La consécration du Portugal du 13 mai 1931

La consécration du Portugal du 13 mai 1931

                Cette publication exceptionnelle fait suite à l'annonce ce jour du renouvellement, par l'Eglise du Portugal, de sa consécration au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars, à la fin du chapelet de 18 h 30 (19 h 30 heure de Paris). L'annonce de cette initiative a été suivie de la demande des évêques d'Espagne de pouvoir se joindre à cette démarche.


                Pour vous permettre de vous unir à cette demande, voici le texte de la première consécration du Portugal, le 13 mai 1931, consécration qui a été renouvelée le 13 mai 1938, ces deux consécrations ayant épargné au Portugal la présence de la seconde guerre mondiale sur son sol. 

                Le père Matéo, l'apôtre du Sacré-Cœur de Jésus, fut à l'origine de la consécration du Portugal au Sacré-Cœur le 28 novembre 1928, le jour de la fête du Christ Roi. Dans les derniers jours de Janvier 1931, le père Matéo prêcha une retraite à tous les évêques du Portugal, et sans doute suite à une demande de sœur Lucie (Nous ne le saurons vraiment que lorsque toute la documentation réunie par le père Alonso sera publiée) c'est à cette occasion que mûrit le projet de consacrer le Portugal au Cœur Immaculé de Marie, en complément de cette première consécration. Le jour choisi fut le 13 mai 1931. Ce jour-là, il y avait près de 300 000 fidèles accourus de tout le Portugal. Certains n'avaient pas craint de faire neuf jours de marche pour participer au pèlerinage ! En présence du nonce apostolique, de tous les évêques du pays ou de leurs représentants, le patriarche de Lisbonne, le cardinal Cerejeira, prononça en leur nom à tous, l'Acte de consécration.

                Début de citation du livre du frère Michel de la Sainte Trinité

                COMME UN ÉCHO DU GRAND SECRET... II nous faut citer ici l'essentiel de ce texte magnifique, si étonnamment proche des thèmes du Secret que pourtant le Cardinal ignorait. Après une chaleureuse action de grâces à Notre-Dame pour ses apparitions à Fatima et pour la pluie de grâces répandues depuis à la Cova da Iria, le Cardinal lut la formule de consécration, qui, très heureusement, insistait avec force sur le caractère hiérarchique, épiscopal, de l'Acte accompli:

                « Les Pasteurs choisis par votre Fils pour garder et paître en son nom les brebis qu'Il s'est acquises au prix de son sang, - dans cette "Terre de Sainte Marie" dont le nom ne peut se prononcer sans prononcer le vôtre -, viennent aujourd'hui, - comme représentants consacrés et officiels de leurs troupeaux et dans un acte de filial " hommage" de foi, d'amour et de confiance, - consacrer solennellement la Nation portugaise à votre Cœur Immaculé, Prenez-la de nos mains fragiles dans les vôtres, défendez-la et gardez-la comme votre bien propre; faites qu'en elle règne, vainque et gouverne Jésus, hors duquel il n'y a point de salut. »

                Quelle plénitude dans ces paroles ! Quelle grandeur, quelle émotion, mais aussi quelle clairvoyance surnaturelle sur les graves périls imminents ! Car le Cardinal poursuit, en faisant allusion aux récents événements d'Espagne: La chute de Primo de Rivera en janvier 1930, la fin de la monarchie et l'exil d'Alphonse XIII le 14 avril 1931, la proclamation de la République, les émeutes et les incendies d'églises et de couvents... Cette tempête qui venait soudain menacer toute la péninsule ibérique donnait une tonalité dramatique à la consécration de la petite patrie portugaise au Cœur Immaculé de Marie. Oui, Marie était bien son ultime recours, son rempart, face à un terrible danger de contamination bolchevique :

                « Nous, les pontifes de votre peuple, continuait le patriarche, nous sentons rugir à l'entour la tempête redoutable qui menace de disperser et de perdre le troupeau fidèle de ceux qui vous bénissent parce que vous êtes la Mère de Jésus. Affligés, nous tendons vers votre Fils nos mains suppliantes, en lui criant: "Sauvez-nous, Seigneur, nous périssons ! [...]

                « Intercédez pour le Portugal, ô Notre-Dame, en cette heure très grave ou soufflent de I‘Orient des vents furieux, porteurs de cris de mort contre votre Fils et contre la civilisation fondée sur ses enseignements, égarant les intelligences, pervertissant les cœurs et allumant dans le monde des foyers de haine et de révolution. Secours des chrétiens, priez pour nous ! »

                Après cette évocation de la Russie bolchevique, de ses erreurs, des guerres et des persécutions qu'elle suscite partout, le Cardinal faisait allusion au danger d'une autre contamination redoutable, en cette Europe décadente de l'après-guerre. Celle de la vie insouciante, immorale et jouisseuse qui attire sur les sociétés les châtiments divins:

                « Intercédez pour le Portugal, ô Notre-Dame, en cette heure troublée ou les vagues immondes d'une immoralité sans voile, qui a perdu jusqu'à la notion du péché, exaltent, en face même de la Croix de votre Fils, la réhabilitation de la chair, menaçant d'étouffer dans le monde le Iys de la vertu qui se nourrit du Sang Eucharistique de Jésus. Vierge puissante, priez pour nous !»

                Certes, comme l'écrit justement le père Alonso, le Portugal, « depuis l'arrivée au pouvoir de Salazar, le Portugal cheminait avec sûreté et avec confiance sur les routes neuves de la prospérité et de la paix » Pour conclure, le Cardinal n'en exprime pas moins son inquiétude. Il sait combien cette merveilleuse paix intérieure est encore fragile, il sait qu'elle est un don de Dieu, une grâce de Notre-Dame, et qu'il faut continuer à la mériter par d'instantes supplications:

                « Intercédez pour le Portugal, ô Notre-Dame, en cette heure de passions et d'incertitudes où même les bons courent le risque de se perdre…. Unissez tous les Portugais dans I ‘obéissance à votre Fils, dans l'amour de l'Église et aussi dans le culte de la vertu, dans le respect de l'ordre et dans la charité fraternelle. Reine de la Paix, priez pour nous !

                « Souvenez-vous enfin, ô Patronne de notre patrie, que le Portugal enseigna jadis à tant de peuples à vous proclamer bénie entre toutes les femmes. En souvenir de ce qu'il fit pour votre gloire, sauvez-le, Vierge de Fatima, en lui donnant Jésus, dans lequel il trouvera Ia Vérité, la Vie et la Paix ! »

                Cet acte solennel de tous les évêques, auquel la foule des fidèles s'était associée avec tant de ferveur par ses prières et ses pénitences, attira sur le Portugal une nouvelle pluie de grâces. Ou plutôt, il multiplia les bénédictions que la vierge toute bonne avait commencé à répandre sur son peuple depuis 1917.

(Fin de citation)    

Pardonnez Seigneur, pardonnez à votre peuple, ne soyez pas toujours irrité contre nous.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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