Neuvaine franciscaine pour la Paix, sur les pas de Joseph
Pour les 800 ans de la mort de François d'Assise, nous vous invitons à prier pour la Paix, à partir de l'histoire du patriarche Joseph et des écrits d'Etty Hillesum et Christian de Chergé.
Notre monde nous apparaît de plus en plus submergé par une marée de violence sans précédent : guerres, oppositions au sein de nos sociétés, disparition des lieux traditionnels de discussion et de pensée commune... Tout semble contribuer à l'exacerbation des différences dans un climat de désillusion et de survie généralisées.
Le Pape Léon XIV, le jour de son élection comme évêque de Rome, a voulu répondre à ce tsunami qui gagne tous les milieux, sans épargner ni les familles religieuses ni les rangs de l'Eglise :
« Que la paix soit avec vous ! C'est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée, et une paix désarmante, humble et persévérante, elle vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous, inconditionnellement. » [1]
Comment faire progresser cette paix aujourd'hui ?
Au cours de cette neuvaine - en cette année où nous fêtons le 8e centenaire du passage de saint François d'Assise de ce monde au Père, lui qui avait demandé à ses frères de proclamer partout où ils allaient : « Que le Seigneur vous donne sa paix ! » - nous vous proposons de prier une nouvelle fois pour la paix. Nous l'avons déjà fait si souvent - me direz-vous avec justesse. Peut-être, comme dit Jésus, ne savons-nous pas prier comme il faut... Nous prions pour la paix à partir des cris du monde qui nous transpercent et nous souhaitons le meilleur à chacun. Mais peut-être cela reste-t-il encore trop extérieur à nous-mêmes, d'où notre désillusion et notre fatigue quand rien ne change.
Etty Hillesum, une petite juive hollandaise « jetée sans transition dans un foyer de souffrance humaine », celui des camps d'internement nazis, nous propose un autre angle d'approche :
« Notre unique obligation morale, c'est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu'à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. » [2]
Si on envisage le chantier de construction de la paix dans cette double perspective – intérieure et extérieure – vous comprendrez qu'on ne pourra plus se satisfaire de bonne volonté et d'un certain irénisme.
A l'école du Patriarche Joseph
Un livre de la Bible va nous aider sur ce chemin, le cycle de Joseph (Genèse 37-50). On le considère souvent comme un beau conte où la violence des frères, qui jettent le fils de leur père dont ils sont jaloux dans la citerne, est subvertie quasi miraculeusement par l'intelligence de Joseph, l'innocent humilié, figure du Christ. Pourtant,
Le « roman de Joseph (…), loin de tout simplisme, propose plutôt un monde à habiter. Là, à partir des horizons qu'ouvre le récit (… il propose) de revisiter notre propre humanité, notre façon d'être fils, frère, père (…), notre manière de devenir humain, en particulier face au mal qui nous affecte tous. » [3]
Laissons donc la Parole, ce « glaive à double tranchant » (Lettre aux Hébreux 4,12) faire son œuvre de défrichage de clairières de paix en nous, pour notre monde qui en a tant besoin.
Bonne neuvaine !
Qui sommes-nous ?
Les frères franciscains (OFM) de la Province du Bienheureux Jean Duns Scot (France-Belgique).
Ce parcours spirituel vous est proposé par le frère Stéphane Delavelle, en mission au Maroc depuis 14 ans, dont 11 années dans la médina de Meknès. Ses propos sont particulièrement habités de son expérience quotidienne de l'altérité et de la rencontre.
[1] Discours du 9 mai 2025
[1] Toutes les citations d'Etty Hillesum sont issues de « Une vie bouleversée – Journal 1941-1943 », Paris, Points, 1995, 361 p.
[2] André Wénin, « Joseph ou l'invention de la fraternité », Bruxelles, Lessius (Coll. Le livre et le rouleau), 352 p.