L'offrande et l'autel

L'offrande et l'autel

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux devant les hommes ; vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent entrer ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand c’est arrivé, vous faites de lui un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous ! 
Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : “Si l’on fait un serment par le Sanctuaire, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’or du Sanctuaire, on doit s’en acquitter.” Insensés et aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ? ou bien le Sanctuaire qui consacre cet or ? Vous dites encore : “Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter.” Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’offrande ? ou bien l’autel qui consacre cette offrande ? Celui donc qui fait un serment par l’autel fait un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus ; celui qui fait un serment par le Sanctuaire fait un serment par le Sanctuaire et par Celui qui l’habite ; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône de Dieu et par Celui qui siège sur ce trône. » (Mt 23, 13-22)

 

Un autre sens à la Loi


Cet attachement [des pharisiens] à la Loi ne manque pas de grandeur. Mais il y a un revers de la médaille. D’une part, ils ont voué à la Loi un culte qui a tourné à la « monolâtrie » ; d’autre part, ils se sont volontiers pris pour les artisans de leur propre salut, se posant en créanciers de Dieu et méprisant tous ceux qui n’avaient pas la science de la Loi et des traditions, et qu’ils qualifiaient de « maudits » (cf. Jn 7, 49).

Ces hommes ne peuvent comprendre Jésus, bien que sur beaucoup de points ils soient proches de son enseignement. Sa mission, à lui, n’est pas dictée de l’extérieur, par la situation politique de la nation ; elle ne procède pas d’un réflexe de défense, même religieux, face au danger du moment. Elle jaillit tout entière d’une expérience intérieure extraordinaire : une expérience de plénitude. Dieu s’est communiqué à lui d’une manière ineffable, indépassable. Et dans cette communication, Jésus a la claire vision que le règne de Dieu est venu, qu’il est là.

Face à ce cadeau du ciel, la Loi n’est pas supprimée, mais elle prend un autre sens. Quelque chose la précède ; elle n’est pas l’absolu. L’absolu, c’est la grâce toute gratuite du Royaume, c’est la tendresse du Père. Et ici tout le savoir des pharisiens et des docteurs […] ne pèse pas lourd et n’est d’aucun secours. L’important est de croire au don de Dieu et d’accueillir, dans l’humilité et l’action de grâce, la nouvelle proximité de Dieu qui s’offre en Jésus. Celui-ci ne demande pas aux pharisiens ni aux docteurs de renoncer à la Loi, mais à cette suffisance qui les ferme sur eux-mêmes et les empêche d’accueillir la grâce du Royaume dans sa radicale nouveauté : une grâce qui ne dépend pas de la volonté de l’homme ni de ses efforts, mais de la seule initiative du Père.

 

Éloi Leclerc, o.f.m.

 

Après l’épreuve de la guerre et de la déportation, le franciscain Éloi Leclerc († 2016) a enseigné la philosophie avant d’écrire Sagesse d’un pauvre et Exil et tendresse. Il a publié ensuite de nombreux ouvrages de spiritualité.

 


 

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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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