La grâce et la puissance du jour de Pentecôte

La grâce et la puissance du jour de Pentecôte

Le jour de Pentecôte a toujours lieu un dimanche.  Il célèbre un jour mémorable, pour ce qui s'est passé ce jour-là. Non seulement ça, mais il célèbre la puissance de Dieu et son cadeau pour nous. Ce dimanche les chrétiens fêtent la Pentecôte. Ils célèbrent le don de l'Esprit saint reçu par les apôtres : recevoir l'Esprit saint, c'est recevoir le don de la foi.

 

Que s'est-il passé à la Pentecôte ?

Si vous avez entendu parler de la « Pentecôte », vous savez probablement que c'est le jour où l'Esprit Saint est venu habiter les disciples de Jésus.  C'est le jour où les “appelés” de Dieu et de l'Église sont nés.  Les événements sont documentés dans Actes chapitre 2 dans la Bible. Ce jour-là, l'Esprit de Dieu est descendu sur les 120 premiers disciples de Jésus et ils ont commencé à parler à haute voix dans les langues du monde entier.  Cela a créé une telle agitation que les milliers de personnes qui se trouvaient à Jérusalem à l'époque sont sorties pour voir ce qui se passait.  Devant la foule rassemblée, Pierre prononça le premier message de l'Évangile et « trois mille furent ajoutés à leur nombre ce jour-là » (Actes 2 :41). Depuis ce dimanche de Pentecôte, le nombre d'évangélistes n'a cessé de croître.

50 jours après Pâques

Le jour de Pentecôte était 50 jours après la résurrection de Jésus donc 50 jours après Pâques. 50 jours, c'est 7 fois 7 jours, "une semaine de 7 semaines", en quelque sorte : "il y a là un symbolisme très fort qu'il faut lier à la force et à la puissance du message de Pâques". D'ailleurs, étymologiquement, en grec, pentêkostê signifie "cinquante jours".

C'était pendant ces 50 jours que les disciples de Jésus ont été convaincus que le Christ était ressuscité des morts. Le dimanche de Pentecôte, ils ont parlé publiquement et l'histoire du monde a changée. Que vous croyiez ou non à la résurrection, votre vie a été affectée par les événements du dimanche de Pentecôte.

Le don de la foi

Au moment de Pâques, les apôtres ont été bouleversés par la mort et l'annonce de la Résurrection du Christ. Mais il est nécessaire de bien comprendre que la Résurrection, personne n'en a été témoin : ce que l'on nous a transmis, ce sont les récits des personnes qui témoignent avoir vu et rencontré le Christ ressuscité. "Personne ne peut dire qu'il a vu un corps s'élever, un corps se transformer, mais beaucoup disent : Christ est vivant, il est venu dans ma vie et il a changé le cours de ma vie."

L'expérience de l'apôtre Thomas 

"On voit souvent dans la figure de Thomas le grand incrédule." Or, Thomas est "le premier des grands croyants" et son expérience qui est très forte est liée à celle de la Pentecôte. Dans l'Évangile de Jean, en effet, on lit qu'il veut toucher les plaies du Christ pour croire qu'il est vraiment ressuscité : Comment et pourquoi il y a là une expérience de foi véritable ?

D'un côté, les disciples, qui disent : "Nous avons vu le Seigneur !" ; de l'autre Thomas qui dit : "Mon Seigneur et mon Dieu !". Pourquoi donc Thomas ne dit-il pas quelque chose comme "Je reconnais Jésus, l'homme de Nazareth que j'ai connu" ? Car il fait là "une déclaration de foi, il reçoit déjà une effusion de l'Esprit saint". Il tient un discours de foi que les autres n'avaient pas.

 

La Pentecôte : Une nouvelle union, un nouveau pouvoir

Luc nous indique plutôt une prophétie tirée du livre de l'Ancien Testament de Joël prédisant qu'un jour, l'Esprit de Dieu se répandra sur tous les peuples.  La Pentecôte décrite dans le chapitre 2 des Actes l'a accomplie.

L'une des raisons pour lesquelles l'Évangile est une « bonne nouvelle », c'est qu'il donne le pouvoir de vivre différemment ; il donne le pouvoir de vivre une vie meilleure. La vie est maintenant une union entre Dieu et son peuple. Et cette union a lieu par la venue de l'Esprit de Dieu en nous. Cette union a commencé le dimanche de la Pentecôte, retranscrit dans Actes chapitre 2.  La Bonne Nouvelle est que la vie peut maintenant être vécue d'une autre manière, dans une relation avec Dieu par son Esprit. La Bible l'exprime ainsi :

En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Evangile qui vous sauve, en lui vous avez cru et vous avez été marqués de l'empreinte du Saint-Esprit qui avait été promis. 14 Il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s'est acquis pour célébrer sa gloire. (Éphésiens 1 :13-14)

Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous, celui qui a ressuscité Christ rendra aussi la vie à votre corps mortel par son Esprit qui habite en vous.  (Romains 8 :11)

Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous, celui qui a ressuscité Christ rendra aussi la vie à votre corps mortel par son Esprit qui habite en vous.  (Romains 8 :23)

L'Esprit Saint de Dieu en nous est le premier fruit qui grandit en nous. L'Esprit est un avant-goût, une garantie, d'achever notre transformation entant qu'enfants de Dieu.

L'évangile offre une vie abondante, non pas par les possessions, le plaisir, le statut, la richesse et toutes les autres bagatelles de ce monde, que Salomon avait trouvé être une bulle vide de sens, mais grâce à l'Esprit de Dieu qui habite à l'intérieur de nous, Dieu offre de nous habiter et de nous doter de pouvoirs. Si tel est le cas, c'est une incroyable nouvelle.  L'Ancien Testament célèbre la Pentecôte avec la cérémonie du pain fin cuit au four avec de la levure.  La précision entre l'Ancienne et la Nouvelle Pentecôte est la preuve parfaite que c'est Dieu qui est l'intellect derrière ces événements et ce cadeau puissant d'une vie abondante.

 

Qu'est-ce que l'effusion de l'Esprit ?

L'effusion de l'Esprit Saint est une grâce que l'on demande humblement à Dieu pour que l'Esprit Saint, reçu dans le sacrement du baptême et de la confirmation porte ses fruits en nous.

On la reçoit dans une ouverture de cœur à l'Esprit Saint à qui on remet totalement sa vie pour qu'il la conduise. C'est avant tout une initiative de Dieu dans laquelle il se manifeste d'une manière spéciale comme une personne vivante et proche.

Il arrive parfois qu'une personne reçoive cette effusion de façon spontanée, par pure initiative de Dieu.

Les personnes renouvelées par cette expérience découvrent ou redécouvrent le sens de leur baptême et de leur confirmation. Elles y répondent par une conversion, un changement de vie qui leur permet, progressivement, de mettre Dieu au centre de leur vie.

 

Avez-vous reçu l'Esprit Saint ?

“Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !” (Luc 12, 49) Avons-nous pris le temps de répondre à ce désir de Jésus ?

Dans les actes de Apôtres, saint Paul demande aux Éphésiens : “Avez-vous reçu l'Esprit Saint ?” Ces derniers lui répondent qu'ils n'en connaissent pas l'existence. Et nous ? Si à chaque Credo nous disons “Je crois en l'Esprit Saint“, il nous est difficile de le connaître car il n'est pas incarné. Si Jésus nous a promis, dans la Bible, de nous envoyer l'Esprit Saint, il doit mériter notre attention. Pourquoi est-ce important de le recevoir si nous le connaissons si mal ?

 

Pourquoi recevoir l'Esprit Saint ?

Jésus nous le demande dans les Écritures : “Recevez l'Esprit Saint” (Jean 20, 22), et saint Paul nous le rappelle : « Marchez sous la conduite de l'Esprit Saint » (Ga 5, 16).

“Le vrai but de la vie chrétienne consiste en l'acquisition du Saint Esprit de Dieu” nous dit saint Séraphin de Sarov. Pour lui, toutes les autres actions du chrétien sont des moyens pour parvenir à ce but.

Naître dans l'Esprit est une étape indispensable pour être sauvé. “Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.” (Jean 3, 5)

“La vie dans l'Esprit Saint accomplit la vocation de l'homme. Elle est faite de charité divine et de solidarité humaine. Elle est gracieusement accordée comme un Salut” ajoute le Catéchisme de l'Église Catholique (n°1699). Elle est donc une voie de bonheur pour l'homme.

Que vous l'ayez reçu ou non, Dieu veut vous le donner !

Avez-vous déjà été à bout de forces ? Cela oblige à demander l'énergie d'un autre que soi-même pour se tirer d'affaire. Recevoir l'Esprit Saint c'est précisément cela : recevoir la vie et la force d'un autre au plus profond de son être. Alors, on se découvre une vitalité nouvelle, inépuisable, et l'on participe à la vie-même de Dieu. Et cela, Dieu veut le faire en nous pour renouveler toute notre vie, et nous aider à trouver le bonheur !

Alors, “puisque l'Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l'Esprit.” (Ga 5, 25)

 

Quelle attitude du cœur faut-il avoir pour demander la prière d'effusion de l'Esprit ?

– L'attitude du pauvre, de celui qui se fait mendiant. On ne peut pas suivre Jésus par ses propres forces, on ne peut pas se transformer soi-même sans l'action de l'Esprit Saint, ni aimer les autres et témoigner par ses propres forces. Le chrétien est un pauvre, un mendiant qui dit : « Viens, Esprit Saint ! Sans toi, je ne peux rien. Viens me transformer, viens me brûler de ton amour, viens me purifier de mes souillures. Viens, Esprit Saint, je t'attends ! »

– La foi et la confiance. Jésus a dit : « Tout ce que vous me demanderez en mon nom, je le ferai » (Jean 14, 14). Nous savons, nous croyons que le Père nous aime et veut nous donner son Esprit. Nous savons, nous croyons que Jésus nous aime et nous lui demandons avec confiance de nous transformer par son Esprit.

– L'offrande de soi, l'abandon à Dieu. En demandant une effusion de l'Esprit Saint, nous acceptons que celui-ci nous conduise là où nous ne savons pas (Lui sait). Nous acceptons aussi qu'il nous donne les charismes que lui veut, comme il le veut pour le service de l'Église et de l'évangélisation.

– L'amour. L'Esprit Saint est un Esprit d'amour et nous ne pouvons le recevoir que dans l'amour et par amour. Nous avons donc à nous convertir de tout ce qui en nous ou entre nous n'est pas l'amour : la jalousie, le désir de paraître, les divisions.

– Le désir de suivre Jésus comme des disciples, de mettre en pratique sa parole et de le suivre aussi sur le chemin du renoncement à nous-mêmes.

– L'humilité. Nous savons que de nous-mêmes nous n'avons pas toujours suivi Jésus. Nous voulons nous convertir, nous laisser transformer pour le suivre mieux et davantage. Il est aussi très souhaitable de nous être confessés avant de demander l'effusion de l'Esprit, comme nous l'avons dit plus haut. L'Esprit Saint fuit les cœurs tortueux, mais il aime l'humilité, le cœur pauvre et contrit qui demande humblement sa grâce.

– Le désir. Nous pouvons désirer et espérer grand. Non seulement Dieu peut vraiment transformer notre cœur, mais il veut le faire. Élargissons notre désir pour entrer dans le désir de son cœur, qui « peut réaliser infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir ». Ephésiens 3, 20.

– La disponibilité. Nous acceptons de recevoir les charismes pour construire le corps de l'Église et pour l'évangélisation. Nous ne choisissons pas quel(s) charisme(s), nous laissons l'Esprit Saint en décider, car il est libre de ses dons. Nous sommes prêts à soumettre les charismes que nous pensons avoir reçus au discernement des responsables.

 

Qu'est-ce que les Charismes ?

A la Pentecôte, les apôtres se mettent subitement à exercer les charismes : parler en toutes langues, enseigner, prophétiser… Un charisme, qu'est-ce au juste, et pourquoi Dieu les donne-t-il ?


Les charismes, donnés pour le bien de l'Église

L'action de l'Esprit Saint à la Pentecôte est particulièrement spectaculaire. Le bruit est tellement fort qu'une foule se rassemble. Les apôtres parlent et chaque auditeur les comprend dans sa propre langue. Il leur est donné de parler en d'autres langues, comme cela arrive dans la vie des saints, et aujourd'hui encore – même si c'est exceptionnel – dans l'expérience du Renouveau charismatique.

Quoi qu'il en soit, les apôtres parlent et tout le monde les comprend, signe que l'Église est appelée à parler toutes les langues de la terre pour pouvoir rejoindre chacun dans sa culture, par-delà toutes les barrières.

Pierre peut aussi interpréter l'Écriture en voyant l'événement de la Pentecôte. Il enseigne qu'il s'agit d'un accomplissement de la prophétie de Joël qui annonçait la venue du Saint Esprit sur toute chair (cf. Actes 2, 16). À son tour, il prophétise, c'est-à-dire qu'il parle au nom de Dieu en disant ce qui se passe.

Voilà des exemples – le parler en langue, la prédication, l'interprétation, la prophétie – de ce que saint Paul appelle les charismes et qu'il définit de la manière suivante : « À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun » (1 Corinthiens 12, 7). En d'autres termes, contrairement aux vertus théologales ou aux sept dons de l'Esprit (voir p. 208-210), les charismes ne sont pas d'abord donnés aux personnes pour leur sanctification personnelle ou leur bien spirituel, mais pour le bien commun, c'est-à-dire le bien de l'Église et de la mission. Comme le souligne le pape François, ils sont donnés à « l'Église qui évangélise » : « L'Esprit Saint enrichit toute l'Église qui évangélise […] par divers charismes. Ce sont des dons pour renouveler et édifier l'Église ». (Evangelii gaudium, n. 130. Cf. aussi Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Lumen gentium sur l'Église, n. 12.)

On l'a compris, les charismes sont donc donnés pour construire l'Église et pour évangéliser. Ceci implique une condition qui peut parfois passer inaperçue ou être oubliée : vouloir servir le bien de l'Église, c'est-à-dire avoir le souci des âmes, comme le faisait saint Dominique, par exemple. Si nous restons calfeutrés chez nous, si nous n'avons pas le désir d'évangéliser, l'Esprit Saint ne nous donnera pas ses charismes… car cela ne servirait à rien ! Les charismes ne s'exercent pas en chambre, en circuit fermé. Mais si nous sortons, si nous nous mettons à annoncer la Bonne Nouvelle, à en témoigner par nos actes et nos paroles, alors nous expérimenterons la présence de l'Esprit Saint et de ses dons nombreux et multiformes.

 

Les charismes dans la vie ordinaire

Celui qui désire se mettre au service du Seigneur a de nombreuses occasions d'exercer les charismes dans la vie de tous les jours. Certaines personnes, par exemple, ont un charisme d'accueil : quelles que soient les circonstances, elles savent trouver le mot et l'attitude justes pour accueillir les autres, en particulier ceux qui en ont besoin. D'autres ont un véritable charisme d'écoute et sont capables de donner le bon conseil au bon moment. On peut aller ainsi à l'infini !

L'Esprit Saint utilise les dons de chacun pour faire grandir son Église, parfois sans que la personne ne se rende compte qu'elle exerce un charisme. Ce n'est qu'après qu'elle peut éventuellement découvrir qu'il s'est passé quelque chose de spécial et que l'Esprit Saint est passé à travers elle dans l'exercice de son service. Tous les chrétiens, par la grâce de leur baptême, sont ou devraient être charismatiques, même sans en avoir conscience, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Saint Jean-Paul II a fait une liste – non exhaustive – de ces dons à travers lesquels l'Esprit Saint passe habituellement pour construire son Église :

« Dans toute communauté, il existe des dons extrêmement nombreux et divers […]. Il y a ceux qui sont capables de donner des idées et ceux qui sont capables de les approfondir par la réflexion solitaire et ensuite partagée. Il y a ceux qui sont des organisateurs nés et ceux qui sont de précieux et parfaits exécutants. Il y a ceux qui possèdent une expérience de vie chrétienne et une sagesse remarquable pour participer à la préparation des sacrements et ceux qui sont capables de contribuer à l'animation du culte liturgique. Il y a ceux qui font ou pourraient faire merveille au plan de l'éveil religieux des petits et ceux qui ont le don de rencontrer spirituellement et d'entraîner les adolescents. Il y a ceux qui ont la grâce de conduire des groupes de prière et ceux qui sauront mettre en route des loisirs d'inspiration chrétienne. Il y a ceux qui ont la capacité de penser et de faire avancer des problèmes de société et d'y déposer un levain évangélique et ceux qui sont des diffuseurs efficaces ou même des rédacteurs de presse chrétienne… L'apôtre Paul – avec l'ardeur et le génie apostolique qui étaient siens – aurait été heureux de vous stimuler à la redécouverte et à la mise en œuvre de tous les dons existants déjà ou seulement en puissance dans la vie de vos chrétiens… » (Jean-Paul II, Discours aux évêques de Belgique en visite ad limina, 18 septembre 1982 ; cité dans Je suis au milieu d'eux. L'exercice des charismes, coll. « Il est vivant ! », Paris, Éd. de l'Emmanuel, 1993, p.154-155).

Parfois, ces charismes s'appuient sur des dons naturels, mais ils ne s'y réduisent pas. Par exemple, le charisme d'accueil va souvent avec des qualités de bonhomie naturelle, mais il apporte la délicatesse et une véritable présence de Dieu ; le charisme d'écoute va avec une disponibilité de cœur, mais il inclut aussi souvent le juste conseil, simple et sobre, adapté à la situation, etc. Nous voyons donc que les charismes ne se réduisent pas aux dons naturels. Ainsi, l'animation du chant à la paroisse ou dans un groupe de prière peut s'appuyer parfois sur un certain talent pour la musique, mais pas seulement ; être musicien ne suffit pas. Avoir un charisme de chant, c'est, en animant les chants, permettre à tous de prier ou de louer, ce qui est différent d'une simple compétence technique. En réalité, dans les charismes, c'est l'Esprit Saint qui se sert de l'instrument que nous sommes pour jouer sa mélodie. Il y a même des personnes qui ont un charisme de chant et qui ne savent pas lire la musique ! Un autre signe montre qu'il s'agit vraiment de charismes : ils construisent l'unité.

D'autres charismes sont donnés spécialement quand on se réunit pour prier ou louer ensemble. Ou encore dans l'évangélisation directe. Pour y voir clair, nous allons énumérer certains de ces charismes et donner quelques conseils pour les exercer de manière ajustée.

 

Les charismes dans la prière

Ces charismes sont eux aussi très nombreux car l'Esprit Saint ne manque jamais d'imagination ! Saint Paul en cite quelques-uns dans la Première lettre aux Corinthiens (1 Co 12, 8). Voici la description de certains d'entre eux.

Le parler et le chant en langues. Saint Paul l'évoque : « Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes, mais à Dieu : il dit en esprit des choses mystérieuses […] Celui qui parle en langues s'édifie lui-même » (1 Co 14, 2-4). Le chant en langues est le seul charisme qui soit surtout au service de celui qui l'exerce. Il est extrêmement répandu. Il n'a jamais cessé d'exister dans l'Église, comme en témoignent certains textes de saint Augustin.

Quand notre cœur est en prière, quand nous louons, il arrive un moment où nos paroles sont comme impuissantes à dire ce que nous voulons dire à Dieu. L'Esprit nous fait alors balbutier des syllabes qui servent à exprimer la réalité de notre prière.

C'est l'Esprit qui donne de prier en langues (bien souvent après l'effusion de l'Esprit), mais c'est aussi nous qui prions ou qui chantons en langues. Si je n'ouvre pas la bouche, si je ne commence pas à parler ou à chanter, il ne se passera rien. L'Esprit Saint ne s'empare pas de nous par effraction : il se joint à notre esprit, il respecte notre nature et notre liberté.

Le fruit de cette prière en langues semble être une ouverture de notre cœur profond à Dieu, une écoute plus profonde de sa parole (souvent, dans une assemblée de prière, un chant en langues collectif est suivi par un profond silence).

Plus rarement, il arrive qu'une personne dise dans une langue qu'elle ignore une parole qui signifie vraiment quelque chose pour une autre au sein d'une assemblée de prière charismatique. C'est là ce qu'on appelle un charisme extraordinaire, car il dépasse manifestement les capacités humaines.

 

Les charismes de parole

Une personne peut se sentir poussée dans la prière à donner une parole venant de l'Esprit Saint.

On distingue couramment :

La prophétie : Il ne s'agit pas de prédire l'avenir.

Prophétiser : C'est parler au nom de Dieu, souvent de manière toute simple et toujours conforme à la Parole de Dieu donnée dans l'Écriture et la Tradition (sinon il s'agirait d'une fausse prophétie). On reconnaît ce charisme aux effets qu'il produit : les personnes qui entendent cette parole sont encouragées, consolées, vivifiées et ont davantage envie de se convertir et de suivre le Seigneur.

L'image : Il s'agit là d'une autre manière qu'a le Seigneur de parler. Les images sont souvent interprétées. Elles nécessitent d'être vérifiées avant d'être données, car elles surviennent souvent à la manière d'une distraction chez celui ou celle qui la reçoit et peuvent parfois n'être que des distractions !

Dans une louange communautaire ou une assemblée de prière charismatique, certaines personnes reçoivent parfois des textes de l'Écriture en ouvrant leur Bible « au hasard ». Lorsqu'une personne reçoit souvent de cette manière des paroles qui touchent et construisent l'assemblée, on parle d'un charisme de texte. Ce charisme peut être aussi utilisé – avec discernement – dans notre prière personnelle.

L'Écriture est toujours à révérer particulièrement. Si on lit à voix haute une parole de l'Écriture, il ne faut donc pas s'empresser de la commenter en disant : « Le Seigneur nous dit ceci ou cela… » En effet, ce genre de commentaire peut empêcher l'écoute de ce que cette parole nous dit vraiment. À l'inverse, il est évident qu'il faut montrer du discernement dans ce qu'on lit. Il faut aussi éviter d'accumuler trop de textes reçus dans la prière. Chaque texte doit être discerné et, s'il est lu, il faut se donner le temps de l'écouter en faisant suivre sa lecture d'un temps de silence. Tout n'est pas bon à lire dans n'importe quel contexte. Si vous tombez sur un texte de malédictions, ne vous empressez pas de le lire au pauvre frère pour lequel on est en train de prier parce qu'il est en grande difficulté !

L'exercice de ce charisme peut sembler un peu dérisoire aux esprits rationalistes. L'expérience montre cependant qu'il est tout à fait pertinent (lorsqu'il est vérifié) : bien souvent, les paroles reçues arrivent à point nommé et, de plus, sont cohérentes les unes avec les autres. Seule l'expérience peut montrer qu'il s'agit d'un réel charisme.

L'exhortation. Certaines personnes reçoivent un don spécial pour exhorter les autres : à telle attitude spirituelle, à une plus grande conversion, à la prière… On reconnaît ce charisme au fait que ceux qui l'entendent sont saisis du désir de répondre à cette exhortation pour avancer davantage vers le Seigneur.

 

Les charismes de guérison

Nous abordons ici un sujet plus délicat. Faisons une première constatation : quand Jésus envoie ses apôtres annoncer l'Évangile, il les envoie faire des guérisons. Dans les Actes des Apôtres, nous voyons Philippe opérer de nombreuses guérisons. On peut donner plusieurs sens à cette réalité. Par exemple, on peut y voir désignée la réalité des sacrements qui opèrent des guérisons en l'homme.

L'expérience prouve aussi que, quand on se rassemble pour dire au Seigneur : « Celui que tu aimes est malade, guéris-le dans ta bonté », le Seigneur opère des guérisons, physiques et (ou) intérieures. Mais il ne guérit pas toujours, et nous ne saurons qu'au ciel pourquoi il a guéri telle personne et pas telle autre.

Le charisme de guérison est le plus souvent un charisme communautaire, à de rares exceptions près. Heureusement, car il peut être lourd à porter pour ceux qui l'exercent !

Lors d'assemblées de prière pour les malades, l'Esprit Saint fait parfois connaître à telle ou telle personne la guérison qu'il est en train d'opérer. Cette personne est alors invitée à donner à l'assemblée une parole de connaissance, c'est-à-dire une parole qui fait connaître la guérison que le Seigneur est en train d'opérer. Il va sans dire que ces charismes sont à discerner. Le meilleur moyen, c'est de vérifier que ces paroles sont suivies d'effets, et que ces effets perdurent. Si tel n'est pas le cas, les personnes qui croyaient avoir ce charisme doivent cesser de donner ce genre de paroles.


Le charisme de discernement

Certaines personnes reçoivent apparemment peu de charismes, mais on s'aperçoit qu'elles ont en fait reçu un charisme de discernement. Ce charisme est souvent l'apanage des responsables (c'est normalement pour cela qu'ils ont été nommés responsables), mais pas seulement. Ce charisme doit être exercé avec charité, car il faut beaucoup de charité pour encourager ses frères, les confirmer, et parfois aussi les corriger. À ces responsables, l'apôtre dit : « N'éteignez pas l'Esprit, vérifiez tout, ce qui est bon, retenez-le ! » (cf. 1 Thessaloniciens 5, 19).

Rappelons que tous les charismes sont soumis au discernement de l'Église à travers ses pasteurs.

 

Les charismes dans la mission

Il faut mentionner aussi les charismes qui se déploient dans l'évangélisation directe. On peut recevoir le charisme d'interpeller (en douceur) les gens : poser juste la bonne question, savoir dire les mots qui touchent, donner une parole qui va parfois transformer la vie de quelqu'un. On reconnaît ce charisme aux fruits qu'il produit. Les personnes sont touchées lors de ces rencontres.

En situation d'évangélisation directe, certains vont sentir quel est le bon texte de l'Écriture à lire, ou bien vont recevoir un charisme d'exhortation.

Enfin, précisons que l'Église a élargi encore bien davantage sa vision des charismes. Par exemple, elle dit que la vie consacrée est un « charisme » dans la mesure où elle aide les baptisés à tendre vers le but qui est la vie éternelle. On parle aussi des communautés comme de « charismes » pour l'Église : par l'appel spécifique qu'elles ont reçu, elles contribuent à édifier toute l'Église et à servir sa mission.

 

Comment exercer les charismes ?

Comme nous l'avons vu, les charismes sont une manifestation de l'Esprit en vue du bien commun. Cette manifestation est gratuite : Dieu agit quand Il le veut, comme Il le veut, par l'intermédiaire de qui Il veut. Reste que nous pouvons nous disposer à exercer les charismes, nous rendre disponibles pour cela. C'est d'ailleurs une des dimensions de la demande de l'effusion de l'Esprit : nous nous offrons au Seigneur pour qu'Il agisse à travers nous comme Il le désire.

Il est aussi souhaitable de développer plusieurs attitudes intérieures :

  • Vouloir œuvrer en vue du bien commun de la communauté, de l'Église, le bien de ceux que nous rencontrons, puisque les charismes sont au service du bien commun. Cela suppose un esprit de communion, un engagement au service de l'unité et de l'amour, un renoncement à tout esprit de division qui serait volontaire.
  • Prendre l'habitude d'écouter Dieu dans la prière. L'Esprit Saint est discret : il se donne à entendre dans la brise légère. Comment pourrions-nous entrer dans une docilité habituelle à l'Esprit Saint si nous ne développons pas une réelle vie de prière ?
  • Croire que Dieu veut agir dans le concret de notre vie et de celle des autres. Cette attitude de foi est très importante.
  • En même temps, nous rappeler que Dieu passe par notre liberté. Dieu donne gratuitement les charismes, mais il n'agit pas sans nous. Si nous recevons une parole de la part du Seigneur et que nous ne la disons pas, il n'y aura aucun fruit.
  • Se rappeler que nul n'est propriétaire d'un charisme. Le Seigneur le donne quand il y en a besoin, selon les circonstances. Il peut aussi le reprendre si les besoins n'existent plus.

Plus concrètement, comment faire ?

  • Si dans notre cœur ou notre esprit, il nous semble recevoir une parole intérieure, une image persistante, un texte de l'Écriture, vérifions d'abord que ce n'est pas loufoque – on ne dit pas n'importe quoi –, puis demandons au Seigneur si nous devons le dire, si c'est pour le bien des autres.
  • S'il nous semble que oui, et si nous sommes avec d'autres – et non dans une rencontre seule à seul avec quelqu'un, dans un train par exemple – nous pouvons soumettre cette parole au discernement des personnes qui sont avec nous.
  • Si ces personnes nous confirment et nous encouragent à parler, lançons-nous ! De même, si nous sommes seuls et que nous sommes convaincus qu'un charisme nous est donné, n'ayons pas peur de parler. Cela nous demande de l'audace et de l'humilité, parce que nous nous exposons.
  • Après nous être lancés, remettons-nous humblement dans les mains du Seigneur. Rappelons-nous que nous ne sommes que des instruments à son service.
  • N'hésitons pas à demander aux responsables de nous confirmer (ou non) dans ce charisme, en nous souvenant que l'exercice des charismes est soumis au discernement. Comme nous l'avons vu, c'est aux fruits qu'on reconnaît la valeur et l'authenticité des charismes.
  • Pour les autres charismes, appuyons-nous aussi sur le discernement des autres pour nous lancer (par exemple pour donner un enseignement, pour animer les chants…). Et nous verrons les fruits pour les autres (et pour nous).

 

La voie d'excellence : la charité

Saint Paul aborde longuement la question des charismes dans le chapitre 12 de sa première lettre aux Corinthiens. Il explique ce qu'ils sont et en donne des exemples. Il consacre ensuite toute la fin du chapitre à parler de la communion qui vient de l'Esprit Saint et qui unifie le Corps tout entier. L'Esprit qui suscite la diversité des charismes est aussi celui qui rassemble dans la communion et l'harmonie : « L'Esprit Saint, apparemment, semble créer du désordre dans l'Église, parce qu'il apporte la diversité des charismes, des dons ; mais tout cela, au contraire, sous son action, est une grande richesse, parce que l'Esprit Saint est l'Esprit d'unité, qui ne signifie pas uniformité, mais ramène le tout à l'harmonie. Dans l'Église, c'est l'Esprit Saint qui la fait, l'harmonie. »

Cette communion et cette harmonie trouvent leur source dans l'Esprit parce qu'il est feu d'amour et de charité. C'est pourquoi, pour conclure son discours sur les charismes, saint Paul nous propose une voie royale qui surpasse toutes les autres :

Aspirez aux dons supérieurs. Et je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes.

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.

Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais. » (1 Co 12, 31-13, 8)

L'exercice des charismes s'enracine dans la charité et la miséricorde. C'est au moment où le Christ est ému de compassion par les foules qu'il les enseigne longuement et qu'il guérit les malades. Il en est de même pour nous, à notre petite mesure : si nous vivons la charité et la compassion vis-à-vis de nos frères en intercédant pour eux, le Seigneur nous donnera d'exercer les charismes. Aussi, si les charismes ne sont pas un signe de sainteté, les exercer peut nous introduire dans un vrai chemin de sainteté car cela nous conduit au don de nous-mêmes, à l'exercice de la foi, à l'audace apostolique, à la docilité aux motions de l'Esprit Saint, et, finalement et avant tout, à l'amour de nos frères.

En définitive, ce qui demeurera, ce qui fait la réalité ultime de toutes choses, c'est l'Amour, car Dieu est Amour. L'Esprit Saint, qui anime chacun des baptisés et qui est l'âme de l'Église tout entière, est un Esprit d'Amour qui communique l'Amour. C'est pourquoi l'Amour est le critère ultime de la vérité et de l'authenticité des charismes.

 

Prière : Invocation à l'Esprit Saint

Roi du Ciel, Consolateur,

Esprit de Vérité,

Tu es partout présent et tu remplis tout,

Trésor de Biens et donateur de Vie,

Viens et demeure en nous,

Purifie-nous de toute souillure, et sauve nos âmes,

Tu es bonté.

AMEN

Soyez bénis en ce jour de grâce.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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LES AMIS DU SAINT SACREMENT