Facebook PixelJour 1 - Pentecôte avec les Franciscains du Bronx - Hozana
Franciscains du Renouveau

Franciscains du Renouveau dans Pentecôte avec les Franciscains du Bronx

Publication #1Initialement publiée le 29 mai 2020

Jour 1 - Pentecôte avec les Franciscains du Bronx

Parole de Dieu 

« Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande, reçoit ; celui qui cherche, trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre.” (Luc 11:9-10)  

Fioretti tirés du livre “Des Fleurs en enfer” de Luc Adrian

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Comment Frère Harry témoigne de l'extraordinaire pouvoir de la messe et du pardon 

Frère Harry - un grand gars brun, portant lunettes - est célèbre dans la communauté pour avoir réussi trois choses impossibles : cuisiner un soufflé avec de la poudre d'oeufs, un soir de pénurie ; séparer deux femmes qui se battaient au couteau sur le trottoir ; se retrouver au milieu d'un groupe de dealers, en plein trafic de crack, sans se faire trouer la bure. 

Responsable du shelter (foyer d'accueil) Padre Pio durant un an, Harry a affronté deux coups durs : l'un de ses hôtes a poignardé sa femme ; un autre est devenu fou furieux lors d'une crise de démence. “ Tous mes cours de communication à l'université sur “comment négocier avec plus fort que soi, et patati et patata” ont volé en éclats ! J'ai dû appeler la police, ce qui ne nous était jamais arrivé.”

Harry rêvait d'être acteur. Après sa conversion, il comprit qu'il risquait de passer sa vie à se regarder le nombril et qu'il serait plus heureux à s'occuper des autres. Appelé par Dieu à tout donner, il chercha sans succès une communauté religieuse. Un jour, un ami capucin lui glissa un morceau de papier avec une adresse à New-York : “Ils sont complètement fous, ça te conviendra peut-être…” Après quelques heures passées chez les “fous” du Bronx, Harry avait conclu : “ Tiens, Dieu a créé une communauté spécialement pour moi !”


Le jeune homme était encore novice lorsqu'il reçut, un matin, l'appel téléphonique d'une femme, une certaine Mary B. Elle souhaitait retrouver son certificat de baptême afin de “mettre de l'ordre dans sa vie”, selon son expression. Au fil de la discussion, elle se confia : Mary avait voulu être religieuse, mais n'avait jamais pu prononcer des voeux définitifs. Cette impossibilité de s'engager est-elle liée au fait qu'elle avait été violée, étudiante, par son père ? Malgré ses efforts, elle ne pouvait oublier ce traumatisme. 

Mary avait rompu toute relation avec cet homme depuis des années. Infirmière, elle se consacrait aux personnes en fin de vie, accompagnant les mourants sur la rive du grand passage. Mais chaque mort la bouleversait plus que de raison. Elle sentait confusément que toute cette intense émotion provenait de sa propre blessure. 

Un prêtre lui assura qu'elle ne pouvait retrouver la paix intérieure qu'en pardonnant à son père. Elle se mit alors à désirer ce pardon de toutes ses forces. Le jour convenu, ce prêtre célèbra en sa présence une messe à l'intention de cet homme. Durant l'Offertoire, au moment où elle articulait les mots du difficile pardon, elle sentit une gangue se déchirer en elle. Une immense miséricorde pour son père l'envahit. 

“Voilà le pouvoir de la messe et la libération du pardon, exulte frère Harry. Si l'on fait un l'effort d'aller jusqu'à un certain point, Jésus fait le reste du chemin. C'est ce que Thérèse de l'Enfant-Jésus appelle “l'ascenseur” : il suffit de se placer dans les bras de Dieu et Il nous monte ver lui ! “


Chaque dimanche des Rameaux, les frères de Saint-Crispin organisent une grande procession des Palmes dans le quartier de Melrose. Celle-ci draine des fidèles fervents et des personnes moins pratiquantes. “Une année, je portais la croix en tête du cortège, raconte Harry. Nous venions de dépasser Courtland Avenue, une rue mal famée… Et j'aperçois soudain au coin trois dealers en train d'échanger de la “marchandise”. Je serre les dents. Devant moi, frère Rich distribuait des rameaux à tous ceux qu'il croisait. Il n'avait rien vu du manège. Il se précipite sur les dealers, leur fourre un rameau entre les mains et continue son chemin ! Les types rangent précipitamment leur came, se mettent à agiter leurs palmes comme des enfants de choeur et à suivre la procession. J'étais tellement soulagé que j'ai éclaté de rire, et je riais tellement que je n'arrivais plus à tenir ma croix ! “ 


Harry ne le cache pas: sa foi a été durement éprouvée dans le Bronx. “ On a parfois l'impression que le sort s'acharne sur certains. Ils luttent pour se relever après une épreuve, et voilà qu'une nouvelle tuile leur tombe sur la tête. Le destin semble les accabler. J'ai connu une femme de ménage qui travaillait dans une clinique. En cinq jours, sa mère est décédée, sa maison a brûlé, sa soeur est morte dans un accident de voiture. Et elle gardait confiance en Dieu…

Le film-catastrophe n'est pas fini : ils vivaient à huit dans un appartement minuscule quand le fils aîné de cette femme apprit que l'enfant qu'il attendait était trisomique. Elle lui ordonna de le garder, lui promettant de s'en occuper. Elle a tenu parole et éduque le petit. Cette femme et son amant, d'origine portoricaine, n'étaient pas mariés, mais ils ont accepté de vivre ce que leur conscience leur ordonnait. Après un magnifique cheminement, ils se sont épousés. C'est l'un des plus beaux mariages auquel j'ai assisté.

Le Bronx m'a enseigné cette leçon : “ plus on possède, moins on partage ; moins on possède, plus on partage ! “

 

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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