Vers une foi eucharistique commune ? - Hozana

Vers une foi eucharistique commune ?

Vers une foi eucharistique commune ?

Catholiques et protestants peuvent-ils confesser ensemble une foi commune sur l'eucharistie ? C'est le pari relevé en 1971 par le Groupe des Dombes, 40 théologiens chrétiens francophones, 20 protestants, 20 catholiques. Leurs travaux n’engagent que leurs auteurs, non leurs Églises. Morceaux choisis.


1. Aujourd’hui, quand les chrétiens célèbrent l’eucharistie et annoncent l’Evangile, ils se sentent de plus en plus frères au milieu des hommes, avec la mission et l’impatience de rendre témoignage ensemble au même Christ, par la parole, l’action et la célébration eucharistique. C’est pourquoi, depuis quelques années, le groupe des Dombes a examiné le sens et les conditions de l’ouverture eucharistique mutuelle et de la célébration commune.

2.Une condition particulièrement importante de ce partage de la table du Seigneur est un accord substantiel sur ce qu’elle est, malgré les diversités théologiques.

4. L’eucharistie est le repas sacramentel, le nouveau repas pascal du peuple de Dieu, que le Christ, ayant aimé ses disciples jusqu’à la fin, leur a donné avant sa mort pour qu’ils le célèbrent dans la lumière de la résurrection jusqu’à ce qu’il vienne.

8. L’eucharistie est le grand sacrifice de louange dans lequel l’Eglise parle au nom de la création tout entière. Car le monde que Dieu a réconcilié avec lui-même dans le Christ est présent lors de chaque eucharistie : dans le pain et le vin, dans la personne des fidèles et dans les prières qu’ils offrent pour tous les hommes. Ainsi l’eucharistie ouvre au monde la voie de la transfiguration.

9. Le Christ a institué l’eucharistie comme le mémorial (anamnèse) de toute sa vie, et surtout de sa croix et de sa résurrection. Le Christ, avec tout ce qu’il a accompli pour nous et pour toute la création, est lui-même présent dans ce mémorial, qui est aussi avant-goût de son royaume.

12. Le mémorial du Christ est le contenu essentiel de la parole proclamée comme de l’eucharistie. On ne célèbre pas l’eucharistie sans annoncer la parole, car le ministère de la parole vise l’eucharistie, et réciproquement celle-ci présuppose et accomplit la parole.

17. L’action eucharistique est don de la personne du Christ. En effet, le Seigneur dit : “Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous.” “Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance répandu pour la multitude en rémission des péchés.” Nous confessons donc unanimement la présence réelle, vivante et agissante du Christ dans ce sacrement.

18. Le discernement du corps et du sang du Christ requiert la foi. Cependant, la présence du Christ à son Eglise dans l’eucharistie ne dépend pas de la foi de chacun, car c’est le Christ qui se lie lui-même, par ses paroles et dans l’Esprit, à l’événement sacramentel, signe de sa présence donnée.

19. L’acte du Christ étant don de son corps et de son sang, c’est-à-dire de lui-même, la réalité donnée sous les signes du pain et du vin est son corps et son sang. [Note de bas de page : Cela ne signifie ni la localisation du Christ dans le pain et le vin, ni changement physico-chimique de ces choses. Cf Saint Thomas, Somme Théologique, partie III, question 76, articles 3 à 5, et question 77, articles 5 à 8 ; Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, I, 11.13 et IV, 14.18]

23. Selon la promesse du Christ, chaque croyant membre de son corps reçoit dans l’eucharistie la rémission de ses péchés et la vie éternelle, et il est nourri dans la foi, l’espérance et l’amour.

39. On demande aujourd’hui souvent quel est le degré d’accord dans la foi requis pour permettre l’accueil d’un chrétien par une autre Église à sa table eucharistique. Sans prétendre résoudre ici les autres questions engagées par les différents cas d’ouverture eucharistique, nous pensons que l’accès à la communion ne devrait pas être refusé, pour une raison de foi eucharistique, à des chrétiens d’une autre confession qui font leur la foi professée ci-dessus.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6