Facebook PixelLA CHATTE, ESPIONNE, FEMME DE MAUVAISE VIE ET CONDAMNÉE À MORT - Hozana

LA CHATTE, ESPIONNE, FEMME DE MAUVAISE VIE ET CONDAMNÉE À MORT

LA CHATTE, ESPIONNE, FEMME DE MAUVAISE VIE ET CONDAMNÉE À MORT

Mathilde Carré, dite Lily Carré, Victoire (pour les Anglais), La Chatte (die Katze pour les Allemands), Micheline, etc., athée et presque fière de l'être, va être tour à tour prof, infirmière, femme de mœurs légères, espionne. Puis elle va trahir son pays, trahir les ennemis de son pays, et ensuite subir arrestation et tribunaux. Elle est alors considérée comme responsable de très nombreuses arrestations au sein de la Résistance française. C'est en prison que Dieu l'attend. Après vingt-deux ans de fidélité à Dieu, elle publie un livre, Ma conversion, dans lequel elle livre son cheminement vers Dieu. 


1. QUI ÉTAIT MATHILDE CARRÉ "LA CHATTE" ?

Née au Creusot en 1908, Mathilde Bélard, veuve Carré, est élevée dans l'absence quasi-totale de religion. 

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Mathilde Carré enfant au Creusot


Elle épouse un professeur de l'enseignement secondaire avec lequel elle se rend à Oran, en Algérie, où il est muté. 

Son mari partant rejoindre son régiment en 1939, elle a une liaison avec un lieutenant qui a des contacts avec le service de contre-espionnage d'Alger. Comme elle estime avoir des dispositions pour travailler dans les services secrets, elle contacte le 2e Bureau d'Alger, où le colonel l'invite… à devenir infirmière. Après une formation en France, elle est affectée par la Croix Rouge sur la ligne Maginot, puis à Metz et Beauvais, où elle se trouve lors de l'offensive allemande. Avec la débâcle, elle se retrouve à Toulouse où elle rencontre un bel officier polonais qui collabore avec les services de renseignement anglais. Devenu son amant, il l'envoie à Vichy, auprès d'officiers du Deuxième Bureau, et où elle fréquente les bars et les hôtels de luxe. Elle sera surnommée "La Chatte" par les Allemands. Les amants se retrouvent à Paris et collaborent au fameux réseau Interallié, le plus important au début de l'occupation. Microfilms, émetteur radio, etc. Mais un agent commet une imprudence et les Allemands remontent jusqu'à la source. Lors de son interrogatoire, Mathilde craque et accepte de devenir un agent double pour le compte de l'espionnage allemand, l'Abwehr. Elle va dénoncer ses anciens camarades, participer à l'intoxication de l'Intelligence Service, faire croire qu'elle peut aider les agents alliés, mais on finit par se méfier d'elle. Devenue l'amante d'un d'entre eux, elle avoue sa trahison et accepte, une nouvelle fois, de retourner sa veste et de devenir un agent triple. Puis elle est arrêtée en Angleterre, sur demande du gouvernement français, et va y passer trois ans en prison. C'est à partir de là que nous allons entrer dans son livre Ma Conversion.

Envoyée en France en prison, à Rennes, elle est transférée à la Santé en 1945. L'instruction des faits qui lui sont reprochés dure jusqu'au 3 janvier 1949. Elle est accusée d'avoir fait arrêter, voire fusiller, entre 60 et 150 victimes (les experts ne sont pas tous d'accord). Condamnée à mort le 13 janvier 1949 pour intelligence avec l'ennemi, elle verra sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité en 1952, puis les travaux forcés seront circonscrits à 20 ans. Enfin, elle sera libérée le 7 septembre 1954.


Nul n'étant prophète en son pays, elle sera accusée, en 2012, par un journaliste du Journal de Saône-et-Loire, d'avoir menti dans le premier ouvrage autobiographique qu'elle a publié (J'ai été la Chatte, 1959, Editions Morgan, Paris) : « (…) dans ce début de sa fallacieuse autobiographie, la Creusotine de naissance réussit la prouesse de truffer son texte de mensonges. Tous ne sont pas détectables. »

https://www.lejsl.com/edition-du-creusot/2012/06/23/mathilde-carre-douze-coups-de-minuit-au-creusot

Dans un autre article, le journaliste poursuit : « Ladite dame a publié une œuvre autobiographique dans laquelle elle se dévoile autant qu'elle se voile. Et c'est assez amusant de traquer au fil des lignes mensonges et vérités, semi-vérités et demi-mensonges de la native du Creusot. »

https://www.lejsl.com/edition-du-creusot/2012/06/16/une-etrange-creusotine-meconnue-mathilde-carre

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Était-elle coupable, innocente? Un peu des deux sans doute, et il ne nous appartient pas d'en juger. En revanche, son cheminement vers Dieu, magnifique, est le centre d'intérêt de cette publication.


2. PASSAGES CHOISIS DU LIVRE Ma Conversion DE MATHILDE CARRÉ 


a. PRÉFACE du Père Roger Braun

"Le livre est le récit de son itinéraire spirituel, parti de l'incroyance, de la négation de Dieu, à la rencontre avec Dieu, à la foi, à la ferveur religieuse.

C'est le livre d'une foi profonde, survenue et acceptée par l'intérieur.

Cette conversion était préparée de loin, été à l'insu de l'intéressée. C'est un long cheminement dans le désert – et quel désert !–, désert de souffrances sans autre espérance que l'appel de "l'Inconnu".

On oublie trop que la foi est un don de Dieu."


b. EXTRAITS du livre

"Prisonnière politique depuis le 1er juillet 1942, en 1952, toujours en prison, quelle avait été ma vie jusqu'alors, au moment où tout allait changer ?"


"Dieu ? Personne n'en parlait. Il n'existait pas. Mes parents mariés civilement ne m'avaient pas fait baptiser."


"Courts entractes dans ma famille paternelle de l'Ariège : ambiance totalement différente car dans cette chaleur méridionale, le catholicisme était pratiqué."


Mariage en 1933, départ pour Oran.


"Les Confins Algéro-Marocains… C'est là -bas que j'ai pris vaguement conscience, que j'ai commencé à sentir qu'il existait autre chose."


Lors du retour d'une visite à des contrebandiers, alors que le vent de sable souffle de façon endiablée, elle se trouve seule et profite de la nature environnante.

"En un éclair j'ai réalisé que si la mort venait à cet instant même, ce serait merveilleux… poussière, poussière dans le vent. Je ne savais plus du tout ce qui se passait. Je n'étais rien, absolument rien sur cette terre, rien dans le temps, rien dans l'espace et ce vent pouvait me projeter, m'entraîner, m'emporter où bon lui semblerait. Cela était déjà délicieux, n'avait plus rien de terrestre. Mon "moi", tout ce que je savais, tout ce que j'avais connu, tout cela n'existait déjà plus.

C'est alors que, par une force invisible, j'ai été possédée comme aucun homme ne m'avait possédée, et ne me posséderait jamais, jusqu'aux limites de la plus complète jouissance.

Brusquement, le vent s'était calmé, et je rentrais paisible, de cette paix satisfaite éprouvée par une femme qui vient d'être aimée. J'avais au cœur une joie étrange. J'avais un corps heureux, détendu ; un esprit dépourvu de toute faute de conscience. Ma petite solitude secrète, bien à moi, me paraissait ne plus exister. Mais qui l'avait envahie ? Un être invisible ? Une force de la nature ?"


"Ce fut mon plus violent et mon plus beau souvenir d'amour, d'amour total que j'ai traîné toujours derrière moi avec une douce nostalgie. Je ne savais pas encore que les joies les plus profondes ne me viendraient jamais des hommes."


"Maurice [son mari] était catholique. Mais jusqu'à quel point était-il croyant ? Je me souviens (…) des tentatives qu'il entreprit afin que je lise l'Ancien et le Nouveau Testament (…)."

Mathilde Carré et son mari, Maurice Carré


"C'était bien la première fois de ma vie que j'avais honte"


Deux fois, elle fait appel à Dieu, "s'il existe". La première pour empêcher un couple âgé qu'elle considère très ennuyeux de venir "pourrir" la vie d'un ami. "Et bien mon Dieu, si vous existez… faites qu'ils n'arrivent jamais !", dit-elle. Deux jours plus tard, on apprend qu'un terrible accident ferroviaire a eu lieu, le couple en question figurant parmi les victimes, la dame, blessée, le monsieur, décédé. La seconde fois, en 1939, son mari et son frère rejoignent leurs régiments respectifs suite à la déclaration de guerre. Elle dit : "Mon Dieu, si vous existez et si l'un des deux doit être tué à  cette guère, je vous en prie gardez-moi mon frère, un mari se remplace, un frère… jamais." Son mari mourra au Monte Cassino en 1944.

Quelque temps après le départ de son mari, elle le trompe pendant "une nuit bleue, les étoiles plus grosses (…)  ce silence et son éternel mystère". "Subitement, je me suis sentie gênée car une petite voix, en moi, disait nettement : "C'est mal ce que je fais… J'ai honte…" Oui, j'avais honte. Et c'était ce mystère, cet infini qui me faisaient voir le mal que je commettais. (…) C'était bien la première fois de ma vie que j'avais honte de quelque chose, considérant le mal comme réellement mal. Il me semblait que la nuit du bled était remplie d'yeux qui me regardaient, on pas méchamment, mais si tristement que la honte devenait plus forte."


Puis c'est la guerre, elle devient infirmière, c'est l'exode, la création de l'Interallié, son fonctionnement de 40 à 41 puis l'arrestation, la chute. Elle se retrouve en prison en Angleterre.


"Si Dieu me suivait à la trace depuis ma naissance dans cet enfer de la pénitentiaire, il me guettait, prêt à me saisir quand l'heure serait venue. Mais j'étais bien loin de le savoir."


"C'est alors qu'entra dans ma vie, plus exactement pénétra au plus intime de moi-même, le visage flou, surtout la présence d'un inconnu. Il me fallait un secret. Il me fallait surtout un espoir. En sortant de prison – car je finirai bien par en sortir –, je trouverais l'homme parfait sous tous les rapports. (…) Un jour je le rencontrerais, je me trouverais face à face avec lui, il n'aurait qu'à me prendre par la main (…). Régulièrement, il revenait dans mes rêves et au matin, sa présence était si nette – sans visage précis – que pendant la journée je le sentais encore auprès de moi : l'inconnu rôdait autour de moi et j'échappais souvent au caquetage de Stella [une consœur prisonnière] pour prolonger cette intimité avec mon inconnu. Je l'emmenais partout ou bien me rejoignait-il ? (…) Il était présent. Il transformait ma vie minable."


"Stella m'entraîna à la messe. L'aumônier, Father Woodward, nous rendait visite dans le courant de la semaine. Il s'intéressa particulièrement à moi, par pitié. J'étais l'étrangère, l'incroyante (…). Il insista pour que j'assiste à la messe du dimanche et à celle du mercredi. Pourquoi pas ? C'était un dérivatif. (…) Je pensais qu'il perdait bien son temps."


Le fantôme de la dernière pendue


On l'envoie dans une aile de la prison où, selon ses compagnes de prison, rôdait le fantôme de la dernière pendue. Elle assiste à d'étranges phénomènes : "Un soir, cadenas et chaîne s'agitèrent avec fracas ; cela se reproduisit, je fus bien obligée de me rendre à l'évidence. (…) Alors que j'étais arrivée à mi-chemin [du couloir], une main se plaqua sur ma nuque pendant que l'autre main saisissait ma robe de chambre. Un cri. Un bond en avant et je me précipitais dans la pièce. Il fut un bon moment avant que je reprenne mes esprits, que la chaleur revienne dans mon corps glacé et que je retrouve les facultés de me mouvoir. J'avais bien rencontré un fantôme… Il m'avait saisie. (…) J'en parlais à Miss Watson qui reconnut bien l'existence de ces présences invisibles et elle m'apprit que la majorité des gardiennes refusaient, par peur de ces rencontres insolites, d'effectuer des rondes de nuit dans "l'extension". (…) Father Woodward était aussi au courant. Selon le Père abbé, "ces "êtres" vivaient encore parmi nous parce qu'ils étaient morts à une heure qui n'était pas celle de Dieu. Je compris alors la raison pour laquelle ma petite chatte Pitchounette [bien qu'elle soit en prison, on lui a donné une chatte], lorsque le soir je l'emmenais avec moi au premier étage ou aux bains et WC, s'arcboutait, la queue toute gonflée, et crachait dans le vide. (…) Je n'avais pas été la seule à percevoir cette apparition, sans que personne ne m'en ait jamais parlé, mais la gardienne l'avait parfaitement identifiée. Elle me raconta alors l'histoire de Lise de B." La gardienne l'avait trouvée gisant dans son sang, elle s'était tranché la gorge avec le couteau à pain, les Anglais, lors de l'Armistice de 1918, lui ayant annoncé, pour la faire parler, que son amant venait d'être pendu, ce qui était faux. "Ne craignez pas, elle ne vous veut que du bien", ajouta la gardienne.


Le 1er juin 1945, elle est transférée à Paris, interrogée puis envoyée à la prison de Fresnes. C'est sa 6e année de détention.


Une âme triste à en mourir


1947

"A quoi bon vivre ? J'en reviens toujours à cette mort douce. Et toujours aussi prise dans ce dualisme soif de vie et désir de mort sur un fond de solitude."

"Nouvelle période de vide absolu. Fièvre continuelle. Impression de solitude, solitude venant de l'extérieur (personne ne semble s'occuper de mes affaires). Par contre besoin de solitude dans cette prison où s'agite, plus que jamais, toute la gamme des vilenies, des débines, de la haine et de la jalousie. Cette prison se délecte dans tout ce qui est laid, ordurier et méchant.

La misère ne peut être supportée que par des âmes bien trempées.

Donc d'une part cette solitude extérieure qui épuise. D'autre part ce besoin de solitude ici et qui certainement repose sur de l'orgueil (…) Je suis si lasse, si triste."


1er janvier 1948

"J'ai décidé, ô sage résolution, de m'améliorer en beaucoup de points, être meilleure. Mais ne le suis-je pas plus que d'autres ?"


"Je suis bien en paix, toute seule. Et puis j'ai mon inconnu."


"Une Bible Quaker est tombée entre mes mains : elle s'ouvre à cette page : "Ai-je donc assez de force pour attendre ? Voué à une fin certaine, à quoi bon vivre encore ?""


"(…) pourquoi est-ce que je m'oblige, en prison, à entretenir mon moral, à soigner ma santé, à vivre une vie de volonté et de discipline, ici, où tout est laisser-aller, avilissement, routine ? C'est parce que cette mort ne sera pas celle d'une ratée, d'une déçue ou par impulsion. Cette mort sera le triomphe de mon orgueil, de ma volonté, de mon détachement total. Et je veux être en belle forme morale et physique pour cette mort qui sera l'abandon d'un monde abject, pour la recherche d'un autre. S'il n'y en a pas… eh bien il n'y aura plus rien."


1949

Son procès a lieu. Elle est condamnée à mort et placée en haute surveillance, les chaînes aux pieds, jour et nuit, pendant 4 mois.

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Mathilde Carré pendant son procès

"La nuit précédant mon jugement, j'ai vu une vipère s'enrouler autour de mon bras gauche, sans parvenir à me piquer, puis elle est tombée et alors j'ai vu une mer splendide, calme, dans laquelle glissait le plus glorieux des soleils couchants.

Le lendemain de ma condamnation à mort, j'ai demandé que l'on veuille bien m'apporter une Bible. Pourquoi une Bible ?"


"Je vois l'Abbé Popot et le Pasteur Kramer, chacun me prêchant la bonne parole pour son Église ou pour son Temple…" (…)

Parce qu'ils ne me voient jamais pleurnicher, angoissée, malheureuse, inquiète… ils voudraient pouvoir dire que c'est grâce à la religion. Ils n'arrivent qu'à un seul résultat, celui de renforcer ma force personnelle et mon sale petit orgueil. Jusqu'au bout, je pourrai leur prouver qu'une pure laïque athée se tient mieux que celles auxquelles ils ont inculqué tous leurs systèmes religieux."


Le 2 mai 1949, sa condamnation à mort est commuée en travaux forcés à perpétuité. Elle est envoyée à Rennes.


1951

"Il est curieux de remarquer ceci : lorsque j'attendais mon procès, puis la mort, cette dernière m'était indifférente, je dirais même qu'elle conservait une attirance. Et graciée ? J'ai aimé la vie !"

 

"Mais qui ai-je réellement aimé ? Ce soir je ne vois que mon compagnon de prison : mon Inconnu."


1952

"Je suis désespérément seule (…) La souffrance s'est émoussée et est entrée dans la routine. Je n'ai plus assez d'orgueil pour rouspéter. (…) Et mon potentiel aimant est sans amour. Or sans amour, rien ne se crée. Il n'y a plus de joie. Il n'y a plus de peines, il n'y a plus de pleures. Uniformité grise, plus grise et plus affreuse que les hauts murs du chemin de ronde."


Sa peine de travaux forcés à perpétuité est commuée en peine de 20 ans de travaux forcés.

 

Elle est transférée à Paris, à La Roquette, prison où les détenues sont gardées par des religieuses.


Nuit du jeudi au vendredi 26-27 mars 1953

"Rêve. J'étais en pleine mer, au milieu d'épaves de bâtiments de guerre. Je voulais aller sur la côte, au loin, car sur cette côte, je voyais une grande main qui se tendait, une main qui sortait de la brume, une main seule qui se tendait vers moi. Et, tout à coup, je marchais sur les eaux. Je calculais que cette eau si limpide avait une profondeur pouvant m'engloutir… et pourtant cette eau me portait si bien, en souplesse, j'avançais, j'étais prise par cette main qui m'attendait en arrivant à la côte. Réveil."


Semaine Sainte 1953, rencontre avec le Rédempteur


Mardi de la Semaine Sainte, 31 mars 1953

"Cet après-midi 15 heures, parloir avec Papa. Jamais nous n'abordons le sujet religion. (…) Mais aujourd'hui, Papa m'a raconté, comme un fait divers bien quelconque, tellement insignifiant qu'il l'avait oublié, que l'été dernier, ma mère était allée à Lisieux prier pour moi ! Et nous avons ri tous les deux ; est-ce que ma mère vieillirait, car d'après Papa elle a toujours été plus incroyante que lui. De toute façon, crânement, et absolument sincère, j'ai alors affirmé que je ne changerai jamais. Je ne connais pas Dieu ; il n'existe pas.

Après ce parloir, je suis allée au greffe (…) J'ai réintégré la solitude de la cellule. Un soir exactement semblable aux autres. Puis, subitement, un vide, un vide immense, un vertige… un mélange de chaleur et de lumière en moi, un état inexprimable car totalement inconnu.

Il me paraît alors que je me réveille, je reviens de si loin… et je dis à haute voix : "Mais j'abdique… Je crois en Dieu."

Une paix… Je me sens tout autre.

Cet état inexprimable, indescriptible, a duré environ une heure. Physiquement, j'étais bien assise à ma place habituelle sur mon tabouret, à côté de mon lit, devant la première fenêtre. Lorsque je suis revenue à moi, j'entendais sous mes fenêtres les détenues défiler pour aller au réfectoire (...)

Qui a fait cela ? Pourquoi ?"

 

["Ces lignes expriment l'inexprimable. Et comme témoignage de l'absolue gratuité et de la miséricorde infinie de l'Amour de Dieu pour les pécheurs, elles nous concernent tous", écrira dans l'épilogue du livre Ma Conversion, le père Henri Dominique Béchaux]


"Je suis allée à la messe régulièrement et j'ai récité ma prière chaque soir comme le Father Woodward me l'avait apprise : Pater et Ave Maria.

Condamnée à mort, lorsqu'aumôniers catholiques et protestants voulurent me baptiser, j'ai énergiquement refusé. Je ne voulais aucun marchandage avec Dieu en qui je ne croyais pas. (…) Je n'y avais plus pensé. Mais à qui m'adresser ici ?"


"Et que l'on ne vienne pas me dire un jour que quelqu'un m'a convertie ! Je n'ai jamais vu l'aumônier, ni la bonne Mère Supérieure, et j'ai dû réclamer la Sœur bibliothécaire."


À partir de là, via cette Sœur bibliothécaire, Lily Carré va dévorer un très grand nombre d'ouvrages religieux, que la Sœur lui apportera régulièrement.


"Je ne comprends pas la Messe. Je ne me sens pas du tout chez moi dans la chapelle. Je réalise que je suis le non baptisé. Et pourtant je ne veux pas me faire baptiser avant la libération. Élan… Désir. Je me sens toute gênée.


Veille de la Pentecôte 1953

"Pour la première fois j'aperçois M. l'Aumônier (…) il est furieux que personne ne lui ai signalé une isolée. Il me donne rendez-vous longuement pour mardi prochain.

Oh ! mon Dieu, comme Saint Paul, je peux m'écrier, oubliant tout le passé : je m'élance devant moi sur le chemin que vous me tracez. O mon Dieu, combien j'ai à vous remercier de m'avoir, tout au long de ma vie, par petits et grands miracles, toujours préservée et de m'avoir accordé votre infinie miséricorde, sachant si bien que chaque péché était le fruit de l'ignorance dans laquelle on m'avait soigneusement laissée en dehors de Vous. Mon Dieu, j'ai tant et tant à vous donner, maintenant que, Vous, Vous m'avez accordé votre grâce. Mais laissez-moi surtout votre Divin Fils que j'ai commencé à connaître avant Vous, lorsque, portant mes chaînes aux pieds, je lisais sa Passion sans trop comprendre :

Ma prévention ? Un petit peu du Mont des Oliviers.

Mon jugement ? Un peu de son prétoire.

Mes chaînes ? Un si petit peu de son Calvaire.

D'où tout mon amour, mes souffrances, mes sacrifices, tout ce que vous demanderez, mon Dieu. Que votre volonté soit faite, avec Jésus."


Le baptême, Marie-Magdeleine, la Sainte Vierge et le Sacré Cœur

 

Soir de Pentecôte 1953

"Je ne peux plus attendre mon baptême."

"Un prêtre m'a dit un jour :

  • Le 10 mai vous ne voulez pas votre baptême… et le soir de la Pentecôte, deux semaines à peine se sont écoulées, vous ne pouvez plus attendre ce baptême ?
  • Non, ce désir violent est intervenu au soir de la Pentecôte. Et vous, plus que quiconque, vous devez comprendre que ce n'est pas moi qui en ai décidé ainsi ; ce changement a été dû à une onction du Saint Esprit, me poussant."


4 juin 1953

"En m'endormant hier au soir, réalisant comme si je voyais : Jésus et son disciple préféré (…) Ce matin, je me suis éveillée en réalisant la Cène, en éprouvant le désir de communier."


"Je ne me comprends plus. Ce soir, j'ai envie de souffrir. J'ai envie d'aimer. Je pensais que je ne pourrais plus aimer que ce qui est beau…. Et je n'ai plus envie d'aimer que ceux qui sont abandonnés, malades, déshérités, ceux qui en somme ont le plus besoin d'amour."


Mathilde Carré est baptisée sous le prénom de Lily le 27 juin 1953 au soir, dans la chapelle de la communauté des religieuses. Sont présents des religieuses, un abbé et "Jésus, mon Inconnu", dit-elle. Elle communie pour la première fois le lendemain matin.


"Aujourd'hui, j'ai pleuré toute la journée, en me répétant : "Mon Dieu… mais je ne serai jamais parfaite !" "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.""


"Je demande à Sœur Jean Marie : "Pourquoi Marie-Magdeleine s'est-elle retirée vingt ans en solitude ?

  • Pour pleurer ses péchés.

Certainement pas ai-je pensé : Jésus les lui avait pardonnés. À mon avis, elle voulait être seule afin de poursuivre son intimité amoureuse avec son Dieu, sa reconnaissance infinie, sa contemplation. Pleurer ? C'est la négation du pardon et de l'amour."


"Ma prière à Dieu :

Mon Dieu, je vous aime d'un amour plein d'admiration. Vous êtes infiniment grand, infiniment puissant, infiniment parfait. Vous êtes l'unique source de toutes les miséricordes, de toutes les grâces et de tous les dons. Vous êtes la vérité et la vie, la joie et la paix, vous êtes l'Amour. Je ne vous comprendrai jamais, je ne peux même pas mesurer mon pauvre petit rien, mais je vous aime.

Mon Dieu, je vous aime d'un amour plein de reconnaissance et d'émotion. Vous m'avez tirée du néant, vous m'avez rachetée avec votre amour et votre sang, vous m'avez conservée en dépit de toute mon ignominie pécheresse, vous m'avez conduite dans la solitude, vous m'avez prise par la main et vous avez parlé à mon cœur.

Mon Dieu, je vous aime tout simplement."


"Le jour, je crois. La nuit, je vis ce que je crois le jour."


"Mon Dieu, pourquoi ai-je mérité que vous m'attiriez à Vous ? Il y a tant de créatures qui vous cherchent, qui crient vers vous, vous supplient et elles ont parfois tant de qualités et de vertus. Je vous ignorais, je ne vous cherchais pas. Je ne suis que péchés… Mais je crois avoir trouvé la réponse aujourd'hui : "J'ai compassion de qui je veux, j'ai pitié de qui bon me semble", disait Dieu à Moïse (Exode 33-19)".


"(…) Sainte Thérèse d'Avila était une maîtresse femme, adoratrice de Dieu, certes, mais tellement équilibrée et logique !"


Noël 1953

Consécration à la Sainte Vierge


Dimanche 21 mars 1954

"Ce matin, pendant la messe, une petite voix intérieure m'a dit : "Priez Saint Ignace… Faire les Exercices de Saint Ignace… Lire les Pères Jésuites…." "


27 juin 1954

Consécration au Sacré Cœur

"Lors de la Messe, ce matin, la petite voix intérieure m'a dit : "Petit et humble dans l'Incarnation, je me fais encore beaucoup plus petit pour venir en toi à la communion." "


Sa mise en liberté conditionnelle est refusée, mais elle est convaincue que la Sainte Vierge la sortira de prison avant la fin de l'année mariale, qui se termine le 8 décembre.


"(…), vers 19 h 30, ce 7 septembre 1954, après avoir écrit les dernières lignes de mon journal, la détenue-auxilliaire de Sœur Camille arriva dans ma cellule (…) brandissant le petit carton rose et très officiel sur lequel était inscrit ma libération immédiate, grâce totale." C'était la Vigile de la nativité de la Très Sainte Vierge.

 

Le Carmel


Lily Carré reste sur Paris et réside chez ses parents.

"Je me transforme de plus en plus et je remarque que les sourires de quelques-uns, au sujet de la valeur et de la profondeur de ma conversion, ces sourires ont cessé ; on commence à me regarder différemment."


"Dans le cadre tout à fait temporel, j'ai été libérée le 7 septembre 1954, mais c'est en arrivant ici [elle est dans le Sud-Ouest, au monastère de Prouilhes, près de Carcassonne] que je m'aperçois de ma totale libération. De jour et de nuit, je peux aller à l'église, à chaque moment, autant qu'il me plaît. Lorsque je dors, je sais que le Seigneur est encore sous le même toit que moi."


"L'été se passe. Le père Dom Clément Jacob décide que je dois aller au Carmel."


Elle entre au Carmel d'Avignon comme postulante : "Cette porte qui engloutit les femmes dans le mystère de Dieu, souvent pour toujours."


"Peu de candidates à la vie religieuse sont aussi peu dépaysées que le fus alors. Quelle différence entre une cellule de Carmélite et une cellule de prisonnière, sur le plan apparent, donc matériel ?"


"Je rends même grâce aux quelques imperfections qui restent accrochées à elles [à ses consœurs Carmélites], à cette personnalité qu'elles ont su garder dans leurs réactions, lors des récréations, et qui prouve que, dans un couvent bien mené, bien imprégné de la présence de Dieu seul, ne vivent pas que des automates, des êtres en série, passés au moule, et ne réagissant plus."


Se moulant du mieux possible aux règles du Carmel, elle n'y reste pas cependant, car elle ne s'y sent pas à sa place. 


Persona non grata


Elle retourne au monastère de Prouilhes, chez les dominicains. C'est un Père qui lui demandera d'écrire son témoignage par écrit. 


 

"Le Père Nyssen m'a demandé d'entrer dans l'Ordre Dominicain comme Tertiaire : cela se fera demain. Je suis très heureuse, mais jamais je n'aurais demandé une telle faveur, simplement parce que je suis un ex-condamnée à mort."


Elle se rend à la Sainte-Baume pour aider les Dominicains à la grotte de Marie-Madeleine. Elle effectue plusieurs pèlerinages à Lourdes. Quinze mois se sont écoulés lorsque le Père Nyssen lui écrit "Seriez-vous heureuse de faire profession dans le Tiers Ordre le jour de la Saint Dominique ?" Elle accepte et se dit totalement heureuse. Elle revoit Father Woodward, arrivé d'Angleterre, et passe quelques jours avec lui.

 

Suite à la parution de son livre J'ai été la chatte, qui dévoile en détail son passé d'espionne, de traître, de pécheresse, elle devient personna non grata à Prouilhes, de façon assez incompréhensible. Selon elle, les Dominicains, qui n'ignoraient pas son passé, aient dû ménager des susceptibilités locales en l'écartant définitivement du lieu où, pourtant, ils l'avaient accueillie. Elle retourne donc à Paris, près de ses parents. 

 

"J'ai harcelé Dieu"


1960

"Nous arrivons à ma plus grosse peine et à une nouvelle preuve miraculeuse de l'Amour de Dieu."

Elle apprend que son père n'a plus que quelques jours à vivre en raison d'un cancer du foie. Or ses parents ne s'étaient mariés que civilement. "J'allais perdre celui que j'aimais tant et il allait avoir l'enterrement d'un âne. Mais Dieu allait encore venir à mon secours."

Alors que l'état de son père se dégrade d'heure en heure, sa mère finit par réaliser la situation :

"Dimanche 3 avril (…) je n'ai pas pu suivre cette Messe ; en larmes, j'ai supplié, harcelé Dieu avec autant d'insistance que de confiance, d'amour, que d'espoir.

Vers 10 h, j'arrivais dans l'appartement de mes parents. Seule, ma mère était assise dans le bureau de Papa ; elle réfléchissait, me dit-elle car :

  • Si quelque chose survenait à Papa… mais alors ?... Il serait enterré civilement ?
  • Oui...

Le miracle s'accomplissait.

  • Pourrait-on nous marier assez vite ?"

Du côté de son père, c'est le même désir :

"Le dimanche soir après dîner, je suis revenue seule à la Pitié. Ma mère m'avait dit en dînant que Papa voulait son mariage religieux "de suite". Et lorsque j'arrivai à l'hôpital, Papa me reçut avec joie :

  • Lily ! Demain, demain tu entends ? Tu dois tout arranger pour que Maman et moi soyons mariés religieusement… demain…."

Demain. Et m'en allant, j'ai questionné l'interne de garde qui, froidement, comme tous ceux habitués à l'arrivée de la mort, me répondit :

  • Il tiendra certainement encore 24 à 36 heures.


Le 4 avril 1960, à 20 h, dans la chambre d'hôpital, est célébré le mariage de ses parents, par un prêtre dominicain.


"Qui a amené mes parents à ce mariage ? Des faibles, des mal intentionnés, des sectaires ont dit que c'était moi "qui avait fait le coup" ! Or il est de leur mariage religieux comme de ma conversion. Dieu seul agi. Alors à la Roquette, j'avais lu ce petit livre du cardinal de Bérulle, Élévation à Jésus Christ Notre Seigneur sur la conduite de son esprit et de sa grâce vers Sainte Marie Magdeleine.

Une chose m'avait frappée. Jésus allait manger avec les pharisiens, les femmes "légères" et les pécheurs. Il les écoutait, il leur parlait mais "il était toujours opérant" dans son intime, afin que la grâce descende sur ceux qui l'entouraient. Pas de discours, il opérait en douceur. J'avais pensé que j'en ferais autant. Jamais aucun des slogans habituels pour convertir. Ecouter un être, le mettre en confiance, l'aimer et en moi-même "opérer", c'est-à-dire supplier Dieu afin que sa Miséricorde intervienne. Je n'ai jamais essayé de convertir mes parents ; je ne leur parlais pas de Dieu. Ils ont vu ce que j'étais devenue et ils ont pu constater que Dieu seul est capable de renouveler un être et j'ai prié intensément en silence."

Le lendemain, son père est rappelé à Dieu.


1963

Sa mère ayant vendu la maison de famille du Haut-Jura, elle ressent le besoin de se rendre en Terre Sainte, besoin "de plus en plus pressant"


1964

"Israël… Terre promise et sainte, pendant quatre semaines je l'ai parcourue seule (…). Pour moi ? Le plus beau pays, car le plus riche, au sens spirituel."


1965

Rome


Souffrance & rédemption

Puis les années défilent, elle reste avec sa mère, qui décède le lundi de Pâques 1973.

"Et peut-être est-ce seulement maintenant que je trouve la réponse à la question que je me suis si souvent posée : "Mais pourquoi ai-je quitté le Carmel ?" J'avais à m'occuper de mes parents. Que je suis donc infiniment loin de ce que quelques-uns appelaient une "conversion de désespérée". Pour une incroyante, très malheureuse, la souffrance physique est nécessaire pour s'oublier. Je l'ai expérimenté. Lorsque je portais les chaînes aux pieds pendant mes quatre mois de condamnation à mort, je ne me suis jamais plainte de l'état de mes chevilles, c'était ma douleur distrayante, une souffrance physique faisant oublier l'autre. À la Centrale de Rennes, coupant un grain de beauté, j'ai eu bien mal ; encore une douleur distrayante nécessaire pour oublier que je doutais. N'avais-je plus d'âme ?

Mais en général, le problème de la souffrance reste un mystère pour beaucoup de gens, même pour des chrétiens.
Chez les Juifs, la plus parfaite collaboration entre Dieu et l'homme réside dans la souffrance.

Chez certains chrétiens, parce que Jésus a donné sa vie pour nous, qu'il a atteint le maximum de l'abjection dans sa souffrance, beaucoup sont persuadés qu'il a assumé toutes nos souffrances humaines. Jésus n'a-t-il pas dit : "Qui ne prend pas sa croix et ne vient pas à ma suite n'est pas digne de moi." Mt 10, 38 et 16, 24 ; Mc 8, 34 ; Luc 9, 23

Suivre Jésus, qui n'a même pas "où reposer sa tête" (Luc 9, 59) et le suivre jusqu'à la croix ? Quelle suite…

Enfin, sur le chemin du Golgotha, Simon de Cyrène n'est-il pas requis pour porter un moment la croix de Jésus ? ( Mt 27, 32 ; Mc 15, 21 ; Luc 23, 26)

Or, rien dans les Évangiles n'est sans signification. C'est donc là l'illustration parfaite de prendre nous aussi la croix et de Le suivre :

"Tout quitter pour avoir en partage la vie éternelle" (Mt 19, 29 ; Mc 10,28 ; Luc 18, 30)

Tout quitter… mais quelle souffrance, impossible, pour tant d'individus. Combien de vrais croyants veulent souffrir dans leur chair afin de dominer leurs malins instincts, de se purifier, de collaborer avec Jésus en croix ?

Le mystère demeure parce que les êtres ne veulent pas comprendre – et encore moins admettre – la souffrance ; notre souffrance est nécessaire pour la rédemption."

Enfin, un jour, un prêtre ayant été arrêté quelques mois, me dit :

  • Je ne pouvais pas supporter la prison ! Comment avez-vous pu tenir plus de douze ans ? Je n'aurais jamais pu…
  • Mais que faites-vous de la Grâce ? Et ne nous est-il pas dit que Dieu ne nous donnera jamais plus que nous ne pourrions supporter ?"


c. Épilogue du livre par le Père Henri Dominique Béchaux

(…)

"Et maintenant nous sommes presque à la fin du XXe siècle, à Paris, où Jésus cherche une âme qu'il veut sauver. Lily est son nom. Ce n'est plus une toute jeune femme. On a raconté d'elle des choses plus ou moins exactes, les unes belles et même très belles ; d'autres laides et même très laide. Ell est en prison depuis plus de 10 ans. Elle est païenne, puisqu'elle n'a pas été baptisée. Enfant et jeune fille, lycéenne ou étudiante, elle a grandi dans la plus complète ignorance religieuse. Elle appartient à cette humanité sans Dieu, sans le Christ, sans foi, ne relevant que de soi, qui croit pouvoir décider de ce qui est vrai ou de ce qui est faux, de ce qui est bien et de ce qui est mal, ainsi que le crurent nos premiers parents à l'instigation du premier ange rebelle. Orgueil est le nom propre de Satan, orgueil de non-amour (…).

Le jour où Lily, païenne et pécheresse, dira : "J'abdique, je crois en Dieu", elle sera sauvée.
Et elle l'a dit.

Quels furent les cheminements souterrains de la grâce qui aboutirent à cette conversion ? Ils peuvent être partiellement découverts par les psychologues de nos profondeurs religieuses. Mais le jaillissement de la source d'eau vive en la cellule 23 de la prison de la Roquette, le Mardi Saint 31 mars 1953 à 17 heures, c'est là précisément qu'est le miracle.

Intervention soudaine, imprévisible, irruption de Dieu "qui nous a élus en Lui dès la création du monde, pour être saints ou immaculés, en sa présence, dans l'Amour…", qui en cet instant nous révèle cet amour et nous l'offre, et nous donne d'accueillir librement son offre ; car il faut que notre moi veuille recevoir pour pouvoir aimer l'amour même de Dieu.

(…)

"Si tu savais le don de Dieu…", avait dit Jésus à la Samaritaine (Jean 4, 10).

Cet épilogue est dédié aux âmes païennes et pécheresses en quête de la Lumière et de la Miséricorde. " Henri Dominique Béchaux, o.p. 1959"


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Mathilde Carré s'éteindra le 30 mai 2007 à Paris.


Lily Carré

Ma conversion

La conversion de "La Chatte"

Préface du Père R. Braun

Éditions Beauchêne, 1975

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L'histoire de Mathilde Carré a inspiré le cinéaste Henri Decoin qui a réalisé le film La Chatte

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chatte_(film,_1958)

Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=XY-6UWLYsAc


qui sera suivi de La Chatte sort ses griffes : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chatte_sort_ses_griffes

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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