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Bienheureuse Agnès Galand - Chapitre 2

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En 1622, Agnès Galand apprend une nouvelle qui la remplit de joie : un couvent de dominicaines est en cours de fondation à Langeac, petite ville située à quelque 40 kilomètres du Puy. Quatre postulantes sont en formation au monastère du Puy. Elles doivent regagner Langeac accompagnées de quatre religieuses du Puy. Toutes vont former un premier noyau de moniales et elles sont prêtes à partir à Langeac pour la cérémonie de la fondation. La jeune fille brûle d’envie de se joindre à elles comme sœur converse. Or, en sa qualité de Membre du Tiers-Ordre dominicain, Agnès Galand a pour confesseur des dominicains, d’abord le Père Gérard puis le Père Panassière qui va la guider tout au long de sa vie. C’est à lui qu’elle s’adresse afin qu’il use de toute son influence pour la faire admettre à Langeac. Après diverses péripéties, la jeune fille est autorisée à entrer au monastère de Langeac en qualité de Sœur converse cuisinière.

Elle se prépare donc à partir avec le petit groupe de religieuses. Le voyage doit se faire à cheval. Une personne de condition met à la disposition de la jeune postulante une monture vigoureuse. Mais, à l’heure de se mettre en marche, l’animal, par un incident que tout le monde attribue à un artifice du démon, sent un poids si lourd qu’il se couvre de sueur et ne peut faire un pas. On amène un autre cheval qui demeure pareillement immobile. Agnès se voit alors contrainte de descendre et d’aller à pied jusqu’à Langeac…  A l’arrivée, avant d’entrer au couvent, les voyageuses se rendent à l’église pour adorer et remercier Notre-Seigneur. Agnès ressent alors de tels transports d’amour qu’elle tombe dans un ravissement qui dure trois heures. Il faut la sortir de son extase.

 

La clôture du nouveau couvent est établie le 26 septembre 1623. Le Provincial des Frères Prêcheurs de Provence met à la tête du monastère deux des Religieuses venues du Puy. Le même jour, les quatre demoiselles fondatrices reçoivent l’habit de novices. Pour Agnès, la cérémonie de sa vêture est renvoyée au 4 octobre, fête de François d’Assise, un de ses Saints préférés. En cette circonstance, on lui impose le nom d’Agnès de Jésus qu’elle reçoit avec bonheur. Ce jour-là, absorbée dans sa prière, elle paraît aux yeux de ses Sœurs rayonnante d’une beauté angélique.

Dans sa grande humilité, la sœur Agnès a accepté avec reconnaissance son statut de Sœur converse. En effet, venue au couvent sans dot, elle ne peut prétendre à devenir Sœur de Chœur. Or les Sœurs de Chœur assistent à tous les offices dont les Sœurs converses sont la plupart du temps dispensées. Ces dernières assument l’ensemble des tâches matérielles et ingrates des communautés. Cette distinction entre les Sœurs d’un même couvent, supprimée par le Concile Vatican II, peut surprendre aujourd’hui. Mais alors, les converses montraient un grand dévouement dans l’exécution de ces diverses tâches.

Pour sa part, la Sœur Agnès, reléguée à la cuisine, s’efforce de faire face à ses obligations aussi bien que possible. Avant d’entrer au couvent, elle a fait un stage chez son frère boulanger pour apprendre à pétrir le pain. Peu préparée dans la maison de son père aux fonctions culinaires, elle y apporte du moins tant de bonne volonté que les Religieuses apprécient les mets qu’elle leur sert. Compte tenu de sa santé fragile, son bon Ange ne cesse de l’assister, témoigne un contemporain. Notre-Seigneur lui-même ne la laisse pas à la peine comme en témoigne l’épisode suivant : aucun puits n’étant disponible près du couvent, elle est contrainte d’aller chercher l’eau très loin et le voyage l’épuise. Elle en fait part à Notre-Seigneur, qui fait jaillir, dans la cuisine même, une source d’eau limpide et abondante. On construit un puits, appelé plus tard « le puits de la Mère Agnès ». Il subsiste toujours.

Mais ces attentions divines vis-à-vis de l’humble converse attisent les fureurs du démon qui redouble de malice et de méchanceté. Quand il se présente à elle sous la forme d’un dragon qui jette des flammes, elle se réfugie dans un petit oratoire qu’elle a dressé dans sa cuisine. Alors le diable lui cache ses ustensiles, dissimule les aliments ou s’en prend directement à elle en la jetant contre le fourneau ou le mur. Son bon Ange la sauve de ces agressions si bien qu’Agnès nomme désormais sa cuisine « un enfer et un paradis ».

Au cours de cette année de probation, l’humilité et l’obéissance de la jeune Sœur converse vont faire l’admiration de son confesseur. Elle est tellement pénétrée d’humilité qu’elle ignore ce que sont la suffisance et l’orgueil. Le Père Panassière s’enquiert un jour de savoir si elle ne ressent pas quelque vanité ou complaisance du fait des faveurs extraordinaires qu’elle reçoit du Seigneur. Candide, elle demande ce qu’il entend par là. Au service des autres Sœurs, elle ne comprend pas quand elle est, à son tour, l’objet de quelque attention de leur part. Au contraire, elle reçoit avec joie réprimandes et corrections. Ainsi son confesseur, voulant la mettre à l’épreuve, la traite un jour d’hallucinée qui prend pour des visions les  tromperies du démon. Elle reçoit cet avis, pleure et fait pénitence.

Humble, la Sœur Agnès pratique aussi l’obéissance à un degré extrême. Elle observe scrupuleusement la règle et les constitutions et s’attache à exécuter tout ce qui lui est demandé de sorte qu’elle donne la priorité aux ordres reçus des religieuses sur les recommandations venues du Ciel, qu’il s’agisse d’apparitions du Sauveur, de la Vierge, des Saints ou de son Ange Gardien. Aussi ses directeurs spirituels voient-ils, dans cette soumission, la preuve de la réalité divine de ses visions. Quant à elle, sa préoccupation est de ne se distinguer en rien du reste de la communauté. Un jour, la Mère Prieure met à l’épreuve cette vertu d’obéissance : elle lui demande de prêcher au réfectoire devant les religieuses et quelques ecclésiastiques. Une demande surprenante pour une humble Sœur converse ! Agnès obéit. Elle parle de la sainteté de l’état religieux avec une telle conviction que toute l’assistance se trouve embrasée par ses propos.

Son année de probation étant près d’expirer, Sœur Agnès doit normalement faire sa profession solennelle. Mais les difficultés surviennent et les manœuvres de Satan n’y sont sans doute pas étrangères. En effet, l’état de santé de la jeune converse est déplorable : les mortifications, le jeûne et, depuis son arrivée à Langeac, les mauvais traitements que lui fait subir le démon ont eu raison de ses forces. Bientôt elle ne peut continuer son emploi à la cuisine. Les Religieuses en prennent ombrage et se disposent à la renvoyer avec l’argument suivant : « on l’a prise pour servir la maison et il faudra que la maison la serve. »

Cependant la Mère Prieure et le Père Panassière conduisent une réflexion tout autre. Ils pensent que la déficience physique de Sœur Agnès est un signe envoyé par Dieu pour qu’elle devienne Sœur de Chœur. Encouragée à prier pour connaître la volonté du Seigneur dans cette affaire, Sœur Agnès est bientôt en butte à de nouvelles attaques de Satan qui redoute de la voir changer d’état. D’autres difficultés surviennent. La pauvreté de sa condition est mise en avant, les dispositions de la Règle ne lui sont donc pas favorables. De plus la Mère Prieure qui soutient le projet est rappelée au monastère du Puy. Pour Sœur Agnès, la situation est désespérée.

Dieu intervint alors. Il envoie à Sœur Agnès une maladie mystérieuse, accompagnée de ravissements dont toute la Communauté est témoin : visions de la Vierge qui lui offre une rose merveilleusement belle, transport au Calvaire où son Ange lui perce le cœur d’un dard. Sa poitrine devient alors si brûlante qu’on doit la rafraîchir avec des linges mouillés. Elle semble si faible qu’on la croit mourante et on lui administre les Sacrements mais elle reprend des forces et s’écrie « Venez, mon Epoux, venez au plus tôt, mon bien-aimé, mon tout ».

Les Religieuses sont impressionnées. Elles se rappellent l’humilité, la charité, la patience de leur Sœur Converse. Et petit à petit, leur cœur est changé. A ce moment, les Dominicaines du Puy sont en train de fonder un nouveau couvent à Viviers. Elles écrivent à Langeac pour demander Sœur Agnès comme Sœur de Chœur dans le nouveau monastère, où Marie la sœur d’Agnès, vient d’entrer. Après quelques pourparlers entre les responsables religieux, la communauté se déclare unanime pour refuser la proposition et décide d’agréer Sœur Agnès comme Sœur de Chœur à Langeac. Tout en soulignant le caractère exceptionnel de la concession accordée, l’évêque de Saint-Flour approuve la décision.

Le bon Ange de Sœur Agnès l’en avertit : « Chère épouse de Jésus, lui dit-il, votre affaire a réussi en dépit de l’enfer : bénissez le Seigneur, dont la volonté va s’accomplir en vous ».

Mais l’enfer ne s’avoue pas vaincu. Satan annonce à Agnès qu’il fera tout pour la perdre. D’abord il la roue de coups. Le lendemain, il la précipite du haut de l’escalier jusqu’en bas. Deux Religieuses, témoins de cette chute, disent leur étonnement à constater qu’elle ne s’était pas fait mal. Elles concluent à une protection divine.

Enfin le 28 septembre 1624, Sœur Agnès de Jésus revêt le blanc scapulaire de novice de chœur. Mais pour être admise de façon définitive, il lui faut encore se soumettre à un supplément de probation.

 

Prions la Vierge Marie avec Sœur Agnès Galand. N’oublions pas que, tout enfant, elle s’était consacrée à Marie. Devenue religieuse, en se levant chaque matin, elle se tournait vers Notre-Dame du Puy et demandait à la Vierge sa bénédiction par ces paroles : « Que la Vierge Marie nous bénisse avec son divin Enfant. » Pourquoi ne pas l’imiter et nous placer, dès le réveil, sous la protection de notre Mère du Ciel et de son Fils ? Une façon de bien commencer la journée…

 

Je vous salue, Marie…


Je prends un instant pour méditer toutes ces choses dans mon cœur (cf Luc 2,19)

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Que vos paroles soient toujours bienveillantes, qu’elles ne manquent pas de sel, vous saurez ainsi répondre à chacun comme il faut. Col 4 : 6

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