Peut-on célébrer des funérailles pour quelqu’un qui s’est suicidé ?
La question du suicide est toujours délicate pour les familles et les communautés chrétiennes. Lorsqu’un proche se donne la mort, le deuil est souvent accompagné d’un mélange de douleur, de culpabilité et d’interrogations. Une question qui peut parfois se poser : peut-on célébrer des funérailles à l’église pour quelqu’un qui s’est suicidé ? Cet article d’Hozana vous apporte quelques réponses, notamment en s’appuyant sur le Catéchisme de l’Église catholique et le Code de droit canonique.
Sommaire
Que dit l’Église catholique sur le suicide ?
Le Catéchisme de l’Église catholique traite notamment du suicide dans les paragraphes 2280 à 2283. Même si l’Église catholique dit que le suicide « contredit l'inclination naturelle de la créature humaine à conserver et à perpétuer sa vie » (CEC n° 2281), elle ajoute également que certains facteurs peuvent réduire la responsabilité morale du suicidaire, comme :
- Des troubles psychiques graves
- L'angoisse ou la crainte grave de l'épreuve
- De la souffrance
- De la torture
Citons les quatre paragraphes au complet :
« Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C'est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour Son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n'en disposons pas. » (CEC n° 2280)
« Le suicide contredit l'inclination naturelle de la créature humaine à conserver et à perpétuer sa vie. Il est gravement contraire au juste amour de soi. Il offense également l'amour du prochain, parce qu'il brise injustement les liens de solidarité avec les sociétés familiale, nationale et humaine à l'égard desquelles nous demeurons obligés. Le suicide est contraire à l'amour du Dieu vivant. » (CEC n° 2281)
« S'il est commis dans l'intention de servir d'exemple, notamment pour les jeunes, le suicide prend encore la gravité d'un scandale. La coopération volontaire au suicide est contraire à la loi morale.
Des troubles psychiques graves, l'angoisse ou la crainte grave de l'épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire. » (CEC n° 2282)
« On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l'occasion d'une salutaire repentance. L'Église prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie. » (CEC n° 2283)
Une personne suicidée peut-elle avoir des funérailles à l’église ?
Contrairement à certaines idées reçues, le Code de droit canonique ne prive pas automatiquement une personne suicidée des funérailles à l’église. Toutefois, il précise certaines limites. Selon le Canon 1184, §1 :
Certaines personnes doivent être privées des funérailles ecclésiastiques, sauf si elles ont donné un signe de pénitence avant leur mort. Il s’agit de :
Les apostats, hérétiques et schismatiques notoires ;
- Les personnes qui auraient choisi l'incinération de leur propre corps pour des raisons contraires à la foi chrétienne ;
Les autres pêcheurs manifestes, auxquels les funérailles ecclésiastiques ne peuvent être accordées sans scandale public des fidèles.
Dans la pratique, la majorité des suicides ne rentrent pas dans ces trois cas de figure, ce qui signifie que les funérailles catholiques restent possibles.
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