Harmonie - Hozana

Harmonie

Harmonie

Chers compagnons de prière,

En ce deuxième jour de notre neuvaine commençons par relire et laisser se déployer en nous les mots de vérité de Saint François, qui nous guideront durant notre neuvaine :

Dieu Tout-Puissant, éternel, juste et bon, par nous-mêmes nous ne sommes que néant et pauvreté ;

mais Toi, à cause de Toi-même, donne-nous d'agir selon Ta volonté, telle que nous La connaissons, et de vouloir toujours ce qui Te plaît ;

ainsi nous deviendrons capables, intérieurement purifiés, illuminés et embrasés par le feu du Saint-Esprit, de suivre les traces de ton Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, et par Ta seule grâce, de parvenir jusqu'à Toi, Très-Haut, qui, en Trinité parfaite et très simple Unité, vis et règnes et reçois toute gloire, Dieu Tout-Puissant dans tous les siècles des siècles.

Amen.

Écoutons ce qu’un Fioretti célèbre nous dit de la manière d’être au monde de Saint François

“Miracle que fit Saint François quand il convertit le très féroce loup de Gubbio :

Au temps où saint François demeurait dans la ville de Gubbio, apparut dans la campagne environnante, un très grand loup, terrible et féroce, qui dévorait non seulement les animaux mais aussi les hommes, en sorte que tous les habitants vivaient en grande peur, car il s'approchait souvent de la ville; et tous partaient armés quand ils sortaient des murs, comme s'ils avaient marché au combat ; et malgré tout cela, qui le rencontrait seul ne pouvait se défendre de lui. Et par peur de ce loup on en vint au point que personne n'osait plus sortir des murs.

C'est pourquoi saint François ayant pitié des gens de cette ville, voulut sortir face à ce loup, bien que les habitants le lui déconseillassent complètement ; et ayant fait le signe de la sainte croix, il sortit des murs avec ses compagnons, mettant en Dieu toute sa confiance. Et les autres hésitant à aller plus loin, saint François s'achemina vers le lieu où était le loup. Et voici que sous les yeux de beaucoup habitants qui étaient venus voir ce miracle, le loup arriva la gueule ouverte, à la rencontre de saint François ; et s’approchant de lui saint François fit sur lui le signe de la croix l'appela et lui parla ainsi : « Viens ici, frère loup ; je te commande de la part du Christ de ne faire de mal ni à moi ni à personne. » Chose admirable ! Aussitôt que saint François eut tracé la croix, le terrible loup ferma la gueule et cessa de courir ; et, au commandement, il vint, paisible comme un agneau, se jeter couché aux pieds de saint François.

 

Alors saint François lui parla ainsi : « Frère loup, tu fais par ici beaucoup de dommages, et tu as commis de très grands méfaits, blessant et tuant sans sa permission les créatures de Dieu ; et non seulement tu as tué et dévoré les bêtes mais tu as eu l'audace de tuer et de blesser les hommes faits à l'image de Dieu, ce pourquoi tu mérites les fourches comme voleur et assassin très méchant ; et tout le monde crie et murmure contre toi, et toute cette ville t'a en inimitié Mais je veux, frère loup, faire la paix entre toi et ceux-ci de telle sorte que tu ne les offenses plus, et qu'ils te pardonnent toutes les offenses passées, et que ni les hommes ni les chiens ne te poursuivent plus. »

Ces paroles dites, le loup, par les mouvements de son corps de sa queue et de ses oreilles, et en inclinant la tête, témoignait qu'il acceptait ce que saint François disait et qu'il voulait l'observer. Alors saint François dit : « Frère puisqu'il te plait de faire et de garder cette paix, je te promets de le faire donner toujours ce qu'il te faut, tant que tu vivras, par les hommes de cette ville, et ainsi tu ne pâtiras plus de la faim, car je sais bien que c'est la faim qui t'a fait commettre tout ce mal. Mais puisque je t'obtiendrai cette grâce, je veux, frère loup, que tu me promettes de plus nuire jamais ni à aucun homme ni à aucun animal me promets-tu cela ? » Et le loup, en inclinant la tête, fit évidemment signe qu'il promettait. Et saint François dit : « Frère loup, je veux que tu me fasses foi de cette promesse, afin que je puisse bien m'y fier. » Et saint François étendant la main pour recevoir sa foi, le loup leva la patte droite de devant, et la mit familièrement dans la main de saint François, lui donnant ainsi le signe de foi qu'il pouvait.

Alors saint François dit : « Frère loup, je te commande au nom de Jésus-Christ, de me suivre maintenant sans rien craindre, et nous allons conclure cette paix au nom de Dieu. » Et le loup obéissant s'en vint avec lui comme un doux agneau, ce que voyant les habitants s'émerveillèrent grandement. Et la nouvelle se répandit sur-le-champ par toute la ville , aussi tous les gens, grands et petits, hommes et femmes, jeunes et vieux, se pressèrent vers la place pour voir le loup avec saint François.

…”

Les Fiorettis de la vie de Saint François sont des condensés de sa personnalité, de sa manière d’être, tels que ses compagnons les ont transmis. Ils nous en disent moins sur les faits que sur l’intériorité de la vie de saint François.

Écoutons ce que ce texte a à nous dire.

Le loup par sa férocité inadaptée a rompu l’harmonie de la cohabitation avec les villageois. Face à cette agression les villageois se sont d’abord armés, puis barricadés : ils ont élaboré des stratégies, sont entrés en lutte et en résistance. Le loup quant à lui a redoublé de férocité.

Saint François n’entre ni dans la lutte, ni dans le repli, il ne s’en remet pas non plus à des stratégies : sa seule stratégie en allant à la rencontre du loup est d’aller justement à sa rencontre, en s’en remettant à Dieu. Car ce que François vient faire ce n’est pas trouver une solution pour protéger les villageois, c’est bien plus fondamentalement rétablir l’harmonie de la Création qui a été abîmée, blessée. Dans le miracle du loup de Gubbio c’est de guérison qu’il s’agit et de réparation.

L’oeuvre que François accomplit donne vie au commandement le plus difficile que nous a donné Jésus : aimez vos ennemis.

Écoutons saint François nous admonester  :

Aimez vos ennemis, dit le Seigneur. 

Aimer vraiment son ennemi, c'est d'abord ne pas s'affliger des torts qu'on a subis soi-même ;

c'est ressentir douloureusement, mais comme une offense à l'amour de Dieu, le péché que l'autre a commis;

et c'est prouver à ce dernier, par des actes, qu'on l'aime toujours.

C’est l’offense à l’amour divin présidant à la Création que François répare profondément, rétablissant le pacte entre le loup et les hommes, et c’est bien pourquoi ce pacte est scellé au nom de Dieu, en Dieu, pour Dieu.



Entendons ce que saint François dit au loup et qui nous est aussi adressé comme à toute créature appartenant au grand tout de la Création : le péché est toujours un acte de disharmonie semant de la disharmonie, engendrant de l’agressivité et prenant sa racine dans le vide d’une faim non comblée. Le péché est toujours une blessure infligée à Dieu et à toute la Création dont elle met à mal l’harmonie. Le péché se répare et se guérit dans un pacte de paix avec les hommes et d’amour avec Dieu ; il se lave et se dissout dans le pacte offert par Dieu dans Jésus crucifié : “Je vous en prie donc instamment, vous tous mes frères, en vous baisant les pieds et avec tout l'amour dont je suis capable : témoignez tout le respect et tout l'honneur que vous pourrez au Corps et au Sang très saints de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui tout ce qu'il y a dans le ciel et tout ce qu'il y a sur la terre a été pacifié et réconcilié au Dieu tout puissant.” (Lettre à tout l’ordre)




Entrons en nous-mêmes et commençons par faire face à ces faims en nous qui sont une énergie de disharmonisation. Regardons ces vides, ces faims qui nous habitent et que nous nourrissons.

Replaçons ces faims dans l’harmonie de la totalité du monde à laquelle nous appartenons. Laissons Dieu creuser nos vides pour faire de nous des vases. N’élaborons pas de stratégie, n’entrons pas en lutte contre nous-mêmes : comme le loup de Gubbio laissons saint François venir à notre rencontre, tracer le signe de la croix sur nous, et reprenons une place apaisée en levant nos yeux vers le ciel et en nous engageant dans le pacte de réconciliation auquel, par François, Jésus nous appelle, et pour lequel il a souffert jusqu’à la crucifixion.



Reprenons le chant de prière de Saint François transmis par les communautés franciscaines, chant d’harmonie à sans cesse rétablir en nous unissant intimement à Dieu dans la prière car c’est par Dieu que nous donnons de l’harmonie au monde :

Là où il y a la haine

Que surgisse ton amour

Là où il y a le doute

Que s’élève un chant de foi

Que ton Règne vienne comme l’aube sur la nuit

Que ton Règne vienne qu’il éclaire et change notre vie

Là où règnent les ténèbres

Que paraisse ta clarté

Là où cesse l’espoir

Que s’élève un chant d’espérance

Que ton Règne vienne comme l’aube sur la nuit

Que ton Règne vienne qu’il éclaire et change notre vie

Là où naissent les discordes

Que s’installe l’unité

Là où il y a la guerre

Que s’élève un chant de paix

Que ton Règne vienne comme l’aube sur la nuit

Que ton Règne vienne qu’il éclaire et change notre vie

Là où il y a l’offense

Que s’éveille le pardon

Là où règne la tristesse

Que s’élève un chant de joie



Entrons en nous-mêmes, faisons face à ces faims en nous qui sont une énergie de discordance. Regardons ces vides, ces faims qui nous habitent et que nous nourrissons.

Que s’élève de nous un chant de louange

Que de notre âme s’élève un élan de paix

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

6 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
place Metz, il y a 3 mois
Merci Lucienne de ce magnifique partage ; je connais bien cette histoire de Saint François avec le Loup de Gubbio, mais c'est avec un réel ravissement spirituel que je la relis. Union de prières. Amen.
Lucienne
place Lourmarin, il y a 3 mois
Merci GJ, j'ai moi aussi toujours beaucoup de bonheur à le relire, et j'y redécouvre toujours quelque chose qui m'atteint d'une manière nouvelle. Mes prières vous accompagnent.
Aline
place Saint-Louis, il y a 3 mois
Je ne me permettais pas de me "comparer" à St-François d'Assise : mon comportement dans la vie quotidienne fait que je me sens plus acceptée par les animaux et la nature ; eux ont toute confiance en moi et me le rendent bien. Mais Jésus reste ma priorité : je sens sa présence à mes côtés ainsi que ma maman du ciel.
Lucienne
place Lourmarin, il y a 3 mois
Bonjour Aline, je vous remercie pour votre témoignage. Les animaux et la nature nous donnent un sentiment d'appartenance au grand tout qui est incomparable. La grâce de la contemplation de la nature est une grande grâce et je vous souhaite de la chérir longtemps. je vous souhaite une belle neuvaine en compagnie de Saint François et de la Création qu'il sait si bien chanter.
GJ
place Metz, il y a 3 mois
Bien en union de prières et de partage avec vous Aline ! Amen.