Dieu veut que j'y sois honorée : 1 sur 2

Dieu veut que j'y sois honorée :  1  sur  2

      « Yves Nicolazic, ne craignez pas : Je suis Anne, mère de Marie. Dites à votre Recteur que dans la pièce de terre appelée le Bocenno, il y a eu autrefois, même avant qu'il y eut aucun village une chapelle dédiée en mon nom. C'était la première de tout le pays. Il y a 924 ans, et 6 mois qu'elle est ruinée. Je désire qu'elle soit rebâtie au plus tôt, et que vous en preniez soin, parce que Dieu veut que j'y sois honorée. »

            Ainsi s'exprimait Anne, mère de Marie, le 25 juillet 1623, veille du jour ou l'Eglise fêtait St Anne. 

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      En préambule, quelques considérations sur sainte Anne,

             ‘'De la vie terrestre de Sainte-Anne, l'histoire nous apprend peu de choses. Elle appartenait à la tribu lévitique, et elle épousa Joachin, qui était de race royale. La noble famille, descendue à une humble condition, possédait cependant quelques biens : des troupeaux dans la région de Nazareth, et une maison à Jérusalem, tout près de la piscine probatique.

            Après une longue stérilité, Sainte Anne donna naissance à une fille. Ce fut son enfant unique.

            Anne jouit d'un privilège incomparable : après Marie sa fille, elle est la femme bénie entre toutes les femmes. Si la Sainte Vierge est la mère de Dieu, Sainte Anne est la mère de l'Immaculée Conception. C'est en elle que s'est opéré le prélude du mystère de l'Incarnation, la préparation d'un être unique au monde depuis la création de nos premiers parents : un être sans le péché originel. (Rappel du sacrement du baptême qui enlève le péché originel avec le lien 

            Aussi quand il s'agira pour elle de se faire connaître en Bretagne, elle ne se contentera pas de dire son nom ; elle ajoutera, ce qui est en effet son grand titre de gloire, quelle est ‘'La Mère de Marie.''

            Si la Palestine et son pays d'origine, la Bretagne est, on peut le dire, son pays d'adoption.

            Si l'on demande la raison du choix de ce village de Bretagne, il n'y a qu'une réponse à faire : C'est que le ciel l'a voulu ainsi.

            Dans la plus mémorable de ses apparitions, Sainte-Anne a déclaré expressément à son messager :

            ‘'Dieu veut que je sois honorée ici''

            Remercions Dieu d'avoir choisi notre pays pour déclarer au monde le caractère Immaculé de sa Mère (Préparation à la rue du bac, puis confirmation à Lourdes du dogme énoncé par le pape Pie IX). Le salut personnel et la paix des nations par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie seront annoncés au Portugal lors des apparitions de Fatima.  Par contre la mère de Marie Immaculée, au cours d'un autre entretien avec Nicolazig, lui dit encore : J'ai choisi ce lieu, par inclination, pour y être honorée. 

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Voici dans quelles circonstances. 

            Yves Nicolazic habitait Ker-Anna et avait 33 ans au moment des faits. Il était marié depuis une dizaine d'années, et il n'avait pas d'enfant. C'était un illettré, et même il avait refusé d'apprendre la langue française, à la différence de son frère et de la plupart de ses voisins, « afin disait-il, de demeurer toujours en sa simplicité ». Il était avisé, judicieux et intelligent. « On le savait si loyal qu'il eut mieux aimé souffrir la perte d'un bien que de faire tort à qui que ce fût. »

            Il récitait son chapelet tous les jours et il l'avait en main en allant et en venant ; il le disait le soir pendant les heures d'insomnie : « C'était, disait-il, le moyen de s'entretenir en de bonnes pensées, et d'avoir  toujours son esprit en Dieu »  Mais ce qui il y avait peut-être de caractéristiques dans sa piété, c'est une tendre dévotion qu'il avait à sainte Anne. »

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Première manifestation.

            Un peu comme pour Lucie de Fatima, Dieu prépara Yves Nicolazic par plusieurs phénomènes. Le premier eut lieu début août 1623. Une nuit qui pensait à sa « bonne maîtresse », comme il en avait l'habitude, sa chambre fut subitement éclairée d'une lumière très vive ; et, au milieu de cette clarté merveilleuse, il aperçut distinctement une main isolée qui tenait un flambeau en cire. Cette vision dura le temps de réciter deux Pater et deux Ave. 

            Six semaines plus tard, un dimanche, une heure après le coucher du soleil, il jouit du même spectacle au champ du Bocenno : ce fut encore la même clarté le même cierge suspendu au milieu de l'air, mais la main mystérieuse ne parut pas et la vision dura moins longtemps. Pendant plusieurs mois successifs, le même flambeau continua de briller auprès de lui. Toutes les fois qu'il s'en venait tard au logis, il se voyait éclairé jusqu'à sa maison d'une chandelle de cire qui s'avançaient à côté de lui, sans que le vent en agitât la flamme,  et sans qu'il n'y vît autre chose que la main qui la tenait. Du reste il ne fut pas le seul témoin du phénomène.

Première apparition.

            Un jour d'été, une heure environ après le coucher du soleil, son beau-frère et lui étaient allés, à l'insu l'un de l'autre, chercher leurs bœufs dans un pré voisin de la fontaine ; avant de les ramener, ils voulurent les faire passer à l'abreuvoir.

            Tout à coup, les bœufs,  comme épouvantés refusent obstinément d'avancer. Ces deux hommes surpris se rapprochent pour voir ce qui cause cet effroi.

            Voici le spectacle qu'ils eurent alors devant les yeux.

            Une dame majestueuse, debout, le visage tourné vers la source ; sa figure révélait « la gravité tendre de la plus haute des maternités »; sa robe avait la blancheur de la neige, et retombait avec grâce ; sa main tenait un flambeau allumé, et ses pieds reposaient sur un nuage. L'auréole qui l'entourait charmait le regard sans l'éblouir, et jetai tout autour un tel rayonnement que le paysage tout entier en était éclairé comme en plein jour. 

            A cette vue, le premier mouvement des deux laboureurs fut de s'enfuir ; mais bientôt se ravisant, ils voulurent se rendre compte et revinrent sur leurs pas ; l'auréole, le flambeau, la dame, tout avait disparu.

            Qu'était-ce que cette Dame mystérieuse qui n'avait pas parlé ?

            Et ce n'est pas une fois seulement qu'elle se montra au laboureur ; il la vit encore souvent en divers endroits, tantôt  près de cette fontaine, tantôt en sa maison, en sa grange, ou en d'autres endroits ; elle avait chaque fois la même attitude, la même majesté, le même vêtement lumineux, mais toujours elle ne disait pas son nom.

            Le 25 juillet, veille de la fête de sainte Anne, Nicolazic s'était rendu à Auray. Quand il reprit le chemin de son village, il était déjà tard, et il faisait nuit. Comme d'habitude, il avait son chapelet à la main. Au moment où il passait auprès de la croix qui porte son nom, la mystérieuse Dame lui apparut  soudain ; la vision ne différait pas des précédents : c'était toujours le même visage grave et doux, la même attitude, et la même lumière. Mais cette fois elle parla.

            Elle l'appelle par son : Yves Nicolazic ! Le rassure par quelques paroles très douces et lui fait signe de la suivre.

            Il prend aussitôt la direction du village. Le flambeau qu'elle porte à la main éclaire l'obscurité, le nuage sur lequel elle se tient debout lui sert comme de véhicule. A l'approche de la ferme, brusquement la Dame mystérieuse s'éleva en l'air et disparut. Nicolazic en fut très impressionné et se retira dans sa grange dont il était connu que les pierres qui en constituaient les murs provenaient de l'ancienne chapelle du lieu-dit du Bocenno.

            C'est dans cette grange, que peu de temps après, l'apparition se manifesta de nouveau en lui disant : « Yves Nicolazic, ne craignez pas : je suis Anne, mère de Marie. Dites à votre Recteur que dans la pièce de terre appelée le Bocenno, il y a eu autrefois, même avant qu'il y eut aucun village une chapelle dédiée en mon nom. C'était la première de tout le pays. Il y a 924 ans, et 6 mois qu'elle est ruinée. Je désire qu'elle soit rebâtie au plus tôt, et que vous en preniez soin, parce que Dieu veut que j'y sois honorée. »

            Devant cette mission Nicolazic perdit courage, mais 6 semaines plus tard, sainte Anne lui précisa la façon de procéder. « Ne craignez point, Nicolazic, et ne vous mettez pas en peine. Découvrez à votre Recteur en confession ce que vous avez vu et entendu ; et ne tardez plus à m'obéir. Conférez-en aussi avec quelques hommes de bien, pour savoir comment vous devez vous y comporter. » 

            Le Recteur ne le prit pas au sérieux ; et le lendemain sainte Anne  précisa à Nicolazic : « Ne vous souciez pas de ce que diront les hommes ;  accomplissez ce que je vous ai dit et pour le reste reposez-vous sur moi.  »

            Il resta encore 7 semaines dans la souffrance de perplexité puis reçu de nouveau sainte Anne l'encouragea : « Consolez-vous, Nicolazig, lui dit-elle, l'heure viendra bientôt en laquelle ce que je vous ai dit s'accomplira. » 

            La voix de la Sainte était si douce et si maternelle que Nicolazig s'en trouvera tout réconforté ; et il ne craignit pas de lui dire, en toute simplicité, les difficultés qui l'empêchaient d'accomplir ses ordres : « Mon Dieu, ma bonne Maîtresse, vous savez les difficultés qu'y apporte notre Recteur, et les reproches honteux qu'il m'a faits, quand je lui ai parlé de votre part. Je n'ai pas de moyens suffisants pour bâtir une chapelle, encore que je sois très aise d'y employer tout mon bien. » Puis il ajouta avec résignation et fermeté : « Mais après tout, me voilà disposé à faire tout ce que vous désirez de moi. »

            Sainte Anne lui répondit de sa voix la plus maternelle.

            – « Ne vous mettez pas en peine, mon bon Nicolazic ; je donnerai de quoi commencer l'ouvrage et jamais rien ne manquera pour l'accomplir. Je vous assure que Dieu étant bien servi, je fournirais abondamment ce qui sera nécessaire non seulement pour l'achever,  mais aussi pour faire bien d'autres choses au grand étonnement de tout le monde. Ne craignez pas de l'entreprendre au plus tôt » 

       ( Les éléments de ces 2 publications sont empruntés au livre de J Buléon et E Le Garrec ‘' Sainte Anne d'Auray : Histoire du pèlerinage ‘' Aux éditions Charles Paillart Abbeville, 1948.  

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      Pour terminer cette première partie, voici un fait peu connu qui a du consoler Notre Seigneur comme aimait à le faire le petit François. Il est lié à l'anniversaire tout récent de la conquête de la lune que les enfants de Fatima appelaient la lampe de Notre Dame. La petite Jacinthe disait:  ''Je préfère la lampe de Notre-Dame qui ne  nous aveuglent pas, à celle de Notre-Seigneur.'' (La lampe de Notre Seigneur était le soleil, et les étoiles étaient les chandelles des anges). 

        Suite au succès du projet lancé moins de 10 ans auparavant, un des hommes les plus puissants de la terre avait pensé à remercier Dieu pour son heureuse issue. (Extrait du livre ‘'Premiers sur la lune ‘' édition Robert Laffont 1970, p 428). Avant de quitter le porte avion Hornet ou il venait de féliciter les astronautes, le président des Etats Unis fit appeler le révérend John Plirto, aumônier du porte avion,  pour qu'il dise une prière d'action de grâce. « Prions : Notre Seigneur qui êtes aux cieux, nos esprits sont à la fois confondus  et triomphants devant l'immensité et la précision de cette mission Apollo XI. Une semaine durant, nous avons eu peur et espéré en commun… Et ce matin, la réalité est avec nous, en la personne des astronautes Armstrong, Aldrin  et Collins. Nous applaudissons à leurs splendides exploits, et Vous rendons grâce pour les avoir rendus sains et saufs à leurs familles et à l'humanité entière. »  Les astronautes avaient écouté la prière, tête baissée et mains jointes.

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            Nous Vous rendons grâce O Dieu tout puissant pour tous vos bienfaits, Vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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