Facebook PixelTémoignage du père Jean-Marc Fournier, aumônier des pompiers - Hozana
Guillaume

Guillaume dans Neuvaine pour Les Chemins de Notre-Dame

Publication #3Initialement publiée le 10 juin 2019

Témoignage du père Jean-Marc Fournier, aumônier des pompiers

Témoignage du père Jean-Marc Fournier, aumônier des pompiers

En tant qu’aumônier des pompiers, je suis d’astreinte 24 heures sur 24, avec un délai de 4 heures. À 18h30, je me trouvais sous l’Arc de triomphe pour honorer la mémoire du soldat inconnu avec les autres aumôniers militaires. Puis nous devions participer à un dîner à l’École militaire.

C’est en arrivant sur place que j’ai vu se dégager une épaisse fumée, en provenance de Notre-Dame. J’ai allumé mon téléphone et vu que l’on avait cherché à me joindre. Quelques minutes plus tard, j’étais au chevet de la cathédrale. Je me suis mis en tenue de feu et j’ai rejoint le poste de commandement où le général Gallet était en train d’exposer la situation au couple Macron, à Anne Hidalgo et au recteur de la cathédrale, Mgr Patrick Chauvet, entre autres.

J’ai rapidement établi que la priorité absolue était de mettre à l’abri la Sainte couronne d’épines et le Saint-Sacrement. Avec le lieutenant-colonel qui se trouvait à mes côtés, nous nous mettons à chercher le sacristain ou quiconque pourrait se trouver en possession des codes du coffre où est conservée la précieuse relique. Sans succès.

Finalement, je récupère un jeu de clés avec des passes. Lorsque je parviens dans la chapelle d’axe, la chapelle capitulaire de l’Ordre du Saint-Sépulcre, dont il se trouve que je suis membre, les pompiers viennent de briser la protection de la couronne afin de la porter en lieu sûr à l’extérieur de la cathédrale. Dans les interventions sur des lieux classés, il existe en effet des protocoles très précis des objets référencés à sauver en priorité.

Le Saint-Sacrement ne figure pas sur cette liste mais je ne pouvais pas laisser Jésus en proie aux flammes. J’ai souhaité accéder au tabernacle central, mais cela était impossible. Je me suis donc rendu à la chapelle Saint-Georges et j’ai récupéré Jésus. Le ciboire en main, j’ai donné la bénédiction du Saint-Sacrement.

Au même moment, le feu avait atteint le beffroi nord et le général Gallet avait donné l’ordre de concentrer les efforts des hommes sur ce point, afin d’empêcher que les flammes n’atteignent les poutres chargées de maintenir les cloches. Ce sont les fameuses vingt minutes qui ont été décisives dans le sauvetage de Notre-Dame. Pour moi, cela ne fait pas de doute. Au-delà de l’excellente manœuvre du général, c’est aussi cette prière à Jésus, en cet instant précis, qui a permis de remporter la victoire dans un moment crucial de la bataille.

Une fois Jésus mis à l’abri, j’ai continué de participer, avec dix autres pompiers, au sauvetage des objets de valeur présents dans toutes les chapelles latérales et aux bâchages nécessaires. La sacristie n’était pas mise en danger et le trésor protégé par des lances. Ils ne seront évacués que plus tard dans la nuit par des personnes du ministère de la Culture et la police.

Pour ma part, je suis ensuite passé saluer tous les véhicules et suis rentré chez moi vers trois heures du matin. J’ai senti que, pour tous, ce feu n’était pas comme les autres. L’action s’est fait prière.

        Père Jean-Marc Fournier, mercredi Saint, 17 avril 2019


Fortifiés par l'Esprit Saint, nous choisissons de voir l'Église telle qu'elle est : resplendissante du Christ ; noire de la suie de nos péchés. Dans une grande Espérance, nous décidons d'avancer sur ce chemin qui nous est proposé, nous nous donnons le tabernacle pour azimut, nous marchons vers le Christ, lumière dans l'obscurité. Nous croyons que c'est "notre prière à Jésus qui permet de remporter la victoire".

Nous pouvons décider d'aller autant que possible à la messe cette semaine, et de réciter, si nous ne pouvons pas y aller, cet acte de communion spirituelle de Sr Marie du Sacré-Cœur : "Ô Seigneur, je Vous supplie de me bénir et de m’accorder les mêmes Grâces que si je Vous recevais réellement". 

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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