La Messe……...……La fin du Canon - Hozana

La Messe……...……La fin du Canon

 La Messe……...……La fin du Canon

Jésus est cloué à la croix.  Onzième station du chemin de croix de la colline des Espélugues surplombant la grotte de Massabielle à Lourdes,

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            Nous anticipons de quelques jours cette  publication présentée habituellement le mardi,  pour laisser la place mardi prochain, 19 mars,  à la fête de St Joseph.  

       

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      Voici la onzième publication de l’EXPLICATION DE LA MESSE d’après les notes prises lors des différents explications données par Dom Guéranger à ses moines : Elle concerne les prières depuis celles dites  pour les assistants à la messe, jusqu’avant le Notre Père.

NOBIS QUOQUE PECCATORIBUS.

         Maintenant, après avoir fait couler le sang de Jésus-Christ dans le Purgatoire, nous revenons à nous. Le Prêtre va parler et pour lui et pour nous. Avec nous il se déclare pécheur, disant : Nobis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis. . .(A nous aussi, pécheurs qui sommes vos serviteurs et qui espérons en votre grande miséricorde, daignez donner part au céleste héritage et nous réunir …) Nous aussi, quoique pécheurs, nous réclamons notre part de bonheur, nous ne voulons pas rester en dehors. C’est le seul moment où le Prêtre élève la voix pendant le Canon ; il se frappe la poitrine, ce que les fidèles doivent faire avec lui. Notre amour fraternel nous a fait prier pour ceux de nos frères qui sont morts et ne sont pas encore entrés en participation du bonheur du Ciel. Mais nous prions Dieu de nous y faire participer nous mêmes, espérant dans sa bonté et sa miséricorde.

       Et avec qui voulons-nous donc avoir part et société ? Cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus. ( à vos saints apôtre et martyrs) II semble à la sainte Église qu’elle n’a pas encore nommé assez de Saints ; cependant ne voulant pas augmenter la première liste, elle trouva ici le moment propice de parler de ceux qui lui sont particulièrement chers. Comme c’est une gloire très grande pour les Saints d’être ainsi placés dans l’Action par excellence, Dieu a choisi ses élus pour être commémorés en présence de Jésus-Christ lui-même. Nous trouvons ici de nouveau les Apôtres et les Martyrs : cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus. Du reste, dans les premiers siècles, le culte des Confesseurs n’était pas encore établi ; on ne rendait d’honneurs, qu’aux Apôtres et aux Martyrs, c’est pour cela qu’on ne mentionne que ces deux classes de Saints. Nous désirons donc être avec eux, puis aussi cum Joanne, avec jean. Quel est ce Jean que la sainte Église nomme ici ? C’est Jean-Baptiste, le précurseur du Seigneur.Stephano, Étienne, le protomartyr. Pourquoi ce modèle, ce chef des Martyrs n’a-t-il pas été nommé encore ? Parce qu’après avoir nommé dans le premier diptyque saint Pierre et les Apôtres, la sainte Église a passé tout de suite aux premiers Papes : Lin, Clet et Clément. En nommant saint Pierre et ses trois successeurs, on établit immédiatement la sainte Église et le pouvoir de Pierre par cette glorieuse trinité de saints Papes. Saint Étienne eût dérangé cet ordre d’idées s’il eût pris sa place dans cette première liste, de même que S. Jean-Baptiste, qui n’est considéré ni comme apôtre ni comme martyr, quoiqu’il ait prêché la pénitence et la venue du Seigneur, et qu’il soit mort à cause de son énergie à défendre la vertu de chasteté. La sainte Église voulant cependant mentionner ces deux grands Saints, les a placés ici. –Mathia : voici un Apôtre. il vient en ce lieu parce que comme la sainte Église compte douze Apôtres dans son premier diptyque et qu’elle y place saint Paul, Mathias, qui fut élu pour compléter le collège apostolique après la défection de judas, ne devait pas y perdre, et il était à propos de mettre son nom en tête du second diptyque. – Barnaba, Barnabé, compagnon de saint Paul dans un grand nombre de ses courses évangéliques. – Ignatio, Ignace, le grand martyr, qui après saint Évode, avait succédé à saint Pierre sur le siège d’Antioche. C’est lui qui écrivit aux Romains cette lettre magnifique, où il parle du bonheur qu’il aura de souffrir pour Jésus-Christ. Il vint à Rome, sous Trajan, se fondre pour ainsi dire avec Pierre et Paul, et ce fut en cette ville qu’il souffrit le martyre. – Alexandro, Alexandre, voici un grand Pape. Ce fut le cinquième ou sixième successeur de saint Pierre. Il est bon de le nommer ici, car c’est lui qui ordonna d’ajouter au Canon ces mots : qui pridie quam pateretur, afin de rappeler à ce solennel moment le souvenir de la Passion. – Marcelino, Petro, Marcellin et Pierre. Ce sont deux martyrs de la persécution de Dioclétien. Marcellin était prêtre, et Pierre, exorciste. Jamais on ne les sépare, leurs deux noms se suivent toujours.

       Jusqu’ici il n’y a pas de femmes nommées au Canon ; la sainte Église ne peut pas les omettre. Quelle est donc la première dont elle parle ? Felicitate, c’est la grande Félicité, la mère des sept enfants martyrs, qui renouvela sous la persécution de Marc Aurèle le sacrifice généreux de la mère des Macchabées. Elle est tellement illustre, ainsi que ses enfants, que les Catacombes étant déjà ouvertes à l’époque de leur martyre, on se partagea les corps de ses enfants pour les placer dans divers cimetières. Félicité fut martyrisée le 29 novembre, tandis que ses fils l’avaient été au mois de juillet précédent. Elle fut ensevelie au cimetière de Priscille avec deux de ses fils. – Perpétua, c’est la noble Perpétue de Carthage. Comme elle est placée après sainte Félicité, cela nous donne une preuve de plus que cette Félicité est bien celle de Rome, et non pas celle qui souffrit à Carthage avec Perpétue. Ici Perpétue représente sa compagne et ceux qui souffrirent avec elle ; elle est nommée comme étant la plus illustre de tous, et ayant écrit une partie de la relation de son martyre. – Agatha, Lucia, Agathe et Lucie. Jusqu’à saint Grégoire le Grand on disait : Perpetua, Agnete, Caecilia ; mais ce saint Pontife qui aimait la Sicile, où il avait fondé lui-même six monastères, inséra au Canon les deux vierges de Sicile, Agathe de Catane et Lucie de Syracuse. Par honneur, comme à des étrangères, il leur donna le premier rang, et plaça après elles les vierges romaines Agnès et Cécile. Pourquoi donc Agnès a-t-elle ici le pas sur Cécile ? Cependant elle n’a souffert que sous Dioclétien, tandis que pour trouver Cécile il nous faut remonter jusqu’à Marc Aurèle. Il n’y a peut-être pas d’autres raisons que l’harmonie de la phrase. – Anastasia, Anastasie est une noble veuve romaine qui souffrit le martyre sous Dioclétien. Elle est si célèbre à Rome, que le Souverain Pontife célébrait autrefois dans son église la seconde Messe de Noël. De nos jours cela n’a plus lieu, mais on fait toujours mémoire de la grande Sainte à cette seconde Messe. – Intra quorum nos consortium, non aestimator meriti sed veniae, quaesumus, largitor admitte. (Nous vous en supplions : recevez-nous en leur sainte société , en considération non de nos mérites, mais de vos miséricordes.)  Après avoir de nouveau mentionné les Saints, le Prêtre demande à Dieu qu’il daigne nous admettre parmi eux ; non assurément parce que notre mérite nous y donne droit, mais parce- que la bonté, la miséricorde, et le pardon de Dieu peuvent le faire. Le Prêtre termine par la conclusion ordinaire : Per Christum Dominum nostrum.

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PER QUEM HAEC OMNIA

          Ici avait lieu autrefois une cérémonie qui ne se fait plus. On apportait auprès de l’autel du pain, du vin, des légumes, des fruits, et le Prêtre prononçait les paroles suivantes (qui encore aujourd’hui font suite à la conclusion de l’Oraison qui précède) : Per quem haec omnia, Domine, semper bona creas, sanctificas, vivificas, benedicis et praestas nobis. ( Par qui, Seigneur, vous ne cessez de créer tous ses biens, vous lez sanctifier, vous les vivifiez, vous les bénissez  et vous nous les donnez) En disant ces mots le Prêtre, qui se tient alors en présence de Notre Seigneur lui-même et dans toute la grandeur de son ministère, donnait la bénédiction à tout ce qui était à ce moment présenté à l’autel. La différence qui existe entre les usages que l’on observait autrefois et ceux que l’on suit aujourd’hui, explique en même temps l’existence de cette cérémonie dans l’antiquité comme aussi son omission dans nos temps.           Autrefois l’église n’avait qu’un seul autel, pour la disposition duquel on avait suivi ce que saint Jean décrit dans l’Apocalypse. Le trône du Père était placé au fond de l’abside, l’autel par devant, les vieillards de chaque côté et l’Agneau sur l’autel. Une seule Messe se disait alors, et encore n’avait-elle pas lieu tous les jours ; l’Évêque la célébrait, tous les prêtres se joignaient à lui et consacraient avec lui. Les fidèles présentaient donc, pour être bénits par l’Évêque à cette Messe unique, les fruits de la terre et tout ce qui sert à la nourriture. Plus tard, vers le 8e siècle, sous l’impulsion du Saint-Esprit, la dévotion se porta vers un usage plus fréquent de la sainte Messe. Les autels se multiplièrent et le nombre des Messes augmenta. Mais à mesure que cette coutume s’introduisit, l’usage se perdit d’apporter des fruits ou des légumes à bénir.

              Qu’allait donc faire la sainte Église de ces paroles de bénédiction ? Le Prêtre les détourne du sens primitif et les applique au Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ présent sur l’autel, par lequel Jésus-Christ toutes choses nous sont données. Aussi le Prêtre signe de la croix le Calice et l’Hostie à ces mots sanctificas, vivificas, benedicis. IL y a là quelque chose d’un peu forcé, peut-être ; mais du moins cela même nous montre quel RESPECT porte la sainte Église à la sublime prière du Canon. Pour ne pas les perdre, elle applique ces paroles au Corps de Jésus-Christ qui a été créé, qui par les mystères de sa Passion, de sa Résurrection et de son Ascension accomplit ce qu’expriment ces mots : sanctificas, vivificas, benedicis ; enfin praestas nobis, il nous est donné en nourriture.

             Aujourd’hui, il nous reste un vestige de l’ancienne cérémonie. Au jour de la Transfiguration, les raisins sont bénits à ce même moment ; seulement nous n’employons pas les paroles du Canon. L’oraison employée alors par les Bénédictins est tirée du Missel de Cluny. De même le Jeudi Saint, l’huile des infirmes reçoit à ce moment la bénédiction de l’Évêque.

                      Le Canon touche à sa fin ; il va se terminer lorsque le Prêtre élèvera la voix pour dire la conclusion dernière et réciter l’Oraison Dominicale. Les Grecs appellent le Canon : Liturgie. Avec les siècles on a étendu la signification de ce mot à tout cet ensemble dont se compose l’Office divin ; mais il ne s’entendait d’abord absolument que du Canon de la Messe, qui est l’œuvre par excellence, selon la signification du mot grec. De même nous voyons marqué au Missel latin : Infra actionem, pour signifier ce qui se fait dans l’action du Sacrifice ; c’est l’Action par excellence. Du reste le mot Canon est aussi un mot grec, ainsi que nous l’avons dit ; et il n’y a rien là qui puisse étonner ceux qui savent combien le grec était répandu au temps où naquit l’Église. Sur quatre Évangiles, trois certainement ont été écrits en grec.

          Avant la fin de la grande prière, s’accomplit à l’autel un rite très solennel ; c’est la dernière confession que fait la sainte Église de l’identité qui existe entre le sacrifice de la Croix et celui de la Messe. Le Prêtre découvre le calice qui contient le Sang du Seigneur, et après avoir fait la génuflexion, il prend de la main droite la sainte Hostie et de la main gauche le calice ; puis il fait avec l’Hostie le signe de la croix sur le calice par trois fois, allant d’une lèvre du calice à l’autre, en disant : Per ipsum, cum ipso, et in ipso ; (par Lui, avec Lui, en Lui ) puis, faisant le signe de la croix entre le calice et sa poitrine, toujours avec l’Hostie, il ajoute : est tibi Deo Patri omnipotenti ; in unitate Spiritus Sancti ; ( Est à vous, Père tout-puissant, en l’unité du Saint Esprit, )  il replace l’Hostie au-dessus du calice et élève un peu l’un et l’autre disant : omnis honor et gloria, (tout honneur et toute gloire.)  puis il repose l’Hostie et recouvre le calice ; alors il dit : Per omnia saecula saeculorum, et le peuple répond : Amen.

         Que signifie cette action du Prêtre ? La sainte Église possède son Époux à l’état d’immolation et de sacrifice ; cependant il est vivant. Aussi relève-t-elle en lui cette qualité de Dieu vivant, et l’exprime-t-elle par la réunion du Corps et du Sang du Seigneur, en plaçant l’Hostie au-dessus du précieux Sang pour rendre gloire à Dieu. Alors elle fait dire au Prêtre :per ipsum, par lui le Père est glorifié ; et cum ipso, avec lui il est glorifié, parce que Dieu le Père n’a pas une gloire supérieure à celle du Fils, ni isolée de celle du Fils, (aussi quelle grandeur dans ce cum ipso !) ; et in ipso, en lui le Père est glorifié : la gloire qu’apporte le Fils au Père est dans le Fils, et non hors de lui, in ipso. Ainsi par lui, avec lui (c’est-à-dire partageant avec lui), et en lui, sont à Dieu le Père tout honneur et toute gloire. Le Prêtre fait encore le signe de la croix par deux fois, seulement il le fait entre le calice et sa poitrine. Pourquoi cette différence ? Il prononce ces paroles : est tibi Deo Patri omnipotenti ; in unitate Spiritus Sancti ; comme ni le Père ni le Saint-Esprit n’ont été immolés, il ne convient pas qu’en les nommant, l’Hostie soit placée au-dessus du Sang qui appartient au seul Fils, seul revêtu de la nature humaine et seul immolé pour nous. – Mais en prononçant ces dernières paroles : omnis honor et gloria, le Prêtre reporte la sainte Hostie au-dessus du calice, exprimant que désormais dans les veines du Dieu qu’il offre, circule le Sang divin avec l’immortalité. Le Prêtre peut donc dire à Dieu : omnis honor gloria ; cette offrande est le fait le plus glorieux qui puisse être fait à votre honneur, car nous possédons le Christ ressuscité, et c’est lui-même qui est immolé à votre honneur sur cet autel. Non, celui qui est offert, n’est point une simple créature ; mais par lui et avec lui, per ipsum et cum ipso, tout honneur et toute gloire sont à Dieu. Aussi cette gloire va droit à Dieu : il ne peut pas refuser l’hommage qui lui est fait, qui lui est rendu par celui qui est immolé, mais qui cependant est vivant. Le Sacrifice ainsi véritablement offert est ce qui peut être accompli de plus grand pour Dieu. Sur le Calvaire l’immolation de Notre Seigneur fut un crime affreux et abominable ; ici cette immolation est tout ce qu’il y a de plus glorieux pour Dieu, toujours parce que celui qui est offert est vivant. C’est le Dieu vivant que nous offrons ; c’est le Fils vivant offert au Dieu vivant. Qu’y a-t-il de plus grand, et quoi de plus juste que d’exprimer cette pensée en plaçant le Corps du Seigneur au-dessus de son Sang ? Voilà en quoi le Sacrifice de la Messe est le fait le plus glorieux que l’on puisse faire pour Dieu, puisque tout honneur et, toute gloire lui sont rendus à ce moment sublime, per ipsum, et cum ipso, et in ipso.

              Ce rite solennel, dont il s’agit, nous montre encore combien Dieu a aimé le monde. Quand on pense que celui que le Prêtre tient ainsi entre ses mains est celui par lequel non seulement toute gloire est donnée à Dieu, mais celui-là même qui partage cette gloire avec lui : per ipsum et cum ipso ! C’est le Verbe du Père qui se laisse prendre, qui se laisse toucher, parce qu’il veut que toute gloire soit à Dieu, omnis honor et gloria, il veut que monte vers Dieu un hommage duquel il ne puise se détourner. Que sont maintenant les hommages des hommes, auprès de ceux que Notre Seigneur lui-même rend à son Père ?

        Oui, le saint Sacrifice de la Messe est vraiment le fait le plus glorieux que nous puissions faire pour Dieu ; on peut lui offrir une prière, faire un acte de vertu, mais cela ne force pas l’attention de Dieu ; tandis qu’à la Messe il est forcé, par toutes ses perfections elles-mêmes, de se RENDRE ATTENTIF  à l’hommage qui lui est rendu.

                Maintenant ce rite si important remonte-t-il aux premiers siècles ? Assurément il est très ancien ; il a dû exister de tout temps, car on le trouve partout. On comprend, en effet, que la sainte Église offrant à Dieu son Époux, ne peut pas toujours dire qu’il est mort ; elle l’a immolé, c’est vrai, mais celui qu’elle a ainsi immolé est vivant, et il faut qu’elle le confesse. Car maintenant sont accomplis les trois grands mystères de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension. Notre Christ, à nous, est vraiment tout ce que nous expriment ces trois mystères, et la sainte Église s’en souvient. Avant qu’ils fussent accomplis, il n’y avait pas autant de richesses, si l’on peut dire ainsi. II naît à Bethléem, mais l’Incarnation seule ne doit pas nous sauver d’après les desseins de Dieu, quoiqu’elle eût suffi et au delà, s’il eût voulu. Alors le Christ souffre sa Passion, mais ce n’est pas tout ; il lui faut la victoire sur la mort, la Résurrection. Ce n’est pas encore assez. Le Christ doit ouvrir le Ciel, il lui faut l’Ascension ; il faut que notre nature humaine qu’il a prise, dans laquelle il a souffert, par laquelle il a subi la mort, il faut, dis-je, qu’elle soit installée au Ciel par lui, il faut son Ascension. Ainsi celui que nous avons entre les mains est vraiment le Seigneur, celui qui a souffert, qui est mort, est ressuscité, est monté au Ciel.

           C’est ce qui fait que nous devons beaucoup remercier Notre Seigneur de nous avoir fait naître depuis que tous ces grands mystères sont accomplis. Pour ceux qui sont morts entre la Résurrection et l’Ascension, quoique plus heureux que bien d’autres, ils ne l’ont pas été cependant autant que nous, car le Christ n’était pas complet alors. Ceux qui moururent entre la mort de Notre Seigneur et sa Résurrection, furent encore moins heureux. Quant à ceux qui moururent avant Notre Seigneur, ils n’avaient que les espérances, et il leur fallait quitter cette vie avant de les voir se réaliser. Pour nous, nous sommes beaucoup mieux partagés que ceux qui nous ont précédés, nous disons ( juste après la consécration ) : Unde et memores, Domine, nos servi tus, sed et plebs tua sancta, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatae Passionis, necnon et ab inferis Resurrectionis, sed et an coelos gloriosae Ascensionis. (C’est pourquoi, Seigneur, nous vos serviteurs, et, avec nous, votre peuple saint, nous souvenant de la bienheureuse Passion de votre fils, le Christ notre Seigneur, et aussi de sa Résurrection et de son Ascension glorieuse)  Quelle force nous donnent ces paroles ! mais aussi quelle religion et quel amour ne devons-nous pas avoir pour une seule Messe, puisqu’elle est tout ce que Notre Seigneur a fait de plus grand ! C’est tout ce qu’il peut faire ; c’est ce qu’il fera toujours, car le ministère de Notre Seigneur ne doit pas cesser ; il est et sera toujours Prêtre : tu es sacerdos in aeternum.  Notre Seigneur reste Prêtre, c’est son Père lui-même qui le lui a dit : Juravit Dominus et non paenatebit eum : tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem -Melchisédech. Le Seigneur l’a juré ,juravit : tu es Prêtre à jamais, a-t-il dit, selon l’ordre de Melchisédech. Le Seigneur ajoute ceci, parce que Jésus-Christ doit exercer son ministère au moyen du pain et du vin, qui ont été aussi la matière du Sacrifice de Melchisédech. Il est donc Prêtre à jamais, s’offrant toujours pour nous, étant toujours vivant ; et cela, nous dit saint Paul, afin d’intercéder pour nous : Semper vivens ad interpellandum pro nobis ; ayant gardé les plaies de sa Passion, pour être en rapport avec le Sacrifice et les offrir pour nous à son Père. Aussi la sainte Église dit avec confiance à Dieu : Jube haec perferi per manus sancti Angeli tui in sublime altare tuum, in conspectu divines Majestatis tuae. Haec, ( Demandez que ces choses soit portée à votre autel sublime, en  présence de votre divine majesté, par  les mains de votre saint Ange)  Les choses que nous offrons ici, afin qu’elles ne fassent plus qu’un avec cet autel du ciel, puisqu’elles en sont dignes. Car sur l’autel de la terre, comme sur l’autel du ciel, c’est toujours Jésus-Christ qui offre, étant Prêtre à jamais, et qui en même temps est la victime. Et lorsque le monde aura cessé d’exister, Notre Seigneur continuera à rendre à Dieu les mêmes hommages en sa qualité de Prêtre ; sacerdos in aeternum, (Prètre pour l'éternité )  parce que Dieu doit toujours être honoré. Toutefois les deux fins du Sacrifice qui regardent la partie propitiatoire (La fonction de faire fléchir, modifier, la position divine) et la partie impétratoire (La fonction d'obtenir une faveur ) , n’existeront plus ; Jésus-Christ, sacerdos in aeternum, continuera seulement à adorer et à remercier.

         Il est bon de remarquer en passant que le sacrifice de la louange entoure le sacrifice de la Messe, lequel donne une véritable vie au premier. La sainte Église a fixé l’heure de Tierce pour offrir le saint sacrifice de la Messe. C’est à cette heure que l’Esprit Saint est descendu dans l’Eglise, aussi nous fait-elle dire en commençant cette Heure : Nunc sancte nobis Spiritus. . . (Esprit très Saint, daigne en cette heure....... : uni au Père, uni au Fils, descendre toi-même sur nous et te répandre dans nos âmes.) Elle invoque ce divin Esprit qui par sa présence l’échauffe et la dispose à offrir le grand Sacrifice. Depuis les Matines, tout l’Office a été éclairé déjà par le rayonnement de ce Sacrifice ; et cette influence durera encore jusqu’à l’heure des Complies, qui terminent le sacrifice de la louange.

         Autrefois, ainsi que nous l’avons dit, c’était à la fin du Canon qu’avait lieu l’élévation. Les Grecs ont gardé l’usage de ne montrer l’Hostie sainte au peuple fidèle qu’à ce moment-ci. Le Prêtre, ayant placé l’Hostie au-dessus du calice et dit les mots : Omnis honor et gloria, ( Tout honneur et toute gloire) se tourne vers les fidèles, tenant toujours le Corps et le Sang du Seigneur qu’il montre au peuple, pendant que le Diacre fait entendre ces paroles : Sancta sanctis, les choses saintes pour les saints.

       La grande prière du Canon étant terminée, le Prêtre rompt le silence qui régnait dans l’assemblée sainte en s’écriant : Per omnia saecula saeculorum. Et le peuple répond : Amen, en signe d’approbation de ce qui a été fait, et d’union à l’offrande qui a été présentée à Dieu.

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        Nous vous recommandons, chaque jour de carême,  quelques minutes  d’enseignements ( ordre de 5 en général) sur nos fins dernières, en allant sur le site des missionnaires de la MISERICORDE DIVINE avec le lien : https://misericordedivine.fr/toutes-les-videos-du-careme-2019-sur-les-fins-dernieres/

     Les différents thèmes traités sont exposés, et vous pouvez choisir de vous les faire adresser chaque jour ou faire directement votre choix pour visionner tout de suite les sujets pour lesquels vous souhaitez en savoir plus.

  

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

6 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

Florence
Florence place Plouray, il y a 23 jours
en union de prière dans le coeur immaculé de Marie et sacré coeur de Jésus amen merci SEIGNEUR soyez bénis amen
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 23 jours
Merci aussi à Dom Guéranger de nous révéler ce que l'apport des siècles a permis peu à peu de construire: Un louange qui plait à Dieu et qui en retour attire des vocations sacerdotales et religieuses qui permettront de sauver un grand nombre d'âmes. : Dieu soit bénit; bénis soit son saint nom. En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Marie-guy
Marie-guy place Orbigny, il y a 23 jours
Union et communion de priére Amen 🙏
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 23 jours
C’est le Dieu vivant que nous offrons ; c’est le Fils vivant offert au Dieu vivant. Qu’y a-t-il de plus grand, et quoi de plus juste que d’exprimer cette pensée en plaçant le Corps du Seigneur au-dessus de son Sang ? Voilà en quoi le Sacrifice de la Messe est le fait le plus glorieux que l’on puisse faire pour Dieu, puisque tout honneur et, toute gloire lui sont rendus à ce moment sublime. Merci Dom Guéranger pour cette explication de ce geste si chargé de symbole et si peu connu. En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Michel
Michel  il y a 23 jours
En union de prières dans le Coeur Immaculé de Marie.
Philippe
Philippe place Le Blanc, il y a 23 jours
C’est le Dieu vivant que nous offrons ; c’est le Fils vivant offert au Dieu vivant. Qu’y a-t-il de plus grand, et quoi de plus juste que d’exprimer cette pensée en plaçant le Corps du Seigneur au-dessus de son Sang ? Voilà en quoi le Sacrifice de la Messe est le fait le plus glorieux que l’on puisse faire pour Dieu, puisque tout honneur et, toute gloire lui sont rendus à ce moment sublime. Merci Dom Guéranger pour cette explication de ce geste si chargé de symbole et si peu connu. En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
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