C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons

C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. » D'autres, pour le mettre à l'épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t‑il ? Vous dites en effet que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. Mais si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est venu jusqu'à vous. Quand l'homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l'a dépouillé. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. Quand l'esprit impur est sorti de l'homme, il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer. Et il ne trouve pas. Alors il se dit : “Je vais retourner dans ma maison, d'où je suis sorti.” En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée. Alors il s'en va, et il prend d'autres esprits encore plus mauvais que lui, au nombre de sept ; ils entrent et s'y installent. Ainsi, l'état de cet homme-là est pire à la fin qu'au début. » (Lc 11, 15-26)

Si un plus fort survient

Prenons un roi juste et noble, voulant faire la guerre contre quelque tyran injuste sans paraître l'avoir vaincu dans un conflit violent et sanglant ; car ceux qui combattaient sous le tyran étaient siens, il ne désirait pas les perdre, mais les libérer. Par un dessein particulièrement habile, il prit donc la mise de ceux qui étaient sous le tyran, il leur devint semblable en tout par l'aspect, jusqu'à ce que, placé sous la domination du tyran, il persuadât ceux qui lui obéissent de s'en éloigner et de regagner le royaume légitime. Quant à lui, il lierait lui-même le fort (Mt 12, 29 ; Lc 11, 21), au temps opportun, le dépouillerait de ses puissances et principautés et le supprimerait, après lui avoir ôté les captifs qu'il détenait.

C'est donc de cette manière que le Christ s'anéantit lui-même, par sa volonté, et prit la condition d'esclave, supportant la domination du tyran et obéissant jusqu'à la mort (Ph 2, 7-8). Par cette mort, il détruisit celui qui détenait l'empire de la mort, c'est-à-dire le diable, pour libérer ceux qui étaient détenus par la mort. De fait, après avoir lié le fort et triomphé de lui sur la croix, il marcha encore vers sa demeure, la demeure de la mort, l'enfer, et là, il s'empara de ses biens, c'est-à-dire entraîna les âmes qu'il détenait et, montant dans les hauteurs, il captura ses captifs, à savoir ceux qui sont ressuscités avec lui et sont entrés dans la sainte cité de la Jérusalem céleste.


Origène

Origène († v. 254), prêtre né à Alexandrie, penseur et spirituel éminent, fut le plus profond exégète de l'Antiquité chrétienne.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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