Moi Lambda, "Quand tu traverseras l’eau, je serai avec toi ; quand tu franchiras les fleuves, tu ne t’y noieras pas. Quand tu passeras à travers le feu, tu ne t’y brûleras pas, les flammes ne t’atteindront pas." (Esaïe 43.2 - Français courant) - Hozana

Moi Lambda, "Quand tu traverseras l’eau, je serai avec toi ; quand tu franchiras les fleuves, tu ne t’y noieras pas. Quand tu passeras à travers le feu, tu ne t’y brûleras pas, les flammes ne t’atteindront pas." (Esaïe 43.2 - Français courant)

Moi Lambda, "Quand tu traverseras l’eau, je serai avec toi ; quand tu franchiras les fleuves, tu ne t’y noieras pas. Quand tu passeras à travers le feu, tu ne t’y brûleras pas, les flammes ne t’atteindront pas." (Esaïe 43.2 - Français courant)

J’ai 27 ans et pour vous raconter mon histoire j’ai choisi de m’appeler Lambda.

J’aime rire, faire rire, jouer, discuter (beaucoup), échanger, rencontrer, partager en bref tous ces mots qui prennent tout  leur sens à travers la relation à l’autre.

Petite, je voulais devenir tour à tour, femme au foyer, avocate, sainte (oui à un moment donné j’ai vraiment pensé que je pouvais insérer ce « statut » dans la liste des réponses du  « que veux-tu faire quand tu seras grande ? »), médecin, avocate de nouveau …j’ai fini ingénieur en quelque chose, au chômage.

Lorsque j’ai réalisé qu’être sainte ne pouvait être un métier à temps plein, du moins pas d’école spéciale à intégrer, pas plus que de diplômes à passer, j’ai décidé très tôt que quel que soit ce que je ferai comme métier, je témoignerai toute ma vie de la joie de l’évangile. C’était ça le but ultime de mon existence. J’avais dix ans.

Oui cela a été le but ultime, jusqu’à ce que survienne Dame dépression, l’horrible, la mauvaise. La grosse épine, douloureuse, permanente, honteuse.

Dame dépression a tout bouleversé. Elle a tout chamboulé, tout remis en question, tout jusqu’à la véracité de ma foi, ma précieuse foi. Ses œillères veillaient à m’empêcher d’entr’apercevoir une lumière, aussi infinitésimale pouvait-elle être. Elle m’avait rendue incapable de courir librement vers mon but. Elle m’avait dit : tu ne témoigneras pas de la joie, car tu ne la vivras pas, cette joie de l’évangile (du moins c’était la sensation qu’elle inscrivait dans mon être jour après jour).

Dame dépression a progressivement revêtu mon visage extérieur d’un masque de tristesse. Mon visage intérieur arborait quant à lui l’image du trou noir galactique ; ce dernier, meublé par mes idées noires, mes démons d’angoisse, d’incertitudes et ma litanie de pourquoi ne me laissait aucun répit.

Je fus la première à me demander comment cela pouvait arriver à une chrétienne aussi convaincue que moi ? Impossible de « me » fournir une réponse (dans l’immédiat), encore moins à tout l’extérieur qui dans un premier temps ni croyait pas, mais surtout ne comprenait pas cet état.

J’avais tant et tout donné pour ce Dieu de l’impossible. Pourquoi, comment pouvais-je être dépressive et surtout pourquoi ne voyais-je pas se déployer la toute-puissance de mon Seigneur et toute sa splendeur dans ma misère, aussi immense soit-elle ? Pourquoi l’hôpital psychiatrique ?  Pourquoi n’avais-je pas droit à un miracle ?

Le « silence » de Dieu face à mes pourquoi était plus abrutissant qu’autre chose et à bien des moments j’ai eu l’impression de perdre ma foi. Cela a fait partie de mes plus grandes peurs dans mon désert. Heureusement, mes combattants de lumière, prenaient le relais quand je n’arrivais plus à prononcer même le nom Jésus. La chose aujourd’hui encore me parait invraisemblable, tellement je suis attachée à ce Jésus.

Quand on souffre, quand ça fait mal, on ne peut pas faire face à tous les défis mais on peut, on essaie tant que possible de prendre le temps pour se préparer à la lutte. Le premier grand combat est d’accepter cette fragilité, cette maladie, lui déclarer la guerre ; et pour gagner la guerre il vaut mieux bien connaitre son ennemi.

C’est rude, long, humiliant parfois mais tenez bon et surtout apprenez à ne pas vous culpabiliser. Faites juste de votre mieux, selon vos forces et vos moyens.

 

Prière :

Seigneur, réconforte tous ceux qui sont dans la détresse de cette maladie, ceux qui n’ont plus la joie, ceux qui sont incompris, ceux qui sont seuls. Seigneur Tu es fidèle, tu fais toutes choses nouvelles et nous savons que Tu peux tout. Donne à chacun la grâce de Ta présence durant l’épreuve.

Jésus Miséricorde, nous avons confiance en Toi.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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