Mercredi des Cendres - Hozana

Mercredi des Cendres

François Carvajal - Parler avec Dieu

   Qui veut aimer comme il est aimé de Dieu, peut-il laisser passer ce jour sans susciter dans son âme un désir profond et efficace de revenir une nouvelle fois auprès du Père, comme l'enfant prodigue ? Saint Paul nous propose en effet, dans la deuxième lecture de la Messe, de profiter de ce temps d'exception pour une véritable conversion : Nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car il dit dans l'Écriture : Au moment favorable, je t'ai exaucé ; au jour du salut, je suis venu à ton secours (l4). Le Seigneur le redit à chacun, dans l'intimité de son cœur : Convertissez-vous. Revenez à moi de tout cœur ! N'en doutons pas : en cette période de l'année liturgique, Dieu nous donne une grâce particulière pour nous renouveler en Jésus-Christ. Voilà pourquoi le Carême est un temps de joie et d'espérance, bien que ce soit un temps de pénitence et de mortifications sérieuses.

   « Quand l'un de nous s'aperçoit qu'il est triste, il doit penser : c'est que je ne suis peut-être pas suffisamment près du Christ. Quand l'un de nous reconnaît dans sa vie, par exemple, une certaine inclination à la mauvaise humeur, au mauvais caractère, il doit se poser la même question. Il ne peut pas toujours rejeter la faute sur les choses qui l'entourent. » II arrive parfois qu'une certaine apathie, la tristesse spirituelle, soient causées par la fatigue, par la maladie..., mais il s'agit bien souvent d'un manque de générosité pour faire ce que le Seigneur demande, d'une trop faible lutte pour veiller sur les sens, d'un manque de compréhension d'autrui ; bref, d'un état plus ou moins avancé de tiédeur.

   Mais près de Jésus-Christ, il est toujours possible de trouver un remède à cette tiédeur éventuelle, et la force pour vaincre ces défauts qui sans lui seraient peut-être insurmontables. «Lorsque quelqu'un pense : "Je ressens une paresse presque irrémédiable, je ne suis pas suffisamment tenace, je n’arrive pas à terminer les choses que j'entreprends ", il devrait penser aujourd'hui : " est-ce-que je suis suffisamment près du Christ ?" « Voilà pourquoi ce que chacun reconnaît un jour ou l'autre dans sa vie comme un défaut, une faiblesse ou un excès, devrait faire 1’objet de cet examen intime, direct et confiant : « je ne persévère pas ? — c'est que je ne suis pas suffisamment près du Christ ! », « je n’ai pas la joie ? — c'est que je ne suis plus assez près du Christ ! » Non ! Je ne vais plus penser que c'est à cause de mon travail, à cause de ma famille, de mes parents ou des enfants, à cause de mes collègues, de mon environnement... Non ! La vraie faute, c'est que je ne suis pas encore assez près du Christ. Et le Seigneur me dit justement aujourd'hui : Reviens ! Revenez à Moi de tout cœur.

   « (...) Il est temps que chacun se sente pressé par Jésus-Christ. Que ceux qui sont tentés de différer cette résolution le sachent, le moment est venu ! Que ceux qui sont pessimistes et qui pensent que leurs défauts ou la situation du monde n'ont pas de remède, sachent que le moment est arrivé. C'est le début du Carême. Considérons-le comme un temps précieux de conversion et d'espérance (l5).»

14. Deuxième lecture delà Messe :2Cor5,20-6,2.— 15. A.-M.Garcfa Dorronsoro, Un temps pour croire.

Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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