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Les jésuites

Les jésuites dans Exercices Spirituels pour une Semaine Sainte en confinement

Publication #6Initialement publiée le 10 avril 2020

Jour 6 - Vendredi Saint

Chaque jour, depuis l'entrée de Jésus dans sa Passion jusqu'à l'apparition du Ressuscité aux disciples Emmaüs, l'église Saint-Ignace vous propose de prendre un temps d'écoute, de prière et de silence avec l'évangile. Quelques jésuites ouvriront l'office en chantant une hymne liturgique, puis nous proclamerons l'évangile du jour. Nous proposons ensuite une courte homélie, et ensuite quelques « points de prière » à la manière des Exercices spirituels de Saint Ignace. Ces points guideront votre prière personnelle. Consacrez-y le temps qui conviendra, dix minutes, une demi-heure ; suffisamment pour que l'Esprit ait le temps de faire son travail dans vos cœurs.


Deux vidéos vous sont proposées en ce Vendredi de la Passion :

1) Pour méditer l'Évangile du jour, nous vous proposons de visionner la vidéo du père Guilhem Causse sj : 

Comme à l'habitude, vous pouvez retrouver ci-dessous les différents éléments de la vidéo du père Guilhem Causse sj, en format écrit et audio. 


2) Pour méditer la Passion, nous vous proposons également le commentaire vidéo du Portement de croix de Gand, de Jérôme Bosch (v. 1515) par le P. Miguel Roland-Gosselin sj :

La version écrite de la méditation du père Miguel Roland-Gosselin est téléchargeable ici en format PDF


Pour introduire à la prière


Hymne - Ô CROIX DRESSÉE SUR LE MONDE

Auteurs : Jean Servel, César Geoffray

Ô Croix dressée sur le monde
Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)
Fleuve dont l'eau féconde
Du cœur ouvert a jailli.
Par toi la vie surabonde,
Ô Croix de Jésus Christ !

Ô Croix sublime folie,
Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)
Dieu rend par toi la vie
Et nous rachète à grand prix :
L'amour de Dieu est folie,
Ô Croix de Jésus Christ !

Ô Croix sagesse suprême,
Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)
Le Fils de Dieu lui-même
Jusqu'à sa mort obéit ;
Ton dénuement est extrême,
Ô Croix de Jésus Christ !

Ô Croix victoire éclatante,
Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)
Tu jugeras le monde,
Au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante
Ô Croix de Jésus Christ !


Arcabas, "Outrage à Jésus Roi"

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Évangile du jour

LA PASSION

Jean 18, 23-37

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
ils prirent ses habits ;
ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
Ils prirent aussi la tunique ;
c'était une tunique sans couture,
tissée tout d'une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas,
désignons par le sort celui qui l'aura. »
Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ;
ils ont tiré au sort mon vêtement.

C'est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d'elle le disciple qu'il aimait,
dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout,
Jésus dit : « J'ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d'hysope,
et on l'approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. »
Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit.

Comme c'était le jour de la Préparation (c'est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l'autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu'il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu'il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s'accomplisse l'Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l'Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé.


Impropères


Paroles : J.-Ph. Revel - Musique : A. Gouzes o.p.

R/ Ô Dieu saint, Ô Dieu fort, Ô Dieu immortel,
Prends pitié de nous.

Moi, j'ai pour toi frappé l'Egypte, j'ai fait mourir ses premiers-nés :
Toi, tu m'as livré, flagellé !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi je t'ai fait sortir d'Egypte, j'ai englouti le Pharaon :
Toi, tu m'as livré aux grands prêtres !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, devant toi j'ouvris la mer :
Toi, tu m'as ouvert de ta lance !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, devant toi je m'avançai dans la colonne de nuée :
Toi tu m'as conduit à Pilate !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, j'ai veillé dans le désert et de la manne je t'ai nourri :
Toi, tu m'as frappé, flagellé !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, aux eaux vives du rocher, je t'ai fait boire le salut :
Toi tu mes fis boire le fiel, m'abreuvas de vinaigre !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, j'ai pour toi frappé les rois, les puissants rois de Canaan :
Toi tu m'as frappé d'un roseau !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, dans ta main j'ai mis un sceptre, je t'ai promu peuple royal :
Toi, tu as placé sur ma tête la couronne d'épines !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !

Moi, je t'ai par ma toute puissance exalté :
Toi, tu m'as pendu au gibet de la croix !
Ô mon peuple, que t'ai-je fait, réponds-moi !


Commentaire


Au soir de ce jour, souvenons-nous.

Devant le Christ en Croix, tenons-nous aux côtés de Marie et de Jean, et de celles et ceux qui ont suivi Jésus, pas après pas, jusqu'au bout.

Il a lutté contre le mal, jusqu'à la mort, et la mort sur la croix.

Le mal : la trahison de l'un des siens, le dévoiement du pouvoir par les grands prêtres et les pharisiens, la violence de Pierre et son reniement, un procès inique et une condamnation dictée par la peur et la volonté de sécurité plus que de justice.

Le mal, qui a fait son chemin dans les cœurs et les mains de ces hommes jusqu'à s'emparer de Jésus, jusqu'à le clouer sur une croix. Le mal qui s'est emparé de tant de cœurs et de tant de vies, jusqu'à recouvrir le monde de ses ténèbres.

Mais le mal ne s'est pas emparé du cœur de Jésus. Pas à pas, il brandit le glaive du pardon, pour traverser.

Lorsque Judas est arrivé, Jésus s'est avancé : alors Judas et sa troupe ont reculé et sont tombés à terre.

Jésus s'avance, non pas contraint mais libre.

Lorsque Pierre a frappé le serviteur du grand prêtre, Jésus l'a repris : le glaive de Jésus ne blesse ni ne tue, sinon le mal qui détruit l'humain en nous.

Et lorsque Pilate prétend juger Jésus, Jésus s'avance comme seul vrai juge. Devant le peuple, il se tient debout, couronné d'épines, les blessures de la flagellation cachée par le manteau pourpre. Le peuple ne comprend pas qu'il voit ce qu'il est, une humanité condamnée à mort travestie en roi.

Devant les hommes qui se croient rois et juges, le Christ les révèlent esclaves et en jugement. Et le glaive qu'il brandit pour les délivrer, c'est son corps même, sa vie qu'il interpose entre nous et l'abîme.

C'est alors que Jésus, comme hier devant ses disciples, dépose son vêtement de pourpre royale, se saisit du vêtement de service, la croix, sur laquelle il va être cloué à nos péchés.

C'est alors que de ses pieds, de ses mains, de son cœur, jaillissent le sang et l'eau, qui vont laver nos cœurs contaminés, les régénérer.

C'est alors que du haut de la croix, comme d'un trône, il préside à l'alliance ecclésiale, disant à Marie, sa mère : « Femme, voici ton fils », et au disciple : « voici ta mère ». Comme en écho à la voix qui avait retenti sur les eaux du baptême : « voici mon fils ».

C'est alors que Jésus dit « Tout est accompli ». Et inclinant la tête, il rendit l'esprit.

Un linge recueille son corps, l'unissant à nos corps mortels, d'une union que plus rien ne peut desceller. Depuis le fond des abîmes jaillissent l'eau et le sang, signe du mal englouti. Le pardon s'accomplit.

Ce n'est là encore qu'une lueur dans la nuit des larmes de Marie, de Jean et de celles et ceux qui sont là.

Cette nuit rejoint toutes nos nuits, elle les transforme en nuit de Dieu. La nuit où la pierre se referme sur le tombeau ou gît le corps de Jésus. La nuit où il est seul, mais où il n'a pas voulu nous laisser seul : car nous sommes avec sa mère et la sœur de sa mère Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine, avec Jean, Joseph d'Arimathie et Nicodème. Avec le Père, qui veille sur chacun de ses enfants, douloureusement.

Confions-nous et confions notre monde en souffrance à ses bras miséricordieux et supplions-le de donner force et courage à tous ceux qui manifestent aujourd'hui cette miséricorde, au premier rang desquels, les soignants. Amen.

 Père Guilhem Causse sj


Points pour la prière


Venons au lieu et à l'heure où Jésus nous conduit.
Le lieu, c'est le pied de la Croix.
L'heure, c'est celle de son agonie et de sa mort pour nos péchés.

Demandons cette grâce : « la douleur avec le Christ douloureux, l'accablement avec le Christ accablé, les larmes, la peine intérieure pour la peine si grande que le Christ a endurée pour moi » (Exercices spirituels, 203).

1. « Lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C'est là qu'ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avec rédigé un écriteau qu'il fait placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».
Je regarde Jésus, les deux autres condamnés, l'écriteau, ceux qui sont là autour. Et je laisse monter en moi la douleur avec le Christ.

2. « Jésus, voyant sa mère, et près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple : "Voici ta mère". Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »
J'écoute les paroles de Jésus, leur retentissement en Jésus, en Marie, en Jean, en moi. Et j'accueille la douleur partagée qui s'y dit.

3. « Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "Tout est accompli". Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. »
Regarder ce geste, et les gestes qui vont s'ensuivre, le coup de lance, l'enlèvement du corps, sa préparation, sa mise au tombeau jusqu'à la pierre roulée. Je m'attriste et je pleure, avec ceux qui sont là. Et je me joins, selon ce qui vient, à leurs gestes.

Je termine en parlant avec le Christ, qui est là avec moi, lui qui souffre tout cela pour mes péchés, qui me propose de prendre part à sa passion. Et à la fin, je prie un Notre Père.



 

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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6 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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