Elle n'était enfant que par les années

Elle n'était enfant que par les années

        Ainsi s'exprimait sa cousine Lucie lorsqu'elle reçut de l'évêque de Leiria la photo de Jacinthe ci dessus prise 15 ans après sa mort, il y a juste 100 ans ce jour, lors du transfert de son corps du caveau de la famille du baron de Alvaiazere à Ourem, au cimetière de Fatima le 12 septembre 1935. Dans sa lettre de remerciement elle dira notamment : « J'espère que Notre-Seigneur voudra lui donner l'auréole des saints, pour la plus grande gloire de la Sainte Vierge. Quant à son âge, elle n'était qu'une enfant ; elle excella néanmoins dans la pratique de la vertu et sut prouver son amour de Dieu et de la Sainte Vierge, par la mortification. Pour ma part, je dois à son amitié d'avoir conservé mon innocence. Elle avait admirablement compris cet esprit de prière et de sacrifice que la Sainte Vierge nous avait recommandé » 

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          Nous avons vu que Jacinthe avait quitté Aljustrel le 21 janvier 1920 pour Lisbonne. Elle avait séjourné dans l'orphelinat Notre Dame des Miracles dirigé par la religieuse franciscaine Mère Godinho appelée ‘'marraine'' par sa vingtaine de protégées. Dans cet établissement, elle vécue une époque heureuse jusqu'à son admission le 2 février à l'hôpital de la reine Stéphanie. William Thomas Walsh nous dit qu'il lui semblait vivre un songe céleste. Elle qui avait fait sa première communion au printemps 1918, pouvait entendre la messe et communier tous les jours. Le père de Marchi précise :

            Jacinthe passait dans la tribune tout le temps qu'on lui laissait. Assise sur une petite chaise, car elle ne pouvait plus rester à genoux, les yeux fixés sur le tabernacle, elle demeurait là, à prier et à méditer. Mais elle remarquait aussi ce qui se passait dans la nef de la chapelle écoutons ce que nous en dit Mère Godinho:

            « La petite avait remarqué que quelques personnes n'avait pas l'attitude et le recueillement voulus et  elle me disait : Marraine, il ne faut pas permettre que ces personnes se tiennent devant le Saint-Sacrement de cette manière. A l'église, il faut se tenir tranquille et ne pas parler. Si ces pauvres gens savaient ce qui les attend !… Je descendais alors dans la chapelle et je faisais quelques observations, comme je pouvais, mais pas toujours avec succès. Quand je revenais, Jacinthe me disait : Et alors ? – Elle ne veulent rien entendre, répondais-je. Jacinthe alors prenait un air très grave et me disait : Patience ! Mais Notre Dame est très contente de Marraine… Faudrait-il le dire à Mgr le Cardinal ? Notre-Dame ne veut pas que l'on parle à l'église. »

            Une fois à l'hôpital, ce qui la faisait souffrir, c'était de voir des infirmières ou des personnes qui venaient voir les malades, traverser la salle vêtues d'une manière peu modeste. « Pourquoi donc tout cela ? disait-elle en désignant certaines parures et certains décolletés.

            Si l'on savait ce que c'est que l'éternité !...» Et parlant de certains médecins, qu'elle considérait comme des incroyants, elle les plaignait en disant: «Les malheureux ! Ils ne savent pas ce qui les attend !»

            La petite affirma que Notre Dame lui était apparue de nouveau, et lui avait ENCORE répété que le péché qui mène le plus de monde à la perdition est le péché de la chair; qu'il fallait s'éloigner du luxe; qu'il ne fallait pas s'obstiner dans le péché, comme jusqu'à présent; qu'il fallait faire pénitence.

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            A l'hôpital, mère Godinho rendit visite tous les jours à Jacinthe qui fut opérée le 10 et souffrit beaucoup jusqu'au 16 ou le soir elle confia à Mère Godinho que Notre Dame lui était apparue. ''Elle m'a dit qu'elle calmerait mes souffrances et qu'elle m'emmènerait bientôt''

            « En vérité, nous raconte le Dr. Lisboa, à la suite de cette apparition en pleine salle d'hôpital, toutes ses souffrances disparurent, et elle put se distraire en regardant des images pieuses, dont une de Notre Dame du Sameiro (objet de notre dernière publication), que plus tard on m'offrit en souvenir de Jacinthe. L'enfant disait que c'était celle qui lui rappelait le plus la Vierge qui lui était apparue. Plusieurs fois, on m'avertit que la petite désirait me voir, parce qu'elle avait un secret à me révéler, disait-elle. A cause de mes nombreuses occupations professionnelles, et parce que les nouvelles que l'on me donnait de Jacinthe étaient meilleures, je ne me pressai pas d'aller la voir. Je me réservais pour plus tard.»

            «Marraine»», elle, passait de longs moments tous les jours avec Jacinthe, pour lui tenir compagnie, et surtout pour s'édifier auprès de ce petit ange qui allait bientôt d'envoler au Ciel. Mais quand elle s'asseyait au pied du lit, là où la Vierge était apparue, Jacinthe protestait sur le champ: « Ôtez-vous de là, Marraine ! C'est là qu'était Notre Dame.»

            Une des infirmières qui la soignait nous a raconté elle-même qu'elle allait quelquefois se mettre, exprès, à l'endroit où Notre Dame apparaissait, et vers lequel la petite regardait sans cesse. Jacinthe ne disait rien. « Mais son petit visage prenait une expression de si vive souffrance, de si grande contrariété, que je n'avais pas le courage d'y rester plus longtemps», nous disait l'infirmière.

            Peu avant sa mort, quelqu'un lui demanda si elle désirerait voir sa mère. «Ma famille, répondit la petite, durera peu de temps, et bientôt nous nous retrouverons tous au Ciel... Notre Dame apparaîtra une autre fois (La septième, à la Cova da Iria, en silence, pour Lucie au moment ou elle quitta définitivement Aljustrel pour n'y faire qu'un rapide passage en mai 1946 et indiquer à quel endroit se trouvait la ‘'grotte'' du Cabeço), mais pas à moi, parce que je vais certainement mourir comme elle me l'a dit »...

            A six heures du soir, le 20 février, Jacinthe appela son infirmière, Aurora Gomes : « Ma petite Aurore), disait-elle toujours gentiment. Elle l'avertit qu'elle allait mourir et qu'elle désirait recevoir les derniers sacrements. Deux heures après le père Pereira dos Reis, curé de l'église des Saints-Anges, écoutait la confession de l'enfant. On m'a dit, rapporte le Dr Lisboa, que la petite avait insisté pour qu'on lui apportât le Viatique. Mais Mr. l'abbé Pereira dos Reis, la voyant apparemment bien, ne voulut pas le faire, et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur le jour suivant. De nouveau, la petite insista pour recevoir la Communion, disant qu'elle allait bientôt mourir.

            A 10h30 du soir, l'infirmière la laissa seule quelques instants et quand elle entra dans la salle la vit exhaler le dernier soupir. Une teinte rosée colorait ses joues et un sourire flottait sur ses lèvres.

            Peut-être le nom d'Aurora fut-il symbolique, nous dit Thomas Walsh. C'était la nuit, l'hôpital était sombre et triste ; mais l'âme de Jacinthe fut éclairée d'une éternelle aurore quand la Mère de Dieu s'inclina sur le lit numéro 60 et emporta son enfant privilégié dans ses bras qui avaient soutenu le Christ vivant et mort.

     Rappelons la dernière recommandation de Jacinthe à sa cousine Lucie : ‘'Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces PAR LE MOYEN du Cœur Immaculé de Marie, que c'est à Elle qu'il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu'on vénère avec Lui le Cœur Immaculé de Marie: que l'on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c'est à Elle que Dieu l'a confiée '' 

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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