Mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps.

Mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps.

Photo extraite du livre du Père de Marchi ‘'Témoignages sur les apparitions de Fatima'' (7 ième édition)

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         En ce premier samedi du mois de St Joseph, n'oublions pas notre communion réparatrice, sa confession, son chapelet et son quart d'heure de méditation sur les Mystères du Rosaire, le tout en esprit de réparation des offenses faites au Cœur Immaculé de Marie .

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         Notre Dame avait révélé aux enfants de Fatima leur avenir, le 13 juin 1917. A Lucie qui lui demandait de les emmener au Ciel, Notre Dame avait précisé : ‘'.Oui, Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône.

            Après la mort de Jacinthe, Lucie se souvenait de ces paroles, et de la tristesse qu'elle avait ressentie en les entendant : Elle nous a raconté dans son second mémoire écrit entre les 7 et 21 novembre 1937 que Notre Dame l'avait alors encouragée en lui disant : ‘'Ne te décourage pas, je ne t'abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu''. Lors des tempêtes intérieures de son âme, Elle assure que son Cœur Immaculé la tiendra à l'abri et ajoute que c'est le chemin qui la conduira à Dieu. En quelques mots, c'est le message de Fatima qui est résumé, pour Lucie et pour nous tous : Le chemin qui nous conduit à Dieu EST le Cœur Immaculé de Marie. Ce chemin, cette dévotion, Jésus veut l'établir dans le monde et c'est maintenant à Lucie qu'il revient, du haut de ses 13 ans, d'accomplir cette mission que lui a confiée Jésus et dont Marie a été désignée comme l'ambassadrice.

            Nous consacrerons cette publication aux événements qui concernent Fatima jusqu'au départ de Lucie pour la pension de Asilo de Villar. Nous citerons de nombreux extraits du livre de William Thomas Walsh ‘' Notre-Dame de Fatima''. L'auteur a passé 3 heures avec sœur Maria das Dores le 15 juillet 1946 au couvent des sœurs de Sainte Dorothée de Vilar. Elle confirma bien sûr tout ce qu'elle avait écrit, dont les 2 premières parties du secret, et à la question ‘' La statue dans la chapelle de la Cova da Iria ressemble-t-elle à la Dame qui vous est apparue, elle répondit : ‘'Non, pas beaucoup. Je fus très désappointée quand je vis cette statue. Elle est trop gaie. Notre-Dame, telle qu'elle s'est montrée à moi, était plus triste ou plutôt plus compatissante. Au reste, il est impossible de la décrire, elle est trop belle pour qu'on réussisse à faire une statue qui lui ressemble.'' Plusieurs colombes ont toutefois trouvé que cette statue méritait d'être honorée. (https://hozana.org/publication/35860-les-colombes-de-la-vierge-1-3)  

            Reprenons le livre de William Thomas Walsh.

         Lucie errait, maintenant, seule et mélancolique, dans cette campagne si familière ou tout lui rappelait Jacinthe et François. …Les sœurs et la mère de Lucie essayèrent, de bien des manières, de réparer leur manque de compréhension et de sympathie en l'entourant d'affection.… Cependant, le fait que les apparitions et les miracles étaient incontestables et prouvés élevait une nouvelle barrière entre Lucie et les membres de sa famille. Nul n'est prophète dans son pays, dit-on. À propos de Lucie on peut ajouter : Nul mystique n'est à sa place dans sa famille.… Une fillette qui avait le passé de Lucie était condamnée à la solitude au milieu des autres humains, car leur monde intérieur n'était plus le sien. Ce fut particulièrement perceptible dans une occasion mémorable, le jour où Olympia, la mère de Jacinthe et François, emmena Lucie à Ourem, prier sur la tombe de Jacinthe. Le chagrin de la petite se montra caractéristique et absolument personnel, teintée d'espérance et de joie, incommunicable, tel, en un mot, que sa vieille tante n'y compris absolument rien.

            Le sort de Lucie se compliquait encore du faite qu'elle était l'unique centre d'intérêt favorable ou défavorable autour duquel tournait l'affaire de Fatima. On la harcelait de questions, d'objections, sur ces événements extraordinaires et la seule personne qui aurait pu l'aider à répondre et en qui elle avait pleine et entière confiance, Jacinthe était maintenant inaccessible. Sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes était immense.

            Le 13 mai qui suivit la mort de Jacinthe, on installa dans la chapelle, la fameuse statue qui essayait de représenter la Vierge. Un an ou deux auparavant un homme était venu lors de la construction de cette chapelle et s'était proposé de faire réaliser une statue. Voir notre publication du Ier septembre 2018 ( https://hozana.org/publication/38533-les-statues-de-notre-dame-de-fatima ) Walsh nous dit que cette statue inspira tout de suite une dévotion presque fanatique. Elle enflamma le cœur des pèlerins qui s'agenouillaient devant elle et la suivait en procession. De folle démonstration de joie éclatèrent lorsqu'elle occupa sa place pour la première fois dans la chapelle des apparitions. Ce jour aussi le gouvernement avait envoyé deux régiments de l'armée régulière a la Cova da Iria et les pèlerins trouvèrent donc le lieu des apparitions entouré de fusils et de baïonnettes. Ils ne s'effrayèrent pas pour autant et ils formèrent eux-mêmes un cordon encore plus nombreux où dominaient les humbles et les pauvres gens pieds nus. Ils commencèrent immédiatement à réciter le chapelet, à chanter des cantiques et à invoquer Notre-Dame avec une telle ardeur que, peu à peu leur ferveur gagna les soldats qui les imitèrent…..Maria Carrira (dite Maria de Capelinha)   , par crainte d'une profanation, emportait la statue chez elle et ne l'exposait qu'au moment des pèlerinages. 

            Le 5 août 1920, le pape Benoît XV créait le nouveau diocèse de Leiria, indépendant du patriarcat de Lisbonne et englobant Fatima. Le nouvel évêque qui venait d'être consacré, Dom José Alves Correira da Silva, était professeur au séminaire de Porto. Le prélat était connu pour ses articles dans la presse catholique et il gardait des persécutions et tortures qu'il avait subies en 1910 des séquelles qui le faisaient boiter. Sa dévotion à Notre Dame des Douleurs était très grande et peut expliquer le nom qu'il donna à la petite Lucie lorsqu'il la cacha aux yeux du monde à l'Asile des Sœur de Sainte Dorothé à Vilar près de Porto. Il avait été 6 fois en pèlerinage à Lourdes et le 15 août 1920, il consacra son nouveau diocèse à la Mère de Dieu. Peu après, Maria de Capelinha lui remettait les 357 000 reis que les pèlerins avaient laissés à la Cova da Iria et il recevait du cardinal Patriarche de Lisbonne toute la documentation réunie sur les apparitions.

            Une évidence s'imposait cependant : il fallait s'occuper de Lucie dos Santos. Elle était le témoin unique et l'unique objet de controverses, depuis la mort de Jacinthe. Il semblait raisonnable de l'éloigner pendant un certain temps. Si tout n'était qu'illusion ou imposture, l'absence de Lucie y mettrait fin peu à peu. Si, au contraire, l'histoire était vraie, la dévotion vivrait, envers et contre tout. Quoi qu'il en soit, on devait être juste envers la fillette et la protéger. L'évêque se renseigna donc avec le plus grand soin, échangea plusieurs conversations avec Lucie et les membres de sa famille, et, après mûre réflexion, pria Maria Rosa de venir le voir, accompagnée de sa fille, le jour de la fête de Saint Antoine, le 13 juin 1921.

            Don José parla d'abord un moment avec la petite, puis il lui demanda si elle aimerait quitter Aljustrel et entrer dans une bonne école. Lucie parut enchantée de cette proposition. Echapper à tous ces gens qui la questionnaient sans cesse ! A toutes ces discussions ! Oublier un peu son chagrin et sa solitude dans un autre lieu, apprendre à bien lire et à bien écrire. Pourquoi pas ? Maria Rosa était encore plus contente. Elle croyait maintenant à la réalité des apparitions, mais la présence d'une telle fille provoquait, à la maison et en elle-même, une tension continuelle qui épuisait ses forces. L'avenir de son enfant l'inquiétait. Cette proposition la soulageait donc d'un grand poids. La manière cordiale, mais sans aucune flatterie, dont elle traitait Lucie étonna Son Excellence et lui plut beaucoup. L'évêque conclut en disant à la petite fille que, puisqu'elle acceptait cette décision, elle serait admise à l'école des Sœurs de Sainte-Dorothé, près de Porto et que le mieux serait de partir dans quelques jours.

  • Oui, Monseigneur l'évêque .
  • Tu ne diras à personne ou tu vas, n'est-ce pas ?
  • Non, Monseigneur l'évêque.
  • A l'école, tu ne révéleras pas qui tu es !
  • Non, Monseigneur l'évêque.
  • Tu ne parleras jamais des apparitions de Fatima !
  • Non Monseigneur l'évêque…

            Thomas Walsh décrit alors longuement la dernière journée de Lucie qui visita tous les lieux de son enfance. À chaque pas s'élevaient des souvenirs de François et de Jacinthe, de leurs jeux, de leurs conversations ! S'en arracher aurait suffi à lui briser le cœur. Et que dire des autres souvenirs !

« Tu souffriras beaucoup, semblaient répéter la Dame de lumière, mais la grâce de Dieu te consolera. »

            À la Cova da Iria, sauf la petite chapelle, le terrain continuait à être une lande déserte et accidentée, trop éloignée et trop inaccessible pour éveiller l'intérêt des gens civilisés.

            En revenant de là, elle s'arrêta à Fatima pour une dernière prière à l'église où elle avait été baptisée, où elle avait fait sa première communion et passé tant d'heures aux pieds de ‘'Jésus caché'' dans le Saint-Sacrement.

            Elle traversa la route pour entrer au cimetière et s'agenouilla devant la croix qui s'élevait sur la tombe de François. ''Adieu François ! Protège-moi haut du ciel !''

            Elle dit au revoir à son oncle et à sa tante. Ce fut une bien triste visite. Les deux dernières années avaient été terribles pour Manuel et Olympia. Non seulement ils avaient perdu François et Jacinthe, mais Florinda était morte en 1920 et Teresa en 1921. Quatre enfants en vingt-trois mois.  La petite voyante l'avait prédit.

            Après avoir prié un instant dans la chambre où était mort François, Lucie rentra chez elle en étouffant ses larmes. Le soir, sur le point de se coucher, elle se souvint du cilice de corde que Jacinthe lui avait confié avant de partir pour l'hôpital. Elle brûla puis se mit au lit. 

        Levée à 2 heures, elle partit avec sa mère en profitant de l'attelage de Manuel Correira qui se rendait à Leiria. Quand ils passèrent près de Cova da Iria, nous dit Thomas Walsh, Lucie demanda de s'arrêter pour réciter sur place les 5 premières dizaines d'un Rosaire dans la chapelle des apparitions ou brûlait une veilleuse.     Est-ce là que Notre Dame s'y montra pour la septième fois ?

            Dans son second mémoire, (fin 1937) sœur Lucie précise : ‘' Je me mis en chemin, emportant avec moi mon secret inviolable''

            


            ‘' Ne te décourage pas… je ne t'abandonnerai jamais ‘' ( Notre-Dame à Lucie  le 13 juin 1917)

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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