Facebook PixelNous sommes la maison de Dieu - Hozana
Franciscains Conventuels

Franciscains Conventuels dans Neuvaine à saint François d'Assise

Publication #3Initialement publiée le 27 septembre 2020

Nous sommes la maison de Dieu

Legenda Maior de saint Bonaventure (10, 2 et 4)

Il n'aurait jamais manqué par négligence une visite de l'Esprit : quand l'occasion se présentait, il l'accueillait fidèlement et, tant que durait la faveur du Seigneur, savourait la douceur qui lui était offert. Si c'était sur la route qu'il sentait venir le souffle de l'Esprit de Dieu, il se laissait distancer par ses compagnons, s'arrêtait pour mieux jouir de cette nouvelle inspiration et ne recevait pas la grâce en vain. Sa contemplation l'entraînait souvent si haut que, ravi hors de lui-même, il ressentait alors ce qu'un homme ne peut ressentir et restait étranger à ce qui se passait autour de lui. Un jour par exemple qu'il traversait (à dos d'âne à cause de sa faiblesse) Borgo San Sepolcro, bourg populeux s'il en est, on se rua en foule à rencontre, par dévotion. On le tirait, on s'accrochait à lui, on le pressait, on le touchait tant et plus : comme un corps sans vie il semblait ne rien sentir ni remarquer tout ce qui se passait autour de lui. Bien plus tard, une fois passé le bourg et les attroupements, on fit halte dans une maladrerie, et, comme s'il revenait d'ailleurs, détournant les yeux de ses visions célestes, il demanda si Borgo était encore loin. Son âme, inébranlablement ancrée dans les splendeurs du ciel, n'avait pu se rendre compte du défilé mouvant des lieux, des temps et des personnes, ce qui lui arrivait assez souvent, d'après les témoignages nombreux de ses compagnons qui en furent témoins.

Une fois seul et apaisé, l'homme de Dieu faisait retentir les bois de ses gémissements, arrosait la terre de ses larmes, se frappait la poitrine et, comme s'il se sentait caché bien à l'abri dans sa chambre la plus secrète du Palais, il se mettait à parler à son Seigneur, répondant au Juge, suppliant le Père, s'entretenant avec l'Ami. C'est là que des frères qui l'épiaient filialement le surprirent parfois implorant avec des cris passionnés la clémence divine pour les pécheurs et gémissant à haute voix sur la Passion du Seigneur comme si elle s'était déroulée sous ses yeux. C'est là qu'une nuit on l'aperçut en prière, les bras en croix, soulevé de terre et environné d'une nuée lumineuse, clarté rayonnant de son corps et témoignant enfin – des indices certains le prouvent – que lui furent dévoilés certains secrets et mystères de la divine sagesse ; mais il ne les divulguait pas à moins d'y être poussé par son amour du Christ ou par le bien qu'ils pouvaient faire à autrui. Il disait à ce propos : « On perd quelquefois pour un médiocre avantage un trésor inestimable, et c'est notre faute si Celui qui nous l'avait donné ne se montre plus aussi généreux » – Au sortir de ces oraisons privées qui faisaient de lui un tout autre homme, il mettait tous ses soins à se comporter comme les autres, de peur que la louange des hommes ne ravît à son âme les faveurs de l'Epoux. Quand il priait en compagnie des frères, il évitait de cracher bruyamment, de gémir, de soupirer tout fort, de se livrer à toutes sortes de manifestations extérieures, soit parce qu'il préférait passer inaperçu, soit parce que tout entier recueilli il était tout entier transporté en Dieu. Il disait souvent à ses intimes : « Quand un serviteur de Dieu, au cours de sa prière, est visité par Dieu, il doit dire : Cette consolation, Seigneur, tu l'as envoyée du ciel à un pécheur et un indigne ; je t'en confie la charge car j'ai l'impression d'avoir dérobé ton trésor. Et, sa prière finie, il doit se conduire en petit pauvre et en pécheur, comme s'il n'avait reçu aucune grâce nouvelle. »

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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