Faites ceci en mémoire de moi

Faites ceci en mémoire de moi

L'ange du Portugal communie les enfants au Cabeço  lors de sa dernière apparition. 

 La grille entourant  les statues comporte de nombreux motifs Eucharistiques. 

.

           L'Eglise fête ce jour l'anniversaire de l'institution du Sacerdoce et de l'Eucharistie au cours du dernier repas que Jésus prit avec ses apôtres. La messe de ce jour dans la forme extraordinaire du rite romain s'intitule, ‘'messe du mémorial de la cène''. Au cours de cette messe, l'Eglise fait mémoire de cette institution dans l'épître de Paul aux corinthiens et le texte latin est en face du texte français. Le récit de l'institution est ainsi rédigé : ‘'Accipite, et manducate : hoc est corpus meum, qui pro vobis tradetur''. Prenez et mangez : Ceci est mon corps qui va être livré pour vous.  (C'est un récit, en effet le verbe , ‘'tradetur'' est au futur, car c'est le lendemain que par la mort sur la croix, l'âme du Christ sera séparée de son Corps, puis descendra ‘'aux enfers'' avant de rejoindre son Corps devenu glorieux en ressuscitant d'entre les morts)

            En simplifiant les choses, il semble qu'à Fatima, Dieu ait voulu nous rappeler des vérités éternelles confiées à son Eglise : Il a chargé l'ange de la partie relative à l'Eucharistie, et a demandé à Notre-Dame de nous rappeler celle relative à notre salut. Il demandera à Sa Mère de dévoiler le rôle qu'Il va donner à son Cœur Immaculé et, pour montrer  l'importance de ce message pour notre temps, Il mettra le message principal dans un secret en 3 parties. Pour renforcer l'importance de la mission de ses messagers (L'ange, puis Notre Dame), Dieu confiera à cette dernière la réalisation d'un miracle comme il n'y en avait jamais eu depuis le jour de la Rédemption.

            En ce jeudi saint, nous nous pencherons sur le message que Dieu a voulu nous donner sur l'Eucharistie, en envoyant pour la troisième fois l'ange du Portugal aux enfants de Fatima.

            C'est dans son second mémoire, rédigé entre le 7 et le 21 novembre 1937 que sœur Lucie parla, pour la première fois, des apparitions de l'Ange qui, à sa troisième apparition, les communia comme le rappelle les statues ci-dessus disposées au Cabeço non loin d'Aljustrel.

Voici le récit de cet événement raconté par sœur Lucie.

            « Après avoir pris notre repas, nous nous mîmes d'accord pour aller prier à la Grotte qui est située de l'autre côté de la colline. Nous fîmes pour cela un détour sur la pente de cette colline, et il nous fallut escalader quelques rochers qui se trouvent en haut de la "Prègueira"" Les brebis réussirent à passer avec une certaine difficulté.

            Dès que nous fûmes arrivés, nous mettant à genoux, le visage contre terre nous nous sommes mis à répéter la prière de l'Ange: "Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime, etc... Je ne sais combien de fois nous avions répété cette prière lorsque nous vîmes briller au-dessus de nous une lumière inconnue. Nous nous sommes relevés pour voir ce qui se passait, et nous avons revu l'Ange qui tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de sang dans le calice. L'Ange laissa suspendu en l'air le calice et s'agenouilla près de nous et nous fit répéter trois fois: "Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Et par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs". Ensuite, il se releva et prit dans ses mains le calice et l'Hostie. Il me donna la Sainte Hostie, et le sang du calice, il le partagea entre Jacinthe et François en disant: "Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu", et, se prosternant de nouveau à terre, il répéta avec nous encore trois fois la même prière: "Très Sainte Trinité, etc...", et disparut. Nous sommes restés dans la même attitude, répétant toujours les mêmes paroles. Et quand nous nous sommes relevés nous avons vu qu'il faisait nuit et que c'était l'heure de rentrer à la maison. »

            Les enfants n'ont pas oublié les apparitions de l'ange ; ils connaissent et récitent la prière enseignée lors de la première apparition ‘' Ses paroles se gravèrent de telle manière dans notre esprit que jamais nous ne les avons oubliées'' confie-t-elle en mettant par écrit la première apparition du printemps. Ils n'ont pas oublié non plus la recommandation de la seconde pendant l'été ‘'….. Priez, priez beaucoup…… Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices…..''. Après leur repas, ils vont prier comme ils en ont l'habitude, et ‘'ils se mettent d'accord'' sur le lieu de cette journée d'automne. Cette fois ci, ce n'est pas le chapelet rapidement dit à leur façon habituelle qui sera leur prière (C'est seulement après la première apparition de Notre Dame qu'ils réciteront correctement leur chapelet) ; c'est la prière de l'ange qu'ils utiliseront, et ils la diront sur le lieu de sa première apparition, en se mettant comme lui, à genoux, la face contre terre. Cette prière se termine par la demande de pardon pour les pécheurs. Les enfants n'ont qu'un peu oublié la seconde apparition de l'ange qui leur a demandé d'offrir à Dieu des sacrifices en acte de réparation des péchés qui l'offensent et de demande pour la conversion des pécheurs.

         C'est alors que l'ange les rejoint dans ce lieu privilégié, alors qu'ils sont déjà en prière un peu comme dans une chapelle qui va le devenir le temps de l'apparition. Les enfants se sont relevés, puis ont imité l'ange qui s'est mis à genoux à coté d'eux. Ce que les enfants voient de leurs yeux humains, c'est un disque blanc d'où s'écoule un liquide rouge dans une coupe, sœur Lucie l'exprime avec les mots de la foi, en précisant que c'est une Hostie, d'où s'écoule du sang qui tombe dans le calice tenu par l'ange.           L'effusion du sang, c'est bien l'image d'un sacrifice. Rien que cette scène suffirait à signifier le message qui va être délivré, et sœur Lucie le traduira en utilisant les mots appropriés. Elle nous dit que l'ange ‘'tenait un calice ‘'; Le terme est précis et nous rappelle effectivement la notion du sacrifice du Christ qui demande à son Père, dans son agonie : ‘' Père que ce calice s'éloigne de moi, mais pas ce que je veux, mais ce que vous voulez ''. Ce que veut Dieu, ce qui lui plait, ce qu'il a pour agréable, c'est le sacrifice de Son Fils, qui, l'Eglise nous le rappelle en ce Jeudi Saint, va s'offrir lui-même à son Père dans quelques heures sur la croix. Sœur Lucie continue son récit : Au-dessus de ce calice, était ‘'suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de sang …..''. Dès son apparition, l'ange met les enfants en présence d'une scène qu'ils connaissent bien : Celle du prêtre qui, au moment de la communion, tourné vers les fidèles, tenant une hostie consacrée au-dessus du Ciboire, leur dit : ‘'Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi'' , c'est-à-dire ‘' Voici l'Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde''. Mais il ne les communie pas tout de suite. Les enfants se sont levés pour observer et l'ange les rejoint et ils se mettent à genoux et leur fait répéter 3 fois une prière liée directement à ce qu'ils voient et reconnaissent. C'est un acte d'offrande calqué sur celui que le prêtre dit juste avant le canon de la messe. ‘' Suscipe, sancta Trinitas, hanc oblationem ….'' (Recevez, Trinité sainte, cette offrande …..) ou L'Eglise fait ainsi le lien entre cette phase de la messe, l'offertoire, et la consécration qui va suivre. L'ange leur dit : ‘' Trinité sainte ……Je vous offre ……..''. L'ange insiste sur la destination et la nature de cette offrande. C'est une offrande très spéciale, plus importante encore que celle des sacrifices demandés aux enfants dont il a été question à la seconde apparition. Elle est destinée à Dieu, et l'ange souligne qui est ce Dieu : C'est le Dieu trinitaire de la Révélation, celui au nom duquel les apôtres devront baptiser toutes les nations ‘' Baptisez les au nom du Père, du Fils et du saint Esprit''. L'ange confirme en effet cette définition en rappelant la composition de cette ‘'Trinité sainte'' : Elle est ‘' Père, Fils et Saint-Esprit ‘'. Puis il précise alors la nature de cette offrande, ce sont  ‘' Les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ ''. C'est un cours de catéchisme qu'il leur fait. Il rappelle la doctrine catholique du sacrifice de la messe (Le sang qui coule);  de la présence réelle et permanente (tant que durent les apparences, ce qui se voit à l'œil nu, la petite particule d'hostie), et cette présence dans les hosties consacrées l'ange rappelle qu'elle se trouve ‘'dans tous les tabernacles du monde''. Ce sont des prêtres du monde entier qui ont consacré ces saintes espèces pour les placer dans les tabernacles, en agissant ‘'en la personne du Christ ‘' . Ils ont dit lentement inclinés, après un temps d'arrêt, sur un ton persuasif,  d'abord sur l'hostie, les paroles ‘'Hoc est enim Corpus meum'' et ont adoré le pain consacré avant de le présenter aux fidèles. Ensuite, dans la même attitude, ils ont prononcé  sur le calice,  les paroles  ‘' Hic est enim Calix Sanguinis mei, novi et aeterni testamenti : mystérium fidei : qui pro vobis et pro multis effundetur in remissionnem pecatorum. ‘' et ont adoré alors le vin consacré, avant de le montrer aux fidèles. C'est la consécration successive du pain PUIS  du vin qui marque leur séparation, donc signifie le MODE sacramental de la mort du Christ. Cette mort sacramentale et cette offrande du Christ immolé à son Père, par les mains du prêtre, se renouvellent à chaque messe.  Le Christ reste vivant comme le rappelle l'ange, avec les paroles d'offrande qu'il prononce. ‘'Je vous offre…..les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ''. Nous avons vu que lors de sa mort sur la croix, le Christ avait remis son Âme a son Père ; c'est le MODE physique de la mort du Christ. Il n'a eu lieu qu'une seule fois, au moment ou le Christ a décidé de mourir en poussant un grand cri, comme nous le verrons demain.

            Dans le ‘'rite ordinaire actuel'', l'Eglise dans la version latine de référence a conservé ces paroles des prêtres de l'époque des apparitions, en ajoutant, pour l'hostie : ‘'quod pro vobis tradetur ‘' (Qui sera livré pour vous) et en retranchant, pour le calice ‘' mystérium fidei'', (mystère de la foi, signifiant la transsubstantiation). Ces paroles qui ont été placées plus loin, au niveau des acclamations publiques (Il est grand le mystère de la foi)

            Poursuivons l'action de l'ange dans cette apparition : L'ange précise alors le but de cette offrande : Nous rendre Jésus-Christ favorable, en réparant les offenses envers Lui car cette offrande répare ‘' les outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé  ‘'. Cette offrande a donc un but bien particulier : Pour obtenir de Jésus qu'Il nous soit miséricordieux et convertisse les pécheurs, il faut d'abord réparer les offenses qui l'atteignent. L'ange confirme ainsi le caractère principal de la messe, que l'Eglise appel ‘'caractère propitiatoire ‘'. La messe a aussi d'autres buts que l'ange n'a pas rappelés, mais qui en découlent : (sacrifice de louange et d'action de grâce, etc .......)

            L'ange rappelle donc ce caractère propitiatoire de la messe avant de les communier et il termine par une prière de demande de conversion des pécheurs, qu'il adresse à Jésus Christ. L'ange renforce sa demande en utilisant la médiation des Cœurs de Jésus et de Marie qu'il unit dans ce caractère ‘'médiateur'', en soulignant leurs spécificités : Il précise que pour le Sacré-Cœur de Jésus, ce sont ses ‘'mérites infinis,'' et pour le Cœur de Marie, c'est son caractère ‘'Immaculé''. Notons que l'ange utilise pour la première fois le terme ‘'immaculé ‘'. Il ne l'a pas utilisé lors de ses deux premières apparitions, ne parlant que des ‘'saints Cœurs de Jésus et de Marie ‘'. Pour la première fois depuis le 25 mars 1858, ou Notre Dame s'était définie comme telle à Lourdes, un envoyé du Ciel reprend ce terme pour qualifier le Cœur de Marie: Et il l'emploie dans un but bien précis, pour caractériser les personnes qui vont offrir l'Hostie et le Calice à la Sainte Trinité. Quelle merveilleuse préparation aux apparitions de Notre-Dame qui annoncera aux enfants, l'année suivante, la volonté divine d'établir dans le monde ‘'La dévotion à son Cœur Immaculé'', et la récompense qu'Elle, Notre-Dame, donnera à ceux qui la pratiqueront : Le salut éternel.

            Au moment de les communier, l'ange fit une synthèse de la prière qu'il venait de leur apprendre, et ceci aussi par 3 fois en précisant de nouveau que le Corps et le Sang de Jésus-Christ ‘'étaient outragés par les hommes ingrats'' et qu'en les recevant, ils ‘'réparaient ‘' les crimes des hommes et ‘'consolaient'' Dieu.

            Remarquons que lors de la communion à l'hostie ou au calice, l'ange utilise la même prière, ‘' Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus Christ….. ‘' Que ce soit sous la forme du pain consacré ou du vin consacré, il y a toujours le Corps, le Sang, l'Âme et le Divinité de Jésus-Christ. Sœur Lucie nous dit que l'ange ne disparut pas aussitôt après la communion, mais resta avec eux en récitant de nouveau, à genoux , 3 fois, la prière d'offrande et de demande , montrant  la nécessité d'un moment d'action de grâce après la communion et, si nous le pouvons, à genoux.

          

.

            ‘'Si le sang des boucs et des taureaux, si la cendre de génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, sanctifient en procurant la pureté de corps, à combien plus forte raison le sang du Christ qui, par l'Esprit éternel, s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres de mort, pour nous permettre de servir le Dieu vivant.'' (Épître de Paul aux Hébreux)


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

13 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader