La reconstruction des murs de Jérusalem - Du livre de Néhémie à l’encyclique Magnifica humanitas

Le livre de Néhémie, dans la Bible, raconte la manière dont à l’initiative de Néhémie, fonctionnaire israélite, les murailles de Jérusalem furent reconstruites. Après l’exil à Babylone, le peuple d’Israël retrouve une ville détruite. Ils reconstruisent le temple mais doivent également rebâtir les murs d’enceinte pour ne pas être la proie des pilleurs et des ennemis.

Reconstruire les murailles, c’est retrouver sécurité et dignité pour ce peuple qui a connu l’exil. Au fil des versets, on assiste à la reconstruction du mur. Chacun se met au travail. A chacun, un bout du mur. A chacun, quelques mètres de muraille. Et noms après noms, maisons après maisons, on voit se rassembler un peuple. Pierres après pierres, portes après portes, on voit se reconstruire une ville. Avec la bénédiction de Dieu et autour d’un projet commun.

Cette histoire biblique est reprise par le pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica humanitas. Il l’oppose à l’histoire de la tour de Babel et nous met en face d’un choix qui s’offre à nous aujourd’hui en tant que bâtisseurs d’une ère nouvelle à l’heure de l’Intelligence Artificielle.

 


La demande de Néhémie au roi Artaxerxès 

“Le roi me dit alors : « Que veux-tu donc me demander ? » Je fis une prière au Dieu du ciel, et je répondis au roi : « Si tel est le bon plaisir du roi, et si tu es satisfait de ton serviteur, laisse-moi aller en Juda, dans la ville où sont enterrés mes pères, et je la rebâtirai. »” (Néhémie 2, 4-5)

La reconstruction des murs de Jérusalem - chapitre 3

“Élyashib, le grand prêtre, ainsi que ses frères les prêtres, se mirent donc à reconstruire la porte des Brebis ; ils la consacrèrent et en posèrent les battants ; puis ils continuèrent jusqu’à la tour des Cent, la consacrèrent, et ils continuèrent jusqu’à la tour de Hananéel.

À la suite construisirent les gens de Jéricho. À la suite construisit Zakkour, fils d’Imri.

Les fils de Ha-Senaa construisirent la porte des Poissons ; ils en firent la charpente, posèrent ses battants, ses verrous et ses barres.

À leur suite travailla Merémoth, fils de Ouriya, fils de Haqqos. À leur suite travailla Meshoullam, fils de Bèrèkya, fils de Meshézabéel. À leur suite travailla Sadoc, fils de Baana.

À leur suite travaillèrent les gens de Teqoa, mais leurs notables refusèrent de se plier au service de leurs maîtres.

C’est à la porte Vieille que travaillèrent Yoyada, fils de Paséah, et Meshoullam, fils de Besodya ; ils en firent la charpente, posèrent ses battants, ses verrous et ses barres.

À leur suite, travaillèrent Melatya le Gabaonite et Yadone le Méronite, ainsi que des hommes de Gabaon et de Mispa, à côté du siège du gouverneur de Transeuphratène.

À leur suite travailla Ouzziel, fils de Harhaya, tous deux orfèvres, et à sa suite travailla Hananya, fils de parfumeurs : ils restaurèrent Jérusalem jusqu’à la Muraille large.

À leur suite travailla Refaya, fils de Hour, chef de la moitié du district de Jérusalem.

À leur suite travailla Yedaya, fils de Haroumaf, en face de sa maison. À sa suite travailla Hattoush, fils de Hashabneya.

C’est au secteur suivant que travaillèrent Malkiya, fils de Harim, et Hashoub, fils de Pahath-Moab, ainsi qu’à la tour des Fours.

À la suite travailla Shalloum, fils de Ha-Lohesh, chef d’une moitié du district de Jérusalem, lui et ses filles.

C’est à la porte de la Vallée que travaillèrent Hanoun et les habitants de Zanoah : ils la construisirent, posèrent ses battants, ses verrous et ses barres ; ils restaurèrent encore mille coudées de mur, jusqu’à la porte du Fumier.

C’est à la porte du Fumier que travailla Malkiya, fils de Récab, chef du district de Bet-ha-Kérem ; il la construisit, posa ses battants, ses verrous et ses barres.

C’est à la porte de la Source que travailla Shalloum, fils de Kol-Hozé, chef du district de Mispa : il la construisit lui-même, la couvrit d’un toit, en posa les battants, les verrous et les barres. Il refit aussi le mur du réservoir du canal, attenant au jardin du roi, jusqu’aux marches qui descendent de la Cité de David.

Après lui travailla Néhémie fils d’Azbouq, chef de la moitié du district de Beth-Sour, jusqu’en face des tombeaux de David, jusqu’au réservoir artificiel et jusqu’à la maison des Vaillants.

Après lui travaillèrent les lévites dont Rehoum, fils de Bani. À sa suite, Hashabya, chef de la moitié du district de Qéïla, travailla pour son district.

Après lui travaillèrent leurs frères dont Binnouï, fils de Hénadad, chef de la moitié du district de Qéïla.

À sa suite travailla Ézer, fils de Josué, chef de Mispa, sur un autre secteur, face à la montée de l’Arsenal, à l’angle.

Après lui travailla avec ardeur Baruc, fils de Zabbaï, sur un autre secteur, depuis l’angle jusqu’à l’entrée de la maison d’Élyashib, le grand prêtre.

Après lui travailla Merémoth, fils d’Ouriya, fils de Haqqos, sur un autre secteur, depuis l’entrée de la maison d’Élyashib jusqu’à son extrémité.

Et après lui travaillèrent les prêtres des alentours.

Après eux travailla Benjamin ainsi que Hashshoub, juste en face de leur maison. Après lui travailla Azarya, fils de Maaséya, fils d’Ananya, à côté de sa maison.

Après lui travailla Binnouï, fils de Hénadad, sur un autre secteur, depuis la maison d’Azarya jusqu’à l’angle et jusqu’au coin.

Palal, fils d’Ouzaï, travailla en face de l’angle et de la tour qui fait saillie sur la maison du roi, celle d’en haut, près de la cour de garde. Et après lui Pedaya, fils de Paréosh, – les servants habitaient l’Ophel – jusque devant la porte des Eaux, à l’est, et devant la tour en saillie.

Après lui travaillèrent les gens de Teqoa sur un autre secteur, depuis l’endroit qui fait face à la grande tour en saillie jusqu’au mur de l’Ophel.

Depuis le dessus de la porte des Chevaux travaillèrent les prêtres, chacun en face de sa maison.

Après eux travailla Sadoc, fils d’Immer, en face de sa maison. Après lui travailla Shemaya, fils de Shekanya, gardien de la porte de l’Orient.

Après lui travailla Hananya, fils de Shèlèmya, ainsi que Hanoun, sixième fils de Çalaf, sur un autre secteur. Après lui travailla Meshoullam, fils de Bèrèkya, en face de son logement.

Après lui travailla Malkiya, l’orfèvre, jusqu’à la maison des servants et des marchands, en face de la porte de la Revue, jusqu’à la chambre haute de l’angle.

Entre la chambre haute de l’angle et la porte des Brebis travaillèrent les orfèvres et les marchands.

Lorsque Sânballath apprit que nous reconstruisions le rempart, il fut saisi de colère et se montra très irrité. Il se moqua des Juifs, et s’écria devant ses frères et devant les troupes de Samarie : « Que font donc ces misérables Juifs ? Ne sont-ils pas en train de réparer pour leur compte ? Vont-ils offrir des sacrifices ? Vont-ils terminer en un jour ? Feront-ils revivre ces pierres à partir de monceaux de décombres ? Elles sont calcinées ! »

Tobie l’Ammonite se tenait à ses côtés ; il dit : « À construire comme cela, si un renard y montait, il démolirait leur muraille de pierres ! »

Écoute, ô notre Dieu, comme nous sommes méprisés ! Fais retomber leur insulte sur leur tête. Livre-les en butin dans un pays de captivité !

Ne pardonne pas leur faute et que leur péché ne soit pas effacé devant toi : car ils ont offensé les bâtisseurs !

Nous avons donc reconstruit le rempart qui fut entièrement réparé jusqu’à mi-hauteur. Le peuple mit tout son cœur à le faire.” 

L’appel vibrant du pape Léon XIV à édifier dans le bien

“A tous les fidèles catholiques, à tous les chrétiens, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, j’adresse un appel vibrant : ne craignons pas de nous salir les mains sur le chantier de notre époque. Comme Néhémie, prions, planifions avec sagesse, travaillons avec persévérance en replaçant Dieu à l’horizon de notre action et l’être humain au centre de nos choix. Alors, les pierres rejetées - les pauvres, les malades, les migrants, les petits - deviendront la pierre angulaire, et sur la terre s'élèvera une demeure commune solide et accueillante, où l’amour et la vérité finalement se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent (cf. psaume 85, 11). Telle est la bénédiction que nous implorons de Dieu et la tâche qui nous attend : être des bâtisseurs de communion et non des architectes de Babel ; des serviteurs du Royaume à venir et non les maîtres de donjons voués à s’effondrer. Et, avec l’âme d’un pasteur et d’un père, je demande à tous d’arrêter le chantier d’une énième Babel et d’unir nos forces pour édifier le bien, afin que l’humanité ne perde jamais sa beauté et que le monde puisse reconnaître, une fois encore, au coeur de l’être humain, le lieu où Dieu désire habiter.” (Introduction de Magnifica humanitas - Léon XIV)

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Sources

1 Traduction Bible Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones : https://www.aelf.org/
2 Magnifica humanitas - Léon XIV - Editions Salvator