La joie de la pauvreté - Hozana
Claire

Claire dans Neuvaine : La Joie à l'école de Marie

Publication #1Initialement publiée le 23 mai 2019

La joie de la pauvreté

La joie de la pauvreté

Joie de la pauvreté - Tout recevoir de Dieu avec Marie

Les Anawims ou les pauvres de Dieu

On trouve le terme "Anawah" chez les prophètes, dans les psaumes et surtout dans le Magnificat de Marie. "Il a levé les yeux sur l'humilité de sa servante" (Luc 1,38). Ces pauvres de Dieu, c'est-à-dire les « courbés », les « inclinés », les petits, les faibles, les humbles, les affligés, les doux… sont ce peuple des pauvres d'Israël auquel appartient Marie. Anaw en Hébreu signifie autant "pauvreté" et "douceur". Selon le prophète Sophonie, le peuple messianique serait formé par "un reste de petites gens, humbles et pauvres, dont Dieu serait l'unique richesse et le seul refuge" (So 3,12). 

"Les pauvres de Yawhé savent et savourent cette vérité, il n'y a de tout puissant que Dieu ; à lui seul appartient le règne, la puissance et la gloire" précise Eloi Leclerc. Les tribulations, privations et humiliations qu'a vécu Israël pendant son exil depuis la terre d'Egypte et la traversée du désert, ne sont plus regardées comme une malédiction mais comme une expérience féconde et un chemin privilégié vers Dieu.

Marie en fait l'expérience, plus elle se courbe devant Dieu, plus elle est relevée par Dieu. Son adoration n'a d'égal que Sa confiance. "...Oui, sois tranquille près de Dieu, mon âme, Car mon espoir est en lui... Oui il est mon rocher, mon salut, ma citadelle, je suis inébranlable" (psaume 62, 6-7).

"Cette humble confiance ouvre l'âme des pauvres de Yawhé à une espérance messianique renouvelée et purifiée (...). Ils attendent la venue du règne de Dieu, non pas comme une ère de gloire politique et militaire, mais bien plutôt, dans la ligne des Prophètes,  comme une manifestation de justice, de paix et de bonté, en faveur des plus humbles" (Eloi Leclerc). La pauvreté ouvre à la rencontre avec le coeur de Dieu,  non pas despote tout puissant mais le plus grand pauvre parce qu'il n'est qu'offrande et qu'Il a tout donné à l'Homme. "Exister pour nous, comme pour lui, c'est faire de tout notre être un pur élan de générosité" (Maurice Zundel)    

Tout recevoir de Dieu...

Marie a été élevée par ses parents, Anne et Joachim dans cette spiritualité des Anawims, faite d'une confiance en Dieu à l'image du petit enfant : "Mon âme se tient tranquille et sereine, comme l'enfant qui s'endort sur le dos de sa mère" (Psaume 131).

Marie et Joseph ont élevé Jésus dans cette même spiritualité, qui lui fera clamer les béatitudes "Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux" (Matt, 5,3). Car le Royaume est intérieur, il est paix, justice et joie dans l'Esprit Saint. C'est l'expérience que fait celui qui vit cette réconciliation profonde avec Dieu et avec lui-même, en recevant tout de Dieu, infiniment bon et qui donne selon Sa sagesse, ce qu'Il y a de meilleur à ses enfants. La pauvreté ramène à l'essentiel, à la vraie joie, celle qui jaillit du plus profond du coeur, bien plus grande que les accommodements et plaisirs fugaces du monde. 

Il y a bien des façons d'être pauvre, la pauvreté n'a rien à voir avec la misère, elle naît de l'ouverture. Le pauvre ne possède rien, dès lors il reçoit tout. Dès que nous fermons les mains, dès que nous nous crispons, dès que nous voulons nous sécuriser, engranger, protéger, nous freinons l'oblation, nous éteignons la possibilité du don, et le mouvement de vie qui l'accompagne. En nous défaisant de  nos attaches, de nos propres lumières, de nos faux espoirs, nous recevons au centuple de ce Dieu auquel nous nous abandonnons.

Cette peur de ne pas tout avoir dans la vie, c’est elle justement qui vous fait tout manquer. Elle vous empêche d’atteindre l’essentiel. - Etty Hillesum

C'est parce que Marie était pauvre, vide d'elle-même, c'est à dire de son "ego", c'est parce qu'il y en elle un creux, qu'elle était réceptacle, qu'elle a pu recevoir en son sein, le plus grand des dons, Dieu fait Homme ! 

... avec Marie aujourd'hui 

Je prends le temps de reconnaître ce qui m'empêche d'accueillir le don de Dieu : des peurs, des certitudes, des opinions, des comportements mortifères, des dépendances sous toutes ses formes, des besoins de reconnaissance, des difficultés à pardonner, des relations qui ne m'élèvent pas... etc. Je les dépose ce matin dans la prière à Marie et je lui demande de m'aider à devenir pauvre à son image.

A l'école de Marie, je désire me laisser faire par la pédagogie divine, qui veut me défaire de toutes ces mauvaises attaches pour me permettre de recevoir quelque chose de tellement plus ajusté, doux, fécond, débordant et vivant ; de recevoir le don de Dieu pour moi !

  • Notre Père
  • Je vous salue Marie
  • Prière de la Neuvaine 

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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