Facebook Pixel27/11 : 1er Dimanche de l'Avent : Revivre avec Marie le Mystère de l'Incarnation - Hozana
Carmes de Paris

Carmes de Paris dans pour l'Avent : Retraite avec le Bx P. Marie-Eugène

Publication #3Initialement publiée le 27 novembre 2016

27/11 : 1er Dimanche de l'Avent : Revivre avec Marie le Mystère de l'Incarnation

27/11 : 1er Dimanche de l'Avent : Revivre avec Marie le Mystère de l'Incarnation

I.Evangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 24,37-44

 

            En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

 

II. La méditation de la semaine : « Regardons l'Enfant Jésus »

 

            La spiritualité du temps de l'Avent nous fait revivre le Mystère de l'Incarnation, Mystère central de notre foi en Jésus-Christ, tel que nous l'exprimons chaque dimanche dans notre Credo : "Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du Ciel. Par l'Esprit-Saint il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme". C'est le même Esprit-Saint qui donne à toute l'Eglise de revivre avec Marie cette première venue du Fils de Dieu et d'en faire une profonde expérience dans la foi, l'espérance et la charité qui sont ses plus grands dons dans la grâce de notre baptême.

            Les lectures bibliques de ce premier Dimanche nous font d'abord entendre la voix du prophète Isaïe, qui sera continuellement présente en ce temps de l'Avent, car il est le grand prophète du Messie, de l'Emmanuel. Dans l'Evangile, Jésus nous appelle à veiller (Mt 24, 37-34) et saint Paul à nous réveiller: "C'est le moment, l'heure est venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est maintenant plus proche qu'à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons donc les activités des ténèbres et revêtons-nous pour le combat de la lumière" (Rm 13, 11-12). Nous invitant ensuite à nous libérer des  diverses formes du péché, il ajoute: "Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ" (v. 14).  Il nous appelle ainsi à raviver la grâce de notre baptême puisqu'il nous dit aussi: "Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ" (Ga 3, 27).  

            Jésus est la Lumière de Dieu, il est le Sauveur du monde, de notre monde obscurci par les ténèbres du péché. Le salut qu'il offre à tous les hommes est ce passage des ténèbres à la lumière. Telle est l'expérience que nous sommes appelés à vivre personnellement et avec toute l'Eglise en ce temps de l'Avent. Telle est la profonde spiritualité de l'Avent que le P. Marie-Eugène nous propose en orientant notre regard vers l'Enfant-Jésus et Marie sa Mère:

 

            "Nous disons : pourquoi suis-je au monde ? La grande cause, c’est que Dieu est amour, c’est que Dieu nous a aimés. Dieu vous a créés par amour, il vous a appelés par amour et cet amour est toujours vivant. Ce qu’il a aimé, il l’aime toujours, ce qu’il vous a donné, il vous le laissera toujours. Comme dit l’apôtre saint Paul qui a pénétré profondément cet être de Dieu, les dons de Dieu sont sans repentance, sans regret, et ce qu’il a commencé, Dieu le terminera ! (…) Le bon Dieu ne peut pas nous lâcher, il ne peut pas nous abandonner, parce qu’il nous aime.

            La grande espérance c’est Dieu, la grande espérance, c’est l’éternité ! (…) Lui, il voit les choses dans la vérité, dans la clarté, nous ne voyons que des apparences, il nous voit dans notre réalité éternelle. Il voudrait nous faire partager son regard, il voudrait nous faire découvrir cela, il voudrait aiguiser, éveiller notre espérance pour cette réalité éternelle. (…)

            Voilà ce que la sainte Église nous laisse entrevoir, ce qu’elle veut nous montrer en ce temps de l’Avent. Temps d’espérance de cette venue immédiate du Messie, de cette Incarnation que nous attendons et qui se renouvelle tous les ans. L’Église nous la fait fêter parce qu’il y a un renouvellement du mystère, il y a, pour ainsi dire, une incarnation nouvelle du Christ dans nos âmes.

            Vous voyez les vastes horizons qui s’ouvrent devant nous ! Le soleil levant s’annonce, ses premiers feux apparaissent à l’horizon derrière les montagnes, derrière les nuages, et il éclaire déjà ces nuages, ces tristesses de notre vie. Il annonce l’arrivée majestueuse du grand soleil, de la grande lumière qui nous éclairera personnellement et qui éclairera le monde. Voilà le temps de l’Avent ! Pendant ce mois – c’est la pensée de l’Église – regardons tout spécialement l’Enfant Jésus qui va venir.

            Demandons à la Sainte Vierge qu’elle nous donne sa vision du Verbe incarné. Elle est la grande contemplative, celle qui possédait Dieu, qui vivait avec Dieu, celle qui nous a donné le Verbe incarné, celle qui l’a touché, qui l’a pris dans ses bras, pour qui le Verbe incarné était véritablement une grande réalité, car le Verbe incarné était son fils. Que pendant ce temps de l’Avent, elle nous donne l’espérance qu’elle avait pendant ces semaines d’attente de la naissance de Jésus.

            C’est ainsi que ce temps de l’Avent sera vraiment pour nous un temps d’espérance et donc un temps de grâce."

(Extraits de l’homélie du 1 décembre 1963)

 

 

            Dans ce beau texte, le P. Marie-Eugène nous propose tout un cheminement spirituel pour le temps de l'Avent, comme renouvellement et actualisation du Mystère de l'Incarnation, en mettant particulièrement l'accent sur l'espérance, espérance du salut et de la sainteté.

            Il nous rappelle d'abord une grande vérité: Tous ces événements de la vie de Jésus qui nous sont révélés dans l'Evangile ne sont pas seulement des événements du passé, d'un passé toujours plus lointain dans le temps. Ils sont aussi des grandes réalités toujours présentes, vivantes et agissantes dans l'Eglise, spécialement quand ils sont célébrés au long de l'année liturgique. Par l'Eucharistie, par la foi, l'espérance et la charité, l'Esprit-Saint donne à l'Eglise d'être toujours immédiatement présente et comme contemporaine de tous ces grands événements du salut. A Noël, elle vit "l'aujourd'hui" de la Naissance de Jésus, tout comme à Pâques, elle vit "l'aujourd'hui" de sa Résurrection. L'Esprit-Saint unit toujours de la façon la plus intime Jésus et son Eglise comme l'Epoux et son Epouse. Il donne à l'Eglise d'entrer dans toute la profondeur du Mystère de Jésus vrai Dieu et vrai homme, éternellement dans le Sein du Père comme Fils unique de Dieu, présent dans le Sein virginal de Marie en ce temps de l'Incarnation.

 

« Jésus nous appelle à veiller »
(Mt 24, 37-34) 

 

            A la suite des saints Docteurs du Carmel, Docteurs de la Vie Intérieure, le P. Marie-Eugène nous invite donc à entrer dans la dimension la plus intérieure du Mystère de l'Incarnation qui est cette intimité inouïe entre l'Enfant Jésus et Marie sa Mère, lorsqu'elle le porte dans son sein. Nous sommes tous invités à partager sa foi, son espérance et sa charité, dans sa parfaite union avec Jésus. Tout le chemin de l'Avent que le P. Marie-Eugène nous propose sera vécu avec Marie et en Marie. Le temps de l'Avent est en effet le temps marial par excellence.

            Cette grande espérance du salut et de la sainteté a comme fondement l'Amour Infini de Dieu pour nous, cet Amour Miséricordieux qui nous est révélé et donné en Jésus. Le P. Marie-Eugène nous le rappelait: Dieu est amour, il nous aime et nous aimera toujours, et il nous appelle tous en ce temps de grâce à accueillir son Amour et à en faire l'expérience avec toute l'Eglise et de façon personnelle dans ce cœur à cœur de  l'oraison. Tel est le réveil spirituel auquel nous invite aujourd'hui saint Paul.

 

            La prière personnelle de l'oraison est l'unique porte d'entrée dans la vraie vie intérieure, dans ce Château intérieur de notre âme exploré par Thérèse d'Avila. C'est elle qui nous permet de franchir tous les seuils de ce long cheminement qui va des premières aux septièmes demeures, depuis le premier, celui du salut jusqu'au dernier, celui de la sainteté.

            Le seuil du salut, toujours fondamental, c'est le passage des ténèbres du péché à la lumière de la vie, à partir des premières demeures, avec le combat pour ne pas retomber dans ces ténèbres. Tous les hommes sont appelés à franchir ce seuil, car "Dieu veut que tous les hommes soient sauvés" (1 Tm 2, 4). Plus que jamais en ce temps de l'Avent, nous devons prier pour le salut de tous nos frères, avec cette même confiance en la Miséricorde Infinie qui animait Thérèse de Lisieux.

            Le dernier seuil, celui de la sainteté, concerne aussi tous les hommes, car tous sont également appelés à la sainteté, selon l'enseignement du Concile Vatican II (Lumen Gentium, ch. V).  Dans la grande perspective de Je veux voir Dieu, ce seuil de la sainteté est le passage des cinquièmes aux sixièmes demeures. C'est l'entrée dans la dernière grande étape du cheminement spirituel que le P. Marie-Eugène appelle précisément Sainteté pour l'Eglise.

            A toutes ces étapes et pour franchir tous ces seuils, Dieu nous offrira toujours son Amour et sa grâce, mais sans jamais forcer notre liberté. Il attendra toujours notre libre consentement, notre "oui" qui est celui de la foi, de l'espérance et de la charité. C'est ce que Marie nous enseignera pendant ce temps de l'Avent et tout au long de notre vie. Laissons-nous guider par elle, dans la confiance !

Fr. François-Marie Léthel, ocd (Rome)

 

III. 3 pistes de mise en pratique pour cette semaine :

 

  • Le mystère de l’Incarnation et nous : comment la vie de Jésus méditée dans les évangiles nourrit-elle concrètement ma propre vie, jusqu’à la changer ?
  • « Le bon Dieu ne peut pas nous lâcher» : est-ce que je fais vraiment mienne cette affirmation de foi ? Est-ce que je peux la vérifier en relisant des évènements passés ?
  • La prière personnelle pour entrer en relation avec le Christ et intercéder pour les autres : quand vais-je prendre le temps de prier pendant ce temps de l’Avent ?

 

 

Bonne semaine et à demain pour les méditationq quotidiennes du lundi au samedi !

 

Ecoutez le résumé audio de la semaine : cliquez ici

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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