« Allez sur les places »

« Allez sur les places »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


En ce temps-là, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. » (Lc 10, 1-12)

 

Porteurs de paix


Jésus envoie les siens dans une insolente nudité et, dirait-on, les démunit à plaisir. Cette disproportion entre les ouvriers et la carrière où ils entrent, cette précarité, ce désarmement, cette quasi-nullité de moyens est justement le critère évangélique par excellence ; elle est l’indice particulier et ordinaire de Dieu, en tout ce qu’il entreprend. Mais enfin les disciples ne sont pas si démunis de bagages et de provisions qu’ils n’aient absolument rien avec eux. Car ils ont tout de même quelque chose… « Pour commencer, vous direz : Paix à cette maison ! » Voilà la politesse de Dieu, lorsqu’il prend l’homme. Elle est en nos mains, elle est nôtre – votre paix, dit Jésus – mais elle ne nous appartient pas. Un Autre nous l’a donnée. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Pour prendre le monde, en somme, ou plutôt pour que le Royaume prenne au monde, nous ne sommes munis que de ce qui ne nous appartient pas. Sans doute, c’est pauvreté considérable que de n’avoir ni bourse, ni manteau, ni sandales ; mais l’autre pauvreté, celle qui consiste à n’avoir que l’imprévisible et vulnérable paix de Dieu, est bien la plus essentielle et la plus radicale. 

 

François Cassingéna-Trévedy

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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