ch 23 De l'exclusion pour fautes - Hozana

ch 23 De l'exclusion pour fautes

Dans ce chapitre 23 st Benoît passe en revue les sanctions susceptibles d'être subies par un moine : réprimandes, blâme, exclusion et terminant par le châtiment corporel. L'obéissance demandée ici se comprend par rapport à l'amour de Dieu et de ses frères , sous l'autorité d'un abbé, et avec l'application de la Règle. 

   On parle "d'exclusion pour fautes" : cela suppose franchissement d'une limite par manquement grave ou par rupture d'une forme de contrat . La faute entraîne souvent une rupture relationnelle, une mise à l'écart  soit par le comportement, soit en parole : la faute peut prendre la forme d'un égarement, d'un passage à l'acte répréhensible par la Règle. 

  Le degré de l'exclusion dont parle ce chapitre doit vraisemblablement résulter d'un refus, d'une opposition à suivre un ordre ou de se plier à une décision. Pour aboutir à l'exclusion on imagine qu'il y a eu rupture volontaire dans le dialogue et que la médiation n'a pas réussi. L'exclusion devient alors une mesure de mise à l'écart, physique et relationnelle, privant le coupable de l'affection et de la relation de ses frères qui aurait suivi un autre chemin et à qui on proposera son retour après une mise à l'épreuve.

   On peut penser que l'esprit de st Benoît dans ce chapitre sur l"exclusion pour fautes" ne peut s'entendre que dans le souci de ne laisser aucun de ses frères sur le bord du chemin et il demande à l'abbé de tout entreprendre pour que chaque moine aille bien. La notion de sanction doit s'entendre dans les deux sens : une sanction peut être positive lorsqu'elle encourage et négative lorsqu'elle punit. Pour conduire au bonheur, voulu dans la Règle il ne s'agit pas de se laisser dériver dans le malheur mais de valoriser les capacités de chacun, sans inspirer la peur ou la crainte. Si la vie monastique est décrite comme un combat, elle n'exclue pas les risques de dérives et la recherche d'améliorations que l'abbé recherche.

     Comme pour chacun d'entre nous, la vie chrétienne et spirituelle ne se déroule pas dans le perfectionnisme mais dans un équilibre entre le bien et le refus de concession au mal.Nous pouvons nous rappeler le début du Prologue :

"..accepte les conseils d'un vrai père et suis-les effectivement"et "renonce à tes volontés propres"

    

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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