Le bon Dieu de nouveau frappa à ma porte avec un autre sacrifice....

Le bon Dieu de nouveau frappa à ma porte avec un autre sacrifice....

        Ci dessus maison des parents de Lucie à Aljustrel, hameau du village de Fatima  

.

             Il y a 100 ans, ce 31 juillet, Lucie eut de nouveau une grande douleur. Elle avait alors 12 ans et était maintenant toute seule. Son cousin François était mort quelques mois auparavant, sa petite cousine Jacinthe  était depuis le début du mois à l’hôpital de Vila Nova de Ourem. Voici comment elle s’exprime dans son second mémoire du 21 novembre 1937. 

            ‘’…..Le bon Dieu de nouveau frappa à ma porte avec un autre sacrifice qui n'était pas des plus petits.  Mon père était un homme sain, robuste qui disait ne pas savoir ce qu'était un mal de tête. Et, en moins de vingt-quatre heures, presque soudainement, une pneumonie double l’emportait vers l'éternité. Ma douleur fut telle que je pensai mourir aussi. Il était l’unique qui continuait à me montrer de l'affection et, dans les discussions qui s'élevaient en famille contre moi, il était le seul qui me défendait.

            Mon Dieu! Mon Dieu ! M’exclamai-je en me retirant dans ma chambre, je n'aurais jamais pensé que vous pouviez me réserver une telle souffrance !  Mais je souffre pour votre amour, en réparation pour les péchés contre le Cœur Immaculé de Marie, pour le Saint-Père et pour la conversion des pécheurs. 

            Sans doute se souvenait-elle de la première apparition de Notre Dame qui leur avait demandé : ‘’Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs?

- Oui nous le voulons.

- Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

.

            Nous ne savons que peu de choses sur le père de Lucie. Il ne s'entendait pas avec le curé de Fatima et préférait aller ailleurs à la messe. Sœur Lucie donne quelques précisions sur son père dans ce second mémoire :

            Au tout début, elle précise : ‘’Comme j’étais la plus jeune de cinq filles et d’un garçon, que notre Seigneur a bien voulu donner à mes parents, je me souviens qu’il y avait entre eux diverses querelles, car ils voulaient tous me prendre dans leurs bras et me parler. A ce moment-là, afin qu’aucun ne soit victorieux, ma mère me retirait de leurs bras, et si elle était occupée et qu’elle ne pouvait me garder, elle me confiait à mon père, qui à son tour, me couvrait de baisers et de caresses.’’

            ‘’Après le souper, la prière suivait. Elle était commencée par mon père puis nous nous mettions à travailler. Tous étaient occupés. Ma sœur Marie s’occupaient du métier à tisser, mon père remplissait les bobines. ’’  

            Peu avant les apparitions de Notre Dame, Lucie raconte : ‘’Mon père s’était laissé entraîner par de mauvais compagnons, et il était tombé dans les filets d’une triste passion, qui fut la cause de la perte de quelques-uns de nos terrains. Lorsque ma mère vit que nos moyens de subsistance diminuaient, elle prit la résolution d’envoyer mes sœurs, Gloria et Caroline, travailler comme servante. Mon frère demeura alors à la maison pour s’occuper des champs qui nous restaient. Ma mère s’occupait des choses du ménage, et moi, j’allais faire paître notre troupeau. Ma pauvre mère vivait plongée dans une amertume profonde, et lorsque, le soir, nous étions réunis tous les trois près du feu, en attendant mon père pour souper, et qu’elle voyait vide les places de ses autres filles, elle disait avec une grande tristesse : « Mon Dieu ! Ou est partie la joie de ce foyer » ? ’’

.

            Le chanoine Barthas dans son livre de 1943 précise le contexte matériel dans lequel se situaient les apparitions de Notre Dame pour Lucie. À la Cova da Iria, son père Antonio possédait là, plus que le terrain pierreux au chêne vert ; dans le bas-fond, il y avait un champ assez fertile qui donnait chaque année une belle quantité de pommes de terre. Le reste du terrain constituait tout de même un pâturage assez intéressant pour le troupeau. Avec l’affluence du peuple attiré par les visions en ce lieu on ne peut plus y faire la moindre culture. Tout était piétiné et ravagé par les bêtes et les gens.

            Maria Rosa sa mère se lamentait de cette perte, il lui arrivait de dire à Lucie : 

  - Toi, quand tu auras faim, tu iras demander à manger à cette Dame !

            Et ses autres filles renchérissaient encore, comme heureuse d’humilier la « fausse Bernadette ».

            La fillette, impressionnée par tous ces raisonnements, se demandait  si elle avait le droit de prendre à table une bouchée de pain.

            Et il fallait compter aussi le manque à gagner provenant de la perte de temps. Constamment, quelqu’un de la famille était à courir après Lucie que les gens demandaient à voir, au point qu’il fallut bientôt (vers la mi-septembre), se débarrasser du troupeau et se priver de ce rapport si utile à la famille.  

            Il y avait encore les récriminations des autres propriétaires de la Cova da Iria. Chaque champ piétiné, chaque récolte endommagée entraînait des plaintes et des demandes d’indemnités. De tout cela, Lucie était rendue responsable et on ne se faisait pas faute de le lui dire.

            Alors elle n’avait qu’une ressource : se rappeler sa vocation de victime et la promesse faite à la Dame de tout souffrir pour les pécheurs. 

            Après la quatrième apparition (19 août) et surtout après le « Signe de Dieu » (13 octobre), ces marques d’hostilité se calmèrent. Antonio qui ne consentait guère à s’occuper de ses « histoires de femmes », toléra moins facilement qu’on persécute à sa fille.

            Quand on l’agaçait trop, il disait : 

  - Laissez-la donc tranquille, nous ne savons pas si ce qu'elle raconte est vrai, mais nous ne pouvons pas prouver que c'est faux.

            C’est aussi grâce au père de Lucie que certains pèlerins de Fatima extérieur à Aljustrel furent présents le 13 juin 1917. William Thomas Walsh  (Livre ‘’Notre Dame de Fatima’’ (1953))  a rencontré en 1946 ‘’ Maria da Capelinha ‘’ qui lui a précisé alors ce détail : ‘’Son mari travaillait un jour avec Antonio, le père de Lucie, à sarcler un jardin, et quand il revint chez lui, il raconta à sa femme un fait extraordinaire. Antonio lui avait dit que Notre Dame était apparue à Cova da Iria, à sa petite fille et aux jeunes enfants de sa sœur Olympia mariée à Manuel Marto. Son mari n’en crut pas un mot, mais elle prit au sérieux ce récit et se rendit sur place le 13 juin avec son fils Joào, bossu et estropié, dans l’espoir d’obtenir sa guérison. ‘’  C’est la famille de Maria de la capelinha qui construisit le portique dont a parlé Manuel Marto dans son récit de l’apparition du 13 juillet 1917.

            Dans son second mémoire, Lucie raconte aussi le fait suivant motivé par le rassemblement de quelques milliers de personnes lors de l’apparition du 13 juillet. ‘’Un jour,  mon père et mon oncle reçurent l’ordre de nous présenter le jour suivant (11 août) ‘’à la mairie’’. Mon oncle dit qu’il n’emmènerait pas ses enfants, parce que, disait-il :

            Je n’ai pas à présenter devant un tribunal deux enfants  qui ne sont pas responsables de leurs actes. De plus, ils ne peuvent supporter d’aller à pied jusqu’à Vila Nova de Ourem. Je vais voir ce qu’ils veulent. Mon père pensait d’une manière différente.

            –La mienne, je l’emmène ; là, elle se débrouillera avec eux, car moi, je ne comprends rien à ces choses-là. (C’est ainsi que Lucie fit le trajet jusqu’à Ourem, sur un âne d’où elle tomba 3 fois)         Devant le tribunal, l’administrateur ne put rien obtenir du ‘’fameux secret’’, aussi il prépara la machination qui permit de séquestrer les petits voyants le jour du 13 août.

     Voyant sa fin proche, nous précise le site www.fatima.be , le père de Lucie fit appeler le prêtre afin de recevoir les derniers sacrements, mais quand il arriva, le pauvre homme avait déjà rendu l'âme au Seigneur en récitant cette prière :

« Jésus, Marie, Joseph,
Sauvez mon âme qui vous appartient;
Seigneur Jésus,
Ayez pitié de moi
par les mérites de Votre vie,
de Votre Passion,
et de Votre mort sur la Croix
Père,
 entre Vos mains je remets mon esprit »

.

         

          N’oublions pas samedi prochain 3 août, premier samedi du mois du Cœur Immaculé de Marie.  Pensons à notre dévotion réparatrice et à la communion de ce premier samedi. Si nous le pouvons, communions aussi le jour précédent, premier vendredi, pour remercier ce Cœur Sacré qui ne reçoit qu’ingratitudes. 

             Pour Fatima, le mois d’août est particulier, car Notre Dame y est venue à 2 reprises en 1917.   Une première fois le 13 pour les quelques milliers de personnes présentes à la Cova da Iria, une seconde fois pour nos 3 petits voyants dans la discrétion du petit vallon des Valinhos.  Le centre du message de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie a été révélé lors des apparitions précédentes. A nous maintenant de le mettre en œuvre, d’abord pour nous puis ensuite pour les âmes qui nous sont chères, âmes en grand danger de se perdre. 

            Pour la France, ce mois est aussi particulier puisque le roi Louis XIII a consacré son royaume à Notre Dame par l’édit de St Germain en Laye le 10 février 1638 et a voulu que cette consécration soit commémorée chaque 15 août par une procession solennelle.  Cette année 2019 sera particulière, puisque l’autel principal de Notre Dame de Paris associé à cette consécration ( Voir ci-dessous ) a été épargné miraculeusement dans l’incendie qui, le Lundi Saint dernier a gravement endommagé cette cathédrale. Nous remercierons Notre Dame de cet avertissement, nous lui demanderons pardon pour toutes les lois contre le décalogue dont la France s’est dotée depuis près de 50 ans et la supplierons d’empêcher que de nouvelles lois ne viennent offenser son divin Fils. Pour ce faire, lors de notre chapelet ou notre prière quotidienne à Notre Dame, nous lui rappellerons cette intention pendant tous les jours de ce mois d’août. 

      Extrait de l’édit de St germain : Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de la cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne dans ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix , et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

17 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

loader