« Veillez donc »

« Veillez donc »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (Mt 25, 1-13)

 

La lampe du désir


Les dix vierges sont toutes endormies : là n’est point leur faute, car, tout de même, il faut bien dormir un peu ! Au demeurant Jésus lui-même, triste à en mourir (Mt 26, 38), a pris soin de nous endormir, sachant notre faiblesse (cf. Mt 26, 45), et Jésus lui-même s’est endormi.

Et les dix vierges étaient bien munies de leur lampe respective, de ce vase fragile de leur commune condition, de ce vase d’argile qui, selon l’Apôtre, est seul susceptible du trésor (cf. 2 Co 4, 7).

Mais justement, c’est là-dessus qu’entre les candidates de notre parabole se fait le départ, car ce trésor, toutes ne l’avaient pas. La différence ici (et le nœud) consiste dans l’huile, et par conséquent dans le feu ; dans la réserve, dans la sainte réserve intérieure qui entretient le Feu, dans le Saint-Esprit qui allume et alimente le désir. Car ta lampe – allumée ! –, c’est ton désir, de sorte que tu puisses dire toi aussi au Seigneur : Mon âme te désire dans la nuit (Is 26, 9). « Dis-moi, mon ami, as-tu du feu ? » Ce sont là choses que les hommes se demandent entre eux très ordinairement, sans savoir, sans soupçonner jusqu’où elles vont. S’ils savaient !… Oh ! comme il fait peine, le cendrier de nos désirs écrasés ou éteints – nos trop petits désirs –, alors que déjà se lève le Jour et que le grand Désir pascal (Lc 22, 15) nous est offert en partage, comme la victuaille même du Festin ! Car la mort, le sommeil de notre mort n’est rien, si le grand Désir couve en nous, cette vive flamme que le Prince charmant viendra réveiller lui-même en l’attisant de son propre Souffle.


Frère François Cassingena-Trévedy, o.s.b.

François Cassingena-Trévedy, normalien, est moine de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé. Il enseigne à l’Institut supérieur de liturgie à Paris.


 

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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