Pas-mon-Peuple », je dirai : « Tu es mon peuple », et il dira : « Tu es mon Dieu ! »” (Osée 2, 25
  • “Toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham mon ami : aux extrémités de la terre je t’ai saisi, du bout du monde je t’ai appelé ; je t’ai dit : Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté. Ne crains pas : je suis avec toi ; ne sois pas troublé : je suis ton Dieu. Je t’affermis ; oui, je t’aide, je te soutiens de ma main victorieuse.” (Isaïe 41,8-10)

3 paroles qui réconfortent face à la blessure d’abandon

  • “Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, j’ai toujours tes remparts devant les yeux.” (Isaïe 49, 15-16)
  • “Mon père et ma mère m'abandonnent ; le Seigneur me reçoit.” (Psaume 26, 10)
  • “Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime, je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie.” (Esaïe 43,4)

3 paroles qui relèvent face à la blessure d’humiliation

  • “Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est.” (1 corinthiens 1, 27-28)
  • “Ne crains pas, tu ne connaîtras plus la honte ; ne tiens pas compte des outrages, tu n’auras plus à rougir, tu oublieras la honte de ta jeunesse, tu ne te rappelleras plus le déshonneur de ton veuvage.” (Isaïe 54, 4)
  • “Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage.” (psaume 33, 6)

3 paroles de confiance face à la blessure de trahison

  • “Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.” (Jean 14,1)
  • “Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.” (Jean 17, 22-23)
  • « Fais confiance au Seigneur, agis bien, habite la terre et reste fidèle ; mets ta joie dans le Seigneur : il comblera les désirs de ton coeur. Dirige ton chemin vers le Seigneur, fais-lui confiance, et lui, il agira. » (Psaume 36,3-5) 

2 paroles qui restaurent face à la blessure d’injustice

  • “Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.” (Osée 2, 21-22)
  • “Bien-aimés, ne vous faites pas justice vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu. Car l’Écriture dit : C’est à moi de faire justice, c’est moi qui rendrai à chacun ce qui lui revient, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire : en agissant ainsi, tu entasseras sur sa tête des charbons ardents. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.” (Romains 12, 19-21)

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Rencontre avec notre rédactrice spécialisée

Alice Ollivier

Alice Ollivier est rédactrice spécialisée dans la méditation et la spiritualité chrétienne. Elle écrit des articles pour Hozana depuis 2019. Elle participe également à l'écriture de méditations audio pour l'application Meditatio depuis 2021.

Sources

1 “Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”, Lise Bourbeau, éditions Pocket
2 "Vers une juste estime de soi", Anne-Marie Haumonté, éditions des Béatitudes
3 Traduction Bible Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones : https://www.aelf.org/