Prier - Hozana

Prier

Prier

Chers compagnons de prière, 


Les fruits superbes et féconds de la vie de Padre Pio n’ont pu s’épanouir que dans le terreau d’une prière profonde. Plaçons-nous sous la direction de Padre Pio afin d’apprendre à prier en vérité.



“Priez pour moi”

Le Père Derobert, fils spirituel de Padre Pio, raconte dans l’un de ses livres (Padre Pio Témoin de Dieu) une conversation qui l’a beaucoup surpris, et qui laisse deviner l’importance que Padre Pio accorde à la prière comme force agissante : “Puis nous avons parlé un peu de “nous autres prêtres”, comme il a dit lui-même. C’est là que, à mon grand étonnement, il m’a demandé de prier pour lui, “pour qu’il garde la Foi et la confiance…”, car lui aussi était sur un chemin de lutte et il avait très peur de manquer à sa mission.” 

Padre Pio portait énormément d’âmes et de demandes dans ses prières, mais dans son humilité réelle il n’en oubliait pas de considérer qu’il avait lui-même grand besoin de prières, et qu’il ne pouvait être efficace dans sa mission qu’en étant porté par la prière de ses frères. Comment en effet aurait-il pu croire à la puissance de ses prières pour ses frères et ne pas se considérer comme ayant lui-même besoin de prières ? Il a même eu d’autant plus besoin de prières tout au long de sa vie que sa mission était extrêmement difficile à porter. Écoutons-le, dans cette humilité réelle et ancrée dans le monde qui l’a toujours caractérisée, demander les prières de ses fils et filles spirituelles :

“Vis toujours toute en Jésus et ne te lasse pas de faire violence et d’importuner, pour ma libération, le Divin Coeur et celui de Sa Mère, qui est aussi la nôtre.” (lettre sans date)

“je suis à l’heure extrême de l’épreuve ; je ne sais où j’irai finir. Recommande-moi avec plus d’insistance à la divine miséricorde afin que je ne finisse pas par me perdre.” (lettre du 18 août 1918)


Ces demandes de prier pour lui nous en disent beaucoup sur sa spiritualité.

S’il ressent si fortement ce besoin que ses frères prient pour lui, c’est que plus il connaît Dieu-Bonté, plus il se considère lui-même comme une monstruosité : la progression dans sa connaissance de Dieu aiguise le sentiment de sa propre indignité (lettre 5 septembre 1918). Plus il chemine dans l'amour de Dieu, plus il aspire à une conversion toujours plus complète de son coeur et plus il est en proie aux alternances façonnantes de voluptés spirituelles et de désolation intérieure.

Une demande apparaît de manière récurrente : Padre Pio demande qu’on prie pour lui car il a très peur d’offenser Dieu par son amertume. Il se débattra en effet durant des années de façonnement de son âme avec une amertume de plus en plus profonde, qui apparaît comme le fruit de son martyre intérieur, lui-même fruit de son offrande de lui-même à Jésus. Écoutons ses mots de douleur : “mon âme vit une atroce agonie qui me torture. La tentation permanente est celle du  désespoir : je vais devoir être perdu, pour toujours” (lettre 20 avril 1921)           

La prière par laquelle il souhaite qu’on le soutienne est comme une ancre qui l’arrime à la volonté divine sur lui : “recommande-moi à Dieu afin que je ne l’offense pas”.


Padre Pio ressent également un grand besoin de prières car il craint de ne pas arriver à accomplir sa mission, au point de dire à la fin de sa vie qu’il craint d’être damné. Comment une âme qui a vécu une telle union à Jésus peut-elle se croire indigne du Salut ? Padre Pio nous montre là que la crainte de Dieu est consubstantielle à l’amour de Dieu, à la relation intime à Dieu. “L'amour et la crainte doivent être connexes : la crainte sans amour devient couardise ; l'amour sans la crainte devient présomption. L'on ne sait plus où l'on va.” (cité in Chiron, Padre Pio le stigmatisé)


Mystère de la participation de l'homme à sa propre rédemption

En demandant de prier pour lui, Padre Pio, qui vit en union à Jésus agonisant à Gethsémani, nous renvoie très profondément à la demande de Jésus demandant à ses apôtres de “veiller et prier”. De même que Jésus, dans le si tendre et si profond  “dormez maintenant” qu’il adresse à ses apôtres en redescendant du Jardin, avait pour ses amis et tous les hommes à travers eux, une attitude toute maternelle, Padre Pio nous aime comme un père ou une mère qui prend sur lui les souffrances de ses enfants et les éduque en même temps. Il nous plonge ainsi dans le mystère du Salut et de la Rédemption, qui nous sont à la fois totalement donnés et auquel nous avons à participer.

Padre Pio sait qu'il ne peut parvenir seul à effectuer la mission qui lui a été confiée. De la même manière mystérieuse dont Jésus a besoin de la participation à la rédemption des âmes qu'Il choisit pour sauver les âmes de leurs frères d'exil, Padre Pio a besoin des prières de ses frères d'exil pour les mener au Salut. Padre Pio nous fait ainsi pénétrer dans le mystère de Jésus Sauveur qui ne nous sauve que si nous faisons usage de notre liberté pour accueillir le don qu'Il nous fait. Nous sommes absolument libres face au don de Jésus, face à la Rencontre qu'Il nous propose. En demandant nos prières, ce que Padre Pio nous dit c'est que le Salut nous est donné mais qu'il ne se fera pas sans nous, sans notre participation aimante.


Si Padre Pio voit une telle force dans la prière c’est qu’elle est cette participation aimante. La prière est loin d’être pour lui la récitation qu’elle devient parfois ou la demande qu’elle est trop souvent. Prier pour Padre Pio c’est “se reposer en paix sur le coeur du Père du ciel”. La prière c’est “l’envol de celui qui va vers Dieu”.


La force de la prière

Laissons Padre Pio nous emmener au coeur du mystère de la relation de Dieu aux hommes, au coeur du don incroyable et infini que Dieu nous fait en nous faisant don de la prière : “La puissance de Dieu, c’est vrai, triomphe de tout, mais la prière humble et implorante triomphe de Dieu lui-même. Elle en arrête le bras, elle en calme les foudres, elle le désarme, elle le vainc, elle l’apaise et elle le rend comme dépendant et en fait un ami”. (cité dans le recueil Padre Pio, le buisson ardent)

Padre Pio nous met face à un mystère totalement insondable : Dieu en créant l’homme “à son image” par amour, lui a donné un immense pouvoir sur Lui, et ce pouvoir l’homme ne le possède que parce que Dieu le veut ainsi. Dieu s’est donné, dans l’homme auquel il donnera son Fils en rémission de la chute, de devenir Dieu de miséricorde : Il nous a donné le pouvoir de changer sa justice en miséricorde, mais si et seulement si nous usons de ce pouvoir en établissant avec Lui une relation d’amour, dans la prière. 

C’est toute la mission de Padre Pio qui est ici résumée : dans l’intimité la plus profonde à Jésus crucifié il fait advenir la volonté du Père de se faire Dieu de miséricorde. Cette mission est celle des hommes et ne peut être accomplie qu’en Jésus. C’est ce que Jésus a exprimé à soeur Marie-Marthe Chambon, âme mystique choisie par Lui : "maintenant, tu as mon pouvoir... Mon pouvoir est dans mes Plaies : avec elles, tu deviens puissante... Oui, tu peux tout obtenir, tu as tout pouvoir ! Tu as même, en quelque sorte, plus de pouvoir que Moi : tu peux désarmer ma justice, car encore que tout vienne de Moi, je veux être prié, je veux qu'on me demande.” (in Soeur Marie-Marthe Chambon et les Saintes Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ)

C’est ainsi que la prière transforme le monde : “La prière est une clé qui nous ouvre le coeur de Dieu. Seule la prière est capable de transformer le monde”.


La prière met même à terre l’Ennemi : la lutte suprême contre l’Ennemi consiste à prier pour ses ennemis.


Le pouvoir infini de la prière, capable de transformer notre monde, d'ouvrir le coeur de Dieu, nous échappe souvent : nous avons souvent le sentiment (moi la première..) que nos prières même les plus sincères ne sont pas entendues ou exaucées, que nos prières ne fonctionnent pas quand elles ne fonctionnent pas comme nous le voudrions. Mais la prière est toujours efficace, même quand son efficacité nous échappe ; nos prières ne restent pas sans réponse, mais parfois la réponse est non.

un de mes fils est sérieusement touché par le handicap. Après le diagnostic nous nous en sommes remis à des thérapeutiques mises en place au quotidien pour pallier à ses difficultés de développement. Au fur et à mesure qu'en grandissant ses symptômes et ses souffrances augmentaient et que les thérapeutiques et notre action au quotidien montraient leurs limites, j'ai commencé à demander à Marie de guérir mon fils, de lui donner au moins les moyens de se développer de manière à être un peu autonome. Au rythme des difficultés croissantes de mon fils j'ai demandé une guérison au moins partielle à Marie de manière de plus en plus constante, pressante et insistante. Et puis j'ai eu une réponse. Et la réponse était "non". Doucement et fermement "non". Cette réponse a laissé place en moi à quelque chose qui n'était pas de la paix mais une forme de calme inconnue, comme une absence totale de colère. Cette réponse s'est frayée un chemin dans mon âme et j'y ai entendu un accueil total de Dieu pour mon fils tel qu'il est, tel qu'il est parfait dans le regard que Dieu porte sur lui.

Mes prières à Marie pour mon fils ont changé, et Marie a manifesté régulièrement sa présence et sa tendresse pour apaiser mon fils et me suppléer quand je n'avais pas la capacité de l'aider suffisamment. Le refus que Dieu oppose à certaines de nos demandes porte une acceptation de nos faiblesses, nos handicaps, nos souffrances. Dans chaque silence de Dieu, dans chacun de ses refus, il y a un accueil sans limites pour ce que nous sommes sous son regard ; si Dieu ne nous exauce pas quand nous demandons ce que nous considérons comme une amélioration de nos vies, c'est que dans son regard nous n'avons pas besoin d'être améliorés pour être aimés. Son amour toujours Il nous le prodigue, et c'est Sa plus grande réponse, charge à nous de savoir nous en nourrir pour vivre avec ce que nous sommes. Et Marie médiatrice de toutes grâces ne nous refuse jamais son aide pour vivre avec ce que nous sommes, en union à Dieu.

Sachons déceler et accueillir toutes les réponses de Dieu à nos prières. Puissions-nous en nourrir.



Mettons-nous à l’écoute du maître de prière que fut Padre Pio

Ne vous souciez pas si vous ne pouvez pas vous servir des prières prises dans les livres de dévotion, usez-en au contraire avec parcimonie, car elles lassent et fatiguent l’âme. Habituez-vous, autant que vous le pouvez, à faire beaucoup usage des prières, de l’oraison mentale et de la méditation” (lettre du 4 juillet 1914)


Laissons-nous guider vers la prière informulée : “par l’oraison, tu t’approcheras de Dieu et tu te mettras en sa présence pour Lui rendre l’honneur et le respect que nous Lui devons, et cela peut se faire sans qu’Il nous parle ni que nous Lui parlions, parce que ce devoir s’accomplit en reconnaissance qu’Il est notre Dieu et que nous sommes ses viles créatures, prosternés spirituellement devant Lui, et sans qu’Il nous parle.” (lettre du 16 novembre 1918)


Ne nous laissons pas aller à rechercher de grandes expériences dans lesquelles nous ne ferions que nous complaire en nous-mêmes. Suivons la voie de la simplicité dans laquelle se trouve le chemin de l’intimité à Dieu : “Je vous donne mon pauvre conseil et j’espère que vous ne le trouverez pas ridicule. Tâchez avant tout de vous mettre en présence de Dieu et pour cela, sachez que Dieu est réellement présent, là, à l’intime de votre âme, avec toute la cour céleste. Vous commencerez ensuite à prier et à méditer. Tâchez de faire tout cela en fermant les yeux, si possible, la tête droite ou le front appuyé sur la paume d’une main ou des deux mains, selon ce qui vous convient le mieux. Pratiquez tout cela sans affectation excessive.” (lettre du 6 février 1915)


Suivons la voie privilégiée pour méditer : “je veux que la pensée des souffrances et des humiliations de Jésus soit le sujet ordinaire de vos méditations… Une telle méditation sera pour vous un bouclier qui vous préservera de l’impatience quand le très doux Jésus enverra des tourments, vous mettra dans quelques désolations et voudra faire de vous une cible de contradiction” (lettre du 16 février 1915)       



Ouvrir son coeur, se mettre humblement en présence de Dieu

Il faut avoir le coeur ouvert du côté du Ciel et en attendre la céleste rosée. Par l’oraison tu t’approcheras de Dieu et tu te mettras en sa présence, premièrement pour lui rendre hommage. Si tu peux parler au Seigneur, loue-le, prie-le, écoute-le. Si tu ne peux lui parler, étant fruste, n’en sois pas peinée et, comme les courtisans, fais-lui la révérence. Il verra, Il acceptera ta patience, favorisera ton silence et tu seras consolée une autre fois quand il te prendra avec Lui. Ris seulement, mais je parle sérieusement.

La seconde raison pour laquelle on se met en présence de Dieu dans l’oraison, c’est pour Lui parler et pour entendre Sa voix par ses inspirations et lumières intérieures ; cela se fait généralement avec un très grand plaisir, car c’est pour nous une grâce remarquable de parler à un Seigneur aussi grand qui, lorsqu’Il répond, déverse sur nous mille baumes et onguents précieux qui donnent une grande douceur à l’âme à l’écoute de ses commandements.

Combien de courtisans ne passent-ils cent fois devant le roi, non pour lui parler ou l’écouter mais simplement pour être vus et ainsi se faire connaître comme ses vrais serviteurs ? Cette manière de nous mettre en la présence de Dieu, uniquement pour témoigner par notre volonté que nous nous reconnaissons comme ses serviteurs, est très sainte, excellente, très pure et d’une grande perfection. Il parlera avec toi, fera cent promenades en ta compagnie par les allées de son jardin d’oraison ; et si cela ne se produisait jamais - disons que c’est impossible, car ce Père si tendre ne pourra supporter de voir sa créature en perpétuelle fluctuation - contente-toi, car notre devoir est de Le suivre, considérant quel grand honneur et quelle grande grâce c’est pour nous d’être tolérés en sa présence.

De la sorte, tu ne te mettras pas en souci pour Lui parler, car l’autre manière de demeurer auprès de Lui n’est pas moins utile, peut-être même beaucoup plus, bien qu’elle soit moins à notre goût. Donc, quand tu te trouveras près de Dieu dans l’oraison, considère sa vérité, si tu le peux, parle-Lui, et si tu ne le peux pas, arrête-toi là, fais-toi voir et ne fatigue pas davantage.” (23 août 1918) 


Ne nous mettons pas en soucis inutiles qui font barrière à notre désir de nous mettre en présence de Dieu. Arrêtons-nous là et faisons notre révérence en nous plaçant humblement sous le regard de Dieu...


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Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

2 commentaires

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

GJ
place Metz, il y a 2 mois
En grande Union de Prières, ce soir, pour le Coeur de la France qui saigne... Amen.
Lucienne
place Lourmarin, il y a 2 mois
ce soir Notre Dame de Paris brûle et c'est comme l'obscurité qui s'abat. me viennent les mots de Padre Pio : "Le plus beau Credo est celui qui jaillit de tes lèvres dans l'obscurité, dans le sacrifice, dans la douleur, dans l'effort suprême d'une inflexible volonté de lien ; c'est celui qui, comme la foudre, déchire les ténèbres de ton âme." "Le monde pourrait bien chavirer et tomber dans les ténèbres, s'en aller en fumée, Dieu est avec nous." en ardente Union de Prières