Facebook Pixel9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 4e jour : 28 Juillet - Hozana

9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 4e jour : 28 Juillet

9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 4e jour : 28 Juillet

1_Les derniers jours du Père Eymard

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Du frère Albert :

Mardi 28 juillet 1868

Dès le matin j’allai voir le Père, il me reçut en souriant. - Je lui demandai permission d’aller à la Messe. Il me fit un signe gracieux d’y aller. Il ne parlait pas. Il ne paraissait pas si fatigué qu’hier peut-être. Le Docteur paraissait sinon satisfait du moins pas plus alarmé.

Le Père se leva pour laisser faire son lit. Il alla lui-même se mettre dans un fauteuil qu’il avait fait déposer.

Tout le jour il reçut ceux qui vinrent. Il avait un signe gracieux et affable pour tous.

M. le Curé vint le voir. L’aumônier de la Visitation aussi.

Je lui présentai ses lettres qui s’étaient accumulées sur la table. Il parcourut les adresses et n’eut pas la force de lire ce qu’elles renfermaient.

Il me fit répondre à deux ou trois. Il me disait alors en deux ou trois mots ce qu’il voulait.

La connaissance était parfaite. Le Père dirigeait tout dans la chambre, faisait placer les chaises dans la chambre, disposer les rideaux, les persiennes selon la disposition du soleil. Il s’intéressait à tout, dirigeait tout surtout la chasse aux mouches le matin, il nous faisait commencer par son lit, son alcôve, m’indiquait dans quel sens chasser, nous montrait celles qui nous échappaient. En un mot il était, bien que sans parole, le même que nous l’avions connu tout à tous et à tout.

Quand il ne pouvait s’exprimer parce que l’embarras de la langue ne permettait pas à certaines syllabes de se produire il souriait et avait un petit geste de découragement, moitié aimable, moitié résigné, qui voulait dire : « Pardon de vous faire attendre ainsi, mais je ne peux pas m’exprimer, faites ce que vous voudrez ».

J’écrivis quelques lettres, entre autres à toutes les maisons pour faire redoubler de prières et d’instances auprès de Dieu.

À vrai dire, je ne me doutais pas de la gravité du mal, ou plutôt je ne voulais pas y croire. Outre que je croyais en quelque sorte Notre Seigneur obligé de faire un miracle en faveur de son Serviteur, les symptômes du mal étant peu aigus me trompaient. La vraie maladie du Père était dans sa faiblesse. Le Docteur me le disait habitué à voir le Père ainsi, je ne me rendais pas compte exact des craintes du médecin. - Le soir je veillai le Père jusqu’à une heure du matin. Il prit quelque peu de tisane. La nuit fut assez tranquille.

Fr. Albert Tesnière Les derniers jours de la vie de st P.-J. Eymard (Édition du Centre de spiritualité "Eymard", La Mure d'Isère, 2018)

Voir la Présentation générale de la Neuvaine Eucharistique.

2_Prédication : Triduum du Saint Sacrement

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Amour dans la mort de Notre Seigneur (suite)

2 - Il immole sa vie civile
2e Point

J'ai dit, en second lieu, que Notre Seigneur immole sa vie civile. Tout citoyen a un droit égal à la protection des lois, et jamais l'homme n'abandonne ces droits. “Je suis citoyen romain”, dit le grand Paul même à ses persécuteurs, comme si cette qualité devait le rendre inviolable ! [cf.Ac 22,25] Jésus-Christ ne demande à personne cette immolation, il se l'est réservée cependant : ses ennemis tournent les lois contre lui ; le gouverneur qui devait le protéger le persécute au contraire ; il n'est plus reconnu ni pour prophète, ni pour roi, il est maudit de tous ; jamais homme ne sacrifia son honneur comme Jésus-Christ car jamais homme ne fut condamné comme lui !

Mais c'est au tabernacle surtout que Jésus-Christ continue l'immolation qu'il a commencée pendant sa vie mortelle. Le dernier citoyen est protégé, et pour Jésus à l'autel pas de loi, pas de protection civile ; au contraire, liberté entière de le vendre, non plus aux Juifs seulement comme autrefois, mais à qui l'on voudra ! L'autorité civile ne le reconnaît plus pour citoyen, il est mis hors la loi ; il ne peut plus sortir dans les rues ; pour aller vous consoler dans vos derniers moments, le prêtre doit cacher ce Dieu du ciel et de la terre ; cette garde d'honneur, dans laquelle jadis les plus grands rois se faisaient gloire de paraître, est supprimée aujourd'hui ; Jésus doit passer sans honneur, sans gloire ; heureux encore si ses enfants ne l'outragent pas ! Car la chose est triste à reconnaître, souvent ce sont les catholiques qui sont les plus insultants : “Jésus est venu et les siens ne l'ont point reconnu.” [Jn 1,11]

Non seulement, mes frères, Notre Seigneur dans son sacrement adorable est sans honneur, mais il y est encore laissé sans amour. Comptez donc les milliers d'âmes qui oublient Jésus-Christ ! Oh ! le Juif était plus fidèle que nous ! Il persécutait Jésus-Christ, c'est vrai, mais il ne l'avait connu que quelques années ; et nous qui, depuis 18 siècles, recevons chaque jour des preuves de son amour, nous ne songeons pas à lui ! Qui pense à Jésus-Christ ? – Mais, me direz-vous, pourquoi Notre Seigneur s'expose-t-il à l'indifférence, aux outrages ? – Ah! mes frères, vous oubliez que l'amour ne compte pas les sacrifices, qu'un sentiment d'amour suffit pour faire un esclave, et Jésus qui vous aimait d'un amour immense, infini, eût reculé !… Non, non, il eût établi la sainte Eucharistie pour un seul homme tant il était impuissant à lui donner une plus grande preuve d'amour ! Et cependant, l'homme ne veut pas même reconnaître cet amour : il a peur de Jésus-Christ ! Plusieurs prient les saints, la Vierge, et craignent de prier Notre Seigneur. Ah ! c'est que lui seul dit au fidèle : “Suivez-moi” [Mt 19,21] et cette parole effraie celui qui ne veut suivre que ses passions, ses plaisirs. Mais vous, mes frères, ne craignez donc pas ; aimez, aimez, et, familiarisés avec l'amour, vous comprendrez, vous suivrez Jésus-Christ !

À la fin du siècle dernier, on n'osait plus même parler de Jésus-Christ, parce qu'on n'osait plus dire : aimez-le ; le jansénisme, pour atteindre son but destructeur, avait trouvé le moyen infaillible : plus d'amour de Jésus-Christ, plus de communion ! Que restait-il alors, sinon la mort ? Vous heureusement, vous avez été affranchis de ces ravages de l'erreur ; savez-vous, mes frères, la cause de cette prédilection divine ? Ah ! c'est que vous aviez eu votre grande sainte Julienne qui avait ancré parmi vos pères la dévotion au saint Sacrement, seul vrai principe de vie !

S. Pierre-Julien Eymard (PO 20,7)

3_Prière

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Pourquoi donc de la part de Notre Seigneur une immolation si absolue de la liberté — en l'Eucharistie ? Ah ! c'est que Jésus-Christ veut apprendre à l'homme à sacrifier à Dieu cette liberté dont il est si orgueilleux, c'est qu'il veut que nous ayons la gloire de nous rendre ses serviteurs, c'est qu'il veut que nous mourions à nos passions, au péché, pour vivre de la liberté des enfants de Dieu !

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

7 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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