Jour 5 - Saint Laurent Imbert, le confesseur clandestin de Corée !

Jour 5 - Saint Laurent Imbert, le confesseur clandestin de Corée !

Ad Vitam, Ad Gentes, Ad Extra ! Pour la vie, pour les non-chrétiens et pour l'étranger !  

Saviez-vous que le Seigneur appelle certains à une mission et à un détachement aussi radical ? Telle fut la vocation de Laurent Imbert lorsqu'il devint prêtre des Missions Étrangères de Paris (MEP) en 1819. 

Pourtant rien ne semble destiner Laurent Joseph Imbert à quitter son pays par amour de Dieu. Il est né en 1796, à Marignane près de Marseille, dans une famille modeste. Il entre d'abord au Séminaire d'Aix. Sa famille ne pouvant prendre en charge sa formation, il est contraint de fabriquer et vendre des chapelets pour s'acheter livres et vêtements.

Après quelques années, il demande à intégrer le séminaire des Missions Étrangères de Paris. Les MEP sont une Société de prêtres missionnaires voués à l'évangélisation en Asie et au soutien des Eglises naissantes. Laurent Imbert est ordonné prêtre le 18 décembre 1819. En 1820, il quitte la France pour le Se-tchoan, province de Chine située à l'est du Tibet.

Avec les MEP sa devise et sa mission seront ad extra, ad gentes, ad vitam, cum Ecclesia.

Cependant le projet du jeune missionnaire est stoppé à son arrivée en Asie : l'accès à la Chine est interdit, il devra faire escale à Singapour, Pinang et puis Macao. Finalement il passera deux ans au Tonkin… Ce contretemps n'altère pas son zèle et sa foi. Dès son arrivée, il se lance dans la mission, se met au service des catholiques sur place et annonce le Christ aux non-chrétiens.

Enfin en mars 1825, cinq ans après avoir quitté la France, le Père Laurent Imbert rejoint la province du Se-tchouan. Quoiqu'éprouvé par les maladies, il y reste douze ans. Alors qu'il est supérieur du séminaire de Mou-pin près du Tibet, on propose aux prêtres des MEP d'aller annoncer l'Évangile en Corée. Le Père Imbert est volontaire ! Il répond à l'appel et s'engage pour être fidèle à sa vocation missionnaire.

Consacré évêque en 1837, il rejoint la Corée avec sa fougue. Nommé Vicaire apostolique, il s'installe à Séoul et apprend le coréen. Après quelques mois, il peut confesser les fidèles. Il baptise 2000 catéchumènes, visites des milliers de chrétiens, parcourt toute la région de Séoul. Portée par l'Esprit Saint sa mission donne du fruit. Pourtant la situation politique est lourde et menaçante : la dynastie Joseon s'oppose violemment à l'essor du christianisme. En effet, les Coréens convertis abandonnent le culte des ancêtres pour éviter l'idolâtrie. Pour l'État c'est un crime contre la culture du pays. Entre 1839 et 1866, environ 8.000 catholiques seront martyrisés.

Monseigneur Imbert doit poursuivre son œuvre dans la clandestinité. Avec d'autres prêtres des MEP, il sillonne la Corée et porte le Christ aux fidèles. Il l'annonce par la parole et le donne dans les sacrements. Le pasteur ne se ménage pas pour le troupeau qui lui est confié :

« Je suis accablé de fatigue et je suis exposé à de grands périls. Chaque jour je me lève à deux heures et demie. A trois heures j'appelle les gens de la maison pour la prière, et à trois heures et demie commence mon ministère par l'administration du baptême s'il y a des catéchumènes, ou par la confirmation. Viennent ensuite la Sainte Messe, la communion, l'action de grâce. Les 15 à 20 personnes qui ont reçu les sacrements peuvent ainsi se retirer avant le jour. Dans le courant de la journée, environ autant entrent, un à un, pour se confesser et ne sortent que le lendemain matin après la communion.

Je ne demeure que deux jours dans chaque maison où je réunis les chrétiens et, avant que le jour paraisse, je passe dans une autre maison. [...]. Après le dîner je me repose un peu, puis je fais la classe de théologie à mes grands écoliers, ensuite j'entends encore quelques confessions jusqu'à la nuit [...].

 J'ai toujours, avec un corps faible et maladif, mené une vie laborieuse et fort occupée. Mais ici je pense être parvenu au superlatif, au nec plus ultra du travail. Vous pensez bien qu'avec une vie si pénible nous ne craignons guère le coup de sabre qui doit la terminer. »

Extrait d'une lettre de Mgr. Laurent Imbert (1838)

Hélas, en 1839 il est trahi et se livre aux autorités pour protéger un groupe de fidèles. Incarcéré, il subit d'horribles tortures. Ses bourreaux cherchent à lui faire abjurer sa foi. Si le pasteur renie le Christ, c'est toute la communauté qu'ils mèneront à l'apostasie. Les supplices et les interrogatoires s'enchaînent mais Laurent Imbert garde une grande liberté intérieure. Attaché au Christ, la Vérité qui rend libre, il confesse la foi de l'Église. Espérant obtenir la paix pour les fidèles, il écrit à ses confrères des MEP : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ; si donc vous n'êtes pas encore partis en barque, venez [...], mais qu'aucun chrétien ne vous accompagne ». Les Abbés Chastan et Maubant le rejoignent pour monter avec lui au calvaire. Pour avoir montré l'Agneau de Dieu, Mgr Imbert est décapité avec ses compagnons le 21 septembre 1839 près de Séoul.

L'aventure et le martyre de Saint Laurent Imbert nous inspirent pour notre mission aujourd'hui :

Son zèle de prêtre nous montre l'importance des sacrements dans la vie chrétienne. C'est par eux que nous sommes nourris et convertis jour après jour. La mission c'est apporter le Christ au bout du monde et célébrer l'Eucharistie qui nous unit au Ciel et à la sainte Trinité.

Son calvaire et son martyre évoquent l'actualité de la persécution pour de nombreux chrétiens dans le monde. La clandestinité est une nécessité aujourd'hui encore pour certains... Pourrions-nous confesser la foi jusqu'au bout, quoiqu'il en coûte ?

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

7 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader

En mission avec 7 aventuriers de Dieu