Facebook Pixel9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 2e jour : 26 Juillet - Hozana

9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 2e jour : 26 Juillet

9AINE EUCHARISTIQUE À S. EYMARD - 2e jour : 26 Juillet

1_Les derniers jours du Père Eymard

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    De la biographie du P. André Guitton, S. Pierre-Julien Eymard, L’Apôtre de l’Eucharistie :

    « Quand je serai à Grenoble, avait-il écrit de Vichy à ses sœurs, je vous enverrai une dépêche pour vous annoncer mon arrivée à La Mure » (À Marianne Eymard, 19 juillet 1868, CO 2209). Ses sœurs n’avaient rien reçu. Alertées, elles arrivèrent immédiatement, Annette Bernard d’abord. Le Père l’embrassa, mais il ne dit pas un mot, il oubliait même son chapeau dans la voiture. Puis survint Marianne. Pas un mot non plus. Arrivés à la maison, toute proche, il rédigea avec peine un télégramme à l’adresse de la communauté de Paris sans doute, mais dont seules la date et la signature sont lisibles. On le conduisit dans sa chambre au second étage et il se mit au lit. On était loin de soupçonner la gravité de son état, et lui-même ne pouvait rien demander. « Nous pensions que ce serait une fatigue comme il en avait tant éprouvé de fois », devait confesser naïvement par la suite Annette. En réalité, il avait été victime d’une congestion cérébrale. Le voyage et la chaleur n’avaient pu qu’aggraver son état : il était aphasique.

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De Les derniers jours de la vie de S. Pierre-Julien Eymard, par le frère Albert Tesnière, disciple et confident du Père, 22 ans au moment des faits :

Dimanche 26 juillet 1868, Paris

J’attendais confiant et faisant forces instances à N.-D. du Laus et à N.-D. de la Salette pour l’heureuse issue de ma demande.
Pas de lettre, me dit-on à 8 heures. Que la volonté de Dieu soit faite, dis-je à Charles. 

À 9 heures je me mettais au travail. Le père Crépon suivi du père Stafford entre dans ma cellule ; il me remet une lettre de Mlle Eymard datée de vendredi 24. Lettre douloureuse. À peine le reconnaissaient-elles. – Le Père avait été fort mal. Elles demandaient des prières. Le père Crépon m’envoie pour soigner le Père. Je ne me doutais certes pas de la gravité du mal. – Bien au contraire. 

Fr. Albert Tesnière Les derniers jours de la vie de st P.-J. Eymard (Édition du Centre de spiritualité "Eymard", La Mure d'Isère, 2018). 

Voir la Présentation générale de la Neuvaine Eucharistique.

2_Prédication : Triduum du Saint Sacrement

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Sermon d'ouverture (suite) 

Triomphe de l'amour de Jésus-Christ par l'Eucharistie

1- L'amour se perpétue

1er Point (suite)

Le prêtre ! Qu'est-ce donc qu'un prêtre ? Jésus-Christ en puissance, Jésus-Christ en action ; mais à lui comme à Jésus, il faut un voile ; s'il était un ange, s'il était impeccable, il n'aurait pas une charité compatissante, il ne serait plus un père pour le pécheur, puisqu'il ne comprendrait plus ses misères. Savez-vous quelle est la mission du prêtre ? C'est, dit saint Augustin, de remplacer Marie incarnant Jésus-Christ ; c'est de continuer sa fécondité miraculeuse. Dans ce grand mystère de l'Incarnation, la femme seule avait eu une part active. Ève avait été réhabilitée dans sa qualité de femme par Marie. Adam était resté dans l'humiliation de son néant. Mais voici Jésus-Christ qui vient et qui dit au prêtre, d'après saint Ambroise : “Tu seras mon Père, je te choisis.” Les pères du Christ *. Et depuis lors, l'homme ose lever la tête devant la femme ; bien plus fécond qu'elle, il porte toujours Jésus-Christ dans son cœur, dans sa volonté ; il a la puissance du Père céleste. Marie nous avait donné Jésus petit enfant, le prêtre le fait descendre sur l'autel comme il est dans le ciel, livré à l'adoration des anges ; Marie le met au monde pour mourir, et le prêtre le produit sur l'autel pour le faire régner dans le monde.

Oh ! qu'elle est grande, qu'elle est belle cette mission du prêtre ! Je sais que la pensée de la sublimité de cette mission rend plus terrible encore le scandale quand Dieu en permet dans ses ministres. Vous oubliez donc, mes frères, que plus on tombe de haut, plus la chute est profonde ; et Lucifer, qu'est-il, sinon le Prince des séraphins descendu des hauteurs célestes ? Que le scandale ne vous étonne pas ; une seule chose devrait vous étonner, c'est l'infinie miséricorde de Dieu ! Je comprendrais encore sa sainteté s'il disait : “Je lègue mon autorité à un prêtre pur, à un prêtre saint”, mais donner ainsi un pouvoir d'abus ! Car le mauvais prêtre peut autant que le bon, sa puissance tient à son caractère et non à ses vertus. Que Dieu est bon de n'avoir pas limité son sacerdoce ! Le prêtre le plus saint eût été le plus humble, et jamais il n'aurait osé monter à l'autel.

Oh ! remercions beaucoup Dieu de sa sublime institution ! Quand vous verrez un prêtre, respectez-le, voilez-le, inclinez-vous à son approche, car c'est Jésus-Christ qu'il porte dans son cœur.

S. Pierre-Julien Eymard (PO 20,2 - fin)

* Ajouté dans la marge. – Près d'une vingtaine de fois, le P. Eymard utilise le thème du prêtre qui, par son ordination, “devient le père sacramentel de Jésus-Christ” (PG 293,8). Il attribue généralement l'expression à saint Bernard, à partir de saint Alphonse de Liguori (PG 347). En PG 340,3, le texte porte la référence : Sermo ad pastores in synodo congregatos (PL 184, 1093) et les citations qui y sont rassemblées proviennent de l'ouvrage de Liguori, Selva, 1, 1: 3-5. Sans doute trouvons-nous cette même citation chez M. Olier (Traité des Saints Ordres, 3, 2: 2, OC, 1856, col. 674, note 1134) avec une référence spéciale à la prédication à la suite de saint Bernard. Mais c'est chez Liguori que son application à la célébration eucharistique est exprimée de façon explicite: ils [les prêtres] sont la cause active que la personne de Jésus-Christ existe réellement dans l'Hostie consacrée (OC, t. 13, trad. Dujardin, Paris, 1878, p. 18). À la suite des traducteurs de Liguori, nous adoptons la version: les pères du Christ.


2- L'amour se multiplie

2e Point

L'amour tend à se multiplier. Voyez dans les nombreuses familles combien on multiplie les souvenirs : si quelque enfant s'éloigne de la maison paternelle, il emporte avec lui la reproduction des traits chéris de ses parents ! Et nous, pauvres frères de Jésus-Christ, nés si longtemps après son passage sur la terre, nous devrions être privés pour toujours de ses traits divins ? Oh non ! il comprendra notre misère, et il communiquera à son corps glorieux quelque chose de l'immensité divine.

Le soleil tout entier éclaire chaque partie de l'univers ; l'âme tout entière anime chaque membre du corps ; quelques saints comme saint Liguori, saint François Xavier ont eu le don de multilocation *; et ce que des créatures ont pu, le créateur ne le pourrait pas ? Il le doit ; car chaque fidèle, chaque génération doit être traitée également ; il faut qu'après 18 siècles, je reçoive autant de preuves d'amour de Jésus-Christ qu'en ont reçu les premiers apôtres ; il faut donc multiplier le sacrement adorable de l'Eucharistie. Notre Seigneur l'a promis : “Faites ceci en mémoire de moi” [Lc 22,19] a-t-il dit au sacerdoce, et le sacerdoce se compose d'un nombre infini de prêtres : en France seulement nous en comptons 50.000, de sorte que chaque ville, chaque village aura son prêtre, sa cène, son tabernacle ! Et Jésus-Christ sera partout où il y aura un fidèle ! “Si cet adorable sacrement, nous dit l'auteur de l'Imitation, ne s'accomplissait qu'en un seul lieu sur la terre, et qu'un seul prêtre dans le monde entier consacrât l'hostie sainte, avec quelle ardeur les hommes n'accourraient-ils pas en ce lieu, vers ce prêtre unique, pour voir célébrer les saints mystères ? Mais il y a plusieurs prêtres, et Jésus-Christ est offert en plusieurs lieux afin que la miséricorde et l'amour de Dieu pour l'homme éclatent d'autant plus que la sainte communion est plus répandue dans le monde.” [ Im 4, 1: 44-45 ]

Oui, mes frères, l'Église est un arbre mystérieux dont le tronc et la sève sont Jésus-Christ lui-même : les prêtres n'en sont que les branches ; une branche coupée, une autre reparaît et l'arbre revit plus fort qu'auparavant : “Je suis la vigne, nous dit Jésus-Christ, et vous en êtes les branches” [Jn 15,5]. Toujours donc il y aura des prêtres, car toujours se réalisera la promesse de Notre Seigneur : “Je suis avec vous jusqu'à la fin des siècles” [Mt 28,20]. Oh ! que Jésus-Christ est bon ! Que son amour est touchant ! Quel cœur ne se sentirait ému de reconnaissance en songeant aux bienfaits de l'Eucharistie !

S. Pierre-Julien Eymard (PO 20,3)

* En traitant de la présence du Christ dans l'Eucharistie, le P. Eymard utilise à plusieurs reprises le terme de “multilocation”. Le mot désigne, selon le P. A. de Solignac, s.j., “la présence simultanée d'une même personne en plusieurs lieux” (DSp 10, 1837). Dans ses exposés, le P. Eymard se réfère au phénomène mystique de la bilocation, dont il est question, entre autres, dans les vies de saint François Xavier et de saint Alphonse de Liguori. Il y trouve argument pour parler de la “multilocation” du Christ dans son sacrement. Si ceux-là ont pu bénéficier d'une telle grâce, à combien plus forte raison le Christ a-t-il le pouvoir de réaliser un “miracle”, bien plus grand, en “multipliant” sa présence en d'innombrables lieux, partout où il y a un prêtre qui célèbre. C'est une approche qui porte la marque de son époque et qui relève d'une théologie désuète. En utilisant ce terme ou celui de “multilocalité”, le Père entendait bien être fidèle à la doctrine catholique, mais son langage ne saurait être retenu. Selon saint Thomas d'Aquin, le corps du Christ n'est pas dans le sacrement comme dans un lieu : il y est présent, non sous le mode des dimensions, mais par mode de “substance” (Somme théologique, 3e part., quest. 76, art. 5). La présence du Christ est sacramentelle.

3_Prière

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Oh ! remercions beaucoup Dieu de sa sublime institution ! Quand vous verrez un prêtre, respectez-le, voilez-le, inclinez-vous à son approche, car c'est Jésus-Christ qu'il porte dans son cœur.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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