Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

- Jésus appelle Simon, pour qu'il soit « pécheur d'hommes » (Matthieu 4,18) ; il se lève et le suit. La confiance de Jésus se manifeste par le don d'un nom nouveau : Simon devient Pierre, celui sur lequel on peut s'appuyer, sur lequel on peut construire.

La foi de Pierre mise à l'épreuve à plusieurs reprises ; Pierre est un apôtre qui a beaucoup douté « Pourquoi as-tu douté, toi qui crois peu ? » (Matthieu 14,22-33).

Avec l'annonce de la montée à Jérusalem pour que Jésus y subisse la passion, meure et ressuscite. Pierre dit à Jésus : « Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera pas ! » Jésus le remet alors à sa place, derrière lui, en affirmant : « Tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16,22-23).

Cependant la confiance de Jésus ouvre à la parole de foi de Pierre, qui reconnaît en lui l'envoyé de Dieu « Et vous, qui dites-vous que je suis ? », en affirmant qu'il est le Christ (Marc 8,29).

Ce chemin de foi et de doute amène Pierre jusqu'à sa propre passion, dans son triple reniement, tandis que Jésus est livré aux autorités religieuses de Judée. Jésus avait prévenu le disciple en ces termes : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible 16 ; comme on fait pour le blé. Mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Luc 22,31-32).

Le reniement de Pierre aurait pu marquer la rupture définitive avec celui qui l'avait appelé à sa suite ; la confiance en la parole de Jésus, en sa prière pour que le « peu de foi » ne disparaisse pas, permettra à Pierre de rester avec les autres disciples dans la même maison jusqu'au matin du premier jour de la semaine, et de courir au tombeau vide lorsque Marie-Madeleine en revient toute bouleversée. Alors même que tout semble perdu, et jusqu'à la foi elle-même, c'est la fidélité de Dieu à son appel qui permet à Pierre de revenir à lui.

Après la résurrection et l'ascension, Pierre devient le porte-parole de la communauté tout entière ; ses discours manifestent l'intelligence des Écritures à laquelle il a été ouvert. Homme de foi, le voici qui guérit un infirme de naissance, au nom de Jésus, et tant d'autres sur son passage, jusqu'à ressusciter une veuve. Homme de foi, le voici prêt à affirmer, face aux autorités du Temple : « Il n'y a pas d'autre nom que celui de Jésus par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4,12), prêt à aller en prison pour Jésus, joyeux de souffrir pour le Messie, certains de sa victoire.

- Paul, est issu d'une famille juive de la tribu de Benjamin (Rm 11,1; Ph 3,5). « Moi, je suis Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans renom » (Act 21,39; 22,3).

Par son père, il a droit à la citoyenneté romaine, qui lui assure protection de la part de l'administration impériale (Act 16,37s; 22,25-28; 23,27) et lui facilite l'accès au monde.

L'étude de ses écrits montre qu'il reçut deux formations complémentaires : d'une part il profita du milieu intellectuel hellénistique de Tarse, apprenant notamment la rhétorique et la pensée grecques ; d'autre part il approfondit la formation religieuse juive reçue dans le cadre de la synagogue de Tarse en séjournant à Jérusalem auprès de Gamaliel, rabbin et chef d'école :

« J'ai été élevé dans cette ville [Jérusalem], et c'est aux pieds de Gamaliel que j'ai été formé à l'exacte observance de la Loi de nos pères, et j'étais rempli du zèle de Dieu » (Act 22,3)

« Ce qu'a été ma vie depuis ma jeunesse, comment depuis le début j'ai vécu au sein de ma nation, à Jérusalem même, tous les Juifs le savent. Ils me connaissent de longue date et peuvent, s'ils le veulent, témoigner que j'ai vécu suivant le parti le plus strict de notre religion, en Pharisien » (Act 26,4s; cf. Ga 1,14)

Avec un tel zèle pour les traditions des pères, ce n'est pas étonnant qu'il se soit engagé à persécuter la jeune Église chrétienne (Act 22,4s; 26,9-12; Ga 1,13), mettant en prison les chrétiens les plus influant, mettant en garde les autres. Il ne faudrait pas s'imaginer un Saul obstiné, étroit d'esprit, fanatique incapable de réfléchir : c'est avec bonne conscience, pour servir son Dieu, qu'il le faisait.

Et c'est dans ce souci d'obéissance que le Christ le touche, sur la route qui allait de Jérusalem à Damas, vers l'an 33. Trois textes des Actes, auxquels il faut ajouter Ga 1,11-12, reviennent sur cet événement décisif pour toute l'histoire de l'occident :

« Paul faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" - "Qui es-tu, Seigneur ?" demanda-t-il. Et lui : "Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et l'on te dira ce que tu dois faire." Ses compagnons de route s'étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. Saul se releva de terre, mais, quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien » (Act 9,3-9)

« Quand Celui qui dès le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l'annonce parmi les païens… » (Ga 1,15-16)

Face à ceux qui lui préfèrent l'autorité de Pierre et des autres membres du groupe des Douze, Paul n'hésite pas à répondre : « Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je donc pas vu Jésus, notre Seigneur ? » (1 Co 9,1). « En dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton » (1 Co 15,8)

Paul voue alors toute sa vie au Christ (qui l'a « saisi », Ph 3,12) et à l'évangélisation des païens.

Missionnaire inlassable, saint Paul a propagé l'Evangile dans les grandes villes d'Asie mineure et de Grèce. Il a écrit de nombreuses lettres, appelées épîtres, à ses disciples, leur donnant des conseils et les invitant sans cesse à vivre de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Il est avec saint Pierre le pilier du christianisme.

Saint Pierre et saint Paul : on ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. L'Église romaine, c'est l'Église de Pierre et de Paul.

Pierre était galiléen, pêcheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Paul était un juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure, mais pharisien et, ce qui est le plus original, citoyen romain.

Tous deux verront leur vie bouleversée par l'irruption d'un homme qui leur dit : "Suis-moi. Tu t'appelleras Pierre." ou "Saul, pourquoi me persécutes-tu ?"

Simon devenu Pierre laisse ses filets et sa femme pour suivre le rabbi. Saul, devenu Paul se met à la disposition des apôtres.

Pierre reçoit de l'Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant."

Paul, ravi jusqu'au ciel, entend des paroles qu'il n'est pas possible de redire avec des paroles humaines.

Pierre renie quand son maître est arrêté, mais il revient : "Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime."

Paul, persécuteur des premiers chrétiens, se donne au Christ : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi."

Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l'Église : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église."

Paul devient l'apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité.

En ce jour, nous fêtons la passion des deux Apôtres, mais ces deux ne font qu'un. Pierre a précédé, Paul a suivi. Aimons donc leur foi, leur existence, leurs prédications, leurs travaux, leurs souffrances.

Prière : 

O saints apôtres Pierre et Paul, je vous choisis aujourd'hui et à jamais pour mes protecteurs et mes avocats particuliers ; je me réjouis humblement avec vous, saint Pierre, prince des apôtres, de ce que vous êtes cette pierre sur laquelle Dieu a bâti son Église, et avec vous, saint Paul, choisi de Dieu pour être un vase d'élection et le prédicateur de la vérité dans tout l'univers.

Obtenez-moi, je vous en supplie, une foi vive, une espérance ferme, une charité parfaite, un entier oubli de moi-même, le mépris du monde, la patience dans les adversités, l'humilité dans la prospérité, l'attention dans la prière, la pureté de cœur, la droiture d'intention dans mes actions, la diligence à remplir les devoirs de mon état, la constance dans mes résolutions, la résignation à la volonté du Seigneur, et la persévérance dans la grâce de Dieu jusqu'à la mort ; afin qu'ayant, par votre intercession et par vos glorieux mérites, surmonté les tentations du monde, du démon et de la chair, je sois digne de paraître devant le souverain et éternel Pasteur des âmes, Jésus-Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. AMEN

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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LES AMIS DU SAINT SACREMENT