Vous serez lieutenant du roi des Cieux qui est roi de France.

Vous serez lieutenant du roi des Cieux qui est roi de France.

Miniature réalisée entre 1450 et 1500 - Archives nationales, Paris

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            Ainsi s'exprimait Jeanne d'Arc lors de sa première rencontre avec le dauphin. Elle lui rappelait que ‘'Le roi des Cieux est le roi de France''. Dans le cadre de la fin du jubilé de la consécration de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, nous réservons la publication de ce premier samedi du mois à l'évocation du rôle confié par Dieu à une vierge très particulière : Jeanne d'Arc. Elle a été envoyée par Dieu pour rappeler à la France qu'Il lui a assigné un destin particulier. Dieu aime la France ; Jeanne dira au roi après son sacre : ‘'Ainsi est exécuté le plaisir de Dieu''. C'est la France qu'Il choisira pour exposer l'amour qu'Il porte à tous les hommes par son Cœur Sacré . C'est encore la France que Notre Dame choisira pour annoncer sa conception Immaculée à la rue du bac à Paris, et son rôle pour distribuer les grâces acquises par son divin Fils.

Jeanne d'Arc est représentée ci dessous aux pieds du Sacré-Cœur 


      I      Préambule ( 500 mots)

               Dieu prend soin du peuple qu'Il s'est choisi, le peuple Franc dont il devient le Roi par le baptême de son chef, Clovis. La lettre de 1239 du pape Grégoire IX au roi de France saint Louis, le rappelle :'' …..Et comme autrefois il (Dieu) préféra la tribu de Juda à celle des autres fils de Jacob, et comme il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi il choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif […] la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ. Pour ce motif, Dieu aime la France parce qu'il aime l'Eglise qui traverse les siècles et recrute les légions pour l'éternité…….''

               Le pape Boniface IX avait écrit au roi Charles VI : ‘'l'alliance entre vos prédécesseurs et les pontifes romains fut si étroite que ceux-ci n'ont presque rien entrepris de grand sans les rois de France, et que les rois de France m'ont rien fait de digne de mémoire sans les pontifes romains.''

                    Nous rappelons que Notre Seigneur avait dit, à la fin de la parabole des vignerons homicides ‘‘Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.» A un moment critique de l'histoire de ce peuple, alors que le cours voulu par les hommes (Traité de Troyes du 21 mai 1420, article 6) prévoyait le passage de la France et de l'Angleterre sous la couronne anglaise (en éliminant donc le vrai dauphin), Dieu contrarie ce projet. Il suscite une jeune fille qui parle en Son nom, démontre par la révélation de choses connues du seul dauphin, qu'elle dit vrai et lui donne un ‘'conseil'' qui lui fera exécuter des prouesses militaires inexplicables humainement parlant. Mgr Henri Delassus, dans son livre de 1913 ‘' La mission posthume de la bienheureuse Jeanne d'Arc'' ou le ‘' Le règne social du Christ, Roi de France, à travers l´Histoire depuis les origines jusqu´à Jeanne d´Arc'' précisera qu'une des missions de Jeanne se réalisera 100 ans plus tard lorsqu'Henri VIII imposera à l'Angleterre une nouvelle religion à laquelle échappera ainsi la France.

                    Après le comportement de Philippe le Bel envers le successeur de St Pierre, Boniface VIII (Attentat d'Anagni le 8 septembre 1303) les malheurs atteignirent à la fois la France et le roi. La dynastie des capétiens s'éteignit par ses 3 fils sans descendants. Louis X le Hutin, puis Philippe V le Long, puis Charles IV le Bel. Pour la France, ce fut, entre autres, l'occupation par les Anglos-Bourguignons des terres du nord de la Loire. Le siège d'Orléans devait permettre de faire sauter le verrou donnant accès au reste de la France. Mgr Hélie de Bourdeille, cité par Mgr Delassus, précisait ‘'Le Dieu tout-puissant qui frappe et qui guérit, qui humilie et qui redresse, qui n'abandonne pas ceux qui espère en Lui, aura été touché par les mérites de tant de saints rois de France et surtout de saint Louis''. Cette prédiction sera confirmée par Jeanne qui dira au dauphin : ‘'Saint-Louis et Saint Charlemagne sont devant Dieu faisant prière (pour lui et pour la cité orléanaise)''

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 II La préparation de sa mission  (450 mots)

                  Jeanne naquit le jour de l'épiphanie, jours des rois, et reçu mission, dès l'âge de ses 12 ans, par l'archange St Michel, et sainte Catherine et sainte Marguerite d'aller auprès du dauphin Charles afin de la rétablir sur le trône de ses ancêtres. Coïncidence ? Notre Seigneur s'adressera à la religieuse appelée Marguerite a son baptême (qui avait rajouté plus tard le nom de ‘'Marie'' a son prénom) pour transmettre au roi Louis XIV ses désirs pour son royaume et sa personne comme nous l'avons vu hier !

                  Dans son premier contact avec Robert de Baudricourt, au début de l'année 1429, elle lui dit : ‘' Messire, je viens de la part de mon Seigneur, afin que vous demandiez au dauphin de bien se tenir, de ne pas engager de bataille avec ses ennemis par ce que mon Seigneur lui donnera secours après la mi-carême. Le royaume ne regarde pas le dauphin mais il regarde mon Seigneur. Cependant mon Seigneur veut que le dauphin deviennent roi et qu'ils tiennent ce royaume en commande.''. Mais qui est ton Seigneur ? ‘'Demanda Baudricourt ‘'C'est le Roi du ciel », répondit Jeanne. C'est la défaite de la batille dite ‘'des harengs'' le 12 février 1429 à Rouvray saint Denis (Echec d'une livraison de poissons à Orléans pour le carême), que Jeanne annonça en temps réel, qui finit par convaincre Baudricourt du caractère divin de sa mission. Il la confia à une escorte de 6 hommes pour parcourir les 150 lieux, en territoire ennemi, jusqu'à Chinon ou s'était réfugié le dauphin. C'est à ce moment qu'elle s'habilla en habit d'homme. ‘' Si l'on me donnait congé en habit de femme, je me mettrai aussitôt en habit d'homme, et je ferai ce qui m'est commandé par Notre-Seigneur.''

                         Voici les premiers mots que Jeanne dit au dauphin qu'elle reconnut sans hésitation bien que ne l'ayant jamais vu : ‘'Gentil dauphin, dit-elle, j'ai nom Jeanne la Pucelle (Nom que lui avait donné ses voix), et vous mande par moi le Roi des cieux que vous serez sacré et couronné à Reims, et que vous serez lieutenant du Roi des cieux, qui est Roi de France.'' Elle lui révéla alors un secret connu de lui seul (sa prière à Dieu, un soir, dans sa chapelle, avec notamment ses doutes sur sa filiation) puis, élevant la voix et utilisant alors le tutoiement, lui dit : ‘'Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France, et fils du roi ; et il m'envoie pour te conduire à Reims, y recevoir, si tu le veux, ton couronnement et ton sacre.''

             Le terme ‘'en commande'' signifie ‘' Un bien consacré à Dieu, confiée à la garde d'un puissant, pour qu'il le défendent et pour qu'il veille à ce qu'il soit administré selon sa destination. ‘'

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        III    La preuve de sa mission (500 mots)

            Avant de partir pour Orléans Jeanne se fit faire deux enseignes par un peintre de Tours. Sur l'étendard, elle fit peindre Le Christ et 2 anges. Les conventions iconographiques permettent d'identifier un Christ du jugement dernier entouré de St Michel (son épée), et St Gabriel (sa fleur de lys) représentant l'un l'ange de la justice, et l'autre l'ange de la miséricorde.

C'est au cours de son procès le 17 mars 1431 qu'elle apporta des précisions sur son étendard :

         Tout l'étendard était commandé par Notre-Seigneur, par la voix de Sainte Catherine et de Sainte Marguerite, qui me dirent : Prend l'étendard de par le roi du ciel ; et par ce qu'elles me dirent : Prend l'étendard de par le roi du ciel, je fis faire cette figure de Notre-Seigneur et de deux anges ; je les fis colorier, je fis tout par leur commandement.

• Leur avez-vous demandé si en vertu de votre étendard vous gagneriez les batailles où vous vous mettiez, et auriez la victoire ?

• Elles me dirent de le prendre hardiment, et que Dieu m'aiderait.

• Qui aidait le plus à la victoire, est-ce vous qui aidiez l'étendard, ou l'étendard qui vous aidait ?

• La victoire de moi ou de l'étendard, tout était à Notre-Seigneur.

• L'espérance de la victoire était-elle fondée en l'étendard ou en vous ?

• Elle été fondé en Notre-Seigneur et pas ailleurs.


             En arrivant à Orléans, elle dit à Dunois : « Je vous amène le meilleur secours qui vint jamais à chevalier ou à la ville, c'est le secours du roi des cieux. Il ne vient pas de moi, mais de Dieu même, qui, à la requête de Saint-Louis et de Saint Charlemagne, a eu pitié de la ville d'Orléans. »

               A Orléans, la veille de la prise des Tourelles, les capitaines royaux tiennent conseil, et envoie l'un d'eux dire à la Pucelle qu'ils ont résolu de différer l'attaque de l'imprenable bastille.

          ‘'Vous avez été à votre conseil, et j'ai été au mien, répondit-elle, et croyez que le conseil de mon Seigneur tiendra et s'exécutera et que le conseil des hommes s'évanouira.''

                   Depuis Orléans, elle écrivit aux anglais : ‘'Vous, hommes d'Angleterre qui n'avez nul droit dans ce royaume de France, le roi des cieux vous ordonne et mande par moi Jeanne la Pucelle que vous quittiez vos forts et rentriez dans vos parages ; faute de quoi je vous ferai un tel hahay (je vous infligerais une telle défaite) qu'il en sera perpétuelle mémoire. ‘' (Ce qui se passa effectivement à Patay le 19 juin 1429, avec quelques morts coté français et plus de 2000 coté anglais)

               C'est peu après cette bataille et quelques jours avant de se mettre en route pour le sacre de Reims, que fut rédigé l'acte de donation du royaume de France à Jésus Christ, puis sa remise au dauphin pour l'avoir en commande. (Pour mémoire, notre publication https://hozana.org/publication/54152-la-triple-donation-du-21-juin-1429 ) En route, elle disait aux villes qu'elle devait prendre pour aller à Reims ‘' Rendez-vous au Roi du ciel et au gentil roi Charles »

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             IV Le sacre , but de sa mission. ( 600 mots)

          Le sacre est un signe et une assurance de cette légitimité morale et surnaturelle du roi. Jeanne en manifeste la claire compréhension, lorsque aussitôt après le sacre, elle embrasse les genoux du roi en pleurant et disant : « Or est exécuté le plaisir de Dieu, qui voulait que je fisse lever le siège d'Orléans et vous amenasse en cette cité de Reims pour recevoir votre digne sacre, en montrant que vous être vrai roi et celui auquel le royaume de France doit appartenir. »

               Elle écrivit au tout puissant duc de Bourgogne ‘' Jésus Marie……Haut redouté prince, duc de Bourgogne, Jeanne la Pucelle vous requiert de par le roi du ciel, mon droiturier et souverain Seigneur, que le roi de France et vous, fassiez bonne paix ferme qui dure longtemps. Pardonnez l'un à l'autre de bon cœur, entièrement, ainsi que doivent faire loyaux chrétiens, s'il vous plaît de guerroyer, allez sur les Sarrasins.… Je vous fais savoir de la part du roi du ciel, mon droiturier souverain Seigneur, pour votre bien et pour votre honneur, et sur vos vies, que vous ne gagnerez point bataille à l'encontre des loyaux Français, et que tous ceux qui font la guerre au dit un royaume de France font la guerre au roi Jésus, roi du ciel et de tout le monde mon droiturier et souverain Seigneur''.

            Le sacre, à raison surtout de la part qu'y prend l'église, est une présomption plausible que celui qui le reçoit est agréé de Dieu non pas comme un élu sans défaut, mais du moins comme un agent, un instrument et si l'on veut même un mandataire de sa Providence surnaturelle…… Jeanne d'Arc ne doutait nullement du droit royal du dauphin avant de le conduire à Reims mais elle refusait jusque-là de l'appeler ‘'roi'', parce que sa foi lui faisait estimer très haut le gage d'agrément divin qu'apporte le sacre, par ce que c'est de ce pacte réciproque entre le roi de France et Dieu et Jésus-Christ que datait pour elle, non pas la légitimité politique de Charles VII à laquelle il ne manquait rien, mais sa légitimité pour ainsi dire surnaturelle, l'exercice parfait de sa vice-gérance pour la terre de France au nom de Jésus-Christ. À ses yeux, c'est le sacre qui faisait du roi, au sens féodal et chrétien, l'homme de Dieu. 

           On comprend ainsi mieux l'importance de la rupture que la France, fille aînée de l'Eglise, chargée de défendre le pape, a faite avec Dieu.  A la Révolution d'abord avec la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sorte de négation des droits de Dieu, puis la constitution civile du clergé, retirant le rôle hiérarchique du pape, et surtout l'assassinat du roi, lieutenant du Christ au royaume de France. La rupture fut achevée en séparant l'Eglise de l'état. Les sanctions divines suivirent, avec d'abord les guerres napoléoniennes, puis la guerre de 1914.    A Fatima, c'est Notre Dame Elle-même qui a clairement rappelé ce langage que le monde actuel ne peut plus comprendre : ‘' Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie Xl, en commencera une autre pire.''. Elle a proposé son Cœur Immaculé comme moyen puissant pour empêcher les erreurs de la Russie, (inspirés de la révolution française) de se répandre dans le monde ‘'Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé ET la communion réparatrice des premiers samedis du mois.'' La première demande, qui devait empêcher la Russie de répandre ses erreurs dans le monde puis entraîner sa conversion  n'a été faite que très tardivement et de façon incomplète, la seconde qui devait être approuvée et recommandée par le saint Père ne trouve que très peu d'écho dans le monde catholique.

          Alors vous, les dévots au Cœur Immaculé de Marie qui avez été attirés dans cette communauté, essayez de consoler Notre Dame en faisant en sorte que la communion des premiers samedi du mois soit encouragée par le curé dans votre paroisse. Remercions Dieu d'avoir retrouvé théoriquement la messe, pour un petit nombre, en reprenant notre dévotion réparatrice dès ce samedi.

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     Litanies du Sacré-Cœur  ( Suite )

Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, qui avez expié, nos péchés, ayez pitié de nous.

, Cœur de Jésus, saturé d'injures, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, broyé à cause, de nos péchés, ayez pitié de nous.

Cœur de Jésus, obéissant, jusqu'à la mort, ayez pitié de nous.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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